Hein ? Quoi ? J'ouvris les yeux d'un coup. Et les refermai aussitôt. Aïe, enfoiré de soleil, j'aurais dû fermer les volets ce matin en me couchant. Quoique, je ne me souvenais déjà pas de mon retour alors les volets... Avec difficulté, je m'assied sur mon lit. Au moment où je saisis mon téléphone, ma s½ur entra dans ma chambre, telle une furie.
« Eh oh, ça va pas la tête ? »
J'avais la voix carrément cassée. Ah, c'est pas beau l'alcool ! Elle me jeta un journal en plein visage. Bah vas-y, j'ai la tête dans le cul, la bouche pâteuse et une seule envie, c'est dormir, mais je t'en prie, fais comme si j'étais pas là !
« Je peux savoir c'est quoi ça ?
- Ca ? Quoi ça ? De quoi tu parles ?
- Du journal !
- C'est bon hurles pas comme ça. »
Ma tête résonnait déjà assez. Je me saisis du journal. En première page se trouvait la photo d'un homme, âgé, sur un bateau de course.
« Ouais bah quoi ? Je le connais pas lui. »
Elle grogna (oui parce que ma s½ur grogne) m'arracha le journal des mains et chercha une page.
« Ici imbécile ! »
Je regardai ce qu'elle me montrait du doigt : et là je vis ma tête. Du moins, pas QUE ma tête. Il y avait aussi la tête d'un dreadu et d'un garçon brun. Il me fallut quelques secondes pour réaliser qu'il s'agissait des Tokio Hotel. Et merde ! Si jamais on voyait ce journal, j'allais me faire charrier pour sûr ! Étant la première fille à avoir crier sur tout les toits qu'ils m'insupportaient, ces allemands avec leur musique, on allait croire que j'avais retourner ma veste. Voir pire, que j'étais devenue une groupie !
« C'est quoi ça ?
- A toi de me le dire ! Je croyais que t'étais parti rendre le téléphone que t'avais trouver ?
- Bah ouais c'est ça.
- Tu te fous de moi ? Tu vas me faire croire que le téléphone appartenait à Bill peut-être ?
- Bill ? C'est qui lui ?
- Lui !
- Ah. »
Quand je vous disais que j'étais à l'ouest, c'était même pas encore assez.
« Bah ouais, c'était à lui.
- Alors je récapitule. Tu trouves le téléphone de Bill, et tu ne te dis même pas « tiens, si j'emmenais ma petite s½ur histoire qu'elle rencontre l'homme de sa vie ? » ? »
L'homme de sa vie carrément ? Quand je vous disais plus haut qu'elle se serait affichée devant eux, je crois que je n'ai même pas été encore assez loin ! Je réfléchis une seconde.
« Non. »
Elle ouvrit la bouche, prête à dire quelque chose, puis la referma, grogna de nouveau, et sortit en claquant la porte.
« Merci »
Je me rallongeai dans mon lit. Voilà deux jours que j'avais rencontré les TH. Et elle, elle venait encore me souler avec ça ! Bon j'étais pas sans les revoir c'était sûr, mais jusque-là, j'aurais bien aimé qu'on arrête de me parler d'eux !
Allez, pas la peine de s'énerver. Une bonne douche, un aspirine et tout irait mieux. Je me levai telle une baleine sortant d'un terrier de lapin et me dirigeai vers la salle de bains. L'eau chaude eut pour effet d'apaiser mon mal de tête. Dommage que ce ne soit que temporaire. Après m'être habillée, je descendis dans la cuisine et m'assis sur une des chaises. Ma mère regardait la télé en cuisinant.
« Salut ma chérie ! Bien dormie ?
- Ouais ça va.
- Tu es rentrée à quelle heure ?
- 5h00 je crois. Je sais plus.
- Ah ma pauvre chérie. Quelle tête tu as ! Tu veux quelque chose ?
- Un aspirine me conviendrait. »
J'adorais ma mère. Elle était carrément ouverte d'esprit, pas du tout prise de tête. Ayant été elle-même privée de tout ce qui attire quand on est jeune, elle avait toujours voulu que moi, ma s½ur et mon frère on en profite grave. Ma mère était afghane. Incroyable hein ? Ouais je sais, en général on me croyait pas, et pourtant. Quand elle a eut 16 ans, son père l'a marié à un homme de 50 ans. Elle est tombée enceinte de mon frère, Yanis. Plus tard, mon père, journaliste, est parti en Afghanistan pour faire un reportage sur les femmes marier à l'adolescence justement. C'est comme ça qu'il a rencontré ma mère. Il l'a aidé à s'enfuir, l'a épousé et a adopté mon frère qui avait 2 ans à l'époque. C'est pas une histoire super romantique franchement ? Mieux que Roméo et Juliette moi je vous le dis !
Bref voilà pourquoi j'adorai ma mère, elle était géniale ! Pareil, quand j'avais voulu me percer la langue à l'âge de 14 ans, c'est elle qui m'avait aidée à convaincre mon père, plutôt coincé sur les choses comme ça ! Il faut dire que mon père croyait que j'étais encore vierge. Alala, sacré papa ! Je serais toujours sa petite Serena qui joue à la poupée. Cool, quoi.
« Je vais voir ta tante cette après-midi, tu viens avec moi ?
- Non désolé, je travaille. Mais tu l'embrasseras pour moi. Et les petits aussi.
-Très bien. Ça va ton travail au fait ? »
Si on enlevait l'odeur infecte, le gras partout et le gros lard qui me faisait un clin d'oeil à chaque fois que je lui demandais un hamburger, on pouvait dire que ça allait.
« Ouais c'est tranquille Ça paye bien, c'est ce qui compte.
- Tu as bien raison. »
J'avalai mon aspirine. D'ailleurs en parlant de travail, il valait mieux que j'y aille ou j'allais être en retard. Non pas que travailler au McDo soit super intéressant mais c'était quand même un boulot et ça me permettait de payer ma voiture et de mettre de côté. Et de faire la fête aussi ! Alors, j'essayais de le conserver.
« Au fait ma chérie c'est quoi cette histoire avec le journal ?
- Quel journal ?
- Le journal, que ta s½ur avait tout à l'heure. Je l'entendais crier.
- Ah. En fait j'ai été prise en photo en train de parler avec son groupe tu sais les Tokio Hotel.
- Ah oui ? Et comment ça se fait qu'il y ait une photo de toi ?
- Bah j'ai retrouver le téléphone de l'un d'entre eux. Je suis juste parti lui rendre.
- Ah d'accord. Pourquoi tu n'as pas emmené Louisa ?
- Je savais pas qu'il était à eux le téléphone ! Mais j'ai quand même penser à elle. J'ai une surprise pour elle la semaine prochaine.
- Ah c'est quoi ? »
Je souris et racontai à ma mère. Elle me sourit et m'embrassa sur le front.
« Je t'adore ma chérie, tu es si gentille ! »
Je sais merci !