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« Hum... Louisa il est quelle heure s'il te plait ?
- Presque 11 heures. »

Déjà ? Fiou, j'étais complètement KO. Apparemment Louisa aussi parce qu'elle avait une drôle de voix ! L'alcool lui aurait-il cassé la voix ? Il me fallut quelques secondes pour me souvenir qu'elle n'avait pas le droit de boire ! J'ouvris les yeux. Je faillis avoir une crise cardiaque. J'étais où là ? Ca ce n'était pas mon lit, et pas mes dras, et... lui n'était pas ma s½ur ! Wouah !!! C'était qui lui ? Je m'assied d'un bond dans le lit. Il me fallut quelques secondes pour reconnaître Tom. Seigneur, qu'est-ce que je faisais avec lui dans un lit ? Et... je vérifiai... toute nue ?? Je me tournai vers lui. Il était complètement serein et me regardait en souriant, se tenant sur un coude.

« Salut. Bien dormi ? »

Bien dormi ? Je me réveillais en état de choc avec lui, dans un lit, entièrement nue et tout ce qu'il me disait c'était « Bien dormi » ? Non. Ca ne pouvait pas être vrai. J'étais sûre que c'était qu'un rêve, que j'allais bientôt me réveiller. Il suffisait que je ferme les yeux et hop ! je serais chez moi, dans mon lit.
Je rouvris les yeux. J'étais toujours là. Comment c'était possible ? Je réfléchis un moment, tentant de me rappeler la soirée d'hier. Je me souvenais du concert, ça ok, de la rencontre, ensuite.... une boîte, c'est ça ! J'étais allée en boîte avec lui. Et... bizarrement tout me revint en tête d'un coup. Tout ce temps que nous avions passer à discuter, tout ce que j'avais bu, puis cette danse qui m'avait fait perdre la tête. Et le pire, c'était que je me souvenais aussi que c'était moi qui lui avait proposé de revenir ici. Pourquoi j'avais fait ça ? Bon, pas la peine de paniquer, après tout, il ne s'était peut-être rien passer. J'avais quand même du mal à y croire en voyant le visage de Tom. Celui-ci me soulignait bien que, si justement, il s'était passé quelque chose, et quelque chose de bien apparemment. Je pris l'air un peu plus relax, ne voulant pas passer pour la meuf qui regrette d'avoir un peu trop bu ! Bonjour l'image que tu donnais après ! Je me rallongeai un peu et me tournai vers lui.

« Ouais, bien dormi et toi ?
- Comme un bébé. »

Son sourire s'agrandit. Je me souvins du retour à l'hôtel, moi qui retirais ma veste, qui le poussais dans le lit, qui lui enlevais son pantalon. Wouah ! Je ne pensais pas que je pouvais avoir des souvenirs aussi précis, après avoir bu ! Une première ! En fait, en y repensant, ça avait été cool. Même plus que ça, j'avais passé une nuit d'enfer. Tom avait su y faire, doux mais entreprenant, exactement comme j'aimais. Il avait même su me faire patienter alors que j'étais complètement folle ! Ca m'écorchait un peu la bouche de le dire mais c'étai vrai, Tom m'avait carrément fait grimper aux rideaux ! Pas mal cette expression non ? Elle était tout à fait adaptée ! J'avais rarement passé un aussi bon moment en compagnie d'un mec. Ca arrivait parfois mais pas souvent. En général c'était bien, mais rien d'extraordinaire. D'autres fois, c'étais mieux, voir géant, comme cette nuit. Je me calmai un peu. Après tout, il n'y avait pas de mal à passer une nuit avec lui. J'avais paniqué un peu trop vite, sous l'effet du réveil. Mais c'était bon, j'étais calmer, j'arrivai même à sourire.

« Je suis étonnée que tu n'ai pas disparu pendant mon sommeil. »

Il s'approcha de moi et m'embrassa, doucement, tendrement. Mmm... comme dirait un certain Jamel «C'est siper ! ». Il recula.

« Pourquoi est-ce que je serais parti ? Je suis bien ici moi. Pas toi ?
- Si, je suis très bien. »

Je me saisis de sa bouche. Il me rendait complètement dingue ce type ! D'habitude j'étais plutôt du genre à me réveiller seule, ou alors à me réveiller et à partir avant qu'il ne se réveille. Mais là non, j'avais juste envie de rester. Quel exemple hein ? Heureusement que Louisa ne savait pas tout ça ! J'étais comme ça, mais je n'aurais pas aimé qu'elle fasse comme moi. Elle est beaucoup.... Louisa ! Je reculai brusquement.

« Ma soeur ? Mes cousines, elles sont où ?
- Avec les autres, on les a laissé hier.
- Je sais mais où sont-elles maintenant ? Elles ont dormis où ?
- Je ne sais pas. Certainement dans leur chambre. »

Quoi ? Il fallait que j'aille les voir en vitesse. Je savais qu'il n'y avait aucun risque, mais voilà, je préférai être sûre !

« Ils sont dans quelles chambres ?
- Celles en face et à gauche de la mienne. Pourquoi ?
- Bouges pas. »

Je me levai, entraînant avec moi le drap. En coup de vent, je ramassai mes fringues et les enfilai. Tom n'avait pas bougé. Il me regardait, légèrement amusé. C'est vrai que la situation pouvait prêter à rire, si vous m'aviez vu me débattre avec mes fringues pour les enfiler, en essayant en même temps de pas faire tomber le drap, vous auriez rigolé ! Je sortis de la chambre et frappai à celle d'en face. J'entendis des rires se stopper.

« J'arrive »

On vint m'ouvrir. Bill était en face de moi, souriant.

« Tiens, une revenante ! Salut !
- Salut. Les filles sont là ?
- Bien sûr, viens ! »

J'entrai dans la chambre. Ils étaient tous là, assis par terre autour de ce qui ressemblait à un petit-déjeuner. Ca va, ils semblaient à l'aise. Apparemment, l'allemand parfait de Dahlia les avait aidé à communiquer normalement et pas à l'italienne, comme mon père adorait le faire ! Ils rigolaient comme des gamins, ils avaient l'air de bien s'entendre.

« Ca va les filles ?
- Super ! Et toi ? T'as une vieille tête en tout cas ! »

Louisa, toujours le petit mot qui faisait plaisir !

« Merci, ça va. Vous avez bien dormi ?
- Ouais sans problème !
- Vous avez dormi où ? »

Elles rirent.

« T'inquiètes pas, Gustav nous a prêtée sa chambre, il est parti dormir avec Bill. On a fait chambre à part, ce qui ne semble pas être ton cas ! »

La perspicacité de cette gamine la mènera loin ! Mieux valait rester neutre là-dessus. Peut-être que Tom ne voulait pas que tout le monde le sache. Justement ce dernier entra au même moment. Il avait enfilé un pantalon, un T-shirt et attaché ses dreads. Il avait toujours ce petit air serein.

« Salut tout le monde ! Ah bah ça va je vois que vous avez pris vos aises, tout baigne.
- Ouais, vous avez faim ? (GU)
- Très faim ! »

Il s'approcha de moi, mit son bras autour de ma taille, m'embrassa dans le cou et alla s'asseoir. Bon, visiblement ça le gênait pas que tout le monde sache. J'allai m'asseoir à côté de ma s½ur.

« Alors ? »

Elle me regardait, son sourire de peste aux lèvres. Vous savez ce même sourire qui m'avait forcé à les emmener à la Fnac !

« Quoi ?
- C'était comment ?
- Quoi ? »

Elle voulait quand même pas que je lui raconte ma nuit ! En plus avec son esprit tordu, je vous raconte pas !

« Fais pas l'innocente. Tu vas pas me faire croire qu'il ne s'est rien passé ?
- Bah si.
- Arrête, t'as des yeux de panda, en plus t'as mis ton T-shirt à l'envers, alors c'est impossible. »

Merde c'était vrai ! J'avais mis mon T-shirt à l'envers comme une clocharde ! Je me levai.

« Je peux empruntée votre salle de bain une minute ?
- Vas-y elle est là. (B) »

J'entrai et refermai la porte derrière moi. L'image que me renvoya le miroir me fît soupirer. Décidément, l'alcool ce n'était vraiment pas bon pour moi. J'avais l'air d'une morte vivante. Je me passai un peu d'eau chaude sur le visage, espérant qu'il rougirait un peu, que je reprendrais quelques couleurs. Fiou ! C'était vraiment un réveil spécial. Il me fallait mon sac. Ma Twingo !!!! Merde, c'est vrai, je l'avais laissé sur le parking de la salle de concert ! J'étais coincée ici ! Là je regrettai que ma coccinelle ne possède pas d'ailes pour me rejoindre. En imaginant ma Twingo avec des ailes, je ne pus m'empêcher de rire. Ca serait vraiment trop drôle ! Je sortis de la salle de bain.

« Je vais chercher mon sac, je reviens. »


C'est sûr, je n'allai pas m'enfuir. Sans voiture, j'allai avoir du mal ! Je sortis et entrai dans la chambre en face. Mon sac, mon sac, il me fallait mon sac. Je le cherchai un peu partout. Et là, sur la table de chevet je vis un papier qui me fît l'effet d'un coup sur la tête. Je ne me souvenais même pas si on avait pensé à se protéger. Je n'y avais même pas songé et je priai pour que Tom ait été plus responsable que moi. Je vis mon sac sur le fauteuil et le saisis. A ce moment, Tom entra dans la chambre.

« Ca va ?
- Bien pourquoi ?
- Je ne sais pas, t'es partie d'un coup, je croyais que tu avais quelque chose.
- Non non, je viens juste chercher mon sac.
- Okay. »

Nous nous fixâmes ainsi quelques minutes, n'osant pas parler. Je voulus lui demander s'il avait penser à prendre ses précautions mais je n'osai pas. Je sentais que lui aussi voulait dire quelque chose, mais on aurait dit qu'il se retenait.

« Qu'est-ce qu'il y a ?
- De quoi ?
- Je sais pas, on dirait que tu veux me dire quelque chose.
- Non. »

Bon bah okay. Je me dirigeai vers la salle de bain, avec mon sac dans l'espoir d'effacer les vilaines traces noires autour de mes yeux.

« Attends. »

Il fit un pas vers moi. On se serait presque cru dans une tragédie genre « Attends, je t'en prie, ne m'abandonnes pas, je t'aime ! » Ca m'aurait beaucoup étonné qu'il me sorte ça, mais c'était sympa d'imaginer !

« Écoutes... cette nuit on avait beaucoup bu et... enfin d'habitude je suis pas comme ça. Enfin si, enfin... comment dire.. je veux dire qu'en fait je ne voudrais pas que tu penses que j'ai profitée de l'occasion pour te sauter dessus. »

Il me faisait quoi là ?

« Je comprend pas.
- Bah... »

Il se passa une main derrière la nuque.

« Je t'ai pas emmené en boîte hier soir en pensant que ça se terminerait comme ça tu vois. Je... Disons que c'était pas prévu tu vois. »

Encore heureux ! Manquerait plus que tout soit calculé ! Il était trop mignon comme ça, on aurait dit un gamin qui venait de faire une bêtise et qui se justifiait devant sa mère. Sa mère ? Misère, tout pour me rajeunir ! Je souris et m'approchai de lui.

« Je te crois. De toute façon tu étais aussi... bourré que moi donc la réflexion était réduite j'imagine. »

Je lui pris la main. Je l'embrassai sur le joue, puis sur la mâchoire, sur le cou et glissai à son oreille :

« J'ai passé une excellente soirée. »

Voilà comment faire ressortir la fierté d'un mec d'un coup ! Quand tu leur disais ça, en général, il te regardait en souriant, limite s'ils se tapaient pas sur la poitrine en disant « Attends, c'est moi ou c'est pas moi ? Hein ?! ». Tom m'embrassa puis me libéra pour que je puisse aller me laver un peu. Après avoir retirée tout le noir sur mes yeux, je passai un coup de brosse dans mes cheveux en pétard. Ils étaient courts, et coiffés avec de la laque alors au moindre coup de vent, ils restaient en arrière, un peu comme les supers héros avec leur coiffures d'enfer. Super quoi. Je retournai avec les autres.

« Excusez-moi, mais vous allez pouvoir nous emmener jusqu'à la salle d'hier, que je récupère ma voiture ?
- Déjà ? On peut pas rester encore un peu s'il te plaît ?
- Vas-y, on va pas déjà partir ? »

Elles commencèrent à se plaindre, à crier, le tout en français bien sûr, ce qui fit rire nos 4 acolytes.

« Non, déjà c'était pas prévu qu'on passe la nuit dehors, alors n'aggravons pas les choses ! Vous vous rendez compte que je vais me faire trucider moi ?

Elles soupirèrent et commencèrent à me soumettre des hypothèses pour mentir. Pire que moi, elles étaient prêtes à tout pour rester ici. Mais je restai intransigeante. Et oui la vie était injuste. Mais c'est comme ça, quand il faut y aller, faut y aller ! Elles se levèrent à contrec½ur et ramassèrent leurs affaires, l'air déprimé. J'expliquai aux garçons que nous devions rentrer.

« C'est bête ! On avait prévu de les emmener en studio avec nous cette après-midi. »

Là ce fût carrément insupportable. Les filles crièrent, me supplièrent, presque à pleurer pour que je les laisse partir avec eux ! Hum... ce serait vraiment cruel de ma part de leur retirer un tel bonheur. Mais mes parents ? Je savais que ma mère allait dire oui, mais mon père... c'était une autre histoire.

« Vous savez bien que s'il n'y avait que moi vous pourriez y aller mais papa ne voudra jamais.
- Appelles-le, je suis sûre que tu pourras le convaincre !
- Il voudra jamais, surtout si je ne viens pas avec vous !
- Quoi ? Pourquoi tu viens pas ?
- Parce que je travaille moi ! »

Elles soupirèrent et me supplièrent cette fois, d'appeler mon père pour le convaincre. Je cédai, épuisée par leurs pleurs. Ma mère décrocha et je lui expliquai la situation.

« Mais bien sûr, vous pouvez y aller.
- Oui mais moi je travaille cette après-midi donc elles doivent y aller toutes seules.
- Ah. C'est pas grave, laisse-les partir, je vais m'arranger avec ton père. »

Ma mère était incroyable. Elle allait encore l'embobiner, le charmer et il craquerait. Normal ! Je raccrochai après avoir embrasser ma mère.

« Bon bah c'est bon, vous pouvez y aller. »

Elles crièrent si fort que j'étais sûre qu'on les avait entendu au Japon ! Les garçons les regardaient, l'air amusé. C'était assez comique de les voir sauter, s'embrasser et tout !

« Bon bah vous allez encore faire la baby-sitter cet après-midi !
- Cool ! J'adore faire la baby-sitter avec des enfants pareils ! (B) »

Je souris. C'est vrai, on trouvait pire quand même. Tom s'approcha de moi.

« Tu viens aussi ?
- Non, je travaille aujourd'hui. Il faut que je rentre me préparer. »

Il sembla très déçu. Aurait-il voulu me garder pour lui aujourd'hui ? Trop mignon ! Il sourit quand même et dit d'un air qui se voulait détaché :

« Dommage. »

Ouais, dommage. J'embrassai les filles, les faisant jurer d'être sage et obéissante. Je serrai ensuite la main des garçons, les remerciant pour ce qu'il faisait. Après tout, ils n'avaient aucune obligation. Même pour le téléphone, ils m'avaient bien assez remercié. Surtout Tom. Enfin bref, ne revenons pas là-dessus. Je sortis et pris l'ascenseur. Tom m'accompagna jusqu'au van qui m'attendait en bas pour me ramener à ma voiture.

« Bon. Voilà, merci en tout cas. Pour tout.
- De rien. »

Il ne souriait pas. Je l'embrassai sur la joue et grimpai dans le van. Sans que je ne me rende compte de rien, Tom grimpa à son tour.

« Mais... »

Impossibilité pour moi de finir ma phrase. Il prit mon visage entre ses mains et m'embrassa. Décidément, il ne pouvait pas se passer de moi ou quoi ? Non pas que ça me dérange, au contraire, j'adorai ça, mais s'il continuait, le départ allait être plus dur que prévu ! Il recula, me sourit et descendit du van. Seigneur, il avait l'art de me faire languir lui ! Le van démarra et je partis. Et oui, toute histoire avait une fin. Toute belle histoire avait une fin.

# Posté le lundi 16 juillet 2007 05:37

Modifié le jeudi 26 juin 2008 07:24

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Près de 3 semaines s'étaient écoulés depuis cette fameuse soirée. Il m'arrivait d'y repenser. Des fois. Pas trop souvent, allez pas croire que je suis une accro non plus ! Mais parfois, quand j'étais toute seule, dans mon lit grand et froid, je repensais à cette soirée. A Tom. Pas d'idée tordue, je ne faisais qu'y penser ! Je préfère prévenir parce que je vous voie venir avec vos esprits tordus ! Louisa et mes cousines ont passés une super bonne journée avec les Tokio Hotel d'après ce que j'avais compris. Elles les avaient ensuite revus une fois, puis ils avaient du partir. Et oui, ils étaient allemand, il était donc logique qu'ils aillent en Allemagne. J'aurais pensé que Louisa serait grave déprimer, qu'elle aurait des envies de suicide genre « Sans eux je suis rien ! » mais non. Depuis qu'elle les avait rencontrer, elle n'était plus la même. Elle était comme transformer ! Comme la vilaine chrysalide toute moche qui éclos et devient ainsi un beau papillon. Sympa la comparaison avec la chrysalide non ? Ca lui ressemblait bien ! En tout cas, maintenant elle est carrément plus la même , elle est souriante tout le temps, aimable gentille, elle est devenu vivable ! Si si, je vous jure ! En gros, cette rencontre n'a apporté que du bien.
Mes parents venaient de partir voir mes grands-parents, j'étais donc seule avec ma soeur. Nous avions prévu de regarder le dernier spectacle de Jamel Debouzze.

« C'est bon, tu peux le mettre. »

Elle venait d'apporter notre plateau repas, je mis le DVD dans le lecteur. J'allais m'asseoir quand on sonna à la porte. Louisa s'accrocha à moi.

« Va pas répondre, c'est peut-être un violeur, ou un serial killer ! »

Alors celle-là ! Complètement à la masse ! Je me détachai d'elle et me dirigeai vers la porte.

« Coucou !
-Yanis ! »

Je sautai au cou de mon frère. Une super bonne surprise ! Apparemment il s'ennuyait tout seul chez lui en ce vendredi soir, il avait donc décider de passer nous voir. La soirée s'annonçait encore meilleure ! Nous regardâmes donc Jamel, et rîmes jusqu'aux larmes. Après ça, je mis une chaîne musicale et Louisa raconta à Yanis sa rencontre. Ouais ça datait, mais il faut dire que mon frère habite à Martigue et qu'il ne vient pas très souvent à cause de son taf. Bah ouais, mais bon, c'est pas un ingrat, il téléphone deux ou trois fois par semaine quand même !

« C'était trop géniale ! Ils sont encore mieux qu'en photo, ils sont supers beaux ! Et supers sympas ! Ils nous ont emmenés avec eux en studio toute une journée, c'était trop trop bien ! Gustav m'a même laisser jouer de la batterie ! »

Parce que ma s½ur joue de la batterie.

« Ca avait l'air d'être bien. Et toi Seri, t'as passé une bonne soirée aussi ? T'as bien aimé le concert malgré tout, comme je sais que tu supportes pas ce groupe.
-Oh, bah figures-toi que c'est plus le cas ! Après ce qu'il s'est passé, elle adore !
-Arrêtes de dire des conneries toi !
-Pourquoi, il s'est passé quoi ? »

Je lançais un regard scarface à ma s½ur, mais celle-ci, sous la protection de mon frère ne semblait pas intimider du tout.

« Et bien, mademoiselle a eu une aventure avec le guitariste ! »

Et voilà ! Non mais quelle peste celle-là ! Je retire ce que j'ai dit tout à l'heure, elle est toujours aussi invivable ! Mon frère se tourna vers moi, l'air étonné.

« Ah bon ? Tu le connaissais ? »

Entre la s½ur balance et le frère à la masse, je me demandais comment j'allais faire.

« Mais non imbécile ! Je l'ai rencontré en même temps qu'elle. On est allé en boîte on a flirté un peu et voilà.
-Un peu ? Elle est revenue le matin les cheveux en l'air et les yeux gribouiller de noirs ! En plus son T-shirt était à l'envers !
-Tu peux fermer un peu ta grande bouche toi ?
-Allons allons, du calme les filles, si vous êtes sages vous aurez un bonbon ! »

Ma s½ur et moi le regardâmes étonnés. Il croyait qu'on avait encore 5 ans ou quoi ? Je lui jetai un coussin ma s½ur fit de même et voilà comment commença notre bataille de polochon. Au moins on oubliait un peu Tom. On avait passé une bonne soirée, okay mais bon j'allais pas me marier avec non plus ! Je m'imaginais marier avec lui, plein de petits Tom dreadu autour de nous, trop fort. Gloups. Je stoppai net dans mon élan. Mon dieu, dites-moi pas que j'ai fait cette erreur là ? Il fallait que je m'ôte d'un horrible doute, et vite. Sans crier gare, je montai en courant dans ma chambre et vérifiai sur mon calendrier. Alors, le 25... nous étions le 31. Oh mon dieu ! Oh mon dieu !!! J'avais du retard ! C'était pas une blague, c'était écrit noir sur blanc ! Mes dernières ragnagna dataient de plus d'un mois déjà. Et comme je suis réglée comme une horloge, c'est impossible que ce soit moi. Mais non, attends je pouvais pas être... non, impossible. On avait utilisé un préservatif. Du moins... je croyais. Oui mais je prenais la pilule. J'en changeais à ce moment-là, mais elle devait quand même être efficace non ? J'avais un énorme doute là. Je fouillais dans mon sac à la recherche du numéro de Tom. Celui-ci avait glissé un mot dans mon sac, où il y avait noté son numéro ! Dieu merci, il était là ! Je composais son numéro. Il fallait que je sache.

« Allo ?
-Tom ?
-Oui.
-Salut c'est Serena. Tu te souviens de moi ?
-Serena ? oui, je me souviens. Je ne pensai pas que tu m'appellerai. »

Moi non plus pour tout dire !

« Oui, désolé de te déranger.
-Tu me déranges pas.
-Voilà, j'ai besoin que tu m'informes d'un truc. Tu te souviens de cette nuit qu'on a passé ensemble ?
-Bien sûr.
-Cool. Voilà, je voudrais que tu me dises si tu as... si tu as utilisé un préservatif. »

Il eut un silence. Il avait raccroché ou quoi ?

« Allo ?
-Ouais je suis là.
-Alors ?
-Pourquoi tu veux savoir ça.
-Parce que... j'en ai besoin s'il te plaît. Je ne m'en rappelle pas du tout, t'es le seul qui puisse m'éclairer. Et je t'en prie soit honnête ! Quoi que tu dises, je t'en voudrai pas. »

Je priai de toute mes forces.

« Euh... en fait, je.... non, j'en ai pas utilisé. »

Oh non. Non, dites-moi pas que c'est pas vrai. Je vous en supplie, faites que ce soit qu'une blague, qu'il me dise « poisson d'avril ! ». Même si je déteste les poissons d'avril !

« Je suis désolé mais, sur le coup j'y ai pas pensé. D'habitude j'oublie jamais mais là... »

Mais là, on avait fait une grosse erreur.

« Pourquoi tu veux savoir ça ?
-Je crois que je suis enceinte. »

La phrase m'avait échappé. Merde, pourquoi j'avais dit ça moi !

« Quoi ?
-J'en suis pas sûre, mais j'ai quelques doutes. Mais t'inquiètes pas, je suis sûre que je me fais peur pour rien. »

Il valait mieux que je rattrape le coup, je ne voulais qu'il s'imagine quoi que ce soit.

« Mais, tu prends pas la pilule ?
-Si, mais là... il y a eu comme un problème.
-Attends, tu vas me dire que... »

Il baissa la voix. Il devait pas être tout seul.

« ... qu'on va être parents ? »

Quoi ? Oula, non non ! Hors de question ! Je ne suis pas enceinte !

« Non, je suis sûre que je me fais des idées pour rien. Et même si c'est pas le cas... »

Je fis le silence.

« Quoi ? Tu vas...
-Oui, j'avorterai. »

J'allais pas garder un gamin, à 20 ans, un gamin d'un garçon de 17 ans que j'avais rencontré une fois ? Non, je n'étais pas folle. Je ne voulais pas gâcher ma vie, celle d'un enfant et celle de Tom par la même occasion. Je voulais des enfants, mais là c'était trop tôt. Et trop rapide.

« Bon écoutes, je dois te laisser.
-Attends, tu me rappelleras, pour me dire ?
-Te dire quoi ?
-Bah si t'es enceinte.
-Pourquoi ?
-Bah... c'est quand même un peu de ma faute alors j'aimerais bien savoir. »

Il culpabilisait ou quoi ?

« Okay, je te rappele.
-Merci.”

Je raccrochai. Demain matin, à la première heure, j'allais chez le médecin.

# Posté le lundi 16 juillet 2007 05:39

Modifié le jeudi 26 juin 2008 07:24

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« Alors ?
-Et bien maintenant, il faut attendre les résultats mademoiselle.
-Combien de temps ?
-Dans une semaine, nous saurons si l'heureux évènement aura lieu. »

Heureux, il parlait pour lui là ! Pour moi c'était le désastre ! J'imaginais même pas la tête de mon père si je lui annonçait que j'étais enceinte d'un type rencontrer dans une boîte qui chante du rock et vit en Allemagne. En fait si, je l'imaginais très bien, et c'est ce qui me faisais peur ! Je me levai et parti.
On était samedi, il fallait que j'aille chercher Louisa. Devant le lycée, je me perdis dans mes pensées. Un bébé, ça engendrait tellement de choses, tellement de changement. C'était fini le boulot, fini tout mes projets pour partir à Paris. Et Tom ? Comment j'aurais fait ? Il n'habitait même pas en France ! Je sursautai en entendant la porte claquer.

« Coucou !
-Ah, salut. »

Elle me regarda.

« Qu'est-ce qu'il t'arrive ?
-Rien du tout pourquoi ? »

J'avais répondu un peu trop vite à son goût visiblement.

« Menteuse ! Je te connais bien, d'habitude tu m'aurais engueulé comme pas possible à cause de la porte claquer !
-Ah bon ? Bah fais gaffe à la porte, c'est pas un jouet. »

Elle me fixa, étonnée.

« Tu commences à me faire peur. Dis-moi ce qu'il se passe. »

J'aurais bien aimer mais je ne pouvais pas. Elle ne pouvait pas tenir sa langue cette gamine, si je lui disais elle risquait de faire une gaffe à un moment ou à un autre. Et je vous raconte même pas la cata !

« Rien, il m'arrive rien je suis fatiguée c'est tout. On rentre. »

Ma dernière phrase n'admettait aucune réplique et Louisa le comprit. Le trajet jusqu'à la maison se fit en silence.
Je passai toute l'après-midi dans ma chambre, à réviser. Du moins à essayer. Je préparais une licence en allemand, pour pouvoir être traductrice. Je n'allais pas travailler dans des boîtes de nuit toute ma vie !
Bref j'essayai de réviser, mais je n'arrivai pas à me concentrer. Je ne pensais qu'à ce fichu test et à ces fichus résultats qui se faisaient attendre une semaine ! J'allais passer une très mauvaise semaine, c'était sûr. Louisa entra dans ma chambre, me faisant de nouveau sursauter. Putain, elle commençait à m'énerver celle-là !

« Putain Louisa ! Tu peux pas frapper comme tout le monde ? Tu crois que c'est un moulin ici ou quoi ? »

Elle ne prêta même pas attention à ce que je venais de dire.

« Serena, je t'adore !
-Pourquoi ?
-Bah déjà pace que t'es ma s½ur et que je suis obligée ! »

Sympa.

« Mais aussi parce que t'es géniale !
-Et pourquoi ? »

Elle me tendit un journal. Décidément ces journaux ! Un article était consacré à Tokio Hotel. On pouvait lire :

« Le phénomène Tokio Hotel sera bientôt à Marseille pour un nouveau concert. En effet le groupe, ayant beaucoup apprécié la ville, a décidé de faire une nouvelle date dans notre région. Les billets sont déjà en vente depuis ce matin. »

Je ne lus même pas la suite. Ils revenaient. Pourquoi ? Je priais pour que cette date soit lointaine.

« C'est pas écrit quand ils reviennent.
-Non mais Gustav me l'a dit.
-Hein ? Tu parles avec Gustav toi ?
-Bah oui, qu'est-ce que tu crois ? »

Elle était bonne celle-là ! J'aurais pas pensé qu'elle aurait garder contact avec eux. Du moins, que eux aient garder contact avec elle. Je comprenais mieux pourquoi elle était de bonne humeur depuis quelques semaines. La cachottière flirtait avec le batteur !

« Et alors ?
-Ils reviennent dans deux semaines.
-Pas ça. Il se passe quoi avec Gustav ?
-Comment ça ?
-Fais pas style que tu comprends pas ! »

Je souris, il fallait bien que je la charrie un peu.

« Tu te fais trop de film. On discute c'est tout.
-Je m'en doute bien, vu que je l'ai pas vu à la maison, vous devez pas être aller plus loin que ça !
-T'es vraiment grave toi, tu sais il n'y a pas que le sexe dans la vie.
-Heureusement. »

Je perdis vite mon sourire. J'en avais fait les frais !

« Je parlais pas de ça, mais comme je sais que t'as toujours eu un faible pour lui, t'as pas flirté avec lui ? »

Elle rougit. Mais elle rougit grave, elle ressemblait presque à ma coccinelle avec ses petites tâches de rousseur !

« Non. »

Quelle timide je vous jure !

« Tu vas le revoir alors ?
-Oui, il a dit qu'il viendrait me voir. Et en fait je les ai carrément invités à venir ici ! Trop cool non ? »

Hein ? Oula, elle partait un peu loin là ! Ca m'étonnerait qu'il accepte.

« Ils ont été emballés apparemment. Je ferais venir Dahlia et Sihne peut-être. »

Bon bah, il fallait que je trouve un truc à faire ce jour-là ! Je ne voulais pas revoir Tom. Après ce que je lui avais dit hier... J'avais dit que je le rappellerais, mais en fait non, je ne le rappellerai pas. Je préférais qu'il ne sache rien, je préférais oublier jusqu'à son existence. Ca m'avait déjà causer assez d'émotions fortes de le voir une fois, c'était bon, j'avais eu ma dose ! Il avait fait suffisamment de dégât, pas la peine d'en rajouter. Même si, il est vrai que j'y avais aussi ma part de résponsabilité. Mais voilà, c'est moi qui risque d'être enceinte, qui allait peut-être devoir se faire opérer donc c'était moi qui avais le droit de l'accuser et de le blâmer ! Na !

« C'est cool. »

Elle m'embrassa sur la joue (me bavant dessus au passage !) et partit. Bon, allez je me concentre et je révise ! C'est pas en rêvassant que j'allais avoir mes examens. Alors si je ne voulais pas finir chômeuse, il valait mieux que je bosse ! La journée, le week-end, la semaine, passèrent aussi vite qu'une décennie. J'essayais de ne pas penser à ces satanés résultats mais je pouvais pas. Je n'y arrivais pas. Je travaillais, je parlais, je riais sans vraiment le faire. J'étais comme dans un état second. Enfin, cet état allait se finir. Les résultats arrivaient aujourd'hui, j'allais enfin savoir si j'allais devoir subir la toute première opération de ma vie. Je m'assis dans le fauteuil en face du bureau. Le gynécologue regarda un peu ses fiches puis retira ses lunettes, ce qui est en général un mauvais signe chez eux. C'est vrai, je sais pas si vous avez remarqué, mais les médecins enlèvent toujours leurs lunettes pour vous annoncer un truc grave !
Bref, ne nous éloignons pas trop du sujet ! C'est le stress qui me fait parler pour rien.

« Je suis navré mademoiselle, les résultats sont négatifs. Vous n'êtes pas enceinte. »

Ouaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah !!!!!! J'aurais crier comme ça si j'avais été toute seule. Oui, merci mon dieu merci ! Je me sentais comme libérer d'un poids incroyable tout d'un coup. J'avais envie de crier ma joie, de rigoler, de sauter, d'embrasser tout le monde. Bah ouais, c'est ça quand on est heureuse !

« Vous en êtes vraiment sûr ? »

Après tout, une erreur était vite arrivé !

« Oui, les résultats sont formels. Votre dérèglement n'était dû qu'à votre changement de pilule. »

Je n'allais pas avoir d'opération pas d'enfant, pas de contraintes. Dieu que c'était bon d'entendre ça. Mon sourire éclatant paru choqué quelque peu le gynécologue, qui s'attendait certainement à ce que je sois déçue. Voir à ce que je pleure. Vu la façon dont il m'avait annoncé ça en plus. Comme si c'était un drame. Bien au contraire, c'était un excellente journée !

« Merci beaucoup docteur ! Bonne journée ! »

Je me levai et sortis, souriante, comme un rayon de soleil. J'étais tranquille. Un truc pareil, ça se fêtait. Je rentrai chez moi et emmenai Louisa au restaurant avec moi. Et voilà comment passer une super journée en compagnie de sa petite s½ur !

# Posté le lundi 16 juillet 2007 05:40

Modifié le jeudi 26 juin 2008 07:24

8

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Depuis l'annonce de ma non-grossesse, j'étais carrément plus pareille. J'étais d'une humeur d'enfer, et tout le monde semblait apprécier. Nous étions mercredi, j'avais décidé de m'accorder une journée de repos à ne rien faire. Après tout, je ne travaillais pas aujourd'hui et j'avais bien droit de profiter d'un peu de calme ! J'avais enfilé mon vieux jogging blanc et un T-shirt. Mes cheveux étaient attachés en queue de cheval et je ne m'étais pas maquiller. Je marchai pieds nues sur le carrelage froid, super agréable. Allez, une petite glace Hagen Daaz à la vanille et je m'installai devant Mr Bean. Louisa était partis je ne sais où, elle m'avait dit qu'elle revenait tout de suite. Si elle pouvait ne pas revenir, ça m'aurait arranger. Je rigolais comme une mongole quand la porte d'entrée s'ouvrit. Je savais que c'était ma s½ur, je ne pris même pas le peine de me retourner. Je rigolais toujours.

« Comment tu fais pour regarder un truc pareil, c'est complètement nul !
-C'est toi qu'es nulle, ça c'est trop fort ! »

Elle aimait pas Mr Bean, je sais pas pourquoi. Elle se s'accouda au canapé et me fixa.

« Quoi ? »

Elle souriait bizarrement.

« On a de la visite. »

Hein ? Je me retournai et failli renverser ma glace. Bill et Gustav se tenait là, dans l'entrée, et me regardait. Merde, j'avais complètement oublier de lui demander le jour où ils venaient ! J'avais été tellement heureuse de ne pas être enceinte que j'avais tout oublier ! Je me levai, souriant aimablement.

« Tiens, salut ! Ca va ? »

Je leur serrai la main.

« Merci pour l'invitation, ça fait plaisir. (B)
-Ah bah de rien. Je pensais pas que vous accepteriez. »

Vu que c'était pas moi qui les avait invités !

« Bah, en général on ne peut pas mais on avait envie de revoir Louisa ! (GU)»

Celle-ci rougit.

« Ouais. Vous n'êtes venus qu'à deux ?
-Tom est dehors, il arrive. Goerg est resté en Allemagne pour un problème personnel. (B)
-Ah, dommage.
-Bon, on va pas rester planter là, venez on va dehors il fait beau ! (L) »

Ils sortirent par la porte-fenêtre de la cuisine, pour s'installer sur la terrasse. Au moment où j'allais monter me changer, la sonnerie de l'entrée retentit. J'ouvris.

« Salut.
-Salut. (T) »

On était planté là, comme des poireaux, ne sachant que dire.

« Entres, tu vas pas rester dehors. »

Il entra.

« Bon, les autre sont dehors, c'est par-là. Je vais me changer, je reviens. »

J'allais monter mais il me saisit le bras, m'empêchant de bouger.

« Attends. Comme il n'y a que nous, je vais en profiter. Tu as fait un test alors ? »

Aïe, on en venait au sujet sensible. J'allais le rassurer, quand une idée me traversa l'esprit.

« J'ai fait des tests la semaine dernière. J'ai eu les résultats ce week-end.
-Et alors ? »

Je pris un air désolé, et baissai la tête.

« C'était... positif. »

Je dus me retenir de rire quand je vis sa tête. Il blêmit d'un coup, je sentis sa main lâcher mon bras. Je baissai la tête pour qu'il ne voie pas mon sourire.

« Alors... t'es enceinte ? »

Je laissai un petit silence de suspens.

« Oui. »

Ses yeux se perdirent dans le vide quelques secondes puis il me fixa.

« Qu'est-ce que tu comptes faire ?
-Je ne compte pas le garder. »

Là c'était vraiment trop drôle. Je sais, c'est franchement salope de faire un coup pareil, mais c'était trop marrant. Il s'approcha de moi et baissa la voix.

« T'es sûre de toi ? »

Hein ? Ca par contre je m'y attendais pas.

« Comment ça ?
-Bah, pour avorter. C'est pas quelque chose qu'on fait à la légère quand même. »

Quoi ? Il aurait quand même pas voulu que je le garde !

« Attends, tu veux dire que tu voudrais que je le garde ? »

Il ne répondit pas tout de suite. Mais ses yeux le trahissaient. Ouais apparemment il aurait bien voulu. Incroyable. Là, je restai bloquée.

« Attends, tu te rends compte de ce que ça impliquerait ? T'es même pas majeur, on vit pas dans le même pays, on ne sort même pas ensemble ! Tu imagines un truc pareil ? Et ta carrière en prendrait un coup, imagines les médias ce serait un de ces scandales, je serai harceler, toi aussi et je ne pourrais plus rien faire ! Et tu voudrais garder un bébé ? »

Il me regarda, puis baissa la tête.

« Non, je n'en veux pas, tu as raison. »

Je souris.

« T'en fais pas, de toute façon, il n'y a pas de bébé.
-Quoi ?
-C'était une blague. Les résultats étaient négatifs. »

Il resta bouche bée. Ouais, je sais c'est pas sympa mais que veux-tu ? Je suis une peste !

« Tu... T'es folle de me faire peur comme ça ?
-Eh oh c'est bon ! Fallait bien que tu stresses un peu ! Parce que pendant toute cette semaine c'est moi qui a flippé grave ! Je vois pas pourquoi il n'y aurait eu que moi qui aurait du avoir peur ! »

Il fronça les sourcils. Très mignon, j'avais presque oublier qu'il était aussi canon.

« Enfin bon, n'en parlons plus. C'était qu'une fausse peur, il n'y a rien et tant mieux. Maintenant si ça ne te dérange pas, j'aimerais aller me changer. »

Il tourna les talons et sortit sur la terrasse. Ouh, il ne semblait pas de très bonne humeur, ma blague ne l'avait pas fait rire. Dommage, moi elle m'avait bien fait marrer ! Après m'être changer, je redescendis, éteignis le DVD et sortis.

« Alors, qu'est-ce que vous racontez de beau ?
-On parle du concert de ce week-end. (B)
-Ah ouais c'est vrai. J'ai lu un article, apparemment, vous avez été charmés par notre ville !
-Ouais grave ! (GU) »

Il se tourna vers Louisa. Dis donc, ces deux-là semblaient bien s'entendre.

« Bon, il est quelle heure ?
-13h15.
-Okay. Bah moi j'ai pas mangé et vous ?
-Moi non plus. (L)
-Non, on a pas mangés. (B)
-Cool, bon je vais faire à manger et on va manger tous ensemble d'accord ? Promis je ne vous intoxique pas ! »

Ils rigolèrent. Sauf Tom. Lui me regardait d'une drôle de manière. Il semblait énerver mais en même temps on aurait dit.... je sais pas, c'était bizarre. Enfin. Je me dirigeai vers la cuisine. Je mis de l'eau à bouillir. Des spaghettis bolognaises ça allait le faire non ? Tom m'avait rejoint.

« Pourquoi tu m'as menti ?
-C'était qu'une blague. Je voulais juste te faire peur.
-Je vois pas en quoi c'était drôle.
-C'est parce que tu n'as pas vu ta tête ! »

Je me tournai vers lui. On se fixa quelques secondes avant d'éclater de rire. J'avais dit que c'était drôle ! En fait, on rigolai plus par soulagement que par amusement. Ouais, on avait eu peur. Très peur.

« Enfin, j'ai quand même vu que tu as eu une hésitation. Visiblement ça ne t'aurait dérangé plus que ça que je sois enceinte.
-Bah, ce qui est fait est fait.
-Ah ouais. C'est parce que c'est pas toi qui l'aurait eu dans le ventre !
-Imagines que ça ait été une fille qui te ressemble. Un amour. »

Incroyable ! Même après une nouvelle pareille, il ne pouvait pas s'empêcher de me draguer ! Je lui souris.

« En effet. Mais si ça avait été un garçon, bonjour la galère ! »

Il sourit à son tour. D'un coup je repensai à cette nuit à l'hôtel. Cette intimité qui nous avait lié, ce qu'on avait partagé. Ca avait été si bien. Je le trouvai toujours aussi beau. J'avais envie de l'embrasser soudain, comme une pulsion incontrôlable. Ca c'était vraiment pas croyable ! Il me rendait folle. Complètement folle.
Je me retournai vers la casserole et mis les spaghettis dans l'eau bouillante. On sonna à la porte, j'allai ouvrir. Une de mes voisines me fit face.

« Salut.
« Salut ! Dis c'est vrai que les Tokio Hoel sont chez toi ? »

Comment elle savait ça elle ? Je feignis l'ignorance.

« Où est-ce que t'as vu ça ?
-Bah tout le monde raconte que toi et ta s½ur vous les connaissez personnellement et qu'ils devaient venir ici aujourd'hui. »

Putain, Louisa avait le chic pour ouvrir sa bouche quand il fallait pas ! Toujours à raconter sa vie celle-là !
« Bah écoutes, désolé de te décevoir mais t'as du faire une erreur. En tout cas cette rumeur est bidon.
-Serena ? »

Je fermai la porte d'un coup. Tom apparut. Heureusement que j'avais de bon réflexe !

« Ca va ? »

Je lui fis signe de se taire et de dégager dans la cuisine. Il s'exécuta, je rouvris la porte. Ma voisine semblait un peu déconcertée, elle s'attendait pas à ce que je lui claque la porte au nez comme ça !

« Qu'est-ce qu'il t'a pris ?
-Désolé, un courant d'air. La porte m'a échappé. »

Je l'avais échappé belle. Si elle l'avait vu, tout le quartier aurait déboulé dans mon jardin.

« Pour en revenir à ton info ils ne sont pas là désolé. »

Elle me regarda d'air air suspicieux. Elle ne me croyait pas mais comment prouver que je mentais ?

« Okay, dommage, ça aurait été marrant. A plus alors.
-C'est ça, ciao »

Je refermai la porte et retournai vers la cuisine.

« Fiou, on a évité une catastrophe de justesse là !
-Pourquoi ?
-Parce que si la fille t'avait vu, ma maison aurait fini dans le même état que celle dans Schrei ! »

Il rit à me petite anecdote.

« T'es vraiment spéciale toi !
-Pourquoi ?
-Parce que ! Ca aurait été n'importe qui d'autre, il se seraient empressés de prévenir tout le monde et on aurait même pas pu descendre du van. »

Je souris. C'était vrai, j'étais pas comme les autres et ça me rassurait d'un sens !

« N'est-ce pas ainsi que tu m'adores ?
-Si, c'est comme ça. »

Je souris à pleine dent et dis :

« Dans ce cas, je ne change pas ! »

Louisa apparut

« Venez, on va faire des photos ! »

J'éteignis le feu et suivis Tom dehors.

« Je commence ! Tiens prends la photo ! »

Elle me fourra l'appareil dans les mains histoire de bien me signifier que j'étais pas la bienvenue sur le cliché ! Elle partit s'asseoir entre Bill et Gustav qui passa un bras autour de ses épaules. Tom s'assit à côté de Gustav.

« Allez ! Poil de...
-Cul ! (L) »

J'éclatai de rire, ratant la photo.

« Imbécile ! C'est poil de carotte !
-Je sais mais poil de cul c'est plus marrant ! »

Louisa et moi étions explosées de rire. Je dis aux garçons :

« Un jeu de mot français. »

Les pauvres ne pouvaient même pas participer à notre fou rire. Je me calmai pour reprendre la photo.

« Allez, sérieux cette fois ! Souriez ! »

Clic. C'était dans la boîte !

« A toi maintenant ! »

Je donnai l'appareil à ma s½ur. Je me glissai derrière Tom et murmurai quelque chose à son oreille. Il acquiesce et se leva. A parti de là, tout s'enchaîna très vite, Je sautai sur son dos, et commençai à attaquer Gustav à coup de pied. Ce dernier réagit tout de suite et m'attrapa le pied, m'empêchant de bouger. Bill l'aida et attrapa mon autre pied. Tom perdit l'équilibre et nous nous retrouvâmes tout les deux dans les l'herbe, étalés. Sans perdre une seconde, Gustav et Bill commencèrent à me chatouiller.

« AAAAAAhh !!!! Non, c'est pas juste ! Pas ça !! Tom aides-moi !! »

Au lieu de venir à mon secours, lui aussi se mit à me chatouiller. Je riais, riais, à étouffer, je n'arrivai même plus à respirer. Et ils étaient impitoyables ! J'avais beau les supplier, ils ne me lâchaient pas ! Et ma soeur, au lieu de venir à mon secours, n'arrêtait pas de prendre des photos.

« Stop ! Arrêtez j'en peux plus !
-C'est toi qui l'a cherché ! (GU)
-Ouais mais c'est bon là, stop !
-Non non ! »

Gustav s'arrête. Il se mit à califourchon sur moi, me tenant les mains contre le sol.. Impossible pour moi de boguer, J'avais beau lui donner des coups de genoux (certes faible !) dans le dos, il ne bronchait pas !

« Je veux un bisou.
-Quoi ? Hors de question, dégages !
-Non, je veux un bisou ! »

Il tenta, en vain de m'embrasser. Je riais toujours, je ne pouvais plus m'arrêter. Je devais être rouge, j'avais chaud.

« Tu peux te brosser martin, jamais je ne t'embrasserai !
-Martin ? »

Le temps qu'il réalise cette expression, j'en profitai pour m'échapper. Je me relevai, lui aussi et il se mit à me courser à travers le jardin.

« Aidez-moi ! » (GU)

Tom et Bill se levèrent me bloquèrent le passage. J'essayai de les éviter. Et voilà comment nous nous sommes ouverts l'appétit ! Quand nous fûmes enfin calmés, je finis de faire à manger, Louisa mit la table et j'apportai les plats. Le repas se passait très bien. Les garçons semblaient plus à l'aise. Heureusement, j'aime pas les fausses politesses et les ambiances tendues, c'est trop malsain. Tout était parfait. Soudain j'entendis la porte d'entrée claquer. Ma s½ur me regarda, étonnée. Et là elle me fît sa crise de panique habituelle.

« C'est peut-être un voleur !
-Qui aurait claquer la porte comme ça ! »

Mes parents apparurent sur la terrasse.

« Tiens, des invités ! Bonjour messieurs ! (M) »

Les trois garçons saluèrent ma mère en français.

« Vous avez un fort accent, vous n'êtes pas d'ici ? (M)
-Ils sont allemands maman, ils ne parlent pas français.
-Oh ! Ce sont des correspondant à toi ?
-Non, c'est le groupe de Louisa.
-Le groupe ? (M)
-Mais oui, tu sais maman, les Tokio Hotel ! (L)
-Oh ! (M) »

Ma mère sourit puis se pencha vers moi et dit tout bas.

« Très mignon celui avec les cheveux noirs ! »

Je rigolai.

« Tu peux parler normal maman, ils comprennent pas.

« Et comment ça se fait qu'ils sont là ? (P) »

Mon père ne semblait pas trop apprécier.

« Louisa les a invité. Comme ils sont de passage, c'était une bonne occasion de les voir.
-Tu as bien fait ma chérie ! Je vois que tu as fait à manger, c'est parfait ! Mais tu aurais dû attendre, j'avais acheter de quoi faire des lasagnes ! »

Ah ma mère. Elle a toujours peur qu'on meurt de faim.

« C'est bon maman, c'est pas grave, la prochaine fois !
-Bien sûr. Bon je vous laisse, j'ai quelques trucs à faire. (M) »

Mon père regardait toujours les garçons.

« Papa ?
-Quoi ?
-Ca serait cool si tu arrêtais de les fixer comme ça, ça doit les mettre mal à l'aise je pense !
-Un homme n'est jamais mal à l'aise. »

Je regardai ma s½ur, et là nous partîmes dans un fou rire incroyable ! C'était quoi cette phrase de macho ? Genre, pas mal à l'aise ? Bah en tout cas Bill semblait plutôt gêné !

« Papa, s'il te plaît, arrêtes. »

Il me regarda puis partit. Je rigolai encore.

« Désolé, je pensai pas que mes parents rentreraient tout de suite.
-C'est rien. Ta mère à l'air super sympa. (B)
-C'est le cas ! »

Il sourirent. Nous finîmes notre repas, toujours dans la bonne humeur. Puis il fallut se quitter. Et oui, ils étaient occupés et avaient des choses à faire ! Je les raccompagnai avec Louisa jusqu'à la porte. Un bisou sur chaque joue.

« J'ai quand même eu mon bisou ! (GU) »

Il me fît un clin d'½il, je lui souris. Je l'aimai bien lui, il était vraiment sympa !

« Serena, viens voir une seconde.
-Bougez pas je reviens. »

Je retournai à la cuisine.

« Qu'est-ce qu'il y a ? »
Ma mère me mit un plat recouvert d'aluminium dans les mains.

« Voilà pour vos petits amis.
-Quoi ? C'est quoi tout ça ?
-Des gâteaux voyons ! Tu as oublié que c'est Chefka aujourd'hui ?
Attends maman je vais pas leur donner ça comme ça, la honte !
-Files ! »

Putain c'était pas possible. Ma mère était pas croyable, il fallait toujours qu'elle donne quelque chose ! La seule fois où j'avais amené un petit ami à manger chez moi, il y a deux ans environ, ma mère l'avait tellement nourri qu'après il s'était endormi comme une masse. Je vous raconte pas la frustration ! Et là elle me sortait l'excuse de le Chefka, qui entre nous est une fête un peu bizarre ! Mais bon. Je retournai dans le hall.

« Tenez, ma mère a fait ça pour vous. »

Je mis le plat dans les bras de Bill.

« Qu'est-ce que c'est ? (T)
-Des gâteaux. »

On rigola. Ils enfilèrent leur lunettes de soleil et sortirent. Tom, qui était derrière moi me saisit le bras.

« Attends une seconde
-Quoi ? »

Il baissa la voix

« J'aimerais bien qu'on se revoit.
-Ouais, on se reverra sûrement, vu comment c'est parti entre Louisa et Gustav !
-Non, je veux dire juste toi et moi. »

Ah. Bah oui, évidemment, qu'est-ce que je suis cruche des fois.

« Euh... je sais pas.
-S'il te plaît.
-....
-Promis je serai sage!”

Je souris. J'y croyais pas trop.

« J'en doute. On a déjà frôlé la catastrophe, ça te suffit pas comme ça ?
-Non. »

Okay. Il se pencha à mon oreille et murmura :

« Je t'attendrai ce soir à 20h, dans le hall du même hôtel que la dernière fois. »

Il recula me sourit et partit. Et bah, voilà qui était très intéressant ! J'avais le choix, et j'adorai avoir le choix. Je pouvais ne pas y aller, ce qui semblait être le plus raisonnable, et ainsi le faire attendre toute la soirée pour rien. Ou je pouvais être moins raisonnable, ce que je faisais de mieux et y aller. Que faire ? Je sais, je sais, il n'y que quelque jour encore, je disais que je voulais oublier jusqu'à son existence, mais ça c'était avant de savoir que je n'avais rien. Après tout, on ne fait une telle erreur qu'une fois dans sa vie. Alors, maintenant on saura et il n'y aura plus de problème. Donc je peux être déraisonnable et y aller. Je souriais toute seule, plantée tel une salade dans le jardin quand mon père posa sa main sur mon épaule.

« Ouah ! »

Le vieux stress !

« Tu m'as fait flipper !
-Désolé. Ca va ?
-Bah ouais, pourquoi ? Tout est parfait.
-C'était qui tout ces garçons ?
-Je t'ai déjà dit, ce sont des mais. Du moins, des amis à Louisa. »

je préférais que personne ne pense que j'avais un quelconque lien avec eux. Je préférais garder l'anonymat si possible !

« Et... elle sort avec l'un d'eux ?
-Non. Du moins pas encore, mais ça ne saurait tarder ! »

Mon père me regarda avec des yeux ronds, l'air légèrement apeurés.

« Ah bon ? Et lequel ?
-Celui avec la casquette.
-Quoi ? Avec son percing à la bouche et ses cheveux... bizarre ?
-non ! L'autre, le blond. »

Le dreadu était à moi !

« Et puis on dit des dreads papa, pas des cheveux bizarres. »

Je vous jure, quel manque de culture !

« Ouais. »

Il regarda vers la route, puis rentra. Apparemment il n'aimait pas trop cette idée. Bof, peu importe. C'était pas un sadique non plus, je savais qu'il n'allait pas séquestrer ma s½ur. Je rentrai, montai et pris une douche. Je fis mousser le savon sur moi. J'adorai cette sensation, l'impression d'avoir de la soie à la place de la peau ! Je sortis de la douche, enroulai mes cheveux dans une serviette, m'enroulait moi comme un nem dans une plus grande serviette et me dirigeai vers ma chambre. Au moment où je branchais mon fer à lisser, mon portable sonna. Yanis.

« Allo ?
-Salut Seri j'te dérange pas ?
-Non, qu'est-ce qu'il y a ?
-Les parents sont à la maison ?
-Ouais pourquoi ?
-Merde, je voulais leur faire une surprise pour la Chefka, mais si ils sont là, c'est mort. »

C'était une manie ça, la Chefka, qu'est-ce qu'il avait tous à vouloir le fêter ? C'est bon, un bébé est naît mais voilà quoi ! On l'a même pas encore vu ce bébé ! Alors pourquoi fêter sa naissance ?

« Au fait, c'est qui qui a eu un bébé déjà ?
-La cousine à maman.
-Ah. Et on va voir quand le bébé ?
-Jsais pas. Et je m'en fous je l'aime pas toute façon. Je voulais juste faire une surprise. Tu peux pas les sortir ce soir, et revenir vers 21h, 22h ?
-Ah non, désolé je suis prise. Demandes à Louisa.
-Vas-y passes-la moi. »

J'allai jusqu'à la chambre de ma s½ur, lui tendis le téléphone et retourner dans la mienne. J'étais toujours en mode nem. J'enfilai des sous-vêtements, des vêtements, et commençai à me lisser les cheveux.
Il était près de 20h. Je descendis.

« Maman, je sors !
-Tu vas où ?
-Chez Lola ! Bisous-
Bye ! »

Je sautai dans ma Twingo et direction l'hôtel.

# Posté le lundi 16 juillet 2007 05:41

Modifié le jeudi 26 juin 2008 07:24

9

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Dans le hall, je commençai à chercher Tom des yeux. Je le vis, il était assis, tout seul dans un fauteuil. Des écouteurs sur les oreilles, il jouait avec son téléphone. Quand il me vit approcher, il le rangea et retira ses écouteurs.

« Ca me fait plaisir de te voir.
-Ca me fait plaisir d'être là. »

Il me prit la main et m'entraîna vers l'ascenseur. Direction le 6eme étage. Il ouvrit la porte de sa chambre, me laissa entrer, pénétra à son tour et referma. Elle était plutôt grande, et apparemment Tom était soigneux car rien ne traînait. Du moins rien de dégueulasse. Tant mieux. Je sentis ses mains se poser sur mon ventre et sa bouche dans mon cou.

« Tu sens bon. »

Merci Ushuaïa à la pulpe d'agrumes !

« Je viens juste d'arriver, il faut que j'aille prendre une douche. J'en ai pour 5 minutes. Tu m'attends ?
-Je ne vais pas m'enfuir. »

Il m'embrassa et alla dans la salle de bain. Je m'assis sur le lit. Bon bah voilà quoi, j'avais plus qu'à attendre. Le truc que j'aimais le moins faire. Je regardai autour de moi. Je vis une télécommande à côté de moi. Mais je ne voyais pas de télé. J'appuyais sur play et là une musique assourdissante envahit la pièce. Prise panique, la télécommande m'échappa. Merde ! Au moment où j'allais la saisir la musique s'éteignit. Je relevai la tête, Tom était à côté de la salle de bain, elle-même à côté d'une chaîne hi-fi, souriant.

« Je ne savais pas que tu aimais ce genre de musique.
-Non, je croyais que c'était pour une télé. Désolé.
-Il y a pas de télé ici, pour mon plus grand malheur d'ailleurs !. »

Il retourna dans la salle de bain. Quelle plouc je fais des fois ! J'entendis le jet de la douche, l'eau coulait. Je l'imaginai sous la douche, nu, l'eau ruisselant sur lui. Je me levai et ouvris la porte tout doucement. La vapeur d'eau envahissait la pièce. J'entrai tout doucement et me posai contre le mur. Ah ah, comment allait-il réagir ?

« Je peux venir ? »

Il ouvrit le rideau histoire de laisser passer sa tête. Il ne broncha même pas et me dit :

« Avec plaisir. »

Et bah celui-là alors ! Pour le perturber, il en avait fallu beaucoup ! Même l'idée d'avoir un gamin l'avait choqué quelques minutes avant qu'il ne redevienne neutre. Je souris et dis :

« Je rigole. J'ai déjà pris ma douche.
-Et alors ? A moins que tu ai peur de moi. »

Quelle provocation ! C'était intolérable ! Je me devais de régler ça. Je me déshabillai et le rejoignis.

1 heure plus tard, nous étions tous les deux dans le lit, moi assise, lui allongé, la tête sur mes jambes. Nous écoutions de la musique en mangeant des bonbons. Rien de tel pour se remettre d'une séance de sport intensive ! Ca avait été encore mieux que la première fois, comme là j'étais totalement sobre, j'avais pu mieux apprécier. Cool non ?

« Au fait... »

Tom leva la tête vers moi.

« Hum ?
-J'aimerais bien que personne ne sache. Tu sais, qu'on se voit de temps à autre. Enfin si on se revoit après.
-Bien sûr qu'on va se revoir, tu vas pas m'échapper comme ça !
-Je t'échappe quand je veux ! D'ailleurs je vais le faire maintenant ! »

D'un coup je glissai mes jambes hors du lit, sa tête tomba sur l'oreiller. Je me mis debout.

« Et voilà ! T'as vu ça, vive comme l'éclair ! »

Il rigola.

« Ouais mais je te rattrape quand je veux.
-J'aimerais bien voir ça. »

Il se leva d'un coup et me saisit par la taille avant de me pousser sur le lit.

« Ouais mais là je me suis laissée faire !
-Bien sûr, c'est ce qu'on dit !
-Non, c'est ce que moi je dis ! »

Je l'embrassai. Je m'écartai ensuite et le fixai.

« Non sérieux. Si personne ne savait, ça m'arrangerait.
-Pourquoi ça ? Tu pourrais devenir célèbre.
-Oh, super, Serena, l'amante de Tom Kaulitz ! Super comme célébrité !
-Attends, il y a des milliers de filles qui se damneraient pour être à ta place.
-Je la leur laisse sans problème !
-Non merci, je te garde toi.
-Dans ce cas-là, chut. »

Je posai un doigt sur sa bouche.

« Très bien, je ne dirai rien. »

Je souris. Quel amour ! C'était parfait !

« T'as pas faim ?(T)
-Un peu.
-J'ai super faim. On descend en bas ou on fait monter quelque chose ? »

Je le regardai, souriante. Il était en boxer et moi je ne portai que mes sous-vêtements et son T-shirt. Mes cheveux avaient fait la guerre et je devais avoir les yeux noirs.

« Non, fais monter c'est mieux.
-Okay. »

Il téléphona à la réception et commanda pour nous. C'est pas génial ça, d'avoir quelqu'un qui fait tout pour toi ? Assise sur le lit, je me laissai tomber en arrière. J'écoutai la musique.

« C'est qui qui chante ça ?
-Un groupe de rap allemand.
-Qui s'appelle ?
-Bushido.
-Okay. »

C'était pas mal. Là on écoutait une reprise de la chanson « Unfaithful » de Rihanna. Et j'aimais beaucoup.

« Ca te dirait d'écouter un peu de musique française ?
-Quel genre ?
-Hum... je sais pas, un peu pop/rock,, mais plus rock ! »

Je souris. En fait j'en avais aucune idée !

« Ouais. »

Je me levai et allai chercher mon CD de Superbus dans mon sac.

« Tu te balades avec tout tes CDS ?
-C'est pour ma voiture en fait, mais depuis que je me suis fait voler mon autoradio et mes CDS , je les garde sur moi, c'est plus prudent ! »

Je mis le CD et passai les trois premières musiques. Elles me soulaient un peu. Je lui fis écouté « Lola », ma chanson du moment. Il s'était rallongé. Je commençais à chanter en voix off, suivant la chanteuse. Il sourit, je devais être un peu ridicule. Mais je continuai, le regardant, imitant la chanteuse. Je m'approchai, grimpa sur le lit et m'avança jusqu'à lui à quatre pattes. Je passai sur lui, à califourchon, lui coinçant les mains à l'aide de mes cuisses.

« T'es complètement prisonnier là. Je peux faire ce que je veux de toi.
-Je ne vais certainement pas m'en plaindre.
-Même si je te torture grave, jusqu'à ce que tu me supplies d'arrêter ? »

Il rigola.

« Alors là, même dans tes rêves les plus malades je te supplierai jamais !
-Ah ouais ? »

Je me mis à lui chatouiller les côtes. Il gigota un peu, mais se retenait de rire. Ah ! Il n'était pas chatouilleux ? Je libérai ses mains que je saisis aussitôt et bloquait de chaque côté de sa tête. J'effleurai ses lèvres tout doucement, déposai une multitude de baiser sur son visage doux. Puis je me glissai jusqu'à son cou, mordillai le lobe de son oreille, inondai son cou de baisers sulfureux. Sa peau était chaude, douce comme celle d'un bébé. Je l'entendis gémir doucement. Il était totalement sous mon emprise. Je lâchai ses poignets, faisant glisser mes mains sur ses bras, son torse, son ventre. Sa respiration s'accélérait doucement. Au moment où ça devenait intéressant, on frappa à la porte. Tom reprit ses esprits et jura en allemand avant de se lever, m'obligeant à me pousser. Mon dieu, comment gâcher un moment de plaisir intense ! Tom ouvrit la porte.

« Eh, .... »

C'était son frère. Il stoppa net dans son élan en le trouvant en caleçon.

« Bah, qu'est-ce que tu fais comme ça ? Il fait chaud mais de là à se balader comme ça ! »

Il rigola, leva la tête et me vit. Je lui souris et lui fis un petit signe de la main. Et oui, il avait chaud, mais pour une autre raison ! Enfin, maintenant je pouvais adieu à mon anonymat !

« Ah, salut Serena !
-Salut.
-Bon qu'est-ce que tu veux ? (T) »

Tom semblait légèrement contrarié. Mais rien qu'un peu !

« Bah c'était pour qu'on aille manger, vous venez ?
-Non c'est bon on a déjà manger.
-Ah bon ? Bah merci de m'avoir attendu !
-Tu voulais pas qu'on t'invite non plus ?
-Bah pourquoi pas ? Je suis sûr que Serena y a pensé ! Elle est trop gentille pour ne pas avoir eu une petite pensée pour moi, qui vais me retrouver seul à manger en bas, comme une âme perdue....
-Arrêtes ton char ! Et Gustav et Goerg ?
-Gustav est avec ta soeur d'ailleurs. »

Il me regarda. Ah bon ? Avec Louisa ?

« Et Goerg a disparu.
-Dommage. Bon désolé, mais on était occupé. »

Et il ferma la porte d'un coup ! Sympa le garçon ! On entendit Bill crier du couloir.

« Ingrat ! Comptes plus sur moi pour t'accompagner maintenant ! »

Le pauvre !

« Pourquoi t'as fermé comme ça ? C'est pas sympa quand même.
-Tu le connais pas ! Si je l'avais laissé parler, il t'aurait baratiner et à la fin il aurait fini avec nous !
-Ca te dérange ?
-Oui ! T'es avec moi, pas avec lui ! Si il veut pas manger tout seul, il a qu'à trouver sa Serena. »

Je rigolai. Lui aussi. On re-frappa à la porte.

« Si c'est encore lui, il est mort ! »

Il alla ouvrir la porte, prêt à hurler, mais se retrouva face à une femme apportant un plateau.

« Votre repas monsieur.
-Ah oui, merci. »

Il saisit le plateau et referma la porte.

« Enfin, j'ai super faim. »

On frappa à nouveau. Tom était sur le point de faire une crise de nerfs.

« Attends, j'y vais ! »

Je me levai et allai ouvrir. Bill était de retour.

« T'es vraiment un mitto toi ! Je croyais que vous aviez déjà mangés ! Si tu veux pas voir ma tête dis-le direct !
-Okay, je veux pas voir ta tête !
-Bah ouais mais moi oui !
-C'est bête, on a pas toujours ce qu'on veut dans la vie Bill !
-Bah moi si !
-Non ! »

On aurait dit deux gamins qui se battait pour un jouet. Seigneur, j'allais être obliger de jouer les médiateurs !

« Stop ! On se calme les gars ! Tom, pourquoi tu veux pas que Bill mange avec nous ? Le pauvre, il est tout seul ! »

Bill sourit à pleines dents. Tom semblait excédé par son frère.

« Quand je te dis qu'elle est gentille !
-Non mais Serena tu vas pas le faire venir avec nous ?
-Pourquoi pas ?
-Mais parce que j'ai pas envie de lui ! On était bien à deux alors continuons !
-T'as vu comment il est méchant avec moi ? Moi qui suis si gentil et tendre avec lui. »

Bill entra dans la chambre. J'allai pas le laisser dehors ! En plus lui avait le sourire depuis le début, et il semblait très amusé par la situation !

« Bah vas-y fais comme chez toi ! (T)
-Merci ! (B) »
Il s'installa sur le lit à côté de son frère qui poussa un énorme soupir et jura en allemand, encore.

« Alors on mange quoi ? »

Je rigolai. Il était trop marrant avec sa petite tête d'enfant. Il semblait très fier de lui, très fier d'avoir réussi à s'incruster. Et moi ça me faisait plaisir qu'il soit là. Il était super cool comme mec et je l'aimais bien.

« Tiens, prends mon entrée, j'aime pas de toute façon.
-Merci. »

Il attrapa la bouteille de coca de son frère et but dedans. Tom cria :

« Non mais ça va, tu te sens à l'aise là ? Tu veux pas mon assiette aussi ?
-Bah si t'en veux pas, avec plaisir ! »

Bil me regarda, souriant. Il avait envie de souler son frère apparemment et il s'y prenait à merveille ! Tom était super énervé. Je voyais presque des flammes dans ses yeux quand il regardait son frère. Ca faisait peur.

« Alors vous faites quoi ce soir ?
-Tu veux pas notre emploi du temps aussi ?
-Oh tais-toi toi ! Je te parle pas ! Je m'adresse à Serena, si tu n'y vois pas d'inconvénient !
-Si j'en vois un !
-Et lequel ? »

Et voilà, c'était reparti. Des vrais gosses ! Même ma s½ur et moi on était pas comme ça ! J'interrompis leur dispute.

« On ne fait rien du tout et toi ? »

Bill se tourna vers moi après avoir fusiller son frère du regard.

« Rien non plus, je suis en galère étant donné que tout le monde est parti ou est occupé. J'ai rien à faire.
-Eh, on pourrait aller au cinéma tout les trois non ?
-Ah ouais, c'est une bonne idée ça ! Ca fait super longtemps que j'y suis pas aller ! »

Je me tournai vers Tom. Il ne semblait pas du tout emballer par l'idée. Mais alors pas du tout ! Il me regarda, me suppliant du regard d'annuler, de me contredire, de faire n'importe quoi. Je souris un peu, levant les épaules au ciel. Trop tard, je ne pouvais pas revenir sur mes paroles maintenant. Il leva les yeux aux ciel. Bill parlait toujours.

« Eh on pourrait aller voir le nouveau Pirates des Caraïbes ! T'as vu les premiers ?
-Ouais, et celui-là aussi.
-Ah merde. Il est bien.
-Il est génial ! Un peu long mais les effets sont déments ! »

On discutait, tentant de chercher un film.

« T'as pas une idée Tom ?
-Non.
-Oh, c'est bon fais pas la tête ! Quel enthousiasme je te jure ! (B)
-Ta gueule, tu me soules. »

Bill sourit et attrapa son frères par les épaules.

« Moi aussi je t'adore frérot ! »

Tom se dégagea, excédé.

« Allez-y sans moi, j'ai pas envie. »

Il se leva et se dirigea vers la salle de bain. Hein ? Il se passait quoi là ? Il faisait la tête ou quoi ?

« C'est pas grave on a pas besoin de toi de toute façon ! »

Bill sourit encore.

« C'est trop facile de l'énerver ! J'adore.
-C'est pas cool quand même ! »

Je souris, amusée.

« Il va m'en vouloir maintenant.
-Mais non ! Et puis même s'il t'en veux, crois-moi qu'il en faudra très peu pour qu'il te pardonne ! »

Il me fit un clin d'½il. Ah ouais okay. Bill se leva, m'embrassa sur la joue et me dit:

« On ira une prochaine fois okay ? Je vais pas vous déranger. »

Tom cria de la salle de bain :

« C'est trop tard !
-Je voulais juste l'énerver un peu ! On s'appelle pour le ciné okay ?
-Sans problème. Bye ! »

Il m'envoya un baiser, Tom sortit de la salle de bain au même moment. Il avait enfilé un pantalon.

« Bon c'est quand tu veux !
-Quoi ?
-Bouges ! Va draguer ailleurs ! »
On rigola, Bill et moi, et il sortit. Tom le traita de tout les noms d'oiseau possible et claqua le porte. Quelle scène comique !

« Qu'est-ce qu'il m'énerve lui !
-Mais non, tu l'adores.
-Ouais ça dépend des fois. »

Je me levai et me lovai dans ses bras.

« Non non, tu l'aimes tout le temps ! »

Il soupira et me sourit.

« Toi et Bill devriez ouvrir le club des têtes de mule ! Toujours à vouloir avoir raison !
-Et oui que veux-tu ! »

Je l'embrassai et l'attirai vers le lui pour finir ce que j'avais commencé. J'aime pas laisser quelque chose d'inachevé !

# Posté le lundi 16 juillet 2007 05:47

Modifié le jeudi 26 juin 2008 07:25