- Presque 11 heures. »
Déjà ? Fiou, j'étais complètement KO. Apparemment Louisa aussi parce qu'elle avait une drôle de voix ! L'alcool lui aurait-il cassé la voix ? Il me fallut quelques secondes pour me souvenir qu'elle n'avait pas le droit de boire ! J'ouvris les yeux. Je faillis avoir une crise cardiaque. J'étais où là ? Ca ce n'était pas mon lit, et pas mes dras, et... lui n'était pas ma s½ur ! Wouah !!! C'était qui lui ? Je m'assied d'un bond dans le lit. Il me fallut quelques secondes pour reconnaître Tom. Seigneur, qu'est-ce que je faisais avec lui dans un lit ? Et... je vérifiai... toute nue ?? Je me tournai vers lui. Il était complètement serein et me regardait en souriant, se tenant sur un coude.
« Salut. Bien dormi ? »
Bien dormi ? Je me réveillais en état de choc avec lui, dans un lit, entièrement nue et tout ce qu'il me disait c'était « Bien dormi » ? Non. Ca ne pouvait pas être vrai. J'étais sûre que c'était qu'un rêve, que j'allais bientôt me réveiller. Il suffisait que je ferme les yeux et hop ! je serais chez moi, dans mon lit.
Je rouvris les yeux. J'étais toujours là. Comment c'était possible ? Je réfléchis un moment, tentant de me rappeler la soirée d'hier. Je me souvenais du concert, ça ok, de la rencontre, ensuite.... une boîte, c'est ça ! J'étais allée en boîte avec lui. Et... bizarrement tout me revint en tête d'un coup. Tout ce temps que nous avions passer à discuter, tout ce que j'avais bu, puis cette danse qui m'avait fait perdre la tête. Et le pire, c'était que je me souvenais aussi que c'était moi qui lui avait proposé de revenir ici. Pourquoi j'avais fait ça ? Bon, pas la peine de paniquer, après tout, il ne s'était peut-être rien passer. J'avais quand même du mal à y croire en voyant le visage de Tom. Celui-ci me soulignait bien que, si justement, il s'était passé quelque chose, et quelque chose de bien apparemment. Je pris l'air un peu plus relax, ne voulant pas passer pour la meuf qui regrette d'avoir un peu trop bu ! Bonjour l'image que tu donnais après ! Je me rallongeai un peu et me tournai vers lui.
« Ouais, bien dormi et toi ?
- Comme un bébé. »
Son sourire s'agrandit. Je me souvins du retour à l'hôtel, moi qui retirais ma veste, qui le poussais dans le lit, qui lui enlevais son pantalon. Wouah ! Je ne pensais pas que je pouvais avoir des souvenirs aussi précis, après avoir bu ! Une première ! En fait, en y repensant, ça avait été cool. Même plus que ça, j'avais passé une nuit d'enfer. Tom avait su y faire, doux mais entreprenant, exactement comme j'aimais. Il avait même su me faire patienter alors que j'étais complètement folle ! Ca m'écorchait un peu la bouche de le dire mais c'étai vrai, Tom m'avait carrément fait grimper aux rideaux ! Pas mal cette expression non ? Elle était tout à fait adaptée ! J'avais rarement passé un aussi bon moment en compagnie d'un mec. Ca arrivait parfois mais pas souvent. En général c'était bien, mais rien d'extraordinaire. D'autres fois, c'étais mieux, voir géant, comme cette nuit. Je me calmai un peu. Après tout, il n'y avait pas de mal à passer une nuit avec lui. J'avais paniqué un peu trop vite, sous l'effet du réveil. Mais c'était bon, j'étais calmer, j'arrivai même à sourire.
« Je suis étonnée que tu n'ai pas disparu pendant mon sommeil. »
Il s'approcha de moi et m'embrassa, doucement, tendrement. Mmm... comme dirait un certain Jamel «C'est siper ! ». Il recula.
« Pourquoi est-ce que je serais parti ? Je suis bien ici moi. Pas toi ?
- Si, je suis très bien. »
Je me saisis de sa bouche. Il me rendait complètement dingue ce type ! D'habitude j'étais plutôt du genre à me réveiller seule, ou alors à me réveiller et à partir avant qu'il ne se réveille. Mais là non, j'avais juste envie de rester. Quel exemple hein ? Heureusement que Louisa ne savait pas tout ça ! J'étais comme ça, mais je n'aurais pas aimé qu'elle fasse comme moi. Elle est beaucoup.... Louisa ! Je reculai brusquement.
« Ma soeur ? Mes cousines, elles sont où ?
- Avec les autres, on les a laissé hier.
- Je sais mais où sont-elles maintenant ? Elles ont dormis où ?
- Je ne sais pas. Certainement dans leur chambre. »
Quoi ? Il fallait que j'aille les voir en vitesse. Je savais qu'il n'y avait aucun risque, mais voilà, je préférai être sûre !
« Ils sont dans quelles chambres ?
- Celles en face et à gauche de la mienne. Pourquoi ?
- Bouges pas. »
Je me levai, entraînant avec moi le drap. En coup de vent, je ramassai mes fringues et les enfilai. Tom n'avait pas bougé. Il me regardait, légèrement amusé. C'est vrai que la situation pouvait prêter à rire, si vous m'aviez vu me débattre avec mes fringues pour les enfiler, en essayant en même temps de pas faire tomber le drap, vous auriez rigolé ! Je sortis de la chambre et frappai à celle d'en face. J'entendis des rires se stopper.
« J'arrive »
On vint m'ouvrir. Bill était en face de moi, souriant.
« Tiens, une revenante ! Salut !
- Salut. Les filles sont là ?
- Bien sûr, viens ! »
J'entrai dans la chambre. Ils étaient tous là, assis par terre autour de ce qui ressemblait à un petit-déjeuner. Ca va, ils semblaient à l'aise. Apparemment, l'allemand parfait de Dahlia les avait aidé à communiquer normalement et pas à l'italienne, comme mon père adorait le faire ! Ils rigolaient comme des gamins, ils avaient l'air de bien s'entendre.
« Ca va les filles ?
- Super ! Et toi ? T'as une vieille tête en tout cas ! »
Louisa, toujours le petit mot qui faisait plaisir !
« Merci, ça va. Vous avez bien dormi ?
- Ouais sans problème !
- Vous avez dormi où ? »
Elles rirent.
« T'inquiètes pas, Gustav nous a prêtée sa chambre, il est parti dormir avec Bill. On a fait chambre à part, ce qui ne semble pas être ton cas ! »
La perspicacité de cette gamine la mènera loin ! Mieux valait rester neutre là-dessus. Peut-être que Tom ne voulait pas que tout le monde le sache. Justement ce dernier entra au même moment. Il avait enfilé un pantalon, un T-shirt et attaché ses dreads. Il avait toujours ce petit air serein.
« Salut tout le monde ! Ah bah ça va je vois que vous avez pris vos aises, tout baigne.
- Ouais, vous avez faim ? (GU)
- Très faim ! »
Il s'approcha de moi, mit son bras autour de ma taille, m'embrassa dans le cou et alla s'asseoir. Bon, visiblement ça le gênait pas que tout le monde sache. J'allai m'asseoir à côté de ma s½ur.
« Alors ? »
Elle me regardait, son sourire de peste aux lèvres. Vous savez ce même sourire qui m'avait forcé à les emmener à la Fnac !
« Quoi ?
- C'était comment ?
- Quoi ? »
Elle voulait quand même pas que je lui raconte ma nuit ! En plus avec son esprit tordu, je vous raconte pas !
« Fais pas l'innocente. Tu vas pas me faire croire qu'il ne s'est rien passé ?
- Bah si.
- Arrête, t'as des yeux de panda, en plus t'as mis ton T-shirt à l'envers, alors c'est impossible. »
Merde c'était vrai ! J'avais mis mon T-shirt à l'envers comme une clocharde ! Je me levai.
« Je peux empruntée votre salle de bain une minute ?
- Vas-y elle est là. (B) »
J'entrai et refermai la porte derrière moi. L'image que me renvoya le miroir me fît soupirer. Décidément, l'alcool ce n'était vraiment pas bon pour moi. J'avais l'air d'une morte vivante. Je me passai un peu d'eau chaude sur le visage, espérant qu'il rougirait un peu, que je reprendrais quelques couleurs. Fiou ! C'était vraiment un réveil spécial. Il me fallait mon sac. Ma Twingo !!!! Merde, c'est vrai, je l'avais laissé sur le parking de la salle de concert ! J'étais coincée ici ! Là je regrettai que ma coccinelle ne possède pas d'ailes pour me rejoindre. En imaginant ma Twingo avec des ailes, je ne pus m'empêcher de rire. Ca serait vraiment trop drôle ! Je sortis de la salle de bain.
« Je vais chercher mon sac, je reviens. »
C'est sûr, je n'allai pas m'enfuir. Sans voiture, j'allai avoir du mal ! Je sortis et entrai dans la chambre en face. Mon sac, mon sac, il me fallait mon sac. Je le cherchai un peu partout. Et là, sur la table de chevet je vis un papier qui me fît l'effet d'un coup sur la tête. Je ne me souvenais même pas si on avait pensé à se protéger. Je n'y avais même pas songé et je priai pour que Tom ait été plus responsable que moi. Je vis mon sac sur le fauteuil et le saisis. A ce moment, Tom entra dans la chambre.
« Ca va ?
- Bien pourquoi ?
- Je ne sais pas, t'es partie d'un coup, je croyais que tu avais quelque chose.
- Non non, je viens juste chercher mon sac.
- Okay. »
Nous nous fixâmes ainsi quelques minutes, n'osant pas parler. Je voulus lui demander s'il avait penser à prendre ses précautions mais je n'osai pas. Je sentais que lui aussi voulait dire quelque chose, mais on aurait dit qu'il se retenait.
« Qu'est-ce qu'il y a ?
- De quoi ?
- Je sais pas, on dirait que tu veux me dire quelque chose.
- Non. »
Bon bah okay. Je me dirigeai vers la salle de bain, avec mon sac dans l'espoir d'effacer les vilaines traces noires autour de mes yeux.
« Attends. »
Il fit un pas vers moi. On se serait presque cru dans une tragédie genre « Attends, je t'en prie, ne m'abandonnes pas, je t'aime ! » Ca m'aurait beaucoup étonné qu'il me sorte ça, mais c'était sympa d'imaginer !
« Écoutes... cette nuit on avait beaucoup bu et... enfin d'habitude je suis pas comme ça. Enfin si, enfin... comment dire.. je veux dire qu'en fait je ne voudrais pas que tu penses que j'ai profitée de l'occasion pour te sauter dessus. »
Il me faisait quoi là ?
« Je comprend pas.
- Bah... »
Il se passa une main derrière la nuque.
« Je t'ai pas emmené en boîte hier soir en pensant que ça se terminerait comme ça tu vois. Je... Disons que c'était pas prévu tu vois. »
Encore heureux ! Manquerait plus que tout soit calculé ! Il était trop mignon comme ça, on aurait dit un gamin qui venait de faire une bêtise et qui se justifiait devant sa mère. Sa mère ? Misère, tout pour me rajeunir ! Je souris et m'approchai de lui.
« Je te crois. De toute façon tu étais aussi... bourré que moi donc la réflexion était réduite j'imagine. »
Je lui pris la main. Je l'embrassai sur le joue, puis sur la mâchoire, sur le cou et glissai à son oreille :
« J'ai passé une excellente soirée. »
Voilà comment faire ressortir la fierté d'un mec d'un coup ! Quand tu leur disais ça, en général, il te regardait en souriant, limite s'ils se tapaient pas sur la poitrine en disant « Attends, c'est moi ou c'est pas moi ? Hein ?! ». Tom m'embrassa puis me libéra pour que je puisse aller me laver un peu. Après avoir retirée tout le noir sur mes yeux, je passai un coup de brosse dans mes cheveux en pétard. Ils étaient courts, et coiffés avec de la laque alors au moindre coup de vent, ils restaient en arrière, un peu comme les supers héros avec leur coiffures d'enfer. Super quoi. Je retournai avec les autres.
« Excusez-moi, mais vous allez pouvoir nous emmener jusqu'à la salle d'hier, que je récupère ma voiture ?
- Déjà ? On peut pas rester encore un peu s'il te plaît ?
- Vas-y, on va pas déjà partir ? »
Elles commencèrent à se plaindre, à crier, le tout en français bien sûr, ce qui fit rire nos 4 acolytes.
« Non, déjà c'était pas prévu qu'on passe la nuit dehors, alors n'aggravons pas les choses ! Vous vous rendez compte que je vais me faire trucider moi ?
Elles soupirèrent et commencèrent à me soumettre des hypothèses pour mentir. Pire que moi, elles étaient prêtes à tout pour rester ici. Mais je restai intransigeante. Et oui la vie était injuste. Mais c'est comme ça, quand il faut y aller, faut y aller ! Elles se levèrent à contrec½ur et ramassèrent leurs affaires, l'air déprimé. J'expliquai aux garçons que nous devions rentrer.
« C'est bête ! On avait prévu de les emmener en studio avec nous cette après-midi. »
Là ce fût carrément insupportable. Les filles crièrent, me supplièrent, presque à pleurer pour que je les laisse partir avec eux ! Hum... ce serait vraiment cruel de ma part de leur retirer un tel bonheur. Mais mes parents ? Je savais que ma mère allait dire oui, mais mon père... c'était une autre histoire.
« Vous savez bien que s'il n'y avait que moi vous pourriez y aller mais papa ne voudra jamais.
- Appelles-le, je suis sûre que tu pourras le convaincre !
- Il voudra jamais, surtout si je ne viens pas avec vous !
- Quoi ? Pourquoi tu viens pas ?
- Parce que je travaille moi ! »
Elles soupirèrent et me supplièrent cette fois, d'appeler mon père pour le convaincre. Je cédai, épuisée par leurs pleurs. Ma mère décrocha et je lui expliquai la situation.
« Mais bien sûr, vous pouvez y aller.
- Oui mais moi je travaille cette après-midi donc elles doivent y aller toutes seules.
- Ah. C'est pas grave, laisse-les partir, je vais m'arranger avec ton père. »
Ma mère était incroyable. Elle allait encore l'embobiner, le charmer et il craquerait. Normal ! Je raccrochai après avoir embrasser ma mère.
« Bon bah c'est bon, vous pouvez y aller. »
Elles crièrent si fort que j'étais sûre qu'on les avait entendu au Japon ! Les garçons les regardaient, l'air amusé. C'était assez comique de les voir sauter, s'embrasser et tout !
« Bon bah vous allez encore faire la baby-sitter cet après-midi !
- Cool ! J'adore faire la baby-sitter avec des enfants pareils ! (B) »
Je souris. C'est vrai, on trouvait pire quand même. Tom s'approcha de moi.
« Tu viens aussi ?
- Non, je travaille aujourd'hui. Il faut que je rentre me préparer. »
Il sembla très déçu. Aurait-il voulu me garder pour lui aujourd'hui ? Trop mignon ! Il sourit quand même et dit d'un air qui se voulait détaché :
« Dommage. »
Ouais, dommage. J'embrassai les filles, les faisant jurer d'être sage et obéissante. Je serrai ensuite la main des garçons, les remerciant pour ce qu'il faisait. Après tout, ils n'avaient aucune obligation. Même pour le téléphone, ils m'avaient bien assez remercié. Surtout Tom. Enfin bref, ne revenons pas là-dessus. Je sortis et pris l'ascenseur. Tom m'accompagna jusqu'au van qui m'attendait en bas pour me ramener à ma voiture.
« Bon. Voilà, merci en tout cas. Pour tout.
- De rien. »
Il ne souriait pas. Je l'embrassai sur la joue et grimpai dans le van. Sans que je ne me rende compte de rien, Tom grimpa à son tour.
« Mais... »
Impossibilité pour moi de finir ma phrase. Il prit mon visage entre ses mains et m'embrassa. Décidément, il ne pouvait pas se passer de moi ou quoi ? Non pas que ça me dérange, au contraire, j'adorai ça, mais s'il continuait, le départ allait être plus dur que prévu ! Il recula, me sourit et descendit du van. Seigneur, il avait l'art de me faire languir lui ! Le van démarra et je partis. Et oui, toute histoire avait une fin. Toute belle histoire avait une fin.


