Les filles discutaient toujours. Il était maintenant près de 16 heures et personne ne rappelait. Si ça continuait j'allais partir avec ce foutu téléphone ! Les filles retournèrent à la Fnac pour attendre leur groupe à la sortie. C'est à ce moment-là que le téléphone sonna.
« Oui ?
- Bonjour. Euh... c'est vous qui m'avez laissé un message en disant que aviez trouvé un téléphone ?
- Oui c'est moi. Un téléphone rouge.
- Okay, attendez, son propriétaire est à côté de moi. Je vous le passe. »
Un allemand. Le proprio aussi était allemand. Invasion d'allemand, là c'était pas possible !
« Allo ?
- Bonjour.
- Bonjour, vous avez trouvé mon téléphone ?
- Apparemment. Il est rouge, à clapet ? Un samsung ?
- Oui c'est ça ! Merci beaucoup beaucoup d'avoir appeler !
- De rien. »
Même si tout ce qu'il méritait pour m'avoir bousculer c'était que je le jette à la poubelle. Mais bon j'étais peste, pas cruelle.
« Si tu veux, je peux te le ramener.
- Ca serait vraiment sympa. Je ne suis pas d'ici, je ne connais pas cette ville.
- Je m'en suis doutée.
- Oui. Une chance que vous parliez allemand.
- En effet ! Tu habites où ?
- Venez à l'hôtel en face du vel... veul.... du vol... non. Vélodrome ?
- Oui, je vois où c'est.
- Super. Mais comment je vais vous reconnaître ?
- Je porte un haut rouge. Avec des étoiles blanches dessus. »
Plus voyant tu meurs, quoi ! Tout à fait moi !
« Très bien, à tout de suite alors . »
Je raccrochai. Les filles iraient certainement faire un tour en m'attendant. Et même si elles y allaient pas, tant pis pour elles. Il fallait bien qu'elles payent un peu pour m'avoir fait passer une journée comme ça ! De toute façon, je n'allai pas m'attarder. Je lui rendais son téléphone, un sourire gentil et ciao la compagnie !
Je me mis au volant de ma twingo et en route vers l'hôtel. Même ma Twingo était comme moi, rouge avec plein de petits pois noir dessus. C'était ma coccinelle. Spécial stylisation de mon frère, fan de coccinelle. Et c'était pas une blague ! J'arrivai devant l'hôtel en 5 minutes. Waouh ! C'était pas un hôtel Formule 1 ça ! Il devait avoir au moins 6 étoiles pour sûr ! L'allemand devait être un riche d'enfer. Avec de la chance il m'offrirait une Porsche pour me remercier ! Je sais, l'espoir fait vivre comme on dit.
J'entrais dans le hall chic de l'hôtel. Avec mon haut rouge, mon short beige, mes collants noirs et mes converses blanches, je ne passais pas inaperçue ! Une dame passa à côté de moi, me détaillant de la tête aux pieds, un air navré sur le visage. J'aimais faire cet effet aux gens. Mes deux perçings sur la langue et au-dessus de la bouche et mon tatouage sur le poignet étaient certainement ce qui choquait le plus. Allez savoir pourquoi, c'était pourtant pas si voyant que ça. J'étais donc là, à attendre comme une cruche quand on me tapota l'épaule. Je me retournai et...
me retrouvai face au dreadu de tout à l'heure. Toujours aussi mignon avec son petit sourire, mais toujours membre des Tokio Hotel. Bon qu'est-ce que je me suis dis tout à l'heure ? Ne pas être rancunière, être gentille !
« J'espérais bien te revoir, mais je ne pensais pas que ce serait aussi rapidement ! »
Quoi ? Il croyait quand même pas que j'étais revenue pour lui ? Son petit sourire satisfait me confirma que, si, il le pensait. Mieux valait qu'il ne se fasse pas trop de films.
« Je ne suis pas là pour toi, désolé. »
J'avais dit désolé, c'était déjà ça. Mon insolence et mon ton sec ne firent qu'agrandir son sourire. Même pas un battement de cils. Rien ! Il ne semblait absolument pas vexé.
« C'est dommage, parce que moi je t'attendais justement. »
Bien sûr, et mon chien dansait la polka ! S'il croyait me baratiner avec ses phrases de lover invétéré, il se trompait.
« Écoutes, je ne sais pas pourquoi tu as écrit ça sur le papier tout à l'heure et en fait, je m'en fiche. J'étais là pour accompagner ma petite s½ur, je me suis retrouvée coincée et devant vous par hasard. Je ne suis pas une fan, désolé de te décevoir. »
Là il rigola carrément.
« J'avais remarqué que t'étais pas comme les autres. Je me doutais que tu n'étais pas là pour nous, c'est d'ailleurs pour ça que j'ai écrit ça sur la feuille. »
Bon. Que dire ? Il ne me prenait pas pour une fanatique, c'était déjà ça.
« Okay, c'est sympa. Mais écoutes, je sais pas quel âge tu as...
-17 ans.
-Hein ? Ah, okay. Bref, moi j'ai 20 ans tu vois et franchement, je ne suis pas du tout le style de fille que tu aimerais j'en suis sûre. T'as 17 ans et comme tout les adolescents de ton âge tu dois rêver du grand amour, les balades au bord de la mer, les couchers de soleil, enfin des trucs comme ça. C'est normal c'est sûr, mais tu vois, je ne suis pas comme ça. Tout ce qui est romantique me donne la nausée, j'aime pas la mer et je suis allergique aux fleurs. Alors tu vois bien que je ne suis pas du tout la fille qu'il te faut, je préfère m'amuser tu comprends ? »
Et voilà comment se débarrasser d'un mec ! Un petit speech aggravé sur mon côté papillon et là ils te prennent pour une cinglée et ils s'en vont genre « Ah d'accord, moi je cherche du sérieux » ! Très efficace cette technique, je vous la conseille! Du moins, je la croyais efficace. C'est pas croyable, il souriait ! Et il souriait pas genre « Ah ok, t'es gentille de m'avoir prévenu salut ». Non ! Lui il souriait genre « T'es marrante toi ! Ca tombe bien moi aussi je veux m'amuser. » !
« Je ne suis pas du tout adepte du grand amour.
- Non ?
- Non. »
Comment j'allais faire maintenant. J'avais pas de plan de secours moi, vu que cette technique marchait à tout les coups, le plan B j'avais même pas chercher à l'élaborer !
Impossible ! Et il ne me lâchait pas du regard, je voyais ses yeux scruter mon visage, puis descendre encore et encore. Bah vas-y coco, te gênes pas surtout, rinces-toi l'½il !
« Tom, t'as trouvé ma sauveuse ? »
Un grand garçon brun posa une main sur l'épaule du dreadu. Oh non ! C'était vraiment, mais vraiment bien ma veine ! Qui se trouvait là, à côté du dénommé Tom d'après vous ? Et oui, c'était son collègue, le chanteur des Tokio Hotel. Et là ce fût le déclic. Je sais, mes cheveux étaient noirs, mais en vrai j'étais une blonde, donc il me fallait un temps de réflexion !
« C'est toi qui a perdu ton téléphone ?
- Oui, c'est moi. Et tu me sauves en me le rapportant ! »
J'en doutais pas. S'il était tombé entre les mains de ma s½ur par exemple, je ne donnais pas chère de leur peau ! Elle serait d'abord venu me voir en hurlant comme une folle, elle m'aurait suppliée de l'emmener ici pour le leur rendre (du moins elle m'aurait menacer pour que je l'emmène, différent !) et là elle aurait pleuré devant eux. Comme une plouc. Elle me remerciera plus tard de lui avoir épargné une honte pareille, vous verrez ! Du moins j'espérai.
Heureusement, c'était moi qui l'avait. Je le lui tendis, il poussa un soupir de soulagement et me dit :
« Là tu me sauves vraiment la vie ! Ma mère m'aurait assassiner en apprenant que j'avais encore perdu mon téléphone.
- Ouais, c'est pas pratique. »
Bon l'heure était venu pour moi de prendre mon envol et de partir à l'horizon, vers l'infini. Ouais, bon, quand je dis infini, je veux dire vers ma Twingo quoi.
« Je ne sais pas comment te remercier, franchement.
- C'est rien, si j'avais perdu mon téléphone j'aurais bien aimé qu'on me le rende.
- Ouais. D'ailleurs tu l'as trouvé où ?
- Tu l'as fait tomber en me bousculant cette après-midi. »
J'avais bien mis l'accent sur « bousculer », histoire de bien lui signifier que la prochaine, il ferait gaffe. Il comprit et me sourit.
« C'est vrai ? Je suis désolé, je devais être presser. Comme c'était juste avant la séance, j'étais à la bourre alors j'ai pas fait attention.
- Ouais c'est rien. »
C'est rien mais la prochaine fois, tu pourras te brosser pour que je te le ramène !
« Bon moi je dois y aller, ma s½ur m'attends en ville.
-Déjà ? Tu veux pas venir boire un verre avec nous ? »
Apparemment Tom ne voulait pas me laisser partir comme ça. Flatteur, mais non, il fallait pas que je reste ou il risquait de me plaire !
« Non désolé, on m'attend vraiment.
- Dommage. Une prochaine fois j'espère. »
Il sourit. Putain il était vraiment mignon lui. Ses yeux chocolats en amande, sa peau hâlée et lisse, son petit sourire, sa bouche attrayante, son perçing... Stop ! Qu'est-ce que je faisais là ? Il me rendait gaga ou quoi ? Bon, valait mieux arrêter le délire tout de suite avant que ça ne dégénère.
« Peut-être. »
Un sourire, un signe de la main et je m'éloignai. Puis soudain, je me dis que si, peut-être qu'il pouvait faire quelque chose pour me remercier. Je fis demi-tour, ce qui me permis de constater que Tom me regardait partir. Il me lâchait vraiment pas lui ! Je sais pas qu'est-ce que j'avais mais il était carrément scotché genre le gamin qui a vu le père noël. Je retournai vers Bill.
« En fait, si je pense que tu peux faire quelque chose pour me remercier. »
Je souris face à son air étonné.