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Les deux jours étaient passés à une vitesse folle. Tom avait travaillé la veille mais aujourd'hui il était resté avec moi pour rencontrer Sabrina. Bah ouais, quand même, c'était aussi son mariage ! Donc voilà il était 13 heures 30, Sabrina devait arriver dans 20 minutes. Elle m'avait appelé, elle venait d'arriver à l'aéroport, le temps que le taxi arrive, et elle débarquait. Tom et moi étions dans le hall, nous discutions du mariage bien évidemment.

« Moi j'aurais bien vu blanc et bordeaux. Ou blanc et pêche. Qu'est-ce que t'en dit ?
-Blanc ? Je croyais qu'on se mariait en blanc quand on était vierge ? »

Il me souriait, un peu provocant. Je levai les yeux aux ciel.

« Oui, bah c'est pas grave. On va dire que ce jour-là, je serai vierge ! »

Il rigola.

« Ah, alors t'es vierge certain jour toi ?
-Bon c'est bon ! Vierge ou pas, ce sera blanc ! Et tu te tais ! »

Je souriais en mettant un doigt sur ma bouche en signe de silence. Non mais oh ! Après tout, c'était de sa faute si j'étais plus vierge hein ! Enfin... non pas totalement de sa faute, mais quand même !

« Okay alors blanc et bordeaux ?
-Ou pêche.
-Pêche ? J'aime moins.
-Hum... Ouais, c'est vrai.
-Non bordeaux c'est une bonne idée, j'aime bien. Ca t'irait bien en plus.
-Merci. »

Nous discutions toujours quand Sabrina arriva. Je la reconnus, car elle semblait nous chercher et elle avait vraiment l'air du allemande. Mais vraiment quoi ! Je me levai et lui fis signe. Elle sourit et nous rejoignit. Je lui serrai la main.

« Sabrina je suppose ?
-Oui, c'est moi.
-Je suis Serena. Enchanté. »

Elle me sourit. Elle était jeune, je lui donnai à peine la trentaine, propre sur elle-même. Elle portait un pantalon blanc et un haut rouge, assortis à ses chaussures. Elle avait l'air d'une icône de mode, ce qui me plut. Tom se leva, elle se tourna vers lui, lui tendit la main. Il lui fallut deux secondes pour le reconnaître. Elle parut surprise et sourit de plus belle.

« Vous êtes le guitariste de Tokio Hotel, non ?
-Oui, c'est moi.
-Ah, enchantée de faire votre connaissance.
-Le plaisir est pour moi. »

Il la regarda, et la mata carrément quand elle se retourna vers moi. Enfoiré ! Il allait me le payer !

« Je ne savais pas que... enfin vous savez...
-Et bien oui. C'est mon futur mari.
-Mes félicitations.
-Merci ! On pourrait s'asseoir non ?
-Oui, bonne idée. »

Nous prîmes place sur le canapé. Elle s'asseye en face de moi, à côté de Tom.

« Alors, si vous me parliez de ce que vous voudriez.
-Oui mais pour commencer on pourrait se tutoyer non ? Si on doit travailler ensemble, ça serait mieux.
-Pas de problème !
-Tant mieux. Alors, en fait, on aimerait se marier dans le sud de la France. Vers Carcassonne ou Narbonne, tu connais ?
-Hum... non pas vraiment, je ne suis pas terrible en géographie.
-C'est à côté de Marseille, au bord de la mer. D'ailleurs si c'est au bord de la mer, Narbonne serait plus approprié.
-Vous voulez que ce soit au bord de la mer ?
-Oui, en fait on aimerait louer une grande villa, avec une terrasse vous voyez, avec une vue sur la mer.
-Parce Serena rêve d'un grand mariage ! »

Sabrina lui sourit.

« Ce qui est normal, on ne se marie qu'une fois normalement, donc il vaut mieux que ce soit comme on veut.
-Tout à fait ! »

Elle me plaisait bien. Elle était gentille, agréable. Nous continuâmes de discuter et plus la conversation avançait, plus elle me plaisait. Elle voyait tout à fait ce que je voulais, elle me proposait des idées qui correspondaient tout à fait à mes attentes. Super quoi ! Nous passâmes toute l'après-midi avec elle, à discuter. Nous décidâmes de commencer à chercher une villa dès le lendemain, étant donné que Tom voulait se marier dans 3 mois, pas un de plus, on avait pas beaucoup de temps. Il se fichait de la décoration, en fait il m'en laissait l'entière responsabilité, mais pour la date, il avait été intransigeant. Il voulait absolument se marier dans trois mois, allez savoir pourquoi !
Tom régla avec elle la question de ces horaires et de son déplacement. Elle serait logé ici, dans le même hôtel que nous, pour que ce soit plus pratique.
Enfin ça m'énervait un peu d'être mise à l'écart pour tout ce qui était financier. C'était sûr que c'était pas avec les 2000¤ sur mon compte épargne qu'on allait avoir notre mariage de rêve. Tom payait tout, c'était lui qui en avait décidé ainsi. Et ça m'énervait, j'avais l'impression d'être entretenue ! L'horreur ! Vous m'imaginez femme entretenue, moi ? Ouaaaah, j'aurais péter un plomb pour sûr !
Okay, je me plaignais pour rien, c'était vrai quoi, il y en aurai pleins qui auraient été super contentes de se marier comme ça, avec lui, sans rien payer du tout. Bah pas moi okay ? Moi aussi je voulais participer ! Après tout c'était aussi mon mariage, c'était pour moi !
Mais bon, je pouvais rien faire. Rrrrrrr !
Ce n'est que vers 20 heures, qu'on se quitta enfin. Je laissai Tom la raccompagner à sa chambre et je montai jusqu'à celle de Bill, pour voir Lola. J'avais pensé à elle toute la journée. Ca faisait deux jours que je la cherchai pour lui parler, mais à chaque fois elle était partie avec Bill.
Je frappai à la porte.

« Serena ! »

C'était Bill.

« Salut, Lola est là ?
-Oui pourquoi ?
-Comme ça, je voulais juste discuter un peu avec elle.
-Elle est sous la douche, entres. »

Je le suivis à l'intérieur.

« Tu fais quoi ?
-J'écris. Enfin, j'essaye.
-Ah okay. T'as pas l'inspiration.
-Si mais l'atmosphère de cette chambre coupe complètement ma créativité, tu comprends ? Je me sens trop compressé, trop enfermé, j'arrive pas, c'est trop dur ! »

Je rigolai. Ah ce Bill.

« Je vois je vois. T'as qu'à ouvrir la fenêtre. »

Il prit un faux air outré.

« Quoi ? Parce que tu crois qu'un simple courant d'air me suffit ? Saches qu'il me faut de l'air pur, de l'air frais ! Pa sun simple coup de vent !
-Okay, okay, c'était qu'une suggestion ! »

Je souris et m'asseye à côté de lui. Il passa un bras autour de mes épaules.

« Alors, comment va ma future belle-soeur ? Et mon futur neveu ?
-Ca va. Et arrêtes, tu sais pas si c'est un garçon.
-Si je le sais ! Il me l'a dit ! »

Il se pencha vers mon frère et fit mine de parler avec.

« Quoi ?.... ah ouais ? »

Il releva la tête vers moi en souriant et dit :

« Il m'a dit qu'il me ressemblait même ! »

Il tapota doucement mon ventre.

« T'as de la chance, tu seras irrésistible alors ! »

J'éclatai de rire. Je savais pourquoi il s'entendait si bien avec Lola. Il reprit son air sérieux.

« Non franchement, ça va ? T'as passé une bonne journée ?
-Ouais, j'étais avec Tom. On a rencontré la fille pour le mariage.
-Ah ça y est ? Et alors ?
-Elle est cool. Elle m'a proposé pleins de trucs supers intéressant, des bonnes idées tu vois. Pile comme je veux.
-Tant mieux alors ! Et le lieu vous avez trouvé ?
-Ouais, ce sera Narbonne. Demain on va chercher une villa.
-Narbonne ?
-Oui, à côté de chez moi, dans le sud.
-Ah ouais ? Va falloir qu'on rapatrie toute la famille Kaulitz jusque dans le sud de la France alors ?
-Bah ouais. »

Il soupira.

« Et bah ça va être gai ! Invasion d'allemands dans le sud, les gens vont flippés ! »

Je souris. Mais non, personne sera au courant de toute façon, donc pas de problème !

« Et pour le bébé alors ?
-Quoi ?
-T'en ai à combien de mois là ?
-Bah presque 2. »

Il soupira.

« Encore 7 longs mois d'attente ! T'as trouvé un prénom ? »

Vous voyez ? C'était la photocopie de Lola ! On connaît même pas le sexe et eux ils me parlent déjà de prénoms !

« Moi j'aime bien Luka. Ou Ugo ! C'est pas mal ça non ?
-Ouais, c'est mignon comme tout.
-C'est normal, c'est moi qui l'ait trouvé.
-Et si c'est une fille ?
-C'est un garçon je te dis !
-Oui mais on sait jamais ! C'est peut-être des jumeaux et il y a peut-être une fille !
-Eh mais c'est vrai ça ! Des jumeaux, j'avais pas pensé ! Ca serait marrant ! »

Il se pencha à nouveau vers mon ventre.

« Alors ? »

Il fit le silence quelques secondes.

« Non, c'est qu'un garçon, désolé. »

J'avais un devin avec moi, génial ! Lola sortit de la salle de bains à ce moment-là, enroulée dans une serviette.

« Te voilà toi ! Ca fait deux jours que je te cherche !
-Bah j'étais pas bien loin, juste au bout du couloir !
-Non, hier t'étais pas là, je suis venue et il n'y avait personne.
-Ah. Ouais, hier on est... sortis. »

Hum.

« Ca te dit d'aller faire un tour ?
-Ouais, je m'habille d'abord et on y va.
-Okay je t'attends en bas okay ? Bisous Billou, à plus ! »

Je l'embrassai sur le front en me levant.

« Bye belle Serena, amour de ma vie ! »

Ah ouais, carrément. Je lui souris et sortis.
10 minutes plus tard, elle me rejoignit dans le hall et nous partîmes en ville, à pied. Il pleuvait un peu alors nous marchâmes vite sous mon parapluie. Nous nous arrêtâmes enfin dans un petit restaurant, où nous commandâmes un petit truc à manger. Bizarrement j'avais de plus en plus faim. enfin bizarrement... pas si bizarre que ça pour une femme enceinte !
Nous mangions donc notre énorme glace.

« Alors, ça se passe avec Bill ?
-Ouais ça va. »

Je la regardai.

« C'est tout ?
-Bah qu'est-ce que tu veux savoir ?
-Bah je sais pas, tout quoi ! »

Elle sourit.

« Bah... »

Et elle rougit.

« Je sais pas si c'est pareil avec Tom mais Bill... »

Elle se laissa tomber contre le dos de la chaise soupira.

« C'est carrément dément !
-De quoi ?
-Bah, le sexe évidemment ! »

Je rigolai. Ah okay ! Moi j'étais pas du tout parti sur ça !

« Ah okay. Bah c'est cool alors. Mais à part ça?
-Il est super gentil.
-Bah j'espère ! On a quand même failli mourir pour lui ! »

Elle rigola en tendant son bras plâtré.

« Et j'ai été grave amoché !
-Ouais, alors quand même ! »

Nous rigolâmes. Puis elle reprit son air sérieux.

« Non mais franchement, je suis bien avec lui. Déjà on est sur la même longueur d'onde je te jure ! On pense la même chose ! En plus on rigole trop tout les deux, et il est super attentionné avec, il est doux il est génial ! Sérieux, c'est le meilleur amant que j'ai eu jusqu'à aujourd'hui. »

Je faillis m'étouffer avec ma glace.

« Amant ? C'est tout ?
-Bah ouais. Tu croyais quoi ? Qu'on allait se marier dans trois mois nous aussi ? »

Allez hop, prends ça dans les dents Serena, tu l'as bien cherché ! Sympa.

« Non mais, je pensais que tu le considérais au moins comme ton « petit ami ». »

J'avais fait le signe des guillemets en disant ça. Elle me regarda et sourit.

« Oui, petit ami, on peut le dire.
-Tu me rassures. »

Non parce que bon ! Faut pas exagérer non plus ! Je veux bien risquer ma vie mais pas pour des clopinettes.

« Bon bref, et toi alors ? Ca avance le mariage ?
-Ouais, demain on va chercher une villa. Tu nous aides ?
-Ouais, mais je croyais que le groupe repartait en Allemagne demain ?
-Quoi ? »

J'avais lâché ma cuillère. Comment ça il partait ? Tom ne m'avait rien dit.

« C'est Bill qui t'a dit ça ?
-Ouais, enfin il parlait du départ avec Goerg tout à l'heure. T'es pas au courant ?
-Non. »

Elle se mordit la lèvre. Non j'étais pas au courant. Une certaine personne avait oublié de me le préciser. Alors il partait demain ? Pourquoi j'étais pas au courant ?

« Ils partent combien de temps ?
-Je sais pas, 2 semaines je crois. »

2 semaines ? Je sentis ma tête tourner. Puis d'un seul, j'eus un haut de c½ur. Une envie de vomir me saisit.

« Serena ? »

Lola s'était penchée vers moi mais déjà je me levai en panique, et courai vers les toilettes. Et là, je vomis tout ce que je venais d'avaler. Et même plus je crois ! Beurk ! Lola était entrée dans les toilettes.

« Serena ?
-Je suis là. »

Elle ouvrit la porte des toilettes.

« Ca va ma puce ? Qu'est-ce qui t'arrive ?
-J'en sais rien, une envie de vomir d'un coup.
-On devrait rentrer viens.
-Non non, ça va mieux. C'est bon. »

Je me levai et trébuchai. Ou, ma tête tournait, pire qu'une toupie !

« Tu vas mieux bah bien sûr ! Allez on rentre ! »

Malgré mes protestations, Lola me traîna dehors, direction l'hôtel. Arrivés à destination, elle me monta dans ma chambre et je m'allongeai dans le lit. Je me sentais fatiguée d'un coup. Même épuisée. Ce que j'avais ? Aucune idée ! Mais je savais que j'avais envie de dormir grave. Je mis la couverture sur moi et m'endormit presque aussitôt, la chambre tournant autour de moi comme un jouet pour endormir les gamins.

# Posté le lundi 30 juillet 2007 14:20

Modifié le lundi 28 juillet 2008 17:52

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« T'as appelé un médecin ?
-Pourquoi faire ?
-Bah ça t'étonne pas un peu qu'elle se mette à vomir tout à coup et qu'elle s'endorme comme ça ?
-Attends, il était plus 21 heures, elle devait être crevée, elle s'est écroulée de fatigue voilà tout.
-Et comment tu peux savoir ça ?
-Je la connais bien figures-toi ! Si elle était malade, je l'aurais vu !
-Oui mais là elle est enceinte !
-Justement ! Si elle était fatiguée, c'est normal qu'elle se soit écroulée. »

J'ouvris péniblement les yeux. Aaaaah, ma pauvre tête ! Je me redressai aussi péniblement et regardai dans la chambre. Tom et Lola était debout près de la porte. Ils avaient l'air de se disputer. Et moi je me souvenais doucement de ce qui m'était arrivé. Quand ils me virent me relever, ils s'arrêtèrent de parler et vinrent vers moi.

« Ca va Serena ? Comment tu te sens ? »

Tom semblait un peu paniqué. Il était assis juste en face de moi, mais je voyais flou, j'avais du mal à le distinguer. Je souris malgré tout.

« Ca va, j'ai juste un peu mal à la tête. »

Je regardai Lola.

« T'as pas un chwing-gum s'il te plaît ?
-Si attends.
-Parce que j'ai un horrible goût de vomi dans la bouche. »

Tom sourit enfin. Oui, bon bah j'étais pas à l'attrique de la mort non plus ! Lola me tendit le chwing-gum.

« Qu'est-ce qu'il t'est arrivé au fait ?
-J'en sais rien. On mangeait avec Lola on discutait et puis j'ai eu envie de vomir. »

Je me souvins des hauts de coeur. Puis je me souvins de la conversation avec Lola. Le départ. Je regardai Tom que je voyais enfin nettement, et fronçai les sourcils.

« Tu pars ?
-Quoi ?
-Tu t'en vas en Allemagne ? »

Il parut un peu surpris, puis il baissa un peu la tête.

« Pourquoi tu dis ça ?
-Pourquoi tu m'as rien dit ?
-J'ai pas trouvé l'occasion.
-Et tu t'es dit que la meilleure occasion, c'était à l'aéroport, au moment d'embarquer ?
-Non... »

Lola baissa la tête et s'éclipsa de la chambre sans un mot.

« Mais...
-Mais rien du tout. Pourquoi tu me l'as pas dit ? Ca m'aurait certainement moins contrariée Tom. Et c'est parce que j'étais contrarié que j'ai vomi, j'en suis sûre ! »

Comment le faire culpabiliser ! Trop bien.


« -Oui, je sais mais.... je sais pas.
-Est-ce que je t'ai déjà pris la tête parce que tu partais ? Franchement ?
-Non mais c'est vrai j'ai pas trouvé l'occasion.
-Ca fait combien de temps que tu le sais ?
-1 semaine. »

Je soupirai. Lui me regardait, l'air un peu coupable. J'avais envie de pleurer tout d'un coup. Je sais pas pourquoi mais j'avais envie.
Je savais qu'il allait devoir repartir, et ça me dérangeait pas, mais là... ça m'attristait. Fichu hormone ! Une larme coula, je l'essuyai vite fait.

« Pleures pas Serena, je reviens dans deux semaines.
-Je sais mais... je sais pas, ça doit être le fait d'être enceinte, j'ai tout le temps envie de pleurer. Ca m'énerve ! »

Il s'approcha de moi et me serra dans ses bras.

« Pourquoi t'irais pas chez tes parents ? Ca fait longtemps que tu les as vu non ? Et puis, tu seras pas toute seule.
-Je suis pas toute seule.
-Si tu veux pas c'est pas grave.
-Si je veux ! »

J'avais presque crier ça. Je me mis à rire. Aaaaah !!! Je passais du rire en larme en une seconde ! Ca m'énervait !

« Bon, je vais te réserver un billet.
-Merci. »

Il voulut se lever mais je le tenais toujours. Je ne lâchai pas.

« Serena ?
-Le billet peut attendre. Restes avec moi s'il te plaît. »

Il passa à nouveau ses bras autour de moi. J'étais comme dans un état second, comme si j'avais pris de la drogue en fait. On aurait pu croire que je m'étais shouté à l'héro' ! Tsss.

« Tu diras à Sabrina de me rejoindre là-bas hein ? En plus on sera sur place, pour trouver ça sera encore mieux.
-Oui, je l'enverrai là-bas. »

Je me reculai.

« Joues-moi un air de guitare.
-Maintenant ?
-Oui, s'il te plaît. »

Il se leva et attrapa sa guitare contre le mur. Il la sortit de l'étui et se rassied à côté de moi.

« Tu veux que je joue quoi ?
-Hum... In die nacht.
-Okay. »

Ma chanson préfère de toutes leurs chansons jusqu'à maintenant. Elle était vieille, mais elle était si belle. Il entama le morceau et moi j'entendais la voix de Bill qui s'élevait. Dans ma tête évidemment ! C'était reposant. C'était rare que Tom joue pour moi, alors quand il le faisait, je savourai. C'était magnifique. Je le regardai. Ses doigts glissaient sur les cordes comme sur de la soie. Il releva la tête ers moi et me sourit. Je fermai les yeux et me laissai bercer doucement. J'avais l'impression de m'élever dans les airs, comme une plume. Je murmurai les paroles de la musique, doucement. Le son se faisait de plus en plus lointain. Ma voix semblait s'élever dans les airs. A l'unisson, dans ma tête, avec celle de Bill. J'ouvris les yeux. Tom me regardait, il ne jouait plus, le morceau était fini. Quel dommage. Je retirai la guitare de ses bras et m'y blottit à la place.

« Je me sens mieux. »

Il me caressa les cheveux.

« Je vais réserver ton billet ?
-Oui. Merci. »

Je le lâchai, il m'embrassa sur le front et sortit. J'étais de nouveau seule. Et je ne voulais pas. Je ne voulais pas partir toute seule dans le sud. Je voulais que Lola vienne avec moi. Oui, elle allait venir. Je savais qu'elle me suivrait, parce que je savais qu'elle aussi voulait retourner là-bas. Après tout, c'était notre terre, nos racines. Alors un retour aux sources, ce ne pouvait être que bénéfique !

/

Nous étions arrivés deux jours auparavant à Marseille. Comme je l'avais dit, Lola m'avait suivi. Elle était chez ses parents, moi chez les miens. Louisa avait prévu de nous rejoindre dans quelques jours, étant donné que Gustav aussi était parti, elle ne voulait pas rester toute seule. Et mes parents voulaient voir Ana. Sabrina nous avait rejoint la veille. Elle logeait dans un hôtel, pas loin d'ici. Aujourd'hui, on avait prévu d'aller à Narbonne, pour voir quelques pavillon qu'elle avait trouvé. C'est qu'elle était super productive Sabrina ! Lola m'accompagnait, ainsi que ma mère. Il nous fallut un peu plus d'une heure pour nous rendre à Narbonne en voiture. Arrivée là-bas, nous commençâmes avec un immense manoir, style victorien. Il était immense ! Même immense, c'est pas assez ! Il surplombait la vallée, il avait un jardin gigantesque et une terrasse comme je voulais. Mais il était beaucoup trop grand ! Je voulais quelque chose de grand, certes, mais là c'était trop. J'étais pas Janet Jackson non plus, je voulais pas un truc trop... « hollywoodien » ! Je me marierais d'abord parce que j'aimai. Ensuite, parce que c'était sympa ! Pas l'inverse. Nous quittâmes le manoir, toutes d'accord sur le fait que c'était trop.
Sabrina nous emmena ensuite au bord de la mer, dans une villa de style moderne. Elle était grande, mais pas trop non plus, peinte en blanche et orange. Elle avait du style, j'aimais beaucoup. La terrasse était vaste et on pouvait voir la mer et l'horizon au loin. Et en-dessous de la terrasse se trouvait un grand jardin. Magnifique. J'étais très emballés, mais ma mère et Lola trouvait ça trop loin de la mer. J'allai pas me marier sur la plage non plus ! En plus elle aimait pas la couleur de la maison et l'agencement de la terrasse. Soit disant, elle était pas assez au sud ou un truc comme ça, ce qui faisait qu'on aurait pas le soleil dans la soirée. Bref, que des trucs cons quoi. Même si elle trouvait ça bof, j'avais décidé de la garder en réserve.
Nous continuâmes à visiter pleins de villa toute la journée. Mais aucunes ne m'attira autant que la deuxième que j'avais vu. Celle en blanc et orange. J'avais pris des photos pour envoyer à Tom, qu'il me donne son avis. Et puis, Lola et ma mère finirent par admettre que cette villa était quand même vachement bien. Bah ouais !
Il devait être 20 heures quand nous rentrâmes enfin. Il faisait toujours jour, le soleil avait tapé toute la journée. J'étais épuisée ! Arrivée chez moi, je montai dans ma chambre et allumai mon ordinateur pour y mettre les photos. Je les envoyai par mail à Tom et l'appelai. Non, pas pour lui demander s'il l'avait reçu comme le font certaines personnes, pas encore trop brancher sur la modernité et tout ça. Non, je l'appelais juste pour en parler.

« Ja ?
-Salut c'est moi.
-Ca va ma belle ?
-Ca va merci. Je suis KO.
-Pourquoi ?
-Sabrina m'a fait visiter pleins de pavillon, on a marché toute la journée, je suis épuisée !
-Ah okay. Et alors, c'était comment ?
-Je crois en avoir trouver un, je t'ai envoyé les photos tu peux aller voir ?
-Ouais, une minute j'allume mon ordi'. »

J'entendis du mouvement puis des voix.

« C'est Serena. »

Tom venait de parler. Puis j'entendis une voix, très familière, crier :

« Salut Serena !!
-Putain Bill, arrêtes de hurler comme ça ! »

Je pouffai.

« Passes-la moi s'il te plaît.
-Non ! Tu vois pas qu'on est occupé là ?
-Vous faites quoi ?
-On cherche un endroit où se marier.
-Trop cool !
-Pas la peine de t'exciter, t'es pas invité. »

Il y eut un silence. Puis Bill ajouta :

« M'en fout, Serena va m'inviter elle ! »

Je souriais, quel gamin.

« Alors, t'as reçu le mail ?
-Oui. La maison blanche et orange là ?
-Oui. Moi j'aime beaucoup. T'en penses quoi ?
-Moi aussi. C'est coloré, c'est moderne, ça le fait. »

Bill ramena sa fraise.

« Putain, j'avoue qu'elle a du style ! T'as du goût Serena !
-Merci.
-Il a raison, elle est belle j'aime bien. Elle est où ?
-Bah Narbonne. Et regarde, t'as vu au niveau de la terrasse ? On voit la plage au loin.
-Attends... ah ouais. Jolie. Comme tu voulais non ?
-Ouais, comme je voulais.
-Elle te plaît alors ?
-Oui.
-Okay, alors on va prendre celle-là.
-Déjà ? »

Waouh ! C'était rapide !

« Tu veux même pas savoir le prix ni rien ?
-Bah vas-y dis-moi.
-Attends une seconde. »

Je cherchai sur les notes que j'avais prises.

« Alors... La louer pour le week-end ça coûterait 600 000¤. »

Ah oui. J'avais oublié qu'elle était aussi chère.

« 600 000¤ ?
-Ouais. Ca fait trop ?
-Bien sûr que non. C'est parfait. »

Quelle détente. Il se prenait pas la tête. Je lui sors comme ça que la maison coûte 600 000¤ pour un week-end, et il me dit « c'est parfait » ! On m'aurait sorti ça, j'aurai fait une crise cardiaque ! Enfin, sauf si j'étais riche évidemment. Ce qui n'étais pas le cas.

« T'es sûr ? 600 000¤ c'est pas rien quand même. Je peux en chercher une moins chère si tu veux.
-Hors de question ! Celle-ci me plaît beaucoup, elle te plaît aussi, alors tout est bon. »

J'entendis Bill crier derrière :

« Toute façon il est riche alors pour lui c'est comme si il s'achetait une sucette !
-Bill ! »

Je rigolai. Tom embrouilla son frère en lui disant d'arrêter de lui hurler dans les oreilles.

« Bah t'as qu'à mettre le haut-parleur ! Moi j'entends rien !
-Ca te regarde pas !
-Si ! T'es mon frère et c'est ma belle-s½ur !
-Tu m'énerves. Okay je mets le haut-parleur mais si tu cries encore une fois, je te tue ! »

J'entendis un bip, signe qu'il avait activé le haut-parleur.

« Salut Billou !
-Hey, Serena ça va ?
-Oui. Alors comment tu trouves la maison ?
-Elle est génial ! T'as bien trouvé !
-C'est Sabrina qui l'a trouvé.
-Elle est belle, j'adoooooore ! »

Je souris. Ouf ! Nous discutons encore pendant plusieurs minutes à trois, de la maison. Apparemment, tout le monde est d'accord pour dire qu'elle convient parfaitement. Tom appellerai Sabrina pour la prévenir que c'était celle-ci qu'on voulait. Et moi, j'allais pouvoir commencer à tout décorer et tout préparer. J'avais trois mois pour aménager entièrement la maison, trouver des cuisiniers et autres, faire la liste des invités, trouver une robe, un coiffeur et aller chez l'esthéticienne. Bon okay, ça c'était pas urgent urgent, mais bon, quand même ! Fallait que je pense à y aller ! J'allais pas me marier avec une tête de mort et des ongles rongés quand même !? Oui, parce que je me rongeai les ongles. C'est pas bien, mais c'était convulsif, ça m'énervait !
Bon, je m'égare là. Bill partit et je discutai seule avec Tom. Nous discutions de choses et d'autres, du mariage et du bébé aussi.

« Je vais me marier en ressemblant à une baleine. C'est pas juste ! Pourquoi tu veux pas qu'on attende la naissance ?
-Oh non ! C'est dans trop longtemps ! Et puis t'es super sexy enceinte, alors c'est pas grave. »

Je rigolai. C'est parce que c'était pas lui qui avait un bébé dans le ventre. Sexy ? Bah bien sûr.

« Mouais. N'empêches. Va falloir retoucher la robe que je choisirai.
-Et bah, on la retouchera.
-Et puis, sur les photos, je vais paraître énorme ! Et...
-Stop ! Tu dis n'importe quoi ! Pas la peine d'essayer de me persuader, je veux qu'on se marie dans 3 mois, pas un de plus !
-Mais pourquoi ?
-Mais parce que !
-Pourquoi ?
-Parce que ! »

Je rigolai.

« Toooom ! »

Je prenais ma petite voix d'enfant capricieuse.

« Non ! Dans trois mois !
-Mais ! T'es pas gentil ! »

Il rigola.

« Si je suis très gentil. Tu verras. »

Mouais. En attendant, j'allais toujours me marier en ressemblant à une baleine. Pour être franche, ça me dérangeait pas. Mais j'avais juste envie de l'embêter, et aussi de savoir pourquoi il voulait absolument que ce soit dans trois mois.

« Bon. »

Je soupirai.

« Sinon ça se passe bien là-bas ?
-Oui super. Au fait ! J'ai oublié de te demander.
-Oui ?
-Ma mère, en fait, elle m'a demandé si elle pouvait t'aider pour le mariage. T'es pas obligée de dire oui, si t'as pas envie...
-Bien sûr que si ! Avec plaisir. Elle peut venir, elle ne sera pas de trop c'est sûr !
-T'es sûre ?
-Tout à fait. Ce sera un plaisir.
-Cool, c'est sympa. Je l'appellerai et elle te contactera okay ?
-Pas de problème. »

Je l'entendis soupirer.

« Je l'entendis soupirer.

« Qu'est-ce qu'il y a ?
-Rien je suis juste un peu fatigué.
-Mon pauvre chéri. »

Il me dit en français :

« Tu me manques. »

Aaaah ! Il me faisait trop craquer quand il parlait français ! Avec son accent allemand très très prononcé ! J'adorais ! Je souris et répondit toujours en français :

« Toi aussi. »

Il mit quelques secondes à comprendre.

« Je suis pressé de te revoir. »

Il parlait toujours français. C'était trop craquant !

« T'as pris des cours de français ou quoi ?
-Je suis fou de toi. »

Hein ?

« Je... je ne... suis ruen.... rien sans toi.
-Quoi ? Qu'est-ce que tu fais là ? »

Il rigola.

« C'est des phrases que je viens de trouver sur le net ! Pas mal hein ? »

Bonjour le tricheur !

« Ah la déception ! Moi qui croyais que tu avais appris le français pour moi. Même pas, tu triches !
-Je triche pas ! Je... je me fais aider, différent ! »

Bah bien sûr.

« De toute façon, il va bien falloir que tu t'y mettes ! Car c'est sûr que notre bébé parlera aussi le français ! Après tout, je suis française. »

Il marmonna.

« Mouais, dommage.
-Quoi ?
-Rien ! »

Il rigola.

« Mais non mais promis, je vais m'y mettre ! Tiens, le jour de notre mariage je saurai tenir une conversation !
-Impossible ! J'y crois pas !
-Ah ouais ? Bah on verra !
-On verra ! »

Je rigolai. Comme si il allait apprendre le français en trois mois. Moi il m'avait fallu 5 ans pour me perfectionner. Il m'avait fallu un an de travail intense pour parler allemand couramment et savoir tenir une conversation. Alors s'il croyait y arriver en trois mois ! Il rêvait !

« Je vais devoir te laisser ma belle, on m'attend.
-Okay. A bientôt.
-Je t'aime. »

Il l'avait dit en français.

« Moi aussi. Bye. »

Je raccrochai. Et comme après chaque conversation avec lui, je me sentais bien. Je souriais, un peu béatement, juste parce que j'étais bien. Ca me rassurait de l'entendre, je savais pas pourquoi. Je décidai d'aller me coucher. Il était tard et j'étais fatiguée. Après avoir pris une bonne douche je me glissai sous la couette. Aaaaah, ça détendait. Au moment où je commençai à m'endormir, on frappa à ma porte. Un peu énervée de m'être fait réveiller, je décidai d'ignorer. Puis j'entendis :

« Serena, ouvres je sais que tu dors pas ! »

Lola. Non mais c'était pas possible ça ! On pouvait pas dormir tranquille !

« Dégages, je dors !
-Menteuse ! Si tu dormais tu m'aurais pas répondu ! Parce que quand on dort on parle pas ! Et comme tu parles, tu peux pas dormir ! Alors t'es une menteuse ! »

Grrrr ! Elle avait vraiment un grain celle-là ! Je me levai et allai lui ouvrir.

« Gardes tes pensées philosophiques ! Il est trop tard pour ça !
-Tard ? Il est que 23 heures ! »

Que ?

« Tu veux quoi ?
-Oulala, quelle accueil ! »

Elle entra dans la chambre. Raaaa ! Non mais elle se croyait au club Med elle ? Je claquai la porte et elle s'asseye sur le lit.

« On sort ? J'ai bien envie d'aller en boîte ce soir ! »

Quoi ?

« Est-ce que t'as bien vu ma tête ? »

Elle me fixe, me regarda de la tête aux pieds.

« Hum... C'est vrai qu'il va quand même te falloir du temps pour être potable, mais tu devrais y arriver ! »

La sa.... vilaine ! Je lui jetai un coussin.

« Je suis fatiguée, j'ai pas envie de sortir.
-Allez ! On pourrait retourner à l'Exo ! Ca fait trop longtemps qu'on y est pas allé ! Ca nous rappellerait de bons souvenirs en plus ! »

L'Exo. Ca c'était notre boîte préféré à l'époque où on habitait encore ici. Quand on était encore célibataire. On y allait presque tout les week-end, et on s'éclatait trop. On y connaissait tout le monde. On y allait tellement souvent, qu'à force on connaissait les vigiles et on rentrait gratuitement. Cool quoi !
Mais bon c'était avant quoi. Aujourd'hui j'étais enceinte, presque mariée et carrément naze ! Alors la boîte, bonbon !

« Non, moi je vais pas en boîte. Ca me fatigue. »

Elle soupira.

« T'es même pas mariée et t'es déjà une grand-mère ! Ca craint là !
-Je suis pas grand-mère ! Je suis juste fatiguée, différent.
-Mouais.
-On peut aller faire une balade sinon.
-Ouais. Ouaah ! J'ai une idée ! »

Elle se redressa d'un coup.

« La patinoire nocturne ! Viens on y va ! »

Ah, ça c'était une bonne idée ! J'adorais la patinoire !

« Ouais, vas-y je vais m'habiller ! »

J'allais dans la salle de bain et enfilai un jean et un pull. Merde ! J'avais pas de gant ! Et c'était obligatoire !

« Lola, t'as des gants ?
-Non mais ils en prêtent là-bas !
-Okay ».

Je sortis de la chambre, enfilai mes converses, saisis mon sac en bandoulière et sortit avec Lola. Sur la route nous discutions, on se rappelait des souvenirs d'avant. Quand on était adolescentes. On en avait fait des choses à cette époque, c'était une époque génial. En 15 minutes, nous arrivâmes à la patinoire. Nous prîmes des patins et partîmes nous asseoir pour les enfiler.

« Putain, elles sont trop petites ! Bouges pas, je vais les changer. »

Lola se leva et retourna à l'entrée. Moi je serrai mes patins. J'allais enfiler mon deuxième patin, quand je vis un flash sur le côté. Je tournai la tête et vit une fille, qui se détourna rapidement, pile au moment où je me tournais. Je regardais de l'autre côté. Elle prenait quoi en photo ? Il n'y avait que le mur blanc à côté de moi. Je regardais à nouveau vers elle. Elle me regardait toujours, avec ses copines. Du moins, elles essayaient de me mater en scred, tournant la tête quand je les regardais, mais je les voyais bien. C'était qui ces folles ? Elles avaient péter un plomb ou quoi ? Lola revint.

« Fiou, c'est bon j'ai les bons patins. »

Elle s'asseye, du côté des filles. Elle commença à enfiler son patin, je lui mis un coup de coude.

« Eh, les filles là, je crois qu'elles m'ont prises en photo.
-Quoi ? »

Elle releva la tête et regarda en direction des filles. Alors celle-là, plus discrète tu meurs !

« Pourquoi ? »

Je soupirai.

« Parles moins fort ! Je sais pas pourquoi moi ! Je leur ai pas demandé non plus ! »

Elle revint vers moi et baissa un peu la voix.

« Laisses tomber, ça doit être des homos qui ont kiffés sur toi. T'es prête on y va ? »

Super, rassurante sa théorie ! Je me levai, les filles me regardaient toujours. Je les voyais du coin de l'½il. Elles se levèrent à leur tour et nous suivirent. Putain, elles commençaient à me faire flipper elles ! Qu'est-ce qu'elles voulaient ? Lola et moi entrâmes sur la glace et nous commençâmes à glisser. J'oubliai bien vite les autres cinglées. Lola commençait à faire la folle. Elle se prenait pour une danseuse et commençait à faire des saut en l'air. Sauf qu'elle était pas danseuse, qu'elle était souple comme un cure-dent et qu'elle rata son coup. Alors bien sûr, elle se croûta comme une cas sociale ! Mais une chute, trop forte ! Elle est tombée en avant, la tête la première et elle a glissé sur au moins 5 mètres avant de s'arrêter juste aux pieds d'un groupe de mecs. J'étais morte de rire ! Vous l'auriez vu, c'était tordant ! Mais bon, Lola, elle avait jamais la honte et heureusement. Elle se releva naturellement, aidée par les garçons qui souriaient. Elle les remercia, leur dit quelque chose qui les fit rire et revint vers moi. Je rigolai toujours, j'étais à moitié en train de m'étouffer.

« Sympa les mecs.
-Ouais, cool. »

Elle me tira la langue. Alala, sacrée Lola. Nous continuâmes de patiner, on rigolai comme des baleines. Puis, je m'aperçue après plusieurs minutes que les gens se retournaient sur notre passage et que ceux au bord de la patinoire nous regardaient. Certains nous montraient même du doigt. Je prévins Lola qui n'avait rien vu.

« Putain, c'est qui tout ces gens ?
-J'en sais rien. »

Nous décidâmes de sortir, mais la fille de tout à l'heure, qui m'avait prise en photo, s'arrêta devant moi.

« Excusez-moi... »

Elle rougit et baissa un peu les yeux en me tendant un carnet et un stylo.

« Je pourrais avoir un autographe s'il vous plaît ? »

Hein ? Un quoi ? Je regardai Lola, l'air complètement débile. C'était quoi ça ? Elle leva les épaules en l'air.

« Bah vas-y signe.
-Mais... »

Je me tournais vers la jeune fille.

« Mais pourquoi tu veux un autographe ? Tu me connais ?
-Bah oui ! »

Elle releva la tête, souriante.

« Vous êtes la copine de Tom Kaulitz ! Vous vous appelez Serena !
-Mais... comment tu sais ça ?
-Bah, vous étiez dans le magazine ! On vous a vu en photo ! »

Gaaaa... Ah ouais d'accord. Super !
Les gens me connaissent et moi je les connais pas. Je savais pas trop quoi faire. Lui signer un autographe ? Déjà, je savais pas comment faire ! Même si je pensais pas qu'il y avait un mode d'emploi, je devais écrire quoi dessus ? Juste faire un gribouillis ? Non, hallucinant. Je bredouillais un peu.

« Euh... bah.... écoutes... je..... »

Elle me souriait. Elle devait pas avoir plus de 12 ou 13 ans, elle était si mignonne. Je pouvais pas refuser, comme une méchante ! Je soupirai, intérieurement bien sûr, lui souris et me saisis du carnet et du stylo. Son sourire s'élargit ! Et bah dis donc.

« Tu t'appelles comment ?
-Julia ! »

Elle avait presque crié son prénom. Okay Julia. J'écrivis « Bisous à toi Julia » et je signai. Ouais, bah on verra si un jour on vous accoste en pleine rue pour vous demander un autographe comment vous allez faire ! Sérieux, j'étais presque en panique. Je lui rendis son carnet et elle partit en souriant, sur ses petits patins. Je me tournai vers Lola, qui se retenait de rire.

« Rigoles toi ! On verra quand ça t'arrivera ! »

Elle failli s'étouffer.

« Moi ? Je vois pas pourquoi ça m'arriverait !
-Mouais. »

C'était vrai que quand les filles apprendraient que Bill n'était plus célibataire, ça allait être la révolution ! Même les croisades à côté, c'était rien ! Les filles allaient se liguer pour retrouver Lola et elles allaient certainement lui faire sa fête ! Je souris en imaginant la scène. Tordant.

« Bon on y va ?
-Ouais. On y va avant que je ne me fasse encore accoster. »

Nous sortîmes de la glace et allâmes retirer nos patins. Les gens se retournaient sur notre passage. La misère. J'en voyais même certains qui prenaient des photos avec leur portable. Non mais vraiment n'importe quoi ! Ils me connaissaient même pas et ils encombraient leur téléphone de photos de moi ! Même Lola elle avait pas de photos de moi sur son téléphone, vous vous rendez compte ?
Nous sortîmes enfin de la patinoire, direction la maison.

« Tu viens à la maison ?
-Okay. »

Nous nous dirigeâmes chez Lola. Ses parents étaient partis en voyage en Tunisie, alors elle était toute seule toute la semaine. Nous nous installâmes dans le canapé pour regarder un DVD. Nous choisîmes la saison 1 de Dr House, notre série préférée. On adorait trop ! On se marra comme des baleines devant la télé pendant trois bonnes heures, puis nous nous endormîmes sur le canapé.

# Posté le lundi 30 juillet 2007 14:22

Modifié le lundi 28 juillet 2008 17:52

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Vers 9 heures, j'ouvris les yeux. Je m'étais endormi sur des coussins par terre alors je vous raconte pas les courbatures que j'avais ! Je me redressai tant bien que mal. Lola dormait sur le canapé, un bras pendant dans le vide, la bouche ouverte, le rouge à lèvres étalé sur la joue. Je retins un fou rire, l'imaginant comme ça avec Bill. La connaissant, il n'y avait aucun doute qu'elle devait dormir comme ça, même avec lui. Super glamour quoi ! Je me levai et me dirigeai vers la cuisine, où je me servis un verre de jus d'orange. Puis je revins dans le salon et vis l'ordinateur. J'avais une soudaine envie d'aller voir ce qu'il se passait sur le net. A propos de moi. Comme apparemment, je devenais célèbre.... Enfin voilà quoi ! J'allumai donc l'ordinateur et ouvris une fenêtre Google. J'y tapais « Tokio Hotel ». J'explorai plusieurs site, et forums. Jusqu'à tomber sur le forum officiel français. J'allais dans la rubrique News. Et là, choc. Toutes les news concernaient Tom et moi. Il y avait même un article qui parlait du mariage. Comment est-ce que c'était possible ? Personne, mise à part la famille, n'était au courant de ce mariage ! Et merde, c'était mort pour la discrétion ! Je sortis et changer de rubrique. J'allais dans les photos. Un sujet entier n'étaient consacrés qu'à Tom et moi. J'y trouvais dans les premières pages, les photos d'il y a 5 ans, les fameuses photos du parc. Puis je vis pleins d'autres photos paparazzis, quand Tom et moi étions en ville, ou qu'on se baladait. Que des trucs comme ça. J'en revenais pas. Pas étonnant que les gens me reconnaissent, avec les gros plans qui étaient fait sur moi, laissez tomber ! En plus, bonjour la tronche des photos ! Le genre de truc qui te met pas du tout en valeur. Je continuai ma visite, et regardai dans toutes les rubriques. Tout y était, les dates de leurs concerts, toute leurs apparitions télés, leurs moindres déplacements. Je tombai sur une rubrique « Fictions ». Je commençai à lire et je ne pus plus m'arrêter. J'en revenais pas des histoires que les gens inventaient. Des histoires carrément géniales, ils avaient une imagination débordante ! Vous auriez lu ce que j'avais lu, c'était tordant ! Des histoires d'enfer. Et là je lus « Twincest ». Hein ? C'est quoi ce mot ? Je cliquai dessus et commençai à lire. Putain ! Okay, je vois d'où il sortait le « sest » ! C'était... bizarre quand même. Je lus encore et encore. J'avais quand même du mal à imaginer les jumeaux comme ça... faire tout ce qui était écrit là... Tom et Bill.... C'était trop bizarre. J'espérais que Tom n'avait pas lu ça. Bill aurait rigoler mais Tom, peut-être pas. Enfin en tout cas moins. Bon allez stop ! Je fermai la fenêtre, j'en avais assez vu. J'éteignis l'ordinateur et allai réveiller Lola. Elle bâilla et s'étira.

« On fait quoi aujourd'hui ?
-On va cherché ta robe ? »

Je soupirai.

« Non ça me dit rien. J'ai pas envie de parler de mariage aujourd'hui. Trouves autre chose. »

Elle se redressa.

« On pourrait faire un truc de dingue.
-Comme quoi ? »

Elle me regarda, un gardn sourire aux lèvres.

« Sauter à l'élastique ! »

Hein ? Elle avait craqué elle ! Non mais obligé, c'était le froid qui lui avait congelé le peu de neurones qui lui restaient. Sauter à l'élastique ? Elle voulait pas un Twix et 10 ¤ aussi ?

« T'es vraiment grave toi ! T'as pas des idées plus cons à me sortir ? »

Je me laissai tomber dans le fauteuil alors qu'elle, se redressa, tel un ressort.

« Mais non ! C'est pas con ! Sérieux, on a toujours voulu le faire Pourquoi pas aujourd'hui ? »

Je la regardai, l'air un peu hébété. Apparemment, elle ne rigolait pas.

« Attends, tu parles sérieusement là ?
-Bien sûr !
-Non mais on va pas aller sauter à l'élastique aujourd'hui !
-Et pourquoi pas ?
-Mais parce que ! Déjà je suis enceinte et en plus... c'est complètement fou !
-Justement, c'est super excitant ! »

Excitant ? Je voyais pas trop ce qu'il y avait d'excitant dans le fait de se jeter dans le vide.

« Imagines ! T'es à plus de 60 mètres du sol, au bord du vide, avec juste un élastique qui te tient. Et là tu sautes.... »

Elle souriait, le regard dans le vide. Je secouai la tête. Elle était cinglée.

« Je suis enceinte !
-Tu peux le faire jusqu'à trois mois ! T'es est qu'à deux donc c'est bon ! »

Quoi ? Putain.

« Mais...
-T'as peur ou quoi ? »

Elle me fixait, me défiant du regard. Aaaaah ! Je pouvais pas me défiler ! Dans ces cas-là j'étais coincée ! Non ! Je pouvais pas aller sauter dans le vide quand même !

« Non, j'ai pas peur.
-Alors on y va !
-Mais... il faut peut-être réservé !
-Non, il suffit d'y aller. Si il y a pas trop de monde, tu passes dans la journée !
-Mais... »

Elle était cinglée, là c'était sûr.

« Allez, viens on y va ! On va s'éclater ! »

Elle me regarda. Sauter à l'élastique. Ca devait être d'enfer, c'est vrai. Et puis... après tout qu'est-ce que je risquais à le faire hein ? Et puis... non, mais quand même, sauter dans le vide. Ouais.... c'était chaud mais, ça devait être mortel. Elle me regardait toujours, me suppliant du regard. Rrrrrrr !!

« Bon okay, on y va !
-Ouais ! »

Elle sauta du canapé et monta à l'étage. Je la suivis, Nous nous lavâmes, nous habillâmes, puis nous partîmes. Il n'y avait qu'un seul site dans le coin où tu pouvais sauter à l'élastique et il était à plus d'une heure de route. Dans la voiture, Lola mit le CD de Fall Out Boy. Elle chantait, pendant que je conduisais. Même si elle n'avait plus de plâtre, elle avait toujours des crampes, elle ne pouvait toujours pas conduire. Elle chantait et moi je paniquais un peu plus à chaque kilomètres passés. Putain, mais dans quel merdier je m'étais encore mis moi ?? Je vous jure, j'avais vraiment le don de me mettre dans des situations pas possibles !
Nous arrivâmes enfin au site. Il était temps, j'en pouvais d'entendre Lola détruire les paroles de Fall Out Boy ! Déjà elle hurlait, mais en plus, elle comprenait rien, alors elle faisait du chamallow ! L'horreur quoi. Bref, nous descendîmes de la voiture et nous dirigeâmes vers l'accueil. Un femme, assez âgée nous accueillit.

« Bonjour ! Ca serait pour sauter à l'élastique s'il vous plaît ! »

Lola, Lola, Lola.... Désespérante. Elle s'en doute bien que c'est pour sauter ! On est pas venue là pour faire des courses hein !
Le femme sourit et nous dit :

« Toutes les deux ?
-Oui.
-C'est votre premier saut ?
-Oui.
-Dans ce cas c'est individuellement. Ce n'est qu'à partir du 4eme saut que l'on peut sauter à deux.
-Pas de problème ! »

Quoi ? J'allais sauter toute seule ? Elle était folle !

« Hum... par contre je suis enceinte de 2 mois, je peux sauter ou pas ? »

J'espérais qu'elle me recale.

« Oui, bien sûr. Ca ne devient dangereux qu'à partir de 3 mois. Vous pouvez sauter en toute sécurité, rassurez-vous. »

Rassurez-vous, facile à dire. C'était pas elle qui allait sauter ! Lola était surexcitée. Nous payâmes nos sauts puis la femme nous emmena sur le pont, d'où se trouvait le tremplin. Il s'agissait en faite d'un aqueduc, haut de 63 mètres. Et dessous, se trouvait une rivière. Ca me rassurait un peu. Au moins, si je mourrais, je mourrais dans l'eau, et pas écrasée comme une crêpe ! Elle nous laissa au soin d'un homme, visiblement un moniteur. Il commença à nous expliquer comment ça se déroulait. Nous étions les numéros 26 et 27. Là, c'était le numéro 23 qui sautait. En gros, c'était bientôt à nous quoi. Nous regardâmes, le fameux numéro 23 sauter. Lui n'avait pas froid aux yeux. A peine le type avait-il fini d'accrocher l'élastique que déjà, il avait sauté. Il crié comme un fou, puis fini la tête dans l'eau. J'éclatai de rire, c'était trop marrant. En fait, à le voir faire, ça paraissait simple. Et pas très effrayant. On nous emmena ensuite près du tremplin, où l'on commença à nous mettre nos harnais. J'avais le numéro 27. Je sautais en second. Aïe ! encore pire ! Un type et une femme sautèrent avant que ce ne soir le tour de Lola. Ils l'attachèrent à l'élastique. Elle me fît un clin d'½il, elle était grave partante elle. Apparemment, ça la dérangeait pas plus que ça de risquer de mourir écraser ou noyer. Elle s'avança jusqu'au tremplin, leva les bras en l'air. Là elle cria :

« Je t'aime Serena ! »

Et elle plongea ! Ouaaaaah ! Mon c½ur fît un bond quand je ne la vis plus. Je m'approchais un peu. Elle tombait, tombait, jusqu'à ce que l'élastique se tende, et qu'il la remonte. Je soupirai. Mi soulagée, mi stressée. Elle criait comme une folle, elle semblait ravie de son saut.
Et moi ? Bah j'étais au bord de la crise de larmes, j'allais avoir une crise cardiaque, j'avais l'estomac nouer, envie de vomir et de partir en courant, mais à part ça tout allait bien.
Lola arriva en bas. C'était donc mon tour. Mon c½ur battait la chamade. Quand je vis le vide en dessous de moi, en une seconde toute ma vie défila sous mes yeux. Je revoyais mon enfance, mes parents, ma s½ur, les conneries faites avec Lola, la rencontre avec Tom, le mariage de Louisa, la naissance d'Ana, les retrouvailles avec Tom, la demande en mariage, l'annonce de ma grossesse....
Tout y passa ! Je vous raconte pas comment ça faisait flipper ! En plus, j'entendais la voix de Bill dans ma tête. « Spring niiiiicht ! » Si c'était pas un signe ça ! Mais bon, je pouvais pas me défiler, trop tard. Je respirai un bon coup et murmurai :

« Moi aussi je t'aime Lola. »

Et je m'élançai dans le vide. Je crus que mon c½ur avait lâché. Je hurlais, sans vraiment m'en rendre compte. Je voyais l'eau arrivait à toute vitesse vers moi. Enfin, plutôt moi qui arrivait à toute vitesse vers l'eau.
Oh mon dieu ! L'élastique se tendit, moi je tendis la main et frôlai l'eau du bout des doigts, avant de repartir en arrière à toute vitesse.
Je criai toujours, mais plus de peur. Je me sentais super bien et je rigolais comme une gogole !
Le va-et-vient s'arrêta, l'élastique descendit. Un homme me tendit une perche que je saisis et me ramena à terre. Il m'allongea et me retira l'élastique qui me bloquait les pieds. Et moi j'étais gagatiser. J'en revenais pas d'avoir. Je devais avoir l'air con parce que le type me demanda si tout allait bien. Je me relevai, le rassurait et rejoignit Lola qui attendait derrière. Quand elle me vit, elle courut vers moi et me sauta dessus.

« C'était trop mortel !!! »

Elle entama une danse de la joie en criant comme une zinzin. Moi je souriais toujours.

« J'avoue, c'était terrible ! T'as bien fait de me forcer la main !
-Eh regardes, ils nous filment en plus ! »

Elle m'emmena vers des écrans où je pus me voir sauter. Oh putain ! On me voyait en train de hurler, la tête à l'envers ! Tordant ! Lola demanda au type de nous mettre les deux sauts sur le DVD, le paya et prit le DVD.

« Un truc pareil, ça se garde ! »

Je souris. On venait de faire un truc d'enfer. Un truc de fou ! J'en revenais pas. Mortel !
Lola arrêtait pas de parler, elle était presque incontrôlable ! Nous retournâmes vers la voiture mais je tremblai tellement, à la fois de peur et d'excitation, qu'il aurait été imprudent de prendre le volant tout de suite. Alors décidâmes d'aller boire un verre, histoire de se calmer. On était carrément des piles électriques.

« Non mais la sensation ! C'est un truc de fou ! Tu crois que tu vas mourir et puis comme dans les films, t'es sauvée de justesse tu vois !? C'est trop mortel ! »

Putain la comparaison ! Ca se voyait qu'elle avait eu les neurones à l'envers elle ! Elle disait des trucs encore plus bizarre qu'avant. Je sortis mon téléphone. 11 appels en absence. Bah putain, j'avais des amis moi aujourd'hui ! 9 appels de Tom et 2 de Sabrina.

« Il a peut-être pressenti que t'avais peur alors il a appelé ! »

Okay elle, elle était vraiment à la masse. Je le rappelais.

« Allo ?
-Salut c'est moi.
-Salut. T'avais pas ton téléphone sur toi ou quoi ? »

Oula, il m'avait l'air de bonne humeur !


« Si mais je l'ai pas entendu. Pourquoi ?
-Parce que j'ai essayé de te joindre toute la matinée ! T'es où ?
-Bah, je suis en balade. Pourquoi ?
-Pourquoi ? Ca t'arrive jamais de prévenir quand tu disparais ? J'ai appelé tes parents et même eux savaient pas où t'étais !
-J'ai pas disparu ! Je suis juste parti faire un tour avec Lola.
-Faire un tour ? T'as pas un peu oublié que Sabrina est dans le sud juste pour toi ? Apparemment vous aviez rendez-vous ce matin et elle t'a attendu. »

Oups. J'avais... z'oublié !

« Alors elle m'a appelé, savoir si t'étais malade ou quoi. Et moi, bien évidemment je ne savais rien ! Alors j'essaie de te joindre et je tombe sur le répondeur à chaque fois !
-Oui... bon j'ai oublié le rendez-vous, désolé. Sinon, j'ai pas entendu mon téléphone, c'est tout.
-Ouais, mais je commençais à paniquer moi ! »

Ooooh, c'était trop mignon ! Je souris.

« Faut pas, je suis pas parti bien loin mon chou !
-Ca n'empêches, tu pourrai prévenir ! Et m'appelles pas mon chou ! »

Oulala, il avait les nerfs ! Il aimait pas que je l'appelle mon chou mais en général, il disait rien.

« C'est bon calmes-toi ! Tu vois j'ai rien alors pas la peine de paniquer !
-Si ! »

Il criait presque dans le téléphone. Il avait vraiment flippé ou il me baratinait là ?

« T'es partie où ?
-Je suis partie faire un saut avec Lola.
-Un saut ?
-Oui, à l'élastique.
-QUOI ? »

Là il avait hurlé. Hum... j'aurais peut-être pas du lui dire.

« T'as sauté à l'élastique ? Alors que t'es enceinte ?
-Oui mais il n'y avait aucun danger. Le moniteur m'a affirmé que c'était pas dangereux.
-Le moniteur ? Parce que les moniteurs font des études de médecine maintenant ?
-Non. Enfin, je crois pas... »

Il soupira. Oh et puis qu'est-ce que j'en savais moi hein ? Je lui avais pas demandé son CV non plus !

« T'es pas un peu inconsciente ? Un saut à l'élastique ? Et, ça vous a pris comme ça cette idée ?
-Bah ouais ! Ce matin en se réveillant, Lola a eu envie de sauter alors on est allé sauter.
-Alors Lola voudrait se jeter du haut d'un pont, sans élastique cette fois, tu le ferais ? »

Bon, il commençait à m'énerver là.

-Bon c'est bon Tom ! T'es pas mon père ! J'ai déjà un père alors t'es gentil, tes réprimandes tu te les gardes ! Si tu m'as appelé juste pour m'engueuler, tu peux raccrocher !
-Ah ouais ? Bah alors je raccroche dans ce cas !
-Bah vas-y !
-Okay ! »

Et il raccrocha. Je restai bouche bée une seconde avant de m'exciter sur mon téléphone. Raaaaaaaa ! Non mais pour qui il se prenait lui ? Si j'avais envie de sauter, je sautais ! Pas possible ça !

« Qu'est-ce qu'il se passe ?
-Il m'engueule parce qu'on a disparu ce matin sans prévenir. On avait rendez-vous avec Sabrina, j'avais oublié moi ! Et ensuite il m'engueule parce que j'ai sauté ! »

Elle but une gorgée de son soda.

« C'est vrai qu'on aurait pu prévenir qu'on partait.
-Et puis quoi encore ? Je suis libre, majeure et vaccinée ! J'ai besoin de l'accord de personne pour partir ! »

Non mais oh ! Il voulait pas un mars et dix balles aussi ?!

« Oui mais.... enfin quand même, c'est vrai que si lui avait disparu comme ça, t'aurais certainement réagi pareil.
-Mouais... ça m'étonnerait. »

Hum... en fait j'aurais réagi pareil. Mais n'empêches !

« Et puis, qu'est-ce qu'il t'arrive à prendre sa défense ? Je croyais que t'étais de mon côté toi ! »

Elle leva les mains en l'air, signe d'apaisement.

« Oula ! Si tu commences à t'exciter sur moi, je me tais alors !
-Ooooh, tu m'énerves toi aussi ! »

Et je jetai mon téléphone sur la table. Ca m'énervait. Pas qu'il m'engueule, qu'on se soit embrouillé. Okay j'aurais du prévenir au moins mes parents, c'était vrai. Mais j'y avais pas pensé moi sur le coup ! Merde alors !
Et si je le rappelais ? Hein ? Et puis quoi encore ? Et ma fierté ?
Hum... La fierté. J'avais le choix : ma fierté ou mon fiancé. Vu comme ça, le choix était vite fait ! Je grognai et saisit mon téléphone.

« Tu fais quoi ?
-Je le rappelle ! »

J'étais énervé, alors je criai. Lola sourit en levant le pouce en l'air. On décrocha au bout de deux sonneries.

« Allo ? »

Cette voix enjouée... Bill.

« Bill ?
–Serena ! Ca va ma belle ?
-Oui ça va ! Dis-moi, Tom est dans le coin ?
-Euh.... »

Il y eut un petit silence. Puis Bill murmura :

« En fait il est à côté de moi mais il me fait signe qu'il veut pas te parler. Faire comme si il était pas là quoi ! »

J'entendis Tom derrière, insulter son frère. Je ne pus m'empêcher de rigoler. Trop fort ce Bill.

« Je m'en fiche. Même si tu dois lui coller le téléphone à la glue sur l'oreille, passe-le moi !
-Okay bouges pas je vais chercher le tube de colle ! Par contre on a que de la UHU c'est pas grave ? »

Là j'éclatai de rire.

« Non, c'est bon, ça fera l'affaire !
-Cool ! »

Il y eut un bruit puis j'entendis :

« Tiens c'est pour toi.
-J'en veux pas !
-Tom, prends ce téléphone !
-Non !
-Tu le prends ! »

J'entendis des cris puis une bagarre apparemment. Oula, là ça devenait grave. Enfin j'entendis.

« Putain, tu me fais chier Bill ! C'est bon passes-moi ça ! »

Nouveau bruit.

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

Hum... sympa l'accueil.

« Tom, excuses-moi, j'aurais pas du t'engueuler. T'as raison j'aurais du prévenir que je partais, désolé. »

J'avais débité ça d'un coup. Il y eut un silence.

« Non c'est moi qui m'excuse. C'est moi qui me suit énervé pour rien. Mais tu m'as fait peur !
-Désolé, je voulais pas.
-Hum... C'est rien, on en parle plus okay ?
-Okay ! »

Ouf, il était pas trop rancunier, par chance.

« Mais, t'as vraiment sauter à l'élastique ?
-Ouais. Et c'était génial ! En plus on a la vidéo, vous pourrez voir comme ça !
-Ouais... »

Apparemment, ça l'enchantait pas plus que ça.

« Tom ! Je te jure, il n'y avait aucun danger ! Et je me suis éclatée ! C'est pas le plus important ça ?
-Si.... bon bah si tu t'es amusée tant mieux. »

Je souris. C'était le cas de le dire ! Soudain j'entendis Bill crier :

« Lola est là ?
-Putain Bill ! »

Il y eut un bruit sourd.

« Bill demande si Lola est avec toi.
-J'avais entendu ! Difficile de le rater ! Oui elle est avec moi.
-Oui elle est avec elle
-Passes-la moi ! S'il te plaît !
-Tu peux pas l'appeler? Tu vois pas que je suis au téléphone !
-Oh c'est bon ! Fais pas ton rabat-joie !
-Serena, tu peux lui passer Lola ? Sinon il va me souler toute la journée !
-Pas de problème. »

Je tendis le téléphone à Lola.

« C'est Bill. »

Elle sourit, comme si je lui avais passé le téléphone rose ! Non mais, j'vous jure !

« Allo ?.... Bien et toi ?.... Ouais, c'était génial..... Bah c'est pas grave la prochaine fois..... Ouais, tout les deux...... (rires) Si ça peut te faire plaisir.... Carrément ?....... J'achèterais des fraises alors ! »

Hein ? Des fraises ? Qu'est-ce que ça venait faire là-dedans ? Je la regardai d'un air interrogateur, elle me sourit.

« Hum hum..... Oui !..... C'était trop bien ouais.... Bah on verra, mais pourquoi pas..... Bah on peut pas dire maintenant !..... Quoi ?..... (rires)...... Okay, à bientôt.... Toi aussi... Et oublies pas la chantilly ! »

Elle éclata de rire. Gné ? De la chantilly ? Ah..... Pas la peine de se demander ce qu'il allait faire avec. Beurk ! Il avait de drôle de jeu ces deux-là !
Lola raccrocha.

« Il voulait quoi ?
-Hein ? »

On aurait dit que je venais de la réveiller !

« Oh, rien de spécial, il voulait savoir comment ça allait. Et si le saut c'était bien passer.
-Et il y avait besoin de fraises et de chantilly pour ça ? »

Elle rougit.

« Ca c'est autres chose ! Si t'es sage je te raconterai ! »

Je grimaçai.

« Euh.... C'est sympa de penser à moi mais non merci ! »

# Posté le lundi 30 juillet 2007 14:23

Modifié le lundi 28 juillet 2008 17:53

39

39
1er septembre. Aujourd'hui c'était l'anniversaire des jumeaux. Il avait 23 ans aujourd'hui. Ma dispute avec Tom datait d'une semaine déjà. De l'histoire ancienne quoi ! J'avais décidé d'aller en Allemagne, le temps d'une journée, pour leur souhaiter un joyeux anniversaire de vive voix. Après tout, je n'avais rien à faire, et j'avais très envie de voir Tom.
J'étais donc dans l'avion, il était 9 heures 30. Nous venions d'atterrir. Enfin ! Parce que je venais de passer 3 heures à côté d'un gamin braillard qui arrêtait pas de se plaindre. Et quand il se plaignait pas, il chantait ses comptines débiles ! Grrrrrr. Je peux vous dire que le mien aura pas intérêt à être comme ça ! Je vais le dresser, il bougera pas. Ouais, je sais, j'ai pas trop de patience en fait !
Je récupérai mes bagages et sortis de l'aéroport, à la recherche d'un taxi. Je fourrai mes valises dans le coffre et lui indiquait l'adresse. J'étais surexcitée à l'idée de retrouver « mon chou » ! Hihihi !
En 20 minutes nous arrivâmes devant l'hôtel. J'avais su par Gustav qu'il ne travaillait pas ce matin. Je sortis mes sacs et entrai dans le hall, direction la réception.

« Bonjour, pourrais-je avoir le numéro de chambre de Tom Kaulitz, s'il vous plaît ?
-Je suis navrée, je ne suis pas autorisée à vous communiquer ce genre d'informations. »

Hein ? L'autre elle me sortait ça comme si je lui avais demandé de me révéler un programme de la NASA. Je souris.

« Non, écoutez, je suis... sa cousine. Je viens de France exprès pour lui et je suis déjà très en retard.
-Sa cousine ?
-Oui.
-Vous vous appelez ?
-Serena.
-Très bien attendez je l'appelle. »

Elle l'appela. Personne ne décrocha.

« Je suis navrée, il semble que la chambre soit vide.
-Mince. Vous pouvez pas contacter Gustav Schafer ? Lui il pourra m'aider alors. »

Elle me regarda, l'air suspicieuse. Vieille peau ! Appelles et me soules pas ! Non mais ! Je lui souris poliment.

« S'il vous plaît. »

Elle hésita encore une seconde puis appela.

« Mr Schafer ? Bonjour, excusez-moi de vous dérangez mais une jeune demoiselle, du nom de Serena cherche à joindre Mr Kaulitz..... Oui.... Très bien, bonne journée. »

Elle raccrocha.

« 6eme étage, il vous attend chambre 206.
-Merci ! »

Je repris mes sacs et me dirigeai vers l'ascenseur. 6eme étage. Chambre 206. Je frappai.

« Serena ! »

Je me tournai vers la gauche. Bill venait de sortir d'une chambre. Il se dirigea vers moi, tout sourire et me serra dans ses bras.

« Comment ça se fait que t'es là ?
-Et bien, en fait je crois qu'aujourd'hui c'est l'anniversaire de deux certaines personnes. J'en suis pas sûre mais je suis venue pour vérifier ça. »

Il sourit. Je l'embrassai sur la joue.

« Bonne anniversaire Bill ! »

Je le vis rougir un peu. Trop mignon !

« Merci, t'es la première à me le dire aujourd'hui !
-Génial ! »

Faut dire qu'il était que 10 heures.

« Dis pas à Tom que je suis là ! J'aimerais garder la surprise jusqu'au bout !
-Pas de problème ! »

Il me fit un clin d'½il. Gustav ouvrit la porte à ce moment. Il m'embrassa puis j'entrai dans sa chambre, posai mes sacs et ressorti. Bon bah, il était temps d'aller voir Tom. Gustav m'avait dit qu'il était dans la chambre 203. J'allai y frapper. La porte s'ouvrit, mon sourire disparut d'un coup. Je crus m'être trompé de chambre pendant une seconde. Je regardai. Non, c'était bien la chambre 203.
Une fille, grande, plus grande que moi, fine comme une brindille, les cheveux blonds or, des grands yeux verts me fixant, un grand sourire sur les lèvres venait de m'ouvrir.

« Bonjour. »

Elle souriait toujours. Et moi j'étais bloquée. Je regardai derrière elle et reconnut le sac de Tom. C'était bien sa chambre.

« Je... »

Je la regardai. Je crus faire une crise cardiaque quand je vis... qu'elle portait la chemise de Tom. Et elle ne portait que ça. J'entendis une voix derrière.

« C'est qui ? »

La fille ouvrit un peu plus la porte et je pus voir Tom. Il sortait apparemment de la douche et ne portait qu'une serviette autour de la taille.

« Serena ? »

Il parut très surpris de me voir.
J'entrai dans la chambre lentement. J'en revenais pas de ce que j'étais en train de voir. Le lit était en bataille, comme si une bombe était tombé dessus. Non, c'était pas possible. J'étais bloquée, je n'arrivai pas à décrocher un mot. Je passai du lit, à la fille avec ses jambes interminables, à Tom qui me regardait l'air surpris.

« Mais... Qu'est-ce que tu fais là ?
-Je... Je suis venue pour ton anniversaire. »

Je murmurais presque. Je laissai un silence. Puis je regardai Tom, mes yeux devaient traduire la haine qui m'envahissait lentement.

« Mais apparemment j'arrive pas au bon moment. »

Il fronça un peu les sourcils puis ouvrit la bouche. Il la referma puis dit enfin :

« Attends, là c'est un énorme malentendu ! »

Un malentendu ?

« Racontes-moi alors. »

Ma voix était cassante. Je vous avoue qu'à ce moment-là, je commençai à être vraiment énervée.

« Julia est une des mannequin avec qui on travaille. Et tout à l'heure, on déjeunait et un serveur nous est tombé dessus avec son plateau. On s'est retrouvé avec du chocolat et du jus d'orange partout. Alors je l'ai emmené ici pour nettoyer ses fringues et pour nous laver. Rien d'autre. »

Je le regardai. Mon visage n'exprimait rien, mais mes yeux eux.... ils lançaient des éclairs ! Il me prenait pour une cruche, c'est ça ? Je m'avançai vers lui, tout doucement.

« Alors, tu vas me faire croire qu'elle est ici, dans ta chambre, portant ta chemise, simplement parce qu'elle avait du chocolat sur ses vêtements ? Tu me prends pour une débile ? »

Je commençai à augmenter le volume.

« Quoi ? Serena...
-Tais-toi ! Tu te moques de moi ? Tu imagines me faire gober un truc pareil ?
-Mais c'est la vérité ! »

Je ris nerveusement.

« Attends, je sais que je suis naïve, mais là.... Là, il faut pas abuser ! Excuses-moi mais les apparences sont totalement contre toi !
-Parce que tu te fies aux apparences toi maintenant ?
-Depuis qu'elles m'en apprennent beaucoup, oui. »

Je le regardai, puis regardai la fille.

« J'en reviens pas. Je me sacrifie pour toi, j'accepte tout ce que tu me demandes, je fais tout ce que tu veux, et je te donne tout mon amour et voilà comment tu me remercies ? Tu me trompes avec cette.... cette salope ?! »

Tom fit un pas vers moi.

« Dis pas n'importe quoi Serena ! Tu sais très bien que c'est faux !
-Tout ce que je sais Tom, c'est que je débarque pour te faire une « surprise », et que je te trouve en compagnie d'une nana à moitié nue, dans ta chambre avec un lit défait et toi aussi nu qu'elle ! Voilà tout ce que je sais Tom ! »

Je criai comme une folle. Une colère sans pareil m'envahissait.

« Serena...
-Je veux rien savoir ! Je m'en fous ! »

Je crus que j'allai le tuer. Non mais j'en revenais pas !

« En plus de me tromper, tu m'inventes un mensonge gros comme une maison, croyant que je suis débile au point d'y croire !
-C'est faux !
-C'est vrai ! Tu.... Okay alors expliques-moi pourquoi le lit n'est pas fait ? Il me semble que les fmemes de ménage passe en général tôt le matin non ?
-Elles devaient être débordées, elles ont pas encore eu le temps ! »

Bah bien sûr !

« Et pourquoi elle ne porte pas de sous-vêtements ? Tu vas me faire croire que eux aussi étaient pleins de chocolat ?
-Oui ! »

Je pris mon visage entre mes mains. Il me prenait vraiment pour une débile. Il fit un pas vers moi mais je me reculai vivement.

« Tu veux t'amuser ? Okay ! Mais saches que si tu veux te marier dans trois mois, tu vas devoir te trouver quelqu'un d'autre ! Parce que je refuse de t'épouser ! »

Sur ces mots je me retournai et sortis de la chambre comme une furie. Je me dirigeai vers celle de Gustav, qui était resté entrouverte. Les trois garçons étaient là, ils discutaient. Bill se leva.

“Te voilà enfin! Alors.... Bah, qu'est-ce qu'il se passe ? »

Je le regardai fixement. Puis je saisis mes sacs.

« Je repars. Tout est annulé. Il n'y a plus de mariage ! »

Je fis demi-tour et sortis en trombe de la chambre. Je me dirigeai vers l'ascenseur. Il arriva, j'entrai dedans. A ce moment-là, j'entendis :

« Serena ! »

Tom sortit de la chambre, il s'était habillé.

« Attends ! »

Mais déjà les portes de l'ascenseur se fermaient sur lui.

/

Je posai mon sacs par terre. Et arrêtai l'ascenseur avec l'arrêt d'urgence. Il y eut un bruit sourd, puis l'ascenseur se stoppa net. Je m'assied contre la paroi, entre mes deux sacs et saisis mon visage entre mes mains.
C'était pas possible, je devais être en plein cauchemar. Oui, j'étais en plein cauchemar et d'une minute à l'autre j'allais me réveiller et tout ne serait qu'un horrible souvenir. J'ouvris les yeux. Non, j'étais toujours là. Dans cet ascenseur.
La colère laissa place à la tristesse. Je me relevai et remis l'ascenseur en marche. Arrivée en bas, je ressaisis mes sacs et sortis. On voulut m'arrêter, pour me demander ce qu'il s'était passé, mais je partis avant. Je sortis de l'hôtel et interpellai un taxi. Je lançai mes sacs à l'arrière et grimpai.

« On va où madame ? »

Bonne question. Où allais-je ? Je n'avais pas vraiment le choix.

« A l'aéroport s'il vous plaît.
-Très bien. »

Il démarra. Le trajet me parut une éternité. J'en revenais pas de ce qu'il venait de se passer. Je me sentais comme vidée. Voir cette fille, puis Tom. Okay, je n'avais rien vu de concret, mais c'était si flagrant. Et son histoire de chocolat. J'aurais tellement voulu le croire, je vous jure, je ne voulais que ça. Mais je ne pouvais. C'était trop... trop gros pour que j'y crois. Une larme glissa sur ma joue, je la retirai vite. Non mais, j'allais pas pleurer non plus ! Manquerait plus ça ! Non ! Je préférais être énervée. Alors je laissai la colère m'envahir à nouveau.
Cette fille.... je l'aurais tué. Je n'avais même pas pris la peine de lui en mettre une. Je n'y avais même pas pensé ! Raaaaaa !
Et lui.... Lui il allait me le payer cher ! Très cher ! J'en revenais pas qu'il me trompe comme ça ! Moi, moi qui avait laissé tomber un boulot d'enfer, un boulot que j'avais mis des mois à trouver, tout ça pour pouvoir élever SON enfant ! Bon okay, c'était aussi le mien, mais à ce moment-là, je voulais le culpabiliser à mort ! Moi qui avait cédée à tout ses caprices de gamins, comme ce mariage que je ne voulais pas au début, puis les trois mois. Ces fameux trois mois, on sait pas pourquoi, il me soulait avec ses trois mois ! J'acceptais qu'il s'en aille sans explication ! Je ne lui en avais même pas voulu qu'il ne m'annonce pas qu'il partait la dernière fois ! Non mais franchement, on pouvait pas dire que j'étais chiante sérieux !
Mais non, apparemment ça ne lui suffisait pas. Peut-être qu'il me trouvait trop vieille du haut de mes 25 ans ! Ou peut-être que maintenant que j'étais enceinte, il me trouvait moins excitante ! Qui sait hein ? AAAAAAAH ! J'avais une envie folle de hurler ma rage.
Enfin, j'arrivai à l'aéroport. Je sortis en trombe de la voiture, saisis mes sacs comme une furie, payai le chauffeur et avançai vers l'aéroport. J'étais si énervée que je ne m'arrêtai même pas pour m'excuser chaque fois que je bousculai quelqu'un. J'avançai droit devant moi. A l'intérieur j'allai vers l'acceuil.

« Bonsoir, Y-a-t-il un vol pour la France ce soir ?
-Hum.... »

Elle regarda sur son ordinateur.

« Quelle ville ?
-Marseille. »

Quoi que....

« Non ! Paris.
-Très bien. Et bien le prochain avion pour Paris ne décolle que dans 3 heures. Vous voulez un billet ?
-Oui. »

Trois heures. Elle me donna mon billet et j'allai m'asseoir sur un banc. Mon téléphone n'arrêtait pas de sonner. C'était Tom évidemment. Je lui raccrochai au nez et l'éteignis. J'avais trois heures pour le blâmer, lui en vouloir et le culpabiliser et je peux vous dire que j'allais pas me gêner ! J'étais si énervée !
Mais au bout d'une demi-heure, j'en eus assez. J'avais envie de lire quelque chose. J'allai dans la presse chercher un magazine. Il était partout. Dès que j'ouvrais un magasine, je voyais son visage. Raaaaa ! Je jetai le magasine et me tournai. Des mots-croisés ! Bonne idée, ça allait me détendre.
Je ressortis de la presse et retournai m'asseoir à côté d'une vieille dame. Je commençai mes mots croisés. J'avais un peu de mal à me concentré au début. Puis J'arrivai enfin à oublier un peu cette horrible soirée et me plongeai dans ces fichus mots croisés. Ca devait bien faire 15 minutes que j'étais super concentrée quand la vieille dame me parla.

« Excusez-moi mademoiselle. »

Je me tournai vers elle.

« Oui ?
-Je crois que le jeune homme là-bas vous cherche ! »

Elle pointa du doigt, je regardai dans la direction qu'elle montrait. Oh non. Je me levai précipitamment saisis mes sacs et commençai à partir. Trop tard, déjà j'entendais :

« Serena ! »

Merde ! J'accélérai le pas, faisant comme si je n'avais rien entendu. Mais trop tard, quelqu'un se posta devant moi.

« Serena, attends. »

Je relevai la tête et me reculai. Tom se tenait devant moi, il avait les joues rougies et était essoufflé. Apparemment il avait couru. Il était trop craquant. Non ! Je lui tournai le dos, je ne voulais pas le voir.

« S'il te plaît écoutes-moi.
-J'ai pas envie.
-Mais...
-Non ! »

Je m'étais retournée et lui avais lancée ça au visage. Il me fallait une cigarette. Je ne fis même pas attention à lui et sortis dehors. Il me suivit bien évidemment. J'allumai la cigarette. J'avais arrêté le jour où j'avais appris que j'étais enceinte. Mais là, c'était un cas de force majeur !

« C'est pas bon pour toi et le bébé.
-J'ai pas besoin de te sollicitude, merci ! »

Il soupira.

« Pourquoi t'es aussi agressive ? »

Je failli m'étouffer. Je lui crachai ma fumée au visage.

« Quoi ? Tu espérais peut-être que j'allais te proposer qu'on se fasse un plan à trois ? »

Il sourit. Il sourit ? Non mais il était pas bien lui !

« Dis pas n'importe quoi Serena. »

Bah bien sûr, et maintenant c'était moi qui disait n'importe quoi ! Je marmonnais des choses complètement incompréhensibles. Il voulut me prendre dans ses bras mais je le repoussai violemment.

« Non ! Laisses-moi tranquille ! Puisque tu t'éclates si bien avec cette salope, va l'embrasser elle !
-Serena, il ne s'est rien passé !
-Tom que tu me trompes est une chose, que tu me mentes en est une autre. Et que tu me prennes pour une débile en est encore une autre ! »

Je hurlais de rage. Il m'insupportait. Je pris une taf et décidai de me calmer un peu.

« Okay.... »

Je jetai ma cigarette à terre et le regardai droit dans les yeux.

« Okay Tom. On va faire un truc. Tu me jures que tu n'as pas touché cette fille. Tu me le jures sur ce que tu as de plus cher, tiens tu le jures sur la tête de Bill, que tu n'as en aucun cas touché cette fille, et je reste. »

Il me fixa.

« Alors ? Tu peux me le jurer ? Tu peux me jurer ça Tom ? »

Il me fixa et baissa les yeux. J'en étais sûre. Je secouai la tête. J'avais pourtant espérer qu'il me le jure. J'avais espéré m'être emporté pour rien. Que tout ça ne soit qu'un cauchemar et que j'ai pété les plombs pour rien. Mais non. Je ne pus contenir les larmes qui me montaient aux yeux. Elles glissèrent sur mes joues. Quand il releva la tête et qu'il me vit pleurer, il tendit la main vers mon visage. Mais je l'arrêtai.

« Alors tu m'as trompé.
-Non ! »

Il avait presque crié ça.

« Serena, je peux te jurer que je n'ai pas couché avec elle ! Je ne peux pas te jurer que je ne l'ai pas touché parce que... je l'ai embrassé. Mais je l'ai juste embrassé, je te jure ! Et... c'était complètement involontaire, c'était.... qu'une pulsion, on était à une soirée et j'avais bu ! Je sais que c'est pas une excuse mais je te ure, il ne s'est rien passé d'autre. »

Je le regardai. Les larmes me brouillaient la vue, tout était flou. Alors, voilà où on en était. Je secouai la tête.

« L'alcool n'est pas une excuse Tom.
-Je sais, mais je t'en prie, il faut que tu me crois !
-Le fait que ce soit une pulsion n'est pas non plus une excuse ! Qu'est-ce qui me dit que la prochaine fois que tu auras une « pulsion », tu ne vas pas te taper la première nana venue ?
-Non.... »

Son visage d'ordinaire si décontracté, manifestait à cet instant une réelle détresse. Je ne voulais plus le voir. Du moins pour l'instant. Je voulais juste rentrer chez moi. Je voulais rester seule, je ne voulais personne. C'était tout. Je saisis mes deux sacs.

« Laisses-moi s'il te plaît. J'ai envie d'être seule pour le moment. »

Je devais réfléchir. Je devais me calmer, et réfléchir. Devais-je le croire, ou non ?
Il m'avait laissé partir sans rien dire. Il savait que quoi qu'il dise, je serais parti de toute façon. Je venais d'arriver à l'aéroport. J'avais appelé un taxi et je me dirigeai à présent jusque chez Louisa. J'avais besoin d'elle. Je savais qu'elle m'écouterait sans m'interrompre. Et je savais qu'elle saurait m'aider à prendre une décision. Nous mîmes 30 minutes à arriver. Je payai à nouveau le taxi. Ca commençait à me revenir cher tout ça ! Une vraie fortune !
Je frappai à la porte. Quand Louisa me vît, elle n'en revint pas.

« Mais... Qu'est-ce que tu fais là ? Je croyais que c'était moi qui devait te rejoindre à Marseille ?
-Oui mais... en fait je préfère qu'on reste ici, qu'on passe du temps ensemble. Ca te dérange pas ?
-Non bien sûr que non. Mais et le mariage. »

Mon coeur se serra.

« Il est annulé. »

Elle fut si surprise. Elle me fit entrer. J'allais vers la cuisine avec elle. Elle me fit asseoir, me servit à boire et s'asseye en face de moi. Et là je lui racontai tout. La surprise, mon arrivée en Allemagne, la découverte de cette fille, la scène à l'aéroport. Je lui dis tout dans les moindres détails. Et comme je m'y attendais, elle m'écouta sans m'interrompre. Et moi je parlais. Et les larmes coulaient sur mes joues malgré moi. Je ne voulais pas pleurer, il ne méritait pas que je pleure pour lui. A cet instant, j'étais partagé entre la haine et l'amour infini que je lui portai. Je ne savais pas quoi faire. Je me sentais vidée, je n'avais plus envie de rien.
Ma s½ur se leva et me serra dans ses bras comme jamais elle ne l'avait fait. Je me laissai aller sur son épaule.

« Qu'est-ce que je dois faire d'après toi ? »

Elle caressa mes cheveux.

« Je ne peux pas t'aider ma chérie, je n'ai pas la solution. Je peux te soutenir, pleurer avec toi, te câliner, mais je ne peux pas te dire ce que tu dois faire. Tu dois ton c½ur et ta raison. »

Elle rigola doucement.

« Je sais, ça paraît stupide comme ça, mais crois-moi, en y réfléchissant c'est vrai. Tu verras, tu sauras quoi faire. »

Je la serrai encore plus fort contre moi. Ma petite s½ur. Dire que c'était moi d'habitude qui la consolait. Avant c'était elle qui pleurait, et c'était moi qui la consolait et la câlinait. Aujourd'hui les rôles étaient inversés et ça me rassurait de savoir que je pouvais compter sur ma s½ur comme elle pouvait compter sur moi.
J'étais montée dans la chambre d'ami pour me reposer un peu. Après tout je m'étais levée tôt pour prendre l'avion ce matin et je l'avais repris cette après-midi. J'étais un peu fatiguée. J'étais allongée sur le lit, je regardais le plafond. Que faire ? Je l'aimais Tom c'était incontestable. Et je savais que je ne pouvais plus vivre sans lui. Mais, l'infidélité, je ne pardonnais pas. Devais-je le croire quand il m'assurait n'avoir fait que l'embrasser ? Quand il me l'avait dit il m'avait paru sincère. De plus sa protestation était venue du c½ur, ça s'était entendu. Plus j'y pensais, plus je me disais qu'il devait dire la vérité. Après tout, combien de fois m'avait-il prouvé qu'il tenait à moi ? Un nombre incalculable. Okay, je le croyais. Je voulais bien croire qu'il n'avait pas couché avec cette fille. Mais il l'avait quand même embrassé. Alors qui me dit qu'il n'avait pas pensé à le faire ? L'alcool. L'alcool n'est pas une excuse. S'il ne savait pas se contrôler, il n'avait qu'à pas boire ! Alors l'alcool était exclu de son plaidoyer. Et même si ce n'était qu'un baiser, même s'il n'y avait eu aucunes arrières pensées. il l'avait quand même embrassé. Il avait posé sa bouche sur la sienne ! Cette même bouche qui m'avait si souvent embrassé, caressés, dit des mots tendres. Maintenant, elle était comme souillée. Ce baiser était comme.... une tâche de ketchup sur ton polo blanc préféré ! Arriverais-je à ne pas y penser quand il m'embrasserai ? Arriverai-je à ne pas penser qu'il l'avait embrassé, qu'il l'avait peut-être même caressé ? Qu'il avait posé ses mains sur son corps.... Et elle aussi. Pfffffffff, quel cercle vicieux ! Je me tournai sur le côté face au mur et fermai les yeux. Je m'endormis doucement.

/

Quand je me réveillai, je remarquai qu'on avait mit une couverture sur moi. Je me voulus me tourner mais je sentis quelque chose sous ma main. J'ouvris les yeux et trouvai ma petite nièce. Elle s'était blottie dans mes bras et s'était endormie avec moi. Je souris et la serrai contre moi. J'enfouis mon nez dans ses cheveux blonds et respirai ce parfum de bébé que j'aimai tant. Je l'embrassai et me levai doucement. Je remis la couverture sur elle et sortis en silence. Je descendis, il faisait nuit, la maison était silencieuse. J'allumai la lumière dans la cuisine. L'horloge m'indiqua qu'il était 2 heures du matin. J'avais un peu faim. J'ouvris le frigo et me fit un sandwich avant de m'asseoir et de l'entamer. Je me sentais mieux qu'hier. Cette maison était bienfaisante pour moi. Je m'y sentais si bien. Louisa et Gustav avait su en faire un vrai cocon familiale, où régnai l'amour, le rire, la joie. Quel chance ils avaient. J'enviai tellement Louisa. Elle avait de la chance d'avoir Gustav. C'était pas lui qui allait la tromper, c'était sûr. Il était beaucoup trop bien et il aimait beaucoup trop Louisa pour penser seulement à une autre femme comme il pensait à ma s½ur. Elle avait trouvé la perle rare.
Je soupirai. Elle avait épousé l'homme parfait. Et moi j'aurais dû épouser un enfoiré. Quelle tristesse. Bon okay, enfoiré c'est peut-être un peu abusé, mais bon. Tant pis pour lui.
Grrrr ! Bon allez j'y pensais plus ! Ca me faisait mal à la tête ! J'allai vers le salon et allumai la télé. Je mis le câble et zappai sur les chaînes allemandes. Soudain je tombai sur une émission qui parlait de TH. Je voulus zapper mais la curiosité fût plus forte et je regardai. C'était le genre d'émission scandale qui raconte pleins de conneries sur les stars. Vous voyez le truc ?
Bref, il parlait justement de Tom. Et de sa copine. Sauf que cette copine c'était pas moi mais cette Julia. Cette mannequin. Ils avaient été vus ensemble à cette fameuse soirée dont Tom m'avait parlé. Et il disait que c'était moi. Non mais est-ce que j'aavais vraiment l'air.....
Choc ! Ils mirent une photo. Une photo horrible qui me pinça le c½ur. Oui, il l'avait embrassé J'en avais la preuve sous les yeux. Elle était pendue à son cou, il avait posé ses mains sur ses hanches toutes fines et il l'embrassait. J'éteignis la télé d'un coup. Je supportai plus qu'il dise que c'était moi. Il connaissait mon prénom alors c'était Serena par-ci, Serena par-là ! Juste parce qu'elle était blonde comme moi, on me confondait avec elle. Bonjour l'insulte ! Enfoiré !!! Là il le méritait. J'avais envie de l'attraper et de le zigouiller ! Et elle.... Je vous jure, si je la revoyais, je lui faisais sa fête ! Elle me le paierait cher, mais vraiment très cher ! Si elle croyait s'en sortir comme ça cette pouf, c'est qu'elle me connaissait mal !
J'allai lui arracher ses faux cheveux, lui crever ses faux seins gonflés au silicone ! Et sa boche aussi ! Je la gaverai comme un animal jusqu'à ce qu'elle ressemble à une baleine cette anorexique ! Oh oui. Je la haïssais !!
J'étais en train de m'imaginer en train de la torturer quand j'entendis un bruit derrière moi. Je me retournai et vit Ana en bas de l'escaler.

« Tfatfa.... »

Avc sa tétine, on comprenait pas trop ce qu'elle disait. Je me levai et la prit dans mes bras. Je l'emmenai jusqu'au canapé.

« Faut dormir ma chérie. Fais un gros dodo, je suis là. »

Elle posa sa petite tête sur mon épaule et ferma les yeux. Ma colère s'envola aussitôt, laissant place à la tristesse à nouveau. Bientôt j'allai avoir un bébé. Le bébé d'un homme qui m'a trompé. J'allai être maman, et je n'arrivai plus à m'en réjouir. Mais qu'est-ce qu'il avait fait ?

# Posté le lundi 30 juillet 2007 14:24

Modifié le lundi 28 juillet 2008 17:53

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« Serena, tu peux me passer le sel s'te plaît ?
-Ouais. »

Je me saisis du sel et le tendit à ma s½ur.

« Merci cocote. »

Ca faisait deux semaines jour pour jour que je vivais avec Louisa et Ana. Deux longues et horribles ou je n'avais pas arrêtés de penser. A Tom, à son infidélité, à notre futur bébé, à notre avenir. Vous devez vous dire : « Tout ça pour un baiser ! » Oui mais un baiser qui en disait long. Bref, j'avais pas arrêté de réfléchir. Et j'avais pas arrêté de me poser inlassablement la même question : devais-je lui pardonner ?
Je n'avais eu aucunes nouvelles de lui et c'était tant mieux. Ces deux semaines m'avaient permis de prendre du recul et de penser, tête reposé. Sans une quelconque influence.
Pour le moment, Louisa, Ana et moi mangions le repas chinois que nous avions commandés.

« Tu fais quoi cette après-midi ?
-J'emmène Ana au parc pour commencer parce que je lui ai promis. Et ensuite je sais pas. Et toi ? »

Ma s½ur avala ce qu'elle avait dans la bouche.

« J'ai un rendez-vous chez le médecin.
-Ah bon ? Pourquoi ?
-Rien de grave. Simple visite de routine.
-Ah ouf ! Tu me rassures là ! »

Nous finîmes tranquillement notre repas. Louisa partit. Moi je finis de ranger et partit en direction du pars avec Ana. Arrivées là-bas, Ana courut vers les jeux. Je rigolai, elle était trop mignonne sur ses petites jambes ! Je m'asseyais sur un banc et la regardai jouer. Mon téléphone sonna. Numéro masqué. Qu'est-ce que j'aimais pas ça, les numéros masqués !

« Allo ?
-Serena ? »

Gloups. J'allai raccroché mais il me dit.

« Raccroches pas, s'il te plaît. »

Tom évidemment. Je déglutis péniblement.

« Qu'est-ce que tu veux ?
-Te parler. »

Evidemment.

« Vas-y je t'écoute.
-Non.... on revient en France ce soir. On va prendre l'avion en fin d'après-midi. J'aimerais qu'on se voit. »

Mon coeur s'accéléra. Est-ce que j'avais envie de le voir ? Oui, j'en avais envie. Mais est-ce que j'étais prête à l'affronter ? Pas sûr.

« Je sais pas... Je.... »

Pfffff, pas la peine de mentir de toute façon, il me grille à chaque fois.

« Vous serez là à quelle heure ?
-Vers 20 heures je pense. »

Bon.

« Okay, je suis chez Louisa. Je t'attendrai.
-Merci. »

Sa voix était calme, douce.

« C'est rien. Je dois te laisser, je suis occupée.
-Okay. A ce soir. »

Je raccrochai. Pas la peine de se demander pourquoi il avait appelé en numéro masqué. Il était pas fou, il savait que s'il m'avait appelé avec son portable, j'aurais pas décrocher.
J'allais le revoir. Enfin. Mais ça me faisait peur en même temps. J'avais peur de cette conversation qu'on allait forcément avoir. Et j'avais peur de l'aboutissement. Et s'il me disait qu'il ne m'aimait plus ? Qu'il préférait cette fille, qu'il l'aimait elle et qu'il ne voulait plus de moi ? Non, je crois que je ne survivrai pas à une nouvelle pareille. Et pourtant, il fallait l'envisager....

« Aaaaaah ! »

Je relevai la tête. Et je vis Ana par terre, qui pleurait. Je me levai d'un bond et courai vers elle.

« Ana, ma puce ça va ? Qu'est-ce qui t'es arrivée ? »

Elle pleurait à chaudes larmes.

« Qu'est-ce qu'il y a ma puce ? Racontes-moi.
-M'a poussé ! »

Elle pointa du doigt vers un garçon, plus âgé. Il devait avoir 8 ans. Il souriait comme un sadique. Je me levai et allai vers lui mais il partit en courant et monta sur le toboggan.

« Dis toi, ça t'amuse de martyriser les plus petits que toi ? »

Il me tira la langue. Le sal gamin !

« T'as pas honte ? Tu sais quel âge elle a ?
-M'en fiche moi !
-Tu vas voir si tu vas t'en fiche quand je vais t'attraper ! »

J'allai retourner vers ma nièce qui pleurait toujours mais une voix m'interpella.

« Eh toi ! Tu crois que c'est la fête ou quoi ? »

Hein ? Je me tournai, une fille, visiblement une adolescente d'une quinzaine d'année, s'approchait de moi.

« J'te demande pardon ?
-C'est à mon frère que tu parlais là !
-Ah ouais ? Et bah dis à ton frère de se camer ! On est sur une aire de jeux, bah sur un ring de boxe ! »

La fille me dévisagea comme si je l'avais insulté de tout les noms.

« Eh mais tu t'prends pour qui toi ? T'as cru qu'o était copine ou quoi ?
-Oh c'est bon tu te calmes okay ! Tu me parles autrement et tu vas t'exciter ailleurs ! J'ai pas de temps à perdre avec une gamine.
-Eh mais vas-y toi, j'vais t'en mettre une tu vas voir !
-Ah ouais ? T'attends quoi ? »

Elle me regarda.

« Vas-y dégages d'ici, c'est pas ton quartier ici !
-Parce que c'est le tien peut-être ?
-Ouais !
-Je crois pas moi ! Tu vas te calmer ou je vais t'en coller une moi ! Crois pas que.... »

Mais qu'est-ce que je faisais moi ? J'étais en train de me prendre la tête avec une gamine ! Vraiment n'importe quoi.
Je me tournai, lui collant un vent et retournai vers Ana. Je la pris dans mes bras. Elle e pleurait plus mais son visage était tout rougi. Elle était trop craquante. Je passai devant la fille et lui dit :

« La prochaine fois, ton frère c'est moi qui le baffe t'as compris ? »

Et je partis. Quelle bande de sals gamins ! Non mais elle se croyait où celle-là ? Alala !

« Ca va ma chérie ?
-Oui. »

Elle avait posé sa tête sur mon épaule.

« Ai mal aux yenou tata.
-On va soigner ça ma puce. »

Et nous rentrâmes.
Après l'avoir soigné, j'avais mis Ana devant un dessin animé. J'étais dans la cuisine, je lisais un journal quand Louisa revint.

« Salut. Alors cette visite ? »

Elle posa ses affaires, retira ses chaussures et entra dans la cuisine. Elle avait un sourire immense aux lèvres.

« Qu'est-ce qu'il se passe ?
-Devines !
-Bah j'en sais rien.... »

Je réfléchis une seconde.

« J'en sais rien. Allez dis-moi !
-Je suis enceinte !
-Quoi ? »

Je lâchai le magazine.

« Arrêtes, c'est vrai ?
-Je te jure !
-Mais... depuis combien?
-Bah depuis la dernière fois que j'ai vu Gustav ! »

Je souris. Ouais je m'en doutais un peu quand même !

« J'avais des doutes, c'est pour ça que je suis allée chez le gynéco.
-Alors c'était pas le médecin !
-Je voulais pas te dire tant que j'étais pas sûre ! J'ai fait les tests la semaine dernière.
-J'en reviens pas ! Alors ça y est, Ana va enfin avoir un petit frère !
-Ou une petite s½ur !
-Oui ! »

Nous commençâmes à sauter de joie dans la cuisine ! Je l'embrassai et l'enlaçai.

« Je suis trop contente pour toi ma puce !
-Merci. On va avoir deux bébés ensemble comme ça ! »

Je ris. Ouais, c'était vrai !

« Tu l'as dit à Gustav ?
-Non je vais lui dire ce soir, il... »

Elle mit sa main sur sa bouche.

« Oups, c'est vrai t'es pas au courant.
-Si si, Tom m'a appelé tout à l'heure. Je sais qu'ils rentrent ce soir. »

Elle me fixa.

« Et alors ?
-Quoi ?
-Qu'est-ce qu'il t'a dit ?
-Qu'il voulait parler.
-Et ?
-Bah j'ai dit oui. »

Elle sourit.

« Sage décision. »

Sacrée Louisa. Elle venait d'apprendre qu'elle était enceinte et elle arrivait encore à s'inquiéter de mes histoires. J'étais super contente d'avoir une nouvelle nièce, ou un nouveau neveu. Ca allait être le cinquième ! Avec les triplettes de Yanis et Ana, oui ça allait faire cinq. La famille s'agrandissait. Dommage que mon c½ur ait été si lourd. Et que je me sois senti si mal.
Le soir arriva vite. Louisa et moi avions passé l'après-midi à cuisiner. Si si, je vous jure ! On avait voulu jouer les filles gentilles et on avait préparé tout un repas pour tout le monde ! On était géniales hein ? Ouais je sais ! Pendant ce temps-là, Ana se remettait de ses émotions du matin dans le canapé. Ma pauvre petite loute, il y avait plus de peur que de mal, heureusement. Mais bon. Elle n'avait pas voulu faire la sieste. Alors Louisa lui avait dit qu'il fallait qu'elle dorme pour que papa arrive ce soir. Alors là, c'était fichu. Elle refusé catégoriquement de dormir, elle a dit qu'elle attendait son papa avec le roi lion. Trop adorable ! Pour une fois, Louisa n'avait pas insisté et l'avait laissé. De toute façon, elle s'était endormie sur le canapé.
Enfin bref, il était maintenant 20 heures 30 et Louisa et moi buvions un café pour nous détendre en les attendant. J'avais l'estomac noué, j'étais stressée de revoir Tom. Je sais, on aurait dit une adolescente, mais bon.
Enfin, à 21 heures, la porte s'ouvrit, laissant entrer Gustav, suivit de près par Bill, puis Tom et enfin Goerg. Ils avaient pleins de valises dans les bras. Nous nous levâmes, Louisa courut presque jusqu'à son mari parfait. Ana aussi courait. C'était trop mignon de les voir comme ça. Mais évidemment, il avait fallu que Bill ramène sa petite tête. Alors que Louisa et Gustav s'enlaçaient, Bill s'était incrusté, passant un bras autour du cou de Louisa.

« Enfin je te retrouve ! Tu m'as tellement manqué Louisa ! »

Il faisait semblant de pleurer. Louisa rigola et l'embrassa. Gustav le repoussa en rigolant.

« Eh ! Si tu veux te faire câliner, maris-toi ! »

Il sourit.

« Okay, j'y penserai ! »

Il se tourna vers moi et m'embrassa.

« Ca va ma Serena ?
-Et toi ?
-Bien mais.... »

Il voulait dire quelque chose mais il se retint.

« Quoi ?
-Non rien. Je suis content d'être là ! Ca fait plaisir, j'en avais marre du studio là ! »

Il attrapa Ana qui s'agitait et l'embrassa. Moi je me tournai vers Tom. Bon bah, le moment était arrivé. Je ne pouvais plus faire marche arrière, c'était trop tard maintenant. Je l'embrassai sur la joue puis embrassai Goerg. Je pris la main de Tom et l'entraînai vers la cuisine, pour sortir dehors. Je refermai bien évidemment la porte derrière moi. Je ne voulais pas que Bill vienne tout interrompre, même involontairement. Je m'asseyais sur les marches et le regardai.

« Ca va ?
-Bien merci. »

Il me fixa puis il baissa les yeux. J'essayais de laisser transparaître aucunes émotions sur mon visage. Je le regardai, point barre.

« Alors tu as quelque chose à me dire ?
-Je..... »

Il se massa la nuque, attrapa une chaise et s'assied dessus.

« Tu m'en veux toujours ?
-Devines. »

Bon, mieux valait que j'engraine un peu la conversation. En le voyant, la colère était revenu.

« Alors, qu'est-ce que t'as fait ces deux dernières semaines ? Je te demande comme je t'ai pas vu à la télé en compagnie d'un nouvelle pouf, je me demandai. »

Il soupira.

« J'aurais dû m'y attendre à ça.
-Tu t'imaginais quand même pas que j'allais te sauter au cou en te disant que je te pardonnai et que tu m'avais manqué ?
-L'espoir fait vivre.... »

Il avait murmuré cette dernière phrase.

« Et bah non tu vois. J'ai pas encore oublié.
-Okay... »

Il se leva et s'approcha un peu.

« Mais... tu crois que tu pourras un jour ou l'autre ? Parce que je t'ai peut-être pas manqué mais toi oui. Et beaucoup. »

Je pris un air désinvolte. Hors de question de me laisser émouvoir.

« C'est le prix à payer quand on fait n'importe quoi.
-Serena.... Moi aussi j'ai droit à une chance ! Moi je ne t'en avais pas voulu quand j'avais reçu ces photos, ces photos de toi avec ce type là, tu t'en souviens ?
-Quoi ? Attend c'est complètement différent !
-En quoi ?
-Déjà c'était un piège, en plus ce mec, je le connaissais moi ! C'était pas le premier bouffon venu, c'était un ami, et c'était un jeu !
-Moi aussi je la connaissais cette fille. »

Je mis quelques secondes à réaliser. Et je voyais bien que Tom regrettait ce qu'il venait de dire.

« Alors tu vais déjà couché avec elle ?
-Non ! J'ai dit que je la connaissais, pas qu'on avait eu une quelconque relation ! Parce que toi tu avais couhé avec ton super ami peut-être ?
-Bien sûr que non ! Mais...... »

On tournait en rond !

« Tu la connaissais comment ?
-On avait déjà travaillé ensemble, c'est tout. Rien de plus, rien de moins. »

Comme par hasard.

« Mais là, on parle pas d'elle mais de toi et de ce type !
-C'était pas pareil ! C'était un ami proche ! Et puis c'était il y a 5 ans ! Je n'étais pas enceinte, et on allait pas se marier ! »
Il baissa la tête. Il savait que j'avais raison. En même temps, il avait aussi un peu raison. Il m'en avait pas voulu pour ces photos. Alors.... c'est vrai ça aurait été injuste que je ne lui laisse pas une chance. Enfin, je savais que j'allais lui pardonner. Pas tout de suite, mais à un moment ou à un autre, c'était sûr. Je l'aimais trop. Mais là, ça me faisait un argument en plus, qui finit de me convaincre de me réconcilier avec lui. Sans pour autant lui pardonner. Je me levai et avançai vers lui. Etant sur une marche, je le dominai d'une demi tête. Il n'était qu'à quelques centimètres de moi.

« Bon, c'est vrai, tu as presque raison. Tu ne m'en as pas voulu. Alors, je te donne une chance, bien évidemment. Mais je ne te pardonne pas pour autant ! Enfin, pas encore. Je t'en veux Tom, et tu vas me le payer de m'avoir fait souffrir pendant ces deux horribles semaines. »

Je posai ma main sur sa joue et lui mis un toute petite claque. Il sourit, je souris aussi.

« Sal mioche. »

Il me saisit par la taille et m'enlaça. Je me laissai aller dans ses bras, il m'avait tellement manqué. Je retrouvai ce parfum que j'aimai tant. Je posai doucement mes lèvres sur son cou et posai ma tête sur son épaule. Soudain un cri me fît sursauter. Derrière la vitre, je vis Bill sauter dans la cuisine. Il se tourna vers moi et leva le pouce en l'air.

« Il lui manque vraiment une case. J'ai du mal à croire des fois qu'il est mon jumeau »

Je souris.

« Pourtant il te ressemble plus que tu ne le crois.
-Je sais pas comment je dois le prendre là ! »

Je rigolai. Ca me faisait du bien, je me sentais comme.... soulagé d'un poids. Et j'étais tellement contente de le retrouver. Mais, attention, j'avais dit qu'il allait me le payer, c'était pas une blague. Il allait me le payer. Et je savais très bien comment !

Nous retournâmes dans la maison, rejoindre tout le monde. Ils semblaient soulagés de nous voir réconcilier. Enfin surtout Bill. On aurait dit que sa vie en dépendait !
Je passai une excellente soirée. Déjà parce que je me sentais mieux, mais aussi parce que Bill était plus en forme que jamais ! Il n'arrêtait pas avec ses histoires, il nous faisait trop marrer. C'était Bill quoi.
Je l'accompagnai dans la cuisine, pour ramener quelques plats.

« Je te juuure ! Elle m'appelait comme ça, une vraie cinglée! Alors moi, qu'est-ce que je fais ? Normal je lui fais un petit signe, gentiment quoi ! Et là, elle s'évanouit !
-Arrêtes !?
-Sii ! Elle s'est évanouie comme ça ! Alors que je lui avais juste fait un signe ! Moi j'ai flippé quand même ! Heureusement qu'il y avait des gardes qui l'ont vu ! Moi je pouvais rien faire, j'étais toujours sur scène, il fallait que je continue, tu vois ! »

J'éclatai de rire. Bill me racontait une petite anecdote d'un concert qu'ils avaient fait à Prague. Je posai le plat sur la table et commençai à le vider.

« Alala, t'en as de la chance d'avoir autant de filles qui t'adulent ! Il y en a beaucoup qui aimerait bien être à ta place !
-Toi ?
-Euh.... sauf moi ! »

Il rigola.

« T'as raison, c'est cool. Mais bon, je suis pas comme Tom moi ! »

Je levai la tête vers lui.

« Tu veux dire quoi ?
-Bah à profiter des situations tu vois ! Avant je veux dire ! Avant qu'il ne te connaisse, si tu savais tout ce qu'il a fait ! »

Il souffla et leva les mains au ciel.

« Ca fait peur, j'te jure ! »

Je ris. Il vida son plat, puis me regarda. Je mis quelques secondes avant de m'apercevoir qu'il m'observait.

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

Il avait le visage si paisible, il avait juste un petit sourire aux lèvres. Il semblait très sérieux, mais en même temps, la lueur réconfortante dans ses yeux me rassurait. Il était très beau comme ça. Une vraie gravure de mode.

« Rien. Je me disais juste que... Mon frère avait quand même de la chance de t'avoir trouvé. »

Je rigolai. Ouais, on pouvait voir les choses comme ça.

« Et je parle sérieusement. T'es simple, t'es équilibré, pas prise de tête, t'es gentil, t'es belle, t'as tout pour plaire. C'est vraiment un crétin d'avoir fait ce qu'il a fait ! »

Il ne souriait plus, ses sourcils étaient froncés. Son faux air méchant me fît sourire.

« Allez souris Bill, t'es plus beau comme ça ! »

Son sourire réapparut tout de suite.

« Alors je suis beau ? Enfin je m'en doutais, vu que je ressemble à Tom, c'est obligé que tu me trouves beau ! Tu devrais te marier avec moi, tu gagnerais au change crois-moi ! »

J'éclatai de rire.

« Et pourquoi ?
-Bah, déjà je suis plus beau. En plus je suis plus intelligent, plus drôle, et je suis le leader du groupe ! En gros, tu serai gagnante sur tout les plans ! »

Il souriait comme un gamin, les bras ouverts vers moi. Discrètement, en m'approchant de lui, je saisis la bombe de chantilly.

« Oui, mais le problème c'est que je préfère ton frère, tu vois. Je l'aime lui et en plus le bébé que j'attend est de lui ! »

Bill grimaça et agita les mains !

« C'est pas un problème ça ! C'est mon jumeau alors on verra pas la différence sur le bébé ! »

J'éclatai de rire.

« Espèce de pervers ! »

Et je dirigeai la bombe vers son visage avant d'appuyer. Avant qu'il ne réagisse, il était recouvert de chantilly.

« AAaaaaahh !!! »

Il tenta de s'échapper, mais je continuai de l'asperger.

« Arrêtes !! Mes cheveux !
-Tant pis, ça te fera un nouveau style ! »

Soudain il saisit mon poignet et m'arracha la bombe des mains.

« Tu vas voir espèce de peste ! »

Il m'attrapa les poignets, m'empêchant de bouger. Même s'il n'y paraissait pas comme ça, Bill avait de la patate ! D'une main, il me tenait les poignets et de l'autre, il entreprit de me chatouiller. Je commençai à crier.

« Non !!!! Arrêtes, c'est pas juste !! Arrêtes ! »

J'avais du mal à respirer tellement je rigolais. Puis d'un coup, il m'attrapa par la taille et me souleva.

« Eh ! »

Il me transporta comme un vulgaire sac sur son épaule jusque dans le salon. Je rigolais toujours.

« Poses-moi par terre.
-Demain peut-être !
-Mais qu'est-ce que c'est que ça ? »

Gustav me regardait en souriant.

« Eh ! Je suis pas une chose !
-Bah là t'en as l'air !
-Biiiiiiil !!!!!!!!!!! »

Enfin il me posa par terre.

« Bah c'est pas trop tôt ! »

Il me sourit m'attrapa par les épaules et me bascula en arrière. Son pied derrière mes jambes me fît perdre l'équilibre et je tombai par terre avec son aide. Il venait de me faire un croche-pied. Enfoiré ! Il se mit à califourchon sur moi et emprisonna mes mains de chaque côté de mon visage.

« Ana ?! »

Ma petite nièce apparut à côté de Bill. Il lui sourit et l'embrassa sur la joue.

« Ca te dirait de chatouiller tata ?
-Non, pas ça ! »

Avec ses petites mains, c'était un vrai supplice ! Elle me chatouilla en rigolant. A peine trois ans et déjà une vraie sadique ! Et bill l'encourageait bien comme il fallait. Heureusement Louisa vint à mon secours. Et s'ensuivit une bataille général, engageant Louisa, Goerg et moi contre les jumeaux et Gustav. Ana s'était rassise et nous regardait.

« Stop ! J'en peux plus ! »

Louisa déclara forfait et alla rejoindre sa fille. Je souris.

« Stop ! Moi aussi j'arrête ! Les femmes enceintes doivent ménager leurs forces ! »

Et voilà comment engager le sujet !

« Y a que toi qu'est enceinte ! Louisa triche ! »

Nous nous regardâmes en souriant.

« Vas-y dis-le !
-Hein ? Attends, c'est toi, c'est pas moi !
-Oui mais allez ! T'es mon aînée, c'est toi qui doit prendre les responsabilités !
-Quelles responsabilités ? J'ai déjà les miennes ici ! »

Je désignai mon ventre.

« Allez hop ! Accouches ! »

Elle se leva et alla vers Gustav. L'air très cérémonieuse, elle lui prit les mains et dit :

« Je suis enceinte ! »

Je rigolai. Comment elle avait sorti ça ! Trop marrant. Gustav eut d'abord l'air abasourdi puis il sourit et prit Louisa dans ses bras !

« C'est génial ! »

Bill saisit son frère qui était à côté de lui, le serra dans ses bras et commença à danser.

« On va être tonton ! Je suis si ému !
-Bill ! Lâches-moi, bordel ! »

Bill recula et embrassa son frère qui le repoussa. Il recommença puis il sauta sur Goerg et commença à danser avec lui.

« Goerg ! Tu te rends compte, on va encore être tonton !
-Ouais, j'ai entendu. Bill ! Tu m'étouffes ! »

Il le tenait par le cou et le serrait. J'étais morte de rire. Il se recula et commença à s'essuyer les yeux.

« Je suis trop ému. »

Gustav se dirigea vers lui et le saisit par les épaules.

« Allez, sois pas ému comme ça ! La prochaine fois ce sera toi ! »

Alors celle-là, Bill s'y attendait pas ! Et pour la première fois, il fût pris de court. C'était la fête. Quand je vous disais que c'était l'amour et la joie qui régnait dans cette maison ! Pour la première fois depuis deux semaines, je me sentais bien.

# Posté le lundi 30 juillet 2007 14:25

Modifié le lundi 28 juillet 2008 17:53