De toute façon, il fallait que je me résigne, vu qu'ils partaient tous aujourd'hui, je ne reverrais sûrement pas Tom avant très longtemps. Alors à quoi bon faire des insomnies pour lui, hein ? Je sais pas. Mais ce que je sais, c'est que là, il y a plus de pain. Merde ! Je montais en vitesse enfilé un jean et un pull et je descendis. Mes cheveux ! Hop, un élastique, j'enfilais ma veste, mes baskets et je descendis. Il n'y avait qu'une boulangerie dans tout le quartier, et heureusement elle n'étais qu'à quelques pas de chez moi. Il faisait pas très chaud, il y avait du vent et il pleuvait un peu. Euh... tout compte fait, il pleuvait beaucoup. Je me mis à courir jusqu'à la boulangerie sous la pluie battante. Plus que deux pas.... ouf ! J'étais à l'abri. Je me tournais vers l'inconnu qui m'avait ouvert la porte.
« Mer.... »
Tom !?
« Salut.
-S...Salut. Merci... pour la porte. »
Qu'est-ce qu'il fichait ici lui ? Il m'avait pas assez troublé comme ça, non il fallait en plus qu'il vienne jusqu'à MA boulangerie pour en rajouter ! Je voulais me tourner, l'ignorer mais la tentation fut plus forte.
« Qu'est-ce que tu fais là ?
-J'arrive pas à dormir alors je prépare le petit déjeuner. Mais il n'y a pas de pain. »
Dans le genre photocopie !
« Et toi ?
-Pareil. »
Je souris timidement et me tournai. Bon, mon c½ur battait à tout rompre, j'avais l'estomac nouer. Rien d'anormal quoi. Au bout de 5 minutes, je sentis une main sur mon épaule.
« Ecoutes, ça te dirait un petit déjeuner avec moi ? »
Hein ?
« Un petit déjeuner ?
-Oui. »
Il m'avait esquivé 5 ans et maintenant il voulait déjeuner avec moi. Je rêvais !
« Pourquoi pas. »
Aaaaah ! Mais non, C'était pas ce que je voulais dire ! Merde ! Bon on se calme. Serena, tu es une adulte, tu n'es plus une gamine, tu peux très bien prendre ton petit déjeuner avec un mec, aussi craquant soit-il, et même si c'est ton ex, sans paniquer. Tu peux y arriver, jeune jedaï, la force est avec toi !
« Cool. Tu connais un endroit ?
-Oui. »
Ouais, j'en connaissais un. Ma cuisine. Bah ouais, y'a pas de restaurant qui font petit déjeuner dans le coin. Je l'emmenais donc chez moi, après avoir acheter 4 baguettes. (Ouais, Lola est une bouffeuse de pain incroyable !) . Qui aurait cru ça possible. J'ouvris la porte.
« Entres, tu peux poser ta veste là. »
Il s'exécuta et me rejoignit dans la cuisine.
« Assied-toi là. »
Il s'exécuta encore. Et moi je versai du café et tout le tralala. Lui il me regardait faire. Je ne le voyais pas mais je sentais son regard. Très troublant, croyez-moi. Je me retournai.
« Il y a quelque chose ?
-Non. Pourquoi ?
-Je sais pas, tu me regardes depuis tout à l'heure.
-Désolé. »
Il me fixa encore plus intensément. Sympa. Cette scène... j'avais comme une impression de déjà vécu. Oui.... ce jour-là, chez moi, à Marseille. Il venait de revenir des USA, et je l'avais amené ici pour... enfin voilà quoi. Je repensais à cette journée. Comme ça avait été bien. Comme à chaque fois il avait été doux, tendre, amoureux. Oui. Et puis ensuite nous étions descendu pour déjeuner. Et mes parents étaient arrivés. Hum, le truc qui casse l'ambiance. Enfin.
« A quoi tu penses ? »
Je sursautai un peu. Wouh, perdue dans mes pensées, j'en avais presque oublié qu'il était là. Je rougis, malgré moi.
« Je... enfin si... je me disais que.... enfin cette scène, c'était un peu du déjà vécue.
-Ah bon ?
-Oui, enfin, c'était il y a longtemps tu ne t'en souviens peut-être pas. »
Il réfléchit une seconde. Son visage était toujours neutre, il ne trahissait aucune émotion.
« Tu parles du jour où je suis revenu des Etats-Unis ?
-Oui. »
J'avais chaud. Je me retournais histoire de cacher mes joues qui avait quelque peu rougis. Allez, respire ! Je lui souris en revenant vers lui.
« Voilà. »
C'était prêt. Je m'assied en face de lui et commençait à boire mon café. Lui mangeait, regardant le contenu de son bol. Je l'observai, discrètement. Je ne comprenais pas pourquoi il voulait être là. Pourquoi ? Après 5 ans, c'était plutôt incompréhensible. Je ne comprenais pas. Mais j'étais si bien que je décidais de ne pas trop me poser de question. J'aimais bien le voir ici, chez moi.
Je ne sais pas combien de temps dura le silence. Mais moi je le regardais, et lui regardait son bol. Enfin il brisa le silence.
« Tu sais pour hier.... »
Mon c½ur s'arrêta.
« Tu sais, je suis désolé d'avoir dit ça.
-D'avoir dit quoi ?
-Que tu t'étais enfuie. Je sais que c'est pas vrai mais.... »
Il s'arrêta. Aaaaaah ! Il voulait m'achever lui, c'était sûr ! Il pouvait pas s'arrêter, il fallait qu'il continue. Mais il garda le silence.
« C'est rien, t'étais énervé, je peux pas t'en vouloir.
-Si tu peux. Après tout tu as raison, c'est moi qui t'ai dit de partir. Même si c'était pas vraiment ce que je voulais. »
Il avait marmonner cette dernière phrase. Mais moi j'étais au taquet, attentive à tout, alors je peux vous assurez qu'elle ne m'avait pas échapper.
« Comment ça ? »
Il releva enfin la tête vers moi et pour la première fois depuis que je l'avais revu, son regard me parla. Je voyais de la tristesse.
« C'est un peu tard pour dire ça mais... c'était pas vraiment ce que je voulais. J'ai dit ça sous le coup de la colère. Si j'avais été moins jeune et moins con, j'aurais peut-être réagi autrement. »
Je le regardais un peu de travers. Je ne savais pas s'il se moquait de moi ou s'il était sincère. Allez Serena, sois adulte !
« C'est rien, c'est normal, t'as raison on était jeune et puis t'étais énervé et c'était compréhensible. »
Ouais, mais moi j'aurais aimé qu'il me rattrape dans le couloir. Qu'il me demande de rester avec lui. J'aurais certainement craquer. C'était sûr même j'aurais craqué à ce moment, et peut-être qu'aujourd'hui on serait pas là.
Enfin, je ne devais pas oublier pourquoi je l'avais laisser. Pour protéger ma famille. Oui, pour une bonne cause. Enfin... aujourd'hui elle n'avait plus tellement de valeur. Louisa était mariée depuis 3 ans à Gustav et il ne lui était jamais rien arrivé. Ni à elle ni à Ana. Heureusement d'ailleurs.
« Tu sais, ça n'avait rien de personnel, quand je suis parti. Je.... »
J'allais dire « je t'aime ». Heureusement, je me suis rattraper à temps !
« Avec tout ce qui m'était arrivé, j'ai eu peur tu comprends ? J'ai quand même failli mourir deux fois. »
Je souris en repensant à ça. Il sourit un peu. Alala, il était trop mignon.
« Et j'ai pris peur pour ma famille. Il n'est jamais rien arrivé mais bon, j'ai pas voulu prendre de risques.
-Oui je comprend. »
Le reste du déjeuner se déroula dans le silence le plus total. Quand nous eûmes finis, je nettoyais tout. Et il partit. Tout simplement.
/
Dans l'après-midi, je reçue un coup de fil. Numéro inconnu.
« Allo ?
-Serena ?
-Bill ?
-Ca va?
-Super et toi?
-Ca va, merci. Dis-moi t'es occupée là ?
-Euh... non pourquoi ?
-Bah en fait j'aimerais te parler, tu pourrais passer chez Gus là ?
-Euh... bah ouais okay. J'arrive dans 10 minutes. »
Je raccrochai. Alors ça c'était la meilleure. Bill qui voulait me parler. Bon. J'enfilai ma veste et mes baskets. Lola était au boulot, je pris mes clés et fermai l'appartement. En 10 minutes j'étais chez Louisa. J'entrai et trouvai Bill dans le salon, qui regardait la télé.
« Ah ! Te voilà ! »
Il se leva et vint m'embrasser.
« T'es tout seul ?
-Ouais ils m'ont abandonnés. Ils en ont marre de moi. »
Je souris. Apparemment il aimait toujours autant se faire passer pour une victime !
« Non en fait ils sont partis régler quelques trucs avec le producteur. Et moi je garde Ana.
-Ah d'accord. Et elle est où là ?
-Elle dort.
-Okay . »
Je retirai ma veste et suivit Bill dans la cuisine. Il me servit un verre de jus d'orange et s'assied en face de moi.
« Alors, ça va ?
-Oui et toi ?
-Oui. »
Je souris.
« Tu m'as fait venir pour me demander ça ?
-Non ! J'aurais pas oser ! »
Il sourit et but une gorgée.
« En fait, je voudrais te parler de mon frère. »
Ah. Evidemment.
« Hum.
-Ecoutes, depuis hier il est bizarre. Il a pas dormi de la nuit, en plus ce matin il a disparu toute la matinée on sait pas où et tout à l'heure il était énervé pour une raison complètement inconnu !
-Ce matin il était avec moi.
-Ah bon ? »
Il parut très surpris.
« Oui, on a déjeuné ensemble.
-Ah. »
Il me regarda puis sourit. Un sourire avec trop de sous-entendus.
« Et ?
-Quoi ?
-Vous avez juste déjeuné ? »
Je faillis m'étouffer avec mon jus. Il croyait quoi lui ?
« Bien sûr que oui ! Qu'est-ce tu vas imaginer ?
-J'en sais rien. T'as toujours eu un faible pour mon frère alors bon.
-Ca fait longtemps que c'est fini Bill, tu devrais le savoir pourtant.
-Oui mais fini ne veut pas dire définitivement.
-Je t'arrête tout de suite avant que tu ne dises d'autres âneries. Ton frère et moi c'est de l'histoire ancienne. Ce petit déjeuner, c'était en tout bien tout honneur. »
Il sourit encore plus.
« Si tu le dis. »
Et comment !
« C'est peut-être vrai pour toi, mais pas pour mon frère en tout cas.
-Quoi ?
-Ecoutes... »
Il se pencha vers moi, toujours souriant. Il ressemblait tellement à son frère, que je crus avoir Tom en face de moi.
« Je vais te raconter quelque chose, mais surtout tu dois me jurer de ne rien dire okay ?
-Okay.
-Jures !
-Je jure !
-Alors voilà, ces cinq dernière années, Tom a enchaîné les petites amies et les conquêtes d'un soir. Encore plus qu'avant. On aurait presque dit un drogué ! Enfin, il y a quelques mois, il avait dragué une fille dans une boîte. Comme d'habitude, il l'a ramené à l'hôtel. Tu imagines bien ce qu'il s'est passée.
-Ouais.
-Sauf que ça ne s'est pas passé parce que la fille est sortie de la chambre en criant comme une furie.
-Ah bon ?
-Ouais. Enfin, c'était un peu une hystérique mais tu sais pourquoi elle est partie comme ça ?
-Non.
-Parce qu'il l'avait appelé par ton prénom. »
Gloups. Je savais pas trop comment je devais le prendre là. Devais-je être choqué parce qu'il avait dit mon nom ou énervé de m'avoir confondu avec une pouf ?
« Euh... okay. Et alors ?
-Alors, le problème c'est que c'était pas la première fois ! »
Que dire ? Il soupira devant mon air un peu godiche.
« Faut que je te fasse un dessin ? T'as peut-être tourner la page ma cocote, mais saches que Tom, malgré ses airs « je m'en fous ! », bah il a pas réussi à t'oublier.
-Arrêtes.... »
Je savais pas quoi dire franchement. Si je m'attendais à entendre un truc pareil ! Alors Tom m'aimerais toujours ? Ca paraissait incroyable. Mais si il m'aimait toujours, pourquoi il avait rien dit hier ? Et ce matin ? Hein ?
Okay, moi non plus j'avais rien dit. Mais moi... c'était pas pareil. Moi, c'était moi.
Bref. Je le regardais, l'air un peu perplexe.
« T'es en train de te moquer de moi ? Tu me testes hein ? Je suis sûre que Tom est cachée quelque part ! »
Il soupira et leva les yeux aux ciel.
« Quel âge est-ce que tu crois que j'ai pour faire un truc aussi débile ?
-Ouais, mais j'oublie pas que tu t'appelles Bill !
-Et alors ? Okay j'aime bien faire des blagues mais là elle serait de mauvais goût ! »
Il leva un sourcil, me scrutant. Il semblait dire vrai. Je secouai la tête.
« Bon, admettons que tu dises vrai. Qu'est-ce que tu veux que j'y fasse ? Dois-je te rappeler encore une fois que Tom et moi c'est fini ?
-Donnes-lui une autre chance.
-Quoi ? »
Il partait trop en freestyle là !
« Qu'est-ce que tu racontes ?
-Pourquoi pas ?
-Bon... est-ce que tu sais au moins pourquoi je l'ai laissé ?
-Oui, je sais mais là... regardes Louisa et Gustav, ils ont jamais eu de problème, alors pourquoi vous en auriez ?
-J'ai failli mourir deux fois en seulement deux mois ! »
Il soupira.
« C'est vrai. Mais...
-Et de toute façon, je sais bien comment est Tom. Il a sa fierté, jamais il n'acceptera de me pardonner de l'avoir laisser. Même s'il m'a dit qu'il comprenait, je sais qu'il m'en veut et qu'il ne me pardonnera pas.
-Moi je suis sûr du contraire.
-Je suis sûre que non !
-C'est mon jumeau je te rappelle, je le connais par c½ur !
-Ca n'empêche, je suis sûre que non. Et je ne veux pas risquer de m'humilier. Désolé mais je ne peux rien faire. »
J'allais me lever mais il me retint par le bras.
« Serena, je t'en prie. Ca fait 5 ans que je le vois en galère. Je sais qu'il ne pense qu'à toi et sérieux j'en peux plus de le voir comme ça. S'il te plaît, fais quelque chose. »
Je le regardai. Il me regardait avec un air de cocker. Il était trop craquant ! Raaaaa !
« Bon okay, je vais.... lui parler.
-Merci Serena. »
Il se leva et me serra dans ses bras. Oui bon c'est bon, je lui avais pas sauver la vie non plus !
« Vraiment, merci. Il y en a vraiment besoin, de cette conversation.
-C'est rien, c'est normal.
-Tu vas aller le voir ?
-Je vais l'attendre ici. Attendre qu'ils reviennent.
-Okay, bonne idée. »
Nous nous dirigeâmes dans le salon, avec nos verres. Nous regardâmes la télé, puis Ana se réveilla et nous jouâmes avec elle jusqu'à ce les autres arrivent.
3tiens, Serena ! »
J'embrassai Louisa et tout les autres.
« Qu'est-ce que tu fais là ?
-Je tenais compagnie à Bill. Comme vous l'avez laissés, il se sentait seul.
-Ouais, bandes d'ingrats, vous m'avez abandonnés ! Heureusement que j'avais Ana et Serena avec moi, pour me cajoler ! »
Je rigolai. Il se mit derrière et posa ses mains sur mes hanches, le visage dans mon cou.
« On s'est bien amusé en plus. »
Gloups. J'allais le repousser en rigolant mais la réaction de Tom me figea sur place. En voyant son frère me prendre ainsi, il avait blêmi. Et d'un mouvement vif, il s'était dirigé dans la cuisine. Et bah. Bill me murmura à l'oreille :
« Qu'est-ce que je te disais ! »
Oui bon bah ! Je me dégageai de son étreinte et me dirigeai vers la cuisine. Bon allez, j'allais devoir replonger dans le passé. Un passé qui m'avait fait tellement souffrir.
