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« Ca fait deux semaines que tu dors là-dessus ?
-Bah oui. C'est très confortable !
-Ca ? On doit pas avoir la même idée du confort ! »

Je souris.

« Arrêtes de ronchonner comme un vieux !
-C'est pas de ma faute ! Les ressorts me rentrent dans les côtes ! »

Il s'agita. SE tourna, retourna puis finit par se lever.
« Non mais c'est pas possible de dormir là-dessus franchement.
-Cries pas comme ça ! Ana doit dormir !
-Désolé. »

Je m'assied et prit sa main.

« Tom, allez viens. C'est pas la mort, c'est que pour une nuit !
-Et on dormira où demain ?
-Bah tu pourras aller à l'hôtel si tu veux.
-Tu viendras avec moi ?
-Ah non ! Tu sais bien que ça m'énerve les hôtels, Je préfère être ici. »

Il soupira et revint s'allonger à côté de moi.

« J'en ai marre moi ! Je voudrais qu'on est un chez nous bien à nous. »

Je souris.

« On l'aura, il faudra bien un jour ou l'autre.
-Oui mais quand ?
-Quand on le trouvera banane ! »

Je rigolai. Puis le silence se fît, pendant quelques secondes. J'attendais que Tom parle, comme à son habitude. Mais il ne dit rien, bizarrement. Ah si, j'ai parlé trop vite !

« Au fait, t'as fait quoi pour Sabrina ?
-Je l'ai appelé et je lui ai dit qu'elle pouvait retourner en Allemagne. »

Il se mit sur un coude et me regarda.

« Alors tu veux plus te marier ?
-Si, mais pas maintenant. Je sais pas pourquoi t'étais préssé comme ça, mais ça sert à rien. Tu sais ien que je vais pas m'enfuir. Alors ça peut bien attendre que je ne sois plus enceinte non ? »

Il se rallongea en soupirant.

« Ouais.... mais je voulais qu'on se marie le jour de ton anniversaire c'est pour ça.
-Ah bon ? »

Mon anniversaire était en décembre, le 2. Dans trois mois quoi. Trois mois ? Je me redressai.

« Alors c'était ça les fameux trois mois ?
-Les fameux trois mois ?
-Oui, c'est pour ça que tu voulais absolument que tout soit prêt dans trois mois, jour pour jour !
-Bah oui ! Je voulais qu'on se marie le 2 décembre ! »

Je rigolai. Alors tout ça pour ça ? Si c'était pas trop mignon, je vous jure ! Je l'embrassai.

« C'est trop mignon mon chou ! »

Il grogna. Ouais, c'était le « mon chou » qui faisait ça.

« Mais tu sais c'est pas grave si c'est pas le jour de mon anniversaire !
-Je sais.... »

Il semblait un peu déçu. Tout ça pour ça ! Et puis j'y avais même pas pensé, à mon anniversaire ! Non mais vraiment, quelle cruche. Je me blottis contre lui.

« Merci d'y avoir pensé, c'est trop mignon. »

Il posa sa main dans mon dos, me faisant frissonner.

« Alors, c'est ça ma punition ? Ta vengeance, c'est de me faire attendre la naissance pour qu'on se marie ? »

Je souris. Il rêvait là !

« Oh non ! Ca ce n'est qu'une partie de ma vengeance ! Crois-moi, tu découvriras bien assez tôt le reste ! »

Je rigolai comme une sadique. Non mais oh ! Il croyait que c'était noël ou quoi ?

Le lendemain matin, je déjeunai en compagnie de Gustav. Tout le monde dormait encore. Bill ronflait comme pas possible dans le salon. Je me demandai comment faisait Georg pour ne pas être réveillé !
On regardait les infos, en français bien sûr, quand mon téléphone sonna.

« Allo ?
-Serena ? C'est Lola !
-Eh ! Ca va ma puce ? Ca fait longtemps !
-Bah ouais vu que tu donnes plus de nouvelles !
-Arrêtes c'est pas vrai ! C'est moi qui t'a appelé la semaine dernière !
-Mouais... enfin bref, je t'appelle pas pour ça. J'ai vu à la télé que TH était en France c'est vrai ?
-Hum hum, ils sont chez Louisa avec nous.
-Et tu m'appelles même pas pour prévenir ?
-Bah, ils sont arrivés qu'hier, j'allais t'appeler aujourd'hui !
-Mais oui, j'te crois !
-Si je te jure ! T'es toujours à Marseille ?
-Où est-ce que tu veux que je sois ?
-Je sais pas moi.
-Bah oui, j'y suis toujours. Je t'attend.
-Tu m'attend ?
-Oui ! Dis-moi, c'est toi qui m'a emmené là-bas ! Et là tu m'as carrément laisser tombé ! J'aurais bien aimé récupérer mon appartement à Paris moi ! »

Ouais, c'est vrai que c'était un peu dégueulasse pour Lola. Je l'avais trimballé un peu partout avec moi à travers l'Europe ce dernier mois et je l'avais un peu délaissé.

« Ecoutes, remontes sur Paris, on va récupérer notre appartement.
-Il est toujours à nous ?
-Bien sûr ! Je paye toujours le loyer ! C'est juste qu'on était plus dedans pour l'instant !
-Bon.... Je viendrai cette semaine.
-Okay, à cette semaine ma chérie.
-Bisous. »

Et elle raccrocha. Je m'en voulais quand même. Depuis l'accident avec Julien, on avait pas remis les pieds dans l'appartement. En fait depuis quelques semaines, on avait plus vraiment de chez nous. Et moi aussi ça commençait à m'énerver. J'avais envie de retrouver a chambre et mon lit. Parce que tout nos meubles étaient encore là-bas ! Bah oui, on avait rien bougé ! Juste nos fringues, c'est tout !

« Qu'est-ce qu'il se passe ?
-C'était Lola. Elle m'a un peu engueulé parce que je l'ai laissé à Marseille.
-Ah. Et ?
-Bah, c'est moi qui lui avait demandé de venir avec moi.
-Ouais.
-Mais elle va revenir et on va récupérer notre appartement.
-Lequel ?
-Bah celui qu'on habitait avant que vous ne veniez tout chamboulé ! »

Il prit un air indigné.

« Eh ! J'y suis pour rien moi !
-Je sais, je rigole. »

Il continua de manger. Bon, il fallait que je parle avec Tom. Je voulais récupérer mon appartement. Je me levai, mis mon bol dans l'évier et montai.
J'entrai doucement dans la chambre, pensant que Tom dormait. Mais non. Il jouait avec Ana.

« Coucou. »

Il se tourna vers moi.

« Salut ma belle.
-Je vois que vus vous amusez bien.
-Et ouais ! »

Je m'approchai et m'assied à côté d'eux.

« Lola vient de m'appeler.
-Ah ouais ? Elle va bien au fait ? Ca fait longtemps qu'on l'a vu.
-Ouais. Elle est toujours à Marseille. Elle m'attend.
-Ah bon pourquoi ?
-C'est moi qui l'ai emmené là-bas ! »

Je souris.

« C'est vrai, j'avais oublié.
-Mais elle va revenir cette semaine.
-Bah tant mieux ! Je sens qu'elle commence à manquer à Bill. »

Il me remarqua en levant un sourcil et en souriant comme un pervers. Je souris.

« Je vois. »

Je baissai la tête.

« On va retourner dans notre appart'.
-Quel appart' ?
-Le nôtre ! Celui à côté d'ici, tu te souviens ? Là où j'habitais avant que tu n'arrives dans ma vie ! »

Il se redressa, tenant toujours Ana qui était assise sur son ventre.

« Quoi ? Là où vous vous êtes fait agresser ?
-Oui. Mais c'est bon, il n'y a plus de risques ! Même pour les journalistes, depuis le temps, ils ont dû déserter !
-Alors là, tu les connais mal eux ! Ils sont comme des chiens enragés ! Dès qu'ils tiennent une proie ils lâchent pas l'affaire tant qu'ils l'ont pas eu ! »

En disant ça, il avait attrapé Ana et l'avait fait basculer en arrière et il la chatouillait. Quel spectacle attendrissant, j'vous jure.

« Mais non, je suis sûre que non. Et puis pas la peine d'essayer de m'en dissuader, de toute façon j'irai ! »

Il sourit et me regarda.

« Okay, je t'aiderai à tout ramener aujourd'hui. »

Hein ? Pas de protestations, pas de discussions, de contradictions ? Non, impossible. Le Tom que je connaissais ne laissait jamais tomber. Je le regardai.

« T'es sûr que ça va ?
-Très bien pourquoi ?
-Rien laisses tomber. »

Pour une fois que je n'avais pas à insister, j'allais pas l'engrainer ! Cool ! Enfin j'allais retrouver mon chez moi et ma Lola !

/

Comme promis, Tom et Gustav m'aidèrent à emmener toutes mes affaires jusqu'à mon appartement. Ce n'était qu'à quelques pâtés de maison mais ayant la flemme de marcher avec toutes les valises, ils avaient voulu prendre la voiture. Arrivés devant l'immeuble, je vis ma Twingo. Ma petite Twingo ! Ca faisait un siècle que je ne l'avais pas vu ! La batterie devait être à plat, vu que ça faisait bien trois semaines qu'elle n'avait pas utilisé. Tom et Gustav enfilèrent des lunettes de soleil et des casquettes. Avant que je ne descende, Tom me dit :

« Je te préviens tout de suite, tu vois la voiture noire là-bas ? La Audi ?
-Hum... oui.
-Et bien ce sont des journalistes. »

Ah bon ?

« Et comment tu sais ça ? »

Gustav rigola.

« Crois-moi, nous on a l'expérience maintenant, on les repère à des kilomètres à la ronde ces oiseaux là ! »

Bon. J'allais m'arrêter pour UN journaliste !

« Et bien si vous avez peur, vous pouvez rester ici ! »

Et je sortis de la voiture, pour aller vers le coffre. Sauf qu'avant même que je l'ouvre, je vis un flash sur ma droite. Je tournai la tête et vis une horde de journalistes venir vers moi. Aaaah ! Je remontai vite fait bien fait dans la voiture.

« Putain mais c'est quoi ça ! »

Tom rigolai bien évidemment. Voilà pourquoi il n'avait opposé aucune résistance ce matin. Parce qu'il savait.

« Je t'avais prévenu ! »

Rrrrrr ! M'énerve. Je lui tirai la langue et soupirai.

« Mais je vais faire comment moi ? J'ai dit à Lola qu'on récupérerait notre appartement ! Elle va me trucider ! Pire, elle va me torturer jusqu'à ce que je la supplie de me zigouiller ! »

Je fis la grimace. Gustav rigola.

« C'est pas de ta faute, je suis sûr qu'elle t'en voudra. »

Bah bien sûr ! Il croyait que Lola c'était mère Teresa ou quoi ? De ma faute ou pas, elle s'en fichait. Tout ce qui comptait pour elle, c'était que j'avais pas fait ce que j'avais dit. Elle allait m'en vouloir à mort là. Je soupirai encore. On retournai vers la maison de Louisa et Gustav. Arrivés à destination, je ne sortis même pas mes bagages du coffre. Il fallait que j'appelle Lola.

« Eh ! Tes sacs !
-Laisses-les là ! On verra plus tard !
-Serena ! »

Je me retournai vers Tom.

« Oui ? »

Il me prit la main et m'emmena à l'intérieur. Nous montâmes à l'étage, dans la chambre où nous avions dormis.

« Qu'est-ce qu'il t'arrive ? »

Il ne répondit pas et commença à fouiller dans son sac.

« Je voulais pas te le dire tout de suite, je voulais te faire une surprise mais là je sens que c'est un cas de force majeur. Où est-ce que je les ai mises, bordel !? »

Il retourna son sac et chercha parmi la montagne de fringues qui en était sorti.

« T veux de l'aide ? Qu'est-ce que tu cherches.
-Non, attends... c'est bon je les ai ! »

Il se redressa et se tourna vers moi.

« Alors déjà tu me promets de pas t'énerver et de pas croire que je veux tout contrôler ou quoi que ce soit d'autre okay ?
-Pourquoi ?
-Promets-moi !
-Okay, j'te promet. Alors ? »

Il fit pendre devant moi... une clé. Une clé ? Je le regardai un peu de travers.

« Euh.... okay. C'est quoi cette clé ? »

Il me murmura à l'oreille.

« La clé de mon c½ur peut-être.... »

Je souris. N'importe quoi celui-là !

« Non sérieux, c'est quoi ?
-Les clés d'un appartement.
-Quoi ? D'un appartement ? Mais....
-T'as promis de pas t'énerver !
-Je m'énerve pas, mais.... Pourquoi ? Je comprend rien là ! »

Il me saisit par la taille.

« Eh bien, je voulais qu'on vive ensemble mais je voulais attendre quelques temps avant de te le demander. Mais là comme Lola et toi êtes à la rue, par ma faute, vous n'avez qu'à aller vivre dans cet appartement. »

Gné ? Il blaguait là ou quoi ? Il avait un petit sourire et ses yeux brillaient, mais il rigolait pas. J'en revenais pas. Déjà qu'il ait trouvé un appartement, par je ne sais quel miracle, ensuite qu'il me demande de vivre avec lui (enfin !) et qu'il finisse par.... se sacrifier pour Lola ! Incroyable. Je souris. Je savais pourquoi je l'aimai lui, il était trop génial !

« Comment t'as fait pour trouver cet appart' ? Et il est où ?
-Il est dans le 18eme arrondissement.
-Montmartre ? »

Ici on était dans le 8eme.

« Oui, c'est ça. »

Montmartre. Trop classe ! Je l'embrassai.

« C'est vrai alors, tu nous le prêtes ?
-Prêter ? »

Il grimaça.

« Cet appartement est à ton nom aussi !
-Quoi ? Tu l'as acheté ?
-Bah oui, tu croyais quoi ? »

Oh, je sais pas, qu'il l'avait loué comme le font tout les gens normaux qui veulent vivre à Paris ! Alors il l'avait carrément acheté ! Et en plus il avait mit mon nom !

« Tu blagues pas quand tu dis qu'il est aussi à mon nom ?
-Non, c'est vrai. »

Je me mis à sourire comme une tarée puis je criai en lui sautant au cou. Je passai mes jambes autour de ses hanches et l'embrassai.

« J'en reviens pas ! Alors on a enfin un chez nous bien à nous !
-Oui ! »

Je criai encore et redescendis.

« T'es vraiment trop génial Tom, on peut pas espérer mieux que toi ! Comment t'as fait pour l'acheter ?
-Bah, la modernité veut qu'il y ait Internet ma belle ! J'ai cherché sur Internet, j'ai téléphoné tout ça et j'ai trouvé.
-Mais tu l'as jamais vu en vrai ?
-Bah non, quand veux-tu que je l'ai vu ? »

Il était cinglé. Il avait acheté un appartement sans même l'avoir vu !

« Mais c'est pas grave, comme ça on va le découvrir en vrai en même temps ! Parce que j'ai vu des photos, mais c'est pas pareil.
-T'es complètement malade ! »

Et je rigolai, comme une débile. Bon, il était pas encore pardonné, mais ça, ça l'aidait pas mal à atténuer ma vengeance. Un petit peu. Un tout petit peu !

« Tu veux qu'on aille le voir ?
-Oui !! »

J'étais toute excitée ! Je le suivis jusqu'en bas.

« Qu'est-ce qui t'arrive ? »

Je m'agitai, sautillant sur place.

« On va visiter notre appartement ! »

Gustav sourit.

« Je croyais que tu devais pas lui dire maintenant ?
-Ouais, mais bon.... Avec Lola et tout.... Je pouvais pas les laisser à la rue !
-Eh ! Tu nous prends pour des SDF ou quoi ?
-Mais non ! Bon, on y va ?
-Oui ! »

Je le suivis, toujours en sautillant et lui tenant la main. Il s'arrêta dans l'allée.

« Quoi ?
-Attends, il faut que je prenne le GPS, je sais pas comment on va à Montmartre moi.
-T'inquiètes, moi je sais !
-Oui, mais tu sais pas où est l'appartement ! »

Véridique, mon cher Watson ! Il retourna à l'intérieur et moi je l'attendais. Mon appartement. Ca faisait trop bizarre de dire ça ! Quand je pense qu'il l'avait acheté sans le visiter ! Et si jamais il y avait un problème ou autre ? Il était vraiment cinglé ! Il revint enfin et nous partîmes en voiture.

« Dis-moi il est comment ?
-Ah ah, tu verras bien !
-Allez dis-moi !!
-Non ! Tu verras bien !
-Mais allez ! S'te plait, sois sympa !
-Non ! Pas la peine de bouder, tu sauras rien ! »

Quelle plaie ! Obligée d'attendre. Et j'avais horreur d'attendre ! En 30 minutes, nous arrivâmes à Montmartre. Tom suivit les indications du GPS, que je lui traduisaient puis s'arrêta enfin dans une petite ruelle, devant un vieil immeuble. Quand je dis « vieil » c'est pas dans le sens péjoratif. C'était visiblement un immeuble du 19eme rénové. Il était super beau. A côté il y avait un parc, et pleins de petites maisons partout. C'était trop mignon. Je sortis de la voiture et rejoins Tom devant l'entrée.

« Alors t'es prête ? »

Et comment ! Il me sourit et je lui fis signe d'ouvrir. Je le suivis dans le couloir. Nous montâmes un étage puis il s'arrêta devant une porte bleue. Il l'ouvrit et entra. Je le suivis et découvrais une grande entrée, peinte en blanche. En face, il y avait une pièce immense, visiblement une salle. Sur la gauche, il y avait une porte entrouverte et sur la droite, je voyais une cuisine. Je souriais toujours. Je me dirigeai vers la cuisine qui était immense. C'était une cuisine carrément Hi-Tech, à l'américaine. Elle était spacieuse et éclairée. Au milieu se tenait un grand bloc, qui devait servir de table. Tout était en blanc et noir brillant, c'était super beau. Sur la gauche, c'était ouvert, laissant voir la salle vers laquelle je me dirigeai. C'était encore plus immense. Sur tout le côté de droit, il y avait de grandes baies vitrées qui donnaient sur une terrasse. J'ouvris la porte et sortis. J'en revenais pas. C'était magnifique, on avait une vue sur la butte de Montmartre, et on voyait d'ici tout Paris. Je pouvais même voir au loin la Tour Eiffel. Je sentis la présence de Tom dans mon dos. Il m'enlaça et me dit :

« Tu aimes alors ? »

Si j'aimais ? Ouh, je n'avais même pas assez de vocabulaire pour exprimer ce que je ressentais. Je devais le reconnaître, il m'avait bluffé. Je n'aurais jamais cru qu'il puisse me faire un cadeau pareil. C'était plus que je n'en espérais.

« C'est ici qu'on va vivre, j'en reviens pas.
-Ouais.... enfin c'est ici que tu vas vivre avec Lola pour l'instant.
-Oui, mais tu vas quand même venir ici non ? Tu vas quand même t'installer avec moi ?
-Je sais pas. Si tu veux bien de moi, pourquoi pas ! »

Quel imbécile ! Evidemment que je voulais de lui ! De toute façon cet appartement sans lui n'avait aucun goût, c'était sûr !

« Viens voir, je vais te montrer les chambres ! »

Il me prit par la main et m'entraîna vers la porte que j'avais vu en entrant. Cette porte menait vers un petit couloir. La première porte à gauche était la salle de bain, grande elle aussi et éclairée par une grande vitre. La porte à côté était une chambre. Celle du fond aussi. De l'autre côté, il y avait encore une chambre et à côté un bureau. Et tout était immense. On se serait presque cru dans... dans un château !

« J'ai choisi exprès avec des grandes chambres. Comme ça, on aura assez de place !
-Pourquoi ?
-Bah, pour avoir pleins de bébés ! »

Je rigolai et me tournai vers lui. Il haussa les épaules en souriant.

« C'est toi qui m'a dit que tu en voulais au moins 4 ou 5 ! »

Ouais, c'était vrai. Enfin, on y était pas encore. Je me blottis contre lui.

« Merci Tom, c'est le plus cadeau que tu pouvais me faire.
C'est qu'un appartement.
-Non, c'est plus qua ça ! »

Je me reculai et souris.

« Tu m'offres une vie là. C'est pas qu'un appartement, c'est l'assurance d'une vie passée avec toi. Crois-moi, ça représente beaucoup pour moi. Je n'aurais jamais imaginer, même rêver, avoir la chance d'aimer comme je t'aime toi. Alors vivre avec toi, ça veut dire que je pourrais t'aimer toute ma vie. Et ça c'est le plus beau cadeau que tu pouvais me faire ! »

Il me regarda un peu surpris. Il s'attendait pas à ce que je lui dise ça apparemment. Il m'embrassa.

« Crois-moi, jamais je ne pourrais te faire un aussi beau cadeau que celui que tu me fais ! »

Ah.

« Lequel ? »

Il s'abaissa et colla son oreille contre mon ventre.

« Celui-là, évidemment ! Salut toi ! T'as vu, c'est ta nouvelle maison ça ! Ca te plait ? »

Je rigolai.

« Toi aussi tu lui parles ? Et il te réponds, comme à Bill ?
-Bah évidemment ! Nous on a un cerveau spécial dans la famille, on peut entendre ce que dise les bébés ! »

Ah ouais d'accord. Ca expliquerait bien des choses ce cerveau spéciale ! Surtout à propos de Bill... Enfin !

« On rentre ?
-Déjà ?
-Oui, j'aimerais prendre une douche. Je voudrais qu'on sorte ce soir ça te dit ?
-Qu'on aille où ?
-Je sais pas, où tu veux. »

Je souris. J'avais envie d'aller me balader dans Paris, en pleine nuit. C'était si beau. Et.... J'allais pouvoir amorcer ma vengeance. Oui, il devait prendre une douche non ? Hum... c'était parfait. La phase un de ma vengeance allait commencer !

« Oui, on rentre ! »

Et on va rigolé !

/

Nous rentrâmes donc chez Louisa et Gustav. De toute façon, leur maison était devenu un vrai hôtel. Heureusement, que c'était eux, sinon ça aurait pu déranger !

Je suivis Tom à l'étage.

« Bon, je vais à la douche. Et ensuite on va mangé tout les deux en amoureux okay ?
-Ouiiiiii.... »

Je l'embrassai langoureusement, le préparant inconsciemment à mon plan. Il prit ses vêtements et se dirigea vers la salle de bains. Tout doucement, sans faire de bruit, je le suivis et attendis derrière la porte. Je collai mon oreille à la porte, attendant d'entendre l'eau coulé. Enfin, je l'entendis. Je ne pus m'empêcher de me réjouir intérieurement de ma cruauté ! Tout doucement, j'ouvris la porte. J'entrai et refermai sans un bruit. Un nuage de buée envahissait la pièce. Tom était dans la douche, il ne voyait rien grâce à la vitre. Je me déshabillai et détachai mes cheveux. Je m'approchai lentement et d'un coup, j'ouvris la porte de la douche.

« Aaaah ! »

Tom sursauta et se retourna d'un coup.

« Mais... Serena ? Tu m'as fichu la trouille ! »

Génial ! J'entrai dans la douche sans un mot. Je glissai mes mains sur son corps mouillé et me collai à lui.

« Qu'est-ce que tu fais ?
-Ca se voit pas ? »

Je caressai son buste puis remontai jusqu'à ses lèvres. Je collai ma bouche sur la sienne, caressai ses lèvres avec ma langue. Il se décida enfin à poser ses mains dans mon dos. Il les glissa jusqu'à mes fesses, puis remonta vers mes haches puis vers ma poitrine. Hum..... terriblement excitant ! Mais je ne devais pas perdre de vue mon objectif. J'essayai de me calmer, mais c'était dur. Je me collai encore à lui, ma poitrine contre son torse. Je libérai sa bouche, le laissant reprendre sa respiration. Je le regardai, ses yeux brillaient. Ca marchait ! Il me sourit et s'empara de ma bouche à nouveau. Ses mains glissaient toujours sur moi, en même temps que l'eau. Ca m'avait tellement manqué. Tout d'un coup, je doutais : allais-je pouvoir m'arrêter à temps ? Aïe ! Il lâcha ma bouche puis glissa vers mon cou. Oh non ! Je ne devais pas perdre le contrôle ! Mais c'était si bon. Je fermai les yeux une seconde.... NON ! Je l'arrêtai, et le plaquai contre le mur derrière. Il fallait en finir avant que je ne puisse plus m'arrêter. Ce qui serait trop bête ! Je caressai ses lèvres du bout des doigts, puis glissai sur son torse, glissai encore, encore jusqu'à atteindre.... une partie très sensible de son corps ! Je souris et couvris son cou de baisers, tout en continuant de le caresser. Je l'entendais gémir doucement. Je sentais son souffle dans mes cheveux. Enfin, quand je le sentis céder, quand je sentis qu'il était prêt, je me reculai. Il me regarda, ses yeux brillaient toujours. Je m'approchai de lui, frôlai sa bouche puis glissai à son oreille :

« On dit que la patience est une vertu.... c'est ce que nous allons voir ! »

Puis je me retournai et sortis de la douche en coup de vent. J'attrapai une serviette, mes fringues par terre et sortis. Je courus presque jusqu'à la chambre. Le dos collé à la porte, je rigolai. J'avais réussi, heureusement ! J'avais réussi !! C'était si bon, cette vengeance... une vraie torture pour lui. Pour moi aussi, okay, mais surtout pour lui. Je 'avais poussé à l'extrême, pour finir par le frustrer comme pas possible. Et je souris de plus belle, en me disant que ce n'était que le début !
Je me rhabillai, toujours super souriante. Je voulus sortir mais Tom entra à ce moment-là. Il ferma la porte en la claquant et me barra le passage. Je lisais très bien l'énorme frustration dans ses yeux, mais je voyais bien aussi qu'il était légèrement énervé. Oups !

« C'était quoi ça ? »

Je fis semblant de ne pas comprendre et attrapai mon téléphone.

« De quoi ? »

Il s'approcha, très énervé, m'arracha mon téléphone des mains et le jeta sur le lit. Il se tenait maintenant devant moi, me dominant d'une bonne tête. Je frissonnai en le voyant. Ses yeux traduisait une telle colère.... J'en aurai presque eu peur.

« Tu te moques de moi ? C'était quoi ce jeu dans la salle de bain ?
-Jeu ? C'était pas un jeu.
-C'était quoi alors ? »

Il hurlait presque. Je ne pus m'empêcher de penser qu'il était terriblement sexy énervé comme ça. Je pris un air désinvolte et dis :

« C'était..... rien. J'ai juste plus eu envie. »

Il recula un peu, comme s'il venait de se prendre une baffe.

« Quoi ? Et tu crois me faire avaler ça ?
-Bah oui. »

Je souriais comme une garce.

« J'ai eu une pensée qui m'a.... un peu refroidie tu vois. »

Il allait dire quelque chose. Mais il referma la bouche. Il avait compris. Je levai un sourcil et penchai la tête sur le côté.

« Et oui, je sais, c'est frustrant. »

Il me fixa deux secondes, puis il secoua la tête et tourna les talons. Il retournait dans la salle de bains je crois. Et moi j'étais toute fière. Ah, quel bonheur. Je me relevai et sortis, pour descendre. Je trouvai Bill et Ana dans la cuisine, je me joignis à leur jeu. Un jeu de mémoire avec des cartes. Bill arrêtait pas de tricher, inventant des nouvelles règles ou regardant plusieurs cartes en même temps. Mais, faut pas croire, Ana le surveillait de prêt et à chaque fois qu'il trichait, elle lui mettait un coup de poing sur la tête. Trop marrante ! Peut-être 15 minutes après, Tom redescendit et nous rejoignit dans la cuisine. Il posa une main sur mon épaule.

« On y va ?
-Bien sûr, je vais chercher mon sac.
-Vous allez où ? »

Tom soupira.

« Loin de toi !
-Olala ! Pas la peine d'être de mauvaise humeur ! Si c'est comme ça, Ana et moi on s'en va ! »

Il attrapa Ana, la prit dans ses bras et sortit. Pauvre Bill.

« Si t'es énervé, c'est pas la peine qu'on sorte. J'ai pas envie de passer la soirée avec un vieux aigri, frustré qui a décidé d'embêter tout le monde ! »

Tom se tourna vers moi et leva les yeux au ciel.

« Arrêtes de dire que je suis frustré ! C'est chiant à la fin !
-Est-ce que c'est de ma faute ? »

Euh.... oui ! Mais l'expression m'avait échappé.

« Oui, un peu quand même ! »

Je souris, puis me blottis contre lui.

« Allez sois pas fâché ! Avoues que tu le méritai quand même !
-Mouais.... A la limite, j'aurai préféré que tu ne fasses rien du tout et que tu me repousses. Mais là, tu m'as carrément.... excité jusqu'au bout ! »

Il avait baissé la voix en disant ça. Je rigolai.

« Ah bah oui ! Sinon, ça n'aurait servi à rien ! »

Il me regarda, puis un petit sourire naquit sur ses lèvres. Il caressa mon visage.

« T'es vraiment bizarre comme fille. »

Je sais ! Puis il reprit un air sévère.

« Mais refais pas ça ! C'est carrément.... douloureux !
-Douloureux ?
-Oui ! La prochaine fois, je ne te garantie pas que je te laisserai partir comme ça ! »

Il sourit. Hum.... c'est ce qu'on allait voir ! Je souris gentiment, puis il me dit :

« Alors tu veux qu'on aille où ?
-Je sais pas. Là où il n'y aura que nous ! Rien que toi et moi. »

Autant dire, au bout du monde.

« Je connais un endroit, que j'aime bien. J'adore la nuit, c'est super beau.
-Alors, c'est parti. »

« Tu triches pas hein ?!
-Mais non, c'est bon.
-Fermes bien les yeux ! Je te jure si tu triches, tu vas me le payer !
-C'est bon j'te dis ! Je vois rien du tout ! »

Je le tenai par la main, le guidant dans l'herbe. Je l'emmenai dans un petit coin, au bord de la Seine, d'où on voyait la Tour Eiffel éclairé. Un endroit magnifique. Je le guidai donc, tel un chien d'aveugle. Sauf que je ne vis pas la branche qui dépassait. Et oui ! Tom se prit les pieds dedans et chuta.

« Merde ! »

Il tomba en avant et s'écrasa au sol, comme une mouche contre une vitre. Il lâcha ma main, mais je me penchai vers lui. Trop marrante la chute ! Je commençai à rigoler, tandis que lui se retournai sur le dos.

« Putain Serena ! Tu devais me guider !
-Excuses-moi, je l'avais pas vu celle-là ! Tu t'es fait mal ?
-Ouais, j'ai mal au bras.
-Fais voir. »

Je me penchai vers lui, en rigolant toujours. Du moins, mes épaules se soulevait, j'essayai de me retenir, mais c'était trop dur.

« Tu rigoles !
-Nooon ! »

Je ne pouvais plus m'arrêter c'était nerveux. Je respirai un bon coup et arrêtai. Mais quand je le regardai, étalé par terre, je me remis à rire. Vous l'auriez vu tomber, c'était tordant !

« Ca te fait rire alors ?
-Nooon !
-Si ça te fait rire ! Viens par là ! »

Avant que je n'ai fait le moindre geste, il me tira par le bras, me faisant tomber sur lui. Puis il saisit mes poignets, me fît faire un demi-tour dans l'herbe et se retrouva au-dessus de moi. Il commença à m'embrasser : la bouche, les joues, le cou. Il glissa jusqu'à mon décolleté. Oulala, c'était trop bien. Mais... non non non ! Je ne pouvais pas ! Je ne devais pas céder.

« Tom, arrêtes. »

J'avais murmuré ces mots. Hum.... Pas terrible comme défense.

« Tom.... »

Il ne m'écoutait même pas ! Il libéra mes poignets, il se tenait à l'aide d'une main pour ne pas m'écraser. De l'autre, il commença à déboutonner ma chemise. Aaaah ! J'aurai du mettre un T-shirt, ça aurait moins facile ! Sa main glissa sur mon ventre, puis sur ma poitrine. Ses lèvres effleuraient toujours ma peau. Haaaan, comment j'allais faire ? Là, j'étais vraiment mal ! Je frissonnai de plaisir. Je posai mes mains sur sa poitrine, tentant de le repousser. Mais je n'avais plus de force. Du moins, je ne voulais plus en avoir, différent !
D'un mouvement vif, il me souleva et me mit en position assise. Rapidement il retira ma chemise, puis mon soutien-gorge et me rallongea doucement, une main dans mon dos. Ouaah ! On était dehors, en plein air et j'avais la poitrine complètement dénudée ! Tom remonta jusqu'à mon visage, ses lèvres effleurèrent les miennes.

« Fermes les yeux Serena.
-Non, attends.... »

Il posa un doigt sur ma bouche.

« Fermes les yeux. »

Je m'exécutai, malgré moi. Aïe aïe aïe, mon petit jeu pervers se retournait contre moi ! Là ça devenait dangereux. Comment allais-je faire ??

« Qu'est-ce que tu fais ? »

Il ne répondit pas. Je sentais toujours ses lèvres frôler la peau de mon cou. Il avait posé ses mains de chaque côté de mon buste, pour ne pas m'écraser. Il ne s'arrêta pas, il continua son chemin, couvrant ma poitrine de baisers. Puis il glissa jusqu'à mon ventre et en fit de même avec mon nombril. C'était terriblement bon ! J'en aurais presque oublié qu'on était dehors et que j'étais à moitié nue ! Mais.... Soudain je ne sentis plus sa bouche sur moi. J'ouvris les yeux. Il s'était relevé et me regardait en souriant d'un air sadique. Je me redressai et instinctivement, je cachai ma poitrine avec mes bras.

« Qu'est-ce que tu fais ? »

Il me sourit encore. Je me relevai et vis qu'il avait ma chemise et mon soutien-gorge dans les mains. Ohoh, là c'était pas bon.

« Je pourrai avoir mes fringues ? »

Il m'embrassa sur la joue et passa à côté de moi en coup de vent. Je me retournai et le vit courir vers la Seine. Euh.... okay, il nous faisait un remix de la petite maison dans la prairie ou quoi ? Il s'arrêta juste au bord de la rivière, se retourna vers moi et me dit :

« Si tu les veux, viens les chercher ! »

Et il jeta ma chemise et mon soutien-gorge dans l'eau. Aaaaaah ! J'en revenais pas, il était vraiment pas bien lui ! Je m'approchai de lui.

« Ca va pas ? Mais.... Je vais faire comment moi !? »

Il rigolait, apparemment le fait que je sois à moitié nue dehors ne le dérangeai pas ! Je me retournai, scrutant les environs. Il manquerait plus que des gens passent par-là ! Bonjour la honte !

« Moi je te trouve très sexy comme ça !
-Quoi ? »

Il avait pas d'autres conneries à dire ? Je regardai mes fringues, l'air ahuri, partir emportés par le courant. Je me tournai vers Tom. Il rigolait toujours comme pas possible.

« Arrêtes de rire ! C'est pas drôle !
-Si c'est très drôle ! »

Je libérai un de mes bras et lui lançai mon poing au visage mais il l'esquiva en rigolant. Raaaaa !!! Ca m'énervait de l'entendre rire comme ça, alors que moi j'étais en galère !

« Toooom ! Arrêtes de rire ! Je fais comment moi ?
-Bah je sais pas.... Tu peux rester comme ça, t'es très.... »

Il me regarda d'un air provocant et soupira en disant :

« Sensuelle ! »

Sensuelle ? J'allais lui en mettre du sensuelle moi ! Non mais il croyait que j'étais une naturiste ou quoi ? La tenue d'Eve, très peu pour moi ! Je frissonnai un peu. Il faisait chaud, mais là, nue, je commençai à avoir froid. Tom le vit. Il sourit encore puis retira sa veste et la mit sur mes épaules.

« Dommage, c'était drôle de te voir comme ça. »

J'attrapai les pans de la veste et me recouvris entièrement. C'était drôle pour lui ouais !

« Pourquoi t'as fait ça ? En plus c'était une chemise que Louisa m'avait offerte !
-Je t'en offrirai une autre !
-J'en veux pas de ta chemise ! »

J'étais super mauvaise. Et ça l'amusait.

« Allez fais pas la tête, fallait bien que je me venge.
-Et de quoi ?
-Quoi ? T'as déjà oublié le supplice que tu m'as fait subir dans la douche ?
-Déjà, c'était pas un supplice, faut pas abuser non plus ! Et en plus, c'était pas de ma faute, j'avais plus envie !
-Bah bien sûr.
-Oui ! Tu m'excuseras mais c'est pas sur demande okay ? Faut me prévenir à l'avance ! »

Il éclata de rire.

« Ah okay, alors la prochaine fois je téléphone à l'avance pour réserver c'est ça ? »

Je le regardai, et je ne pus me retenir de rire. Quel idiot !

« Non sérieux, c'est pas sympa.
-Je sais. Mais je sais aussi que tu m'en veux pas, hein ? »

Je le regardai de travers. Hum....

« Ca dépend.
-De quoi ?
-De là où tu vas m'emmener manger après qu'on soit rentrer pour que je me change. Et attention, si tu te trompes et qu'on va dans un endroit que je n'aime pas... »

Je tapai sur mes fesses.

« Tu seras puni très sévèrement ! »

Il rigola. Ca le dérangeait pas trop, je crois !

/

Comme prévu, Lola débarqua quelques jours plus tard. J'étais carrément morte de rire en la voyant débouler à l'aéroport. Elle était en mode touriste à 100% : tongs, short fleuri, lunettes de soleil, T-shirt. En plus elle avait grave bronzé, c'est qu'il faisait beau à Marseille !
Je lui avais expliqué le truc de l'appartement. Au début, elle était pas trop chaude pour quitter notre appartement. Mais quand elle a vu le nouvel appartement, elle a vite changé d'avis !
J'avais donc engagé des déménageurs pour emmener tout nos meubles, et Lola et moi on se chargeait des cartons. Pour le moment, on emballé toute la vaisselle de la cuisine. Heureusement, il n'y avait pas grand chose. Bah ouais, c'est ça quand on vit en coloc', on mange des plats préparés presque tout le temps, alors la vaisselle, elle sert pas à grand chose ! J'étais en train de protéger les verres quand Lola engagea la conversation.

« Au fait, Bill est dans le coin en ce moment ?
-T'es pas au courant ?
-De quoi ?
-Bah de ses déplacements ? Je croyais que vous vous appeliez ?
-Ouais.... mais là ça fait longtemps que j'ai pas eu de nouvelles.
-Ah bon ? Depuis quand ?
-1 semaine. »

1 semaine ? Non mais vraiment n'importe quoi celle-là !

« Tssss, tu crains ! Bah là il est toujours chez Gustav et Louisa, avec nous.
-Okay. »

Je posai le verre que j'avais en main et me tournai vers elle. Elle mettait les assiettes dans un carton. Enfin, elle balançait les assiettes dans un carton. Elle devait croire qu'elles étaient en carton elles aussi !

« Il te manque un peu non ?
-Pourquoi tu dis ça ? »

Elle avait relevé la tête vivement et prenait cet air de contradiction. Mais si, vous savez cet air là..... Celui qui veut dire « Arrêtes de dire des conneries ! ». Celui qui trahit !

« Bah je sais pas, tu me demandes des nouvelles alors je suppose.
-Bah tu supposes mal. C'est juste pour savoir !
-Bah bien sûr ! Allez, me racontes pas de salade, je te connais comme si je t'avais faite ! Déballes tout !
-Que je déballe quoi ? Il n'y a rien ! »

Aaaah la mitto !

« Arrêtes! Putain, tu me racontes même pas à moi ? Sérieux ça se fait pas ! »

Je fis semblant d'être vexée. Enfin semblant... à moitié semblant ! C'était vrai quoi, après tout j'étais censée être sa meilleure amie ! Et on fait pas de cachotterie à sa meilleure amie ! Elle soupira.

« Bon okay, c'est bon. Fais pas la tête, je vais te dire. »

Je me retournai vivement, un grand sourire aux lèvres.

« Mais tu dois jurer de ne pas rire.
-Pourquoi je rigolerais franchement ?
-Parce que.... Je crois que.... enfin j'en suis pas sûre mais... je crois qu'en fait.... bah j'aime bien Bill quoi. »

Je la regardai, l'air un peu débile. Et je devais rire pour ça ? Bah putain.

« Quoi ? C'est tout ? Tout ça pour ça ?
-Non.... Oui...... Rrrrrr, tu m'énerves, tu m'embrouilles !
-Eh oh, calmes-toi j'ai rien fait ! »

Elle soupira encore et s'assied sur la chaise à côté d'elle. Elle semblait.... un peu perdue. Et perplexe. Je posai mon verre et m'accroupie en face d'elle.

« Qu'est-ce qu'il t'arrive ? »

Elle me regarda dans les yeux puis fit une grimace.

« J'suis amoureuse. »

Gloups. Je restai bloquée quelques secondes devant elle, la bouche ouverte. Avais-je bien entendu ce que je venais d'entendre ? Lola ? Amoureuse ? Bizarrement c'était deux mots que j'aurais jamais mis ensemble. Nooooon ??? Ma Lola, amoureuse de Bill ? Là j'en revenais pas ! Elle qui adorait crier partout qu'elle était contre l'amour et ne tomberait jamais amoureuse. Bah tiens, on pouvait pas dire qu'elle avait des dons de voyance ! Je me relevai.

« Mais c'est super !! »

Elle se leva et posa violemment l'assiette sur la table. Putain, si elle continuait, j'allais devoir racheter un service là !

« Non c'est pas super ! Tu te rend compte ? Je vais souffrir, pleurer et être déprimé grave ! »

Hein ? Oula, elle avait dû se tromper de mot quand elle avait cherché la définition du mot « Amour » dans le dico !

« Euh... je vois pas pourquoi tu serai déprimé franchement.
-Mais parce que rien ne me dit que lui ressent la même chose ! Et si c'est pas le cas, et bah je suis bonne pour regarder le Titanic en chialant pendant trois mois ! »

Putain les références qu'elle avait celle-là ! Et les idées tordus ! Je ne me souvenais pas avoir passer trois mois à regarder le Titanic en chialant après avoir casser avec Tom.... A moins que ma mémoire ne flanche.... Enfin bref !

« Et bah tu sais c'est quoi le meilleur moyen de savoir si il t'aime aussi ?
-Non ?
-C'est de lui demander ! »

Elle soupira.

« Super, ça c'est un plan d'enfer ! »

Elle était marrante elle ! Elle croyait quoi ? Que l'annonce tombait du ciel, tel un miracle ou quoi ?

« Mais oui ! Tu vas le voir et tu lui en parles. Enfin, prends des gants, hein.... »

Non parce que elle, elle était plutôt du genre cash. Ca m'aurait pas étonné qu'elle débarque devant lui, tout sourire et qu'elle sorte : « Tu m'aimes ? Parce que moi, je suis folle de toi ! » Si si, tout à fait le genre de Lola ça !

« Tu crois ? Ca fait bizarre non ?
-Mais non ! Si tu veux, je peux aller le voir, histoire de tâter le terrain tu vois.
-Tu ferais ça ?
-Bien sûr ! »

J'en revenais pas ! Voilà que je me retrouvais à faire les entremetteuses à 25 ans ! Un truc qu'on aurait dû faire pendant notre adolescence normalement. Bah non. Nous, on le faisait à 25 piges !

« T'inquiètes pas, je suis sûre, que Bill t'apprécie tout autant que toi ! »

Je l'embrassai sur le front et reprit mon emballage de verre. Ils allaient pas se ranger tout seul hein !

/

Lola était parti avec les déménageurs, rejoindre Tom qui attendait à l'appartement avec Gustav. Moi j'avais pris le volant de ma petite Twingo et je me dirigeai vers la maison de Louisa. Normalement, Bill devait être en train de.... regarder la télé si je ne me trompais pas ! Et je ne me trompais pas. Il regardait bien la télé quand j'arrivai.

« Serena ? Qu'est-ce que tu fais là ?
-Tu viens même pas nous aider à déménager espèce de feignant ! »

Il me regarda un peu surpris puis fît une grimace de douleur.

« Non, je suis désolé je voulais venir je te jure mais je me suis cogné le petit orteil ce matin. Contre la table. J'ai super mal ! »

Non mais quel gamin !

« Bah bien sûr ! Enfin bon c'est pas grave. Non en fait je viens parce que Lola est de retour et.... »

Il se redressa d'un coup.

« Ah bon ? Depuis quand ?
-Euh... depuis hier.
-Et personne me prévient ?
-Bah.... si. Enfin, elle t'a pas appelé ? »

Son visage s'assombrit et il s'avala dans le canapé.

« Elle m'a oublié.
-Hein ?
-Ca fait une semaine que j'ai plus de nouvelles ! »

Décidément !

« Tu l'as appelé toi ?
-Bah oui, mais elle a pas répondu. Après j'ai arrêté. J'ai pas envie de faire le mec relou !
-Mouais... et tu t'es pas dit « Tiens elle est peut-être occupé ? » !
-Si mais..... voilà quoi. »

Je soupirai. Ca tournait en rond là.

« Bah écoutes je repars à l'appartement là, elle est là-bas, tu viens avec moi ?
-Je sais pas.... Peut-être qu'elle a pas envie de me voir. »

Non mais quel crétin !

« Mais si ! Allez viens ! »

Il se leva en soupirant.

« Okay, mais c'est vraiment parce que t'insistes !
-Ouais.... Enfin il en a pas fallut beaucoup pour te convaincre ! Et puis je croyais que t'avais mal à l'orteil ? »

Il me sourit en grand.

« Non mais ça va mieux là. J'ai plus trop mal. »

Comme par hasard. Je rigolai et partis avec lui. Dans la voiture, j'avais mis le CD de Killerpilze. Et Bill chantait par la fenêtre. Du moins, il chantait pas, il criait. Et les passants, sur le trottoir le regardait, l'air désolé. Il devait se dire : « Pauvre garçon, il est perdu celui-là ! ». C'était sûr.
Nous arrivâmes à l'appartement. Des hommes supers costauds étaient en train de monter nos meubles. Je vis Tom et Gustav sortirent du camion, portant notre canapé. Je souris.

« Et bien ! J'aurais pas cru que vous pouviez porter autant de poids ! »

Gustav s'indigna.

« Non mais attends ! Pour qui tu nous prends ? On est des déménageurs professionnels nous !
-Ouais bah arrêtes de parler et avance Gus, c'est super lourd et je commence à lâcher ! »

Tom avança dans le couloir après nous, suivis par Gustav.

« Allez courage les gars ! Vous allez y arriver ! Je peux vous chanter une chanson si vous voulez ! »

Bill commençait à chanter un chant d'encouragement en allemand.

« Ta gueule putain ! Et bouges de là, tu gênes ! »

Bill n'écouta même pas son frère et d'un seul coup, il sauta dans le canapé. Tom et Gustav lâchèrent tout, sous l'effet du choc. Sauf qu'ils étaient dans les escaliers. Et le canapé décida de redescendre. Gustav sauta de justesse dessus, évitant ainsi de se faire écraser. Et lui et Bill dégringolèrent les marches, sur le canapé. J'éclatai de rire, c'était le genre de truc qu'on voyait en général seulement à vidéo gag, ou dans les vidéos de Jackass vous voyez ! Bill criait comme un gamin, bien évidemment. Tom descendit, super énervé. Il attrapa son frère par le bras et l'éjecta du canapé.

« Putain Bill mais t'es vraiment con ! T'as failli nous tuer espèce d'abruti !
-Ooooh ! Exagères pas ! Gustav okay, mais toi tu craignais rien !
-Ah parce que moi c'est pas grave ! »

Gustav était descendu du canapé.

« Mais non ooooh ! Allez du calme, c'était pour rire.
-Pour rire ? C'est super lourd espèce de con ! C'est déjà assez lourd à porter comme ça, alors pas besoin que tu viennes foutre le bordel ! »

Je descendis vite avant que ça ne parte en vrille.

« STOP ! On se calme ! Bill tu montes et Tom tu te calmes, c'est pas grave. »

Je m'approchai de lui posai sa main sur son bras. Bill m'embrassa sur la joue et monta, évitant de justesse le poing de son frère.

« Il m'énerve !
-Allez c'est rien ! Vous allez y arriver quand même ! »

Je l'embrassai doucement et montai.

« Allez courage ! J'ai confiance en vous ! »

Et je montai jusqu'à l'appartement en souriant. Aaaah Bill Bill Bill. J'entrai dans l'appartement. Je repensais à la descente qu'ils avaient fait sur le canapé. Impossible de résister, j'éclatai de rire !
Je trouvai Bill et Lola, dans la cuisine. Ouaaa, ils avaient pas perdus de temps ces deux-là ! Je les laissai seuls une minute et je les retrouvai enlacés comme pas possible dans la cuisine. Et après, ça osait me dire « Je sais pas si il/elle a envie de me revoir ! » Non mais je vous jure !

« Eh ! C'est pas l'hôtel ici hein ! »

Aaaah ! Ils ont mêmes pas sourcillés rien ! Je n'existais pas.

« Allooooo ! »

Lola me fit un clin d'½il. Et je ne ré-existai plus. Okay, mieux valait les laisser. Je ressortis et trouvai mon grand amour et mon beau-frère, en sueur dans l'escalier en train de monter le canapé. Heureusement que l'appartement était au premier, parce que je crois qu'ils seraient morts sinon ! Accoudées à la rambarde je les regardai faire. Tom s'arrêta une seconde et leva la tête vers moi. Ses joues étaient rougies, je voyais des gouttes de sueur perler sur son front. Il était trop craquant !

« Nous aides pas surtout ma puce ! On est à l'aise là, ça va !
-C'est vrai ? Bah tant mieux alors ! Je vous laisse ! »

Je fis semblant de repartir mais leurs cris de protestation me firent revenir. Je souris. Hihihi ! Je descendis un peu et les aidai à grimper les dernières. Enfin ils le posèrent, devant la porte, complètement épuisés.

« Bon Tom on va le pousser hein ? Parce qu'il est trop lourd là ! J'en peux plus !
-Ouais. Vas-y on le penche pour le faire passer par la porte. »

Ils commencèrent à le tourner dans tout les sens pour le faire passer par la porte. Enfin, ils y arrivèrent et le firent glisser jusque dans l'immense salon. Je vis que Bill et Lola étaient toujours dans la cuisine. Ils discutaient apparemment. Hum... interessant. Je voulus aller les écouter discrètement mais Gustav m'attrapa par le bras.

« Allez viens là toi ! Il y a pleins de choses en bas qui sont pas lourdes et que tu peux porter ! »

Mince !

« Mais euh !!! Je suis fatiguée !
-M'en fiche ! Allez descends ! »

Je fis la moue et descendis. Bon bah, je serai obligée de demander un résumé à Lola.
Nous passâmes l'après-midi à tout déballer. Louisa nous avait rejointe, avec Ana dans l'après-midi pour nous filer un coup de main. L'appartement commençait à prendre vie. Vers 17 heures, tout était monté. J'ai dit monté, pas déballé ! Il nous restait encore tout les cartons à ranger, et certain meubles à placer. Bref la misère. Tom et Gustav, qui avaient travaillés toute la journée comme des forcenés, s'étalèrent sur le canapé. On lisait nettement la fatigue sur leur visage. Ana sauta sur les genoux de son père et commença à crier :

« On joue papa, hein ? On fait des sauts comme ça ! »

Et elle commença à sauter sur les genoux de son père, complètement épuisé. Il grimaça de douleur et souleva la petite.

« Euh... va sauter dans le lit de tata là-bas ma puce. Je viendrais après d'accord ?
-Ouiiiiii ! »

Et elle courut sur ses petites jambes jusqu'à la chambre. Apparemment qu'il vienne ou pas, elle s'en fichait. Tout ce qu'elle voulait, c'était sauter. Gustav s'enfonça dans le canapé.

« J'en peux plus. Je suis mort.
-Moi aussi. »

Je regardai Louisa et souris. Les pauvres petits lous ! Ils avaient trimés comme pas possible ! Nous allâmes dans la cuisine, dans l'intention de préparer un repas pour tout le monde. Georg venait d'arriver, il avait fait des courses, comme prévu. Il rejoignit les garçons dans le salon. Lola apparut enfin. Elle souriait bêtement comme une cruche.

« Toi, je sens que t'as inauguré ta nouvelle chambre avec Bill ! »

Louisa rigola.

« Ouais, il y a eu des galipettes dans l'air ! »

Louisa et moi rigolions et Lola fronça les sourcils.

« Vraiment n'importe quoi !
-Allez, je sais que c'est vrai ! »

Elle fronça les sourcils encore quelques secondes puis rigola.

« Bon okay c'est vrai ! »

Non mais j'y croyais pas ! Nus on avait bossé toute la journée, pendant que eux s'éclataient dans la chambre ! Je regardai Lola.

« Alors, tu vois qu'il avait envie de te revoir !
-Oui. »

Elle regarda vers le salon, pour être sûr que personne ne nous espionne et dit d'une voix basse :

« Il m'a dit qu'il m'aimait ! »

Et elle commença à s'exciter comme une gamine. Louisa s'excita avec elle évidemment. Dès qu'il s'agissait d'amour, Louisa s'extasiait toujours. Alala, ces filles je vous jure ! Enfin quand elles eurent finis de sauter partout, Lola me dit :

« Je te jure, j'étais trop contente !
-Tu lui as dit toi aussi ?
-T'es malade ? J'ai fait style la fille étonnée et je lui ai dit que je tenais à lui aussi. »

Je me tournai vers elle, l'air débile. Quoi ?

« Attends, tu lui as même pas avoué ?
-Si, mais pas directement ! »

Je levai les yeux au ciel. Vraiment n'importe quoi ! Enfin, tout était clair à présent et c'était génial. Nous préparâmes donc un grand dîner et passâmes la soirée à rire et à manger. Et oui, c'est géant la famille !

# Posted on Thursday, 02 August 2007 at 4:13 AM

Edited on Monday, 28 July 2008 at 5:55 PM

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« Non, je veux pas ! Laissez-moi !
-Ne vous en faites pas, tout va bien se passer.
-Non ! Lâchez-moi ! Tom !
-Chut ! Du calme ! Allez, encore un effort, il est presque là.
-Non ! Je vous en pris.... laissez-moi.... »

Les larmes coulent.... J'ai la gorge nouée..... J'entend un cri....

« Mon bébé.....
-Il est superbe ! Bravo ! Merci beaucoup mademoiselle, les parents seront ravis!
-Non ! Non.... Où allez-vous ? Rendez-moi mon bébé, Non ! Rendez-le moi ! »

« Nooooooooooon !!!!!!!! »


Je me réveillai en sursaut. Des gouttes de sueur glissaient le long de mon dos. Mon coeur battait la chamade. Je sentis Tom s'asseoir à côté de moi. Il alluma la lumière.

« Serena ? »

Je tournai la tête vers lui, il avait encore les yeux endormis. Je me mis à pleurer en le regardant.

« Qu'est-ce qu'il t'arrive ma belle ? »

Il passa ses bras autour de moi et me serra contre lui. Encore ce cauchemar. Toujours le même depuis des mois. Les larmes coulaient toujours sur mon visage. Je sentais la main de Tom caressait mon dos.

« Serena ?
-Oui. »

Ce cauchemar, c'était si horrible. Je rêvais que j'accouchai, et qu'on m'enlevait mon bébé. Horrible. Je relevai la tête et essuyai mes yeux.

« Ca va ?
-Oui. C'est rien, j'ai juste fait un cauchemar. »

Il caressa ma joue. Je me rallongeai, il me suivit. Il éteignit et je me blottis contre lui. Je me sentais mal. J'aimais pas faire ce cauchemar, après j'étais pas bien. Tom commença à caresser mes cheveux mais il se rendormit vite. Moi j'étais toujours éveillée. Impossible de fermer les yeux. J'en étais déjà à 8 mois de grossesse. Et ça devais faire 3 mois environ que ce cauchemar me hantait. Une horreur.
Je ne réussis pas à me rendormir. Mais le matin arriva vite. Dès que les premiers rayons de soleil apparurent, je me levai. Je sortis de la chambre et me dirigeai vers la cuisine.
Ca faisait maintenant 7 mois qu'on avait emménagé dans l'appartement. Lola vivait toujours avec moi évidemment. Et Tom vivait ici, quand il n'était pas en Allemagne.
J'avais de plus en plus de mal à marcher, avec le ventre énorme que j'avais. On aurait dit que j'attendais des jumeaux. Mais non, il n'y en avait qu'un ! Je commençais à faire du café et à préparer le petit déjeuner pour tout le monde. Bill avait dormi à la maison cette nuit. Je commençais à couper le pain et à tout tartiner. J'allumai la télé pour la musique, je n'entendis donc pas Tom entrer dans la cuisine.

« Bonjour. »

Je sursautai.

« Ouh, salut ! »

Il s'approcha de moi et m'enlaça.

« Ca va ?
-Oui et toi ?
-Hum... T'as encore fait un cauchemar cette nuit ?
-Oui. »

Il s'approcha de moi et m'enlaça.

« Pourquoi tu vas pas voir le médecin ?
-Pour des cauchemars ? Mais non c'est bon ! C'est rien du tout. »

Il posa la couteau que j'avais dans les mains et me tourna vers lui. Il me fixa de ses yeux marrons.

« Des cauchemars qui te réveillent la nuit, en hurlant !
-Hum.... »

C'était pas une raison pour aller chez le médecin !

« C'est rien c'est que des cauchemars. Ca passera.
-Si ça va pas, tu peux me le dire. Tu peux me parler.
-Tout va bien Tom ! »

Mince alors ! Je me retournai vers mon couteau et mes tartines. Il colla sa poitrine contre mon dos et posa ses mains sur mon énorme ventre. Il déposa un tout petit baiser dans mon dos et dit :

« Lui, il me dit que ça va pas. »

Je soupirai. Il adorait se servir du bébé pour me faire avouer, prétendant, qu'il lui parlait et lui disait tout. Quelle manie !

« Il ment alors ! Je vais bien. »

Tom soupira. Je sentis son souffle sur ma joue.

« C'est toi qui ment ! Ca fait au moins trois mois que ça va plus Serena ! T'arrêtes pas de faire des cauchemars, tu sors plus, t'es tout le temps crevée, et en plus t'es tout le temps de mauvaise humeur ! »

Non mais oh ! Il se prenait pour qui lui ? Je me retournai vers lui.

« Parce que tu crois peut-être que t'es joyeux toi ?
-Certainement plus que toi en tout cas !
-Tu m'excuseras d'être enceinte ! La prochaine fois je partirai en voyage pour être sûre de pas te déranger !
-Arrêtes, tu sais bien que je parle pas de ça !
-Oui je suis crevée et oui j'ai plus envie de sortir ! Mais j'en peux plus là okay ? Je porte près de 10 kilos tout les jours, j'ai mal au dos et j'en ai marre !
-Oui mais j'y suis pour rien moi ! Pourquoi tu t'énerves après moi ?
-Je m'énerve pas ! C'est toi qui m'agresse !
-N'importe quoi ! Je dis juste que tu deviens de plus en plus agressive. La preuve !
-Parce que je suis agressive maintenant ?
-Oula, quel réveil ! »

Lola et Bill venait d'entrer dans la cuisine.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? »

Lola s'assied à table et attrapa son bol. Bill cherchait le lait dans le frigo.

« Mince, il y a plus de lait.
-Désolé mais j'ai pas que ça à faire d'aller chercher du lait ! »

J'étais à fleur de peau là, carrément énervé. Et pour rien en plus. Je savais que je m'énervais pour rien et ça m'exaspérait encore plus. Bill releva la tête et me regarda l'air surpris.

« J'ai pas dit que c'était toi. »

Je soupirai. Tom posa une main sur mon bras.

« Serena.... »

Je sortis de la cuisine, aussi vite que me le permettait mon poids. J'en pouvais plus. Je m'enfermai dans ma chambre et commençai à pleurer. Pour rien. C'était comme ça depuis trois mois. J'arrêtai pas de m'emporter pour rien, je m'en prenais tout le temps à Tom. Alors que lui ne cherchait qu'à m'aider, je l'envoyai sur les roses. En plus, il avait arrêter de travailler il y a plusieurs moi, exprès pour se consacrer à moi et au bébé, et voilà comment je le remerciai. Je savais qu'il n'y était pour rien, mais je m'en prenais quand même à lui. Et je m'en voulais encore plus.
J'étais assise au bord du lit, et je pleurai à chaudes larmes. Putain, j'en avais vraiment marre de ces satanées hormones ! Et ce cauchemar.... il me rendrait encore plus invivable. Il me faisait tellement peur. Rien que d'y penser, j'en avais des frissons. On frappa à la porte, puis Bill entra. J'essuyai discrètement mes larmes mais il avait bien vu que je pleurai. Il s'approcha, emprisonna mes mains et me regarda. Il avait le regard si doux...

« Ca va pas ?
-Si pourquoi ? »

Il sourit.

« Hum... Je crois que je t'ai connu en meilleure forme ! »

Il essuya mes joues avec son pouce puis il me serra dans ses bras.

« Qu'est-ce qu'il t'arrive ?
-Je sais pas.... Je suis fatiguée. »

Je voulais lui dire que j'allais mal, que je me sentais nulle de traiter Tom comme ça, que j'avais peur de mon cauchemar, je voulais tout lui dire. Mais j'y arrivai pas.

« Tom s'inquiète pour toi. Et vous arrêtez pas de vous disputez alors c'est pire ! »

Je savais. Je me sentais vraiment trop nulle. Bill m'embrassa sur le front puis se leva.

« Je crois que vous devriez discuter. »

Il sortit en m'envoyant un baiser, me laissant seule avec mon dégoût de moi-même. J'avais entendu partout que la grossesse était un moment de bonheur. Et bien pas pour moi. Du moins, plus maintenant.
Tom entra dans la chambre. Je me levai et me remis à pleurer. Je soupirai.

« J'en ai marre ! Pourquoi encore des larmes ! »

J'essuyai mes yeux et relevai la tête vers Tom. Il me regardait. Il était en boxer, ses dreads attachés. Il me fixait. Je m'approchai.

« Je suis désolée Tom. Je suis vraiment trop nulle de te parler comme ça, alors que t'as rien fait. Je m'en veux vraiment mais.... c'est plus fort que moi. Je sais pas ce qu'il m'arrive. »

Et je me remis à pleurer. Raaaaaaaaaaah ! Insupportable ! Il me serra dans ses bras, malgré mon ventre.

« C'est rien, moi je t'en veux pas.
-Tu devrais pourtant.... je suis insupportable. Je comprendrais que tu m'en veuilles.
-Non je t'en veux pas. Mais demain on va allé voir le médecin okay ? Pour tout ces cauchemars et puis.... si tu te sens mal, dis-lui.
-Oui. »

Je devenais docile dans ses bras. Je frôlai ses lèvres. Qu'est-ce que je l'aimai lui alors !
Je me libérai de son étreinte, il m'embrassa.

« Bon je retourne dans la cuisine, surveillé les deux cocos là-bas. Parce qu'ils seraient bien capable de nous faire des galipettes sur la table ! »

Je rigolai un peu.

« Carrément.
-Ouais ! Tu les as pas entendu cette nuit ? Enfin hier soir ? Infernal ! Ils ont pas arrêtés ! »

Je rigolai. Non j'avais pas entendu mais j'imaginai très bien. Lola et sa grande discrétion.... Même q'il y avait eu ses parents à côté, ça l'aurait pas gênée pour autant ! Il m'embrassa sur le front.

« T'es sûr que ça va ?
-Ouais. Je vais prendre une douche et je vous rejoins.
-Okay. »

Il sortit, et je me dirigeai vers la salle de bain. Je laissai l'eau coulé sur moi. Elle est était bouillante, ça me faisait un bien fou. Je posai une main sur mon ventre et soupirai.

« Il est grand temps que tu arrives toi ! »

Fille ou garçon ? Aucune idée ! Tom et moi avions décidé d'attendre la naissance pour savoir. La surprise quoi. C'est pourquoi on avait peinte la chambre en vert. Comme on savait, on s'était dit que le vert ça allait autant pour une fille que pour un garçon. On avait aussi pensé aux prénoms. Evidemment ! Si c'était une fille, ce serait Jade. C'était Tom qui avait choisi. Et si c'était un garçon, ce serait Mathis. Là c'était Bill qui avait choisi. Je lui avait dit de me trouver un super prénom, ce qu'il avait fait.
Je soupirai encore. Enfin, si mon horrible cauchemar était prémonitoire.... Je n'aurai pas besoin de prénom. Je frissonnai en y repensant. C'était si horrible... Je le voyais.... Mon bébé et je ne pouvais même pas le toucher.... Il partait comme ça..... Horrible. Je me lavai et sortis. J'enfilai une robe. Je soupirai à nouveau en voyant mon armoire. Tout ces beaux vêtements que j'avais acheté aux Champs-Élysées.... Je ne pouvais même pas les mettre. Et pourrais-je les remettre un jour ? Rien n'étais moins sûr. Enfin ! J'enfilai donc ma robe, la plus jolie que j'avais. Je me séchai les cheveux, me coiffai et me maquillai. J'étais enceinte mais je ne me laissai pas aller pour autant ! J'avais que 25 ans oh ! J'avais pas envie de passer pour une vieille, déjà fatiguée d'avoir un enfant !
Enfin je sortis de la chambre pour rejoindre tout le monde à la cuisine. C'était l'anniversaire d'Ana aujourd'hui. Le 5 mars. Et il discutait du cadeau qu'il lui avait acheté.

« Te revoilà ! Ca va mieux ?
-Oui, ça va. »

Lola se leva et mit une main sur mon front.

« T'es sûre ? J'ai l'impression que t'as de la température ! »

Je retirai sa main.

« Mais non ! Je suis enceinte, pas malade alors c'est bon ! Vous parliez de quoi ?
-De l'anniversaire d'Ana. T'as oublié ?
-Non non.
-C'est grand repas de famille ce soir ! Nos parents et ceux de Gustav et Georg aussi sont là. »

Mes parents ! J'avais oublié qu'ils arrivaient aujourd'hui ! Tom me rassura.

« Louisa a dit qu'elle allait les chercher.
-Okay. J'irai avec elle je pense, quand même. »

Ca faisait un bail que j'avais pas vu mes parents.

« Enfin bref, Louisa a demandé que t'aille l'aider ! »

Bill parlait à Lola.

« Ouais, j'irai.
-Je viens aussi.
-T'es sûre Serena ? »

Je soupirai.

« Oui je suis sûre ! »

Mince alors !

« J'ai pas envie de passer ma journée à rien faire ici alors que tout le monde va s'activer !
-Okay, je t'emmènerai. Et on ira chercher ton cadeau en même temps !
-Ouais. J'espère qu'il est là !
-Normalement. La vendeuse a dit qu'il te l'amenait pour aujourd'hui.
-Hum... J'espère. »

J'allais offrir à Ana une gigantesque maison de poupée. Si je vous jure ! Elle a une collection immense de poupée dans sa chambre, elle adore ça, alors j'ai fait construire spécialement pour elle une immense maison de poupée. Mais quand je dis immense, c'était immense ! Elle faisait environ 1m50 sur 1m50. Immense pour Ana quoi !
Nous mangeâmes tranquillement. Puis Lola alla se laver et nous partîmes. Il faisait super beau, c'était le printemps, mais on avait l'impression d'être en plein mois de juillet. Dans la voiture, on écoutait la musique à fond, les fenêtres grandes ouvertes. Comme toujours quoi.

« Au fait... »

Je baissai le son.

« Tom m'a dit qu'il avait entendu vos exploits cette nuit ! »

Je souris en la voyant rougir.

« Ah bon ? Pourtant j'ai essayé de pas faire trop de bruit.
-C'était raté ! C'était bien au moins ? »

Elle détourna la tête quelques secondes de la route pour me regarder.

« Tu n'imagines même pas ! »

J'éclatai de rire.

« Je pense que si ! J'ai son jumeau je te rappelle !
-Ah bah oui. Ouais, mais... tu crois que c'est pareil ?
-J'en sais rien. Faudrait qu'on échange pour voir ! »

Elle me regarda comme si je venais te tuer son chien. Bill et moi.... Aaah ! Non c'était trop..... dégueu ! Ca faisait un inceste là ! Bill étant un peu comme mon frère, c'était un peu éc½urant ! Ah, non je préférais même pas imaginer !
Nous arrivâmes au magasin. Par chance, la maison était arrivée à temps. Elle était emballée dans un immense carton évident. Okay on avait la maison. Maintenant il fallait trouver comment on allait caser un maison d'1m50 de haut dans la Twingo. J'abaissai les sièges arrière et elle rentra, temps bien que mal.

« Vas-y c'est bon ça fera l'affaire pour aller jusqu'à chez Louisa ! »

Nous repartîmes, direction la maison de Louisa. A peine avait-on ouvert la porte qu'Ana nous sauta dessus.

« C'est mon nanivarsairre !!! Tata, c'est mon nanivarsaire ! »

Lola attrapa la petite.

« Oui oui je sais ! Mais t'as quel âge aujourd'hui ? »

La petite fit le signe trois avec ses doigts après avoir chercher.

« Et bah, j'ai 3 ans !
-3 ans ! Mais t'es une grande alors !
-Ouiii ! Moi, je suis grande ! »

Trop mignonne. J'embrassai ma s½ur.

« Comment va ma s½ur préférée ?
-Ton unique s½ur. Ca va et toi ?
-Bien bien. Les parents arrivent à quelle heure ?
-14 heures. Ils arrivent en train par contre. Maman en a marre de l'avion. Elle stresse. Ils arrivent à la gare d'Austerlitz.
-Okay. A l'autre bout de Paname quoi. Cool. »

On avait au moins 45 minutes de route pour y aller. Mais bon.

« Et les parents de Gustav et Georg ?
-Ils sont arrivés. Ils sont partis les chercher, ils vont plus tarder. »

Il manquait plus que les parents Kaulitz qui devait arriver dans l'après-midi aussi. Mais ça, c'était les jumeaux qui s'en chargeait. C'était leurs parents après tout ! Oh ! Lola et moi commençâmes à aider Louisa. Il fallait préparer un énorme repas, alors ça prenait du temps. On cuisinait, on discutait de tout et de rien.
14 heures sonna, Louisa et moi partîmes à la gare chercher nos parents. Nous n'étions de retour qu'à 15 heures 30. En rentrant, nous trouvâmes les parents de Gustav et Georg. Tom et Bill arrivaient avec les leurs. Voilà, presque tout le monde était là. Les parents de Lola étaient en voyage, alors ils étaient pas avec nous. Trop bête quoi. Surtout que son père était super marrant, ça aurait mis la bonne ambiance direct ! Ma mère avait pris des cours d'allemand, pour pouvoir discuter avec Tom mais aussi avec ses parents. Elle m'avait dit :
« Ecoutes-moi ma fille. T'as épousé un allemand, alors il faut bien que je m'adapte ! Je vais pas lui parler à l'italienne toute ma vie ! Alors, j'apprend l'allemand ! »
Trop forte. A l'italienne, ça voulait dire avec des signes, pour info. Je préfère préciser au cas où.... Après tout, je suis pas la seule blonde sur Terre, donc bon.
A 16 heures, les jumeaux arrivèrent avec leurs parents. Et voilà, tout le monde étaient là, la maison était envahie. Ana était surexcitée, elle sautait sur les genoux de tout le monde. Ca me faisait de la peine quand même parce qu'elle était toute seule la pauvre. Enfin, plus pour longtemps. Bientôt elle allait avoir un petit frère. Et oui, Louisa attendait un garçon. Vous aviez oublié ? Ooooh c'est pas bien ça ! Bah oui, Louisa était tombé enceinte deux mois après mois ! Alala, faut tout vous dire hein !
Bref, nous sortîmes tous dehors pour nous détendre. Il faisait super beau il fallait en profiter. Nous décidâmes même de manger dehors. Le repas se passait super bien, je discutai tranquillement avec la mère de Tom.

« Jade ? Ca m'étonne pas tu sais ! Déjà quand il était petit, il adorait ce prénom, je sais pas pourquoi. Il s'était même inventé une copine qui s'appelait Jade.
-Ah ouais ? Je savais pas ça !
-Si ! Jusqu'à ce qu'il ait 11 ans environ, il parlait tout le temps de sa copine Jade. Une gamine invisible. Il nous faisait trop marrer ! »

Je rigolai avec sa mère. Tiens tiens, sympa comme découverte !

« Enfin bref, il a toujours adoré ce prénom. Et je ne sais pas du tout d'où ça vient. On ne connaît personne qui s'appelle. Hein Tom ! »

Ce dernier se tourna vers sa mère, laissant son père.

« Quoi ?
-D'où ça te vient cette passion pour le prénom Jade ?
-C'était le prénom de ma première copine. »

Je le regardai, outrée. Et lui paraissait amusé.

« Mais non ! Déjà quand tu étais tout petit, tu parlais tout le temps d'une Jade imaginaire.
-Ouais je sais. J'en sais rien en fait, j'ai toujours eu ce prénom en tête. Pourquoi vous aimez pas ?
-Si si, c'est très jolie.
-Oui, très beau. »

Je lui souris. Je l'observai quelques secondes. Il était super beau. Il avait bronzé, et ce soir-là il portait un T-shirt et un bermuda blanc. Trop.... sexy ! Mais bon.... J'étais enceinte quoi. Dommage.
Ma mère arriva et je la laissai avec ma belle-mère. Je voulus retourner dans la cuisine, me chercher un verre d'eau, mais une violente douleur dans le ventre m'empêcha de bouger. Je lâchai le verre que j'avais en main. Il se brisa par terre. Je tombai sur les genoux. La douleur m'envahissait. J'avais l'impression qu'on m'électrocutait le ventre de l'intérieur. Je respirai doucement. C'était douloureux ! Tom apparut à côté de moi.

« Serena ? Ca va pas ? Qu'est-ce qu'il t'arrive ? »

Lola était de l'autre côté. Ils voulaient me relever mais je ne pouvais pas bouger. J'avais trop mal. Je respirai toujours comme un petit chien. Comme on m'avait appris. La douleur commençait à s'estomper. Je me tenais le ventre, je sais pas pourquoi. Puis soudain, je sentis un liquide couler le long de mes jambes. J'étais quand même pas en train de me pisser dessus ? La douleur était toujours là, mais en moins fort. Oh mon dieu ! Je me pissai pas dessus, je perdais les eaux ! J'attrapai le bras de Tom.

« Emmènes-moi à l'hôpital, vite !
-Qu'est-ce que t'as ?
-Je viens de perdre les eux !!! »

Je criai, je commençai à paniquer. Il y avait pas que moi d'ailleurs. Dès que j'ai prononcé cette phrase tout le monde s'est excité autour de moi. Lola est montée chercher des affaires à l'étage, ma mère et ma belle-mère m'ont aidé à me relever, pendant que Tom allait chercher la voiture. J'avançai vers la porte, en respirant toujours doucement. La douleur était fulgurante. Je me demandai comment j'arrivai encore à tenir debout. Bill prit la place de sa mère et me guida jusqu'à la voiture. Lui et Tom m'aidèrent à monter. Tom aussi était en panique. Il s'agitait dans tout les sens. Quand je fus assise il commença à s'exciter autour de moi.

« Ca va t'es bien installée ? T'es sûre que ça va ? Tu veux un coussin ? T'as mal encore ? »

D'un coup, je l'attrapai par le col et lui dit :

« Emmènes-moi à l'hôpital ! J'ai mal !! »

J'étais en train de souffrir comme pas possible et lui, il me demandait si je voulais un coussin ! Je le lâchai, il ferma la porte et vint côté conducteur. Il démarra en trombe, direction l'hôpital le plus proche. Il se gara devant les urgences directement. Il me descendit de la voiture puis m'emmena jusqu'à l'entrée. En me voyant, une infirmière s'approcha.

« Elle va accouchée !
-Pas de panique. Vous avez perdu les eaux ?
-Oui !
-Très bien. Amènes-moi une chaise ! »

Elle m'assit sur un chaise et m'emmena jusqu'à une chambre. On m'allongea sur un lit après m'avoir retirer mes fringues et fait enfiler une blouse d'hôpital. Tom était devant la porte il regardait, l'air complètement paniqué. Il voulait faire quelque chose, mais il ne pouvait plus rien faire. L'infirmière l'emmena dehors. Et moi je criai de douleur. Quelle horreur, ça faisait trop mal ! J'en étais qu'à huit mois, je pouvais accouché déjà !

« Ca arrive souvent que le bébé se manifeste avant la date prévue, ne vous inquiétez pas. »

Facile à dire ! Il me brancha à différents appareils.

« On va vous donnez des médicaments pour atténuer un peu la douleur. Vous en êtes où ? Le travail a déjà commencé ? »

Quoi ? Comment il voulait que je sache ça ? C'était lui le médecin pas moi !

« J'en sais rien.
-Très bien, je vais regarder ça alors. »

Putain, et voilà qu'il me matait maintenant. Super gênant quoi.

« C'est bien ce que je pensais... »

Il parla à l'infirmière pus me dit :

« Ne vous inquiétez pas madame, ce n'est pas encore pour tout de suite. Le travail n'a pas commencé. »

En gros, j'avais encore pas mal d'heures de souffrance devant moi quoi. Toooommm ...... !
Le temps passait si lentement.... J'ai bien cru que j'allais me tirer une balle ! Je voyais Tom derrière la vitre, il me souriait. Il se voulait rassurant, mais je crois qu'il avait encore plus peur que moi. Il ne pouvait pas rentrer. Il n'y avait que l'infirmière qui venait pour le moment.
La douleur, me fît penser à mon cauchemar. J'y pensais soudain et commençai à avoir peur. Chaque fois qu'un médecin, je le regardai de travers, stressant de levoir me charcuter pour prendre mon bébé.
Ca devait bien faire 2 heures que j'étais là maintenant. La famille était arrivé à l'hôpital. Je vis Bill me faire de grands signes et m'envoyai un baiser. Lola fît pareil. Qui se ressemble s'assemble hein ! Mes parents me souriaient, je voyais ma mère en panique aussi. Louisa leva le pouce en signe d'encouragement. J'allais en avoir besoin, du courage !
Une heure plus tard, on les laissa enfin entrer, pour me voir. Tous essayaient de me rassurer. Louisa la première. Je me sentais un peu mieux quand ils étaient là, mais j'avais super peur quand même. Plus le temps passait et plus j'avais mal. Ce n'est qu'au bout de 6 heures que la douleur devint insupportable. Les contractions étaient de plus en plus fortes. Les infirmières firent sortir ma famille. Tom aussi. Aaaaah ! Je voulais qu'il soit là ! De toute façon s'il était pas là, c'était sûr, j'accouchai pas ! Le médecin entra avec la sage femme et quelques infirmières.

« Eh bien, je crois qu'il est grand temps de faire apparaître ce petit bout de chou ! »

Il semblait gentil il me souriait. Moi je criai de douleur, j'étais carrément en sueur. J'avais trop mal !

« Mon mari.... Je veux qu'il soit là, s'il vous plaît.
-Bien sûr. »

Ils le firent entrer après lui avoir fait enfiler un blouse. Il avait laisser tomber le chapeau bizarre en voyant ses dreads. Il s'approcha de moi, souriant et tremblant. Je pris sa main et commençai à la serrer. J'allais certainement pas souffrir toute seule ! Oh !

« Vas-y ma belle, tu vas y arriver. Je suis là.
-Allez-y poussez mademoiselle. »

Je m'exécutai et poussai de toutes mes forces. Ouaaaaaaaaaah ! C'était trop horrible ! J'imaginai pas qu'on pouvait avoir aussi mal ! Je serrai la main de Tom si fort que j'ai bien cru lui avoir arracher les doigts. Mais il ne broncha même pas et continua de me caresser les cheveux.

« Allez, poussez encore. »

Et je poussai encore. Les larmes coulèrent sur mes joues. J'avais si mal. Tom me parlait mais je n'entendais même pas ce qu'il me disait. Je ne sentais que la douleur.

« Une dernière fois ! Il est presque là ! »

Et je poussai pour la dernière fois. Je criai et plus rien. La douleur disparut d'un coup. J'entendis un petit cri. Je reposai ma tête sur l'oreiller, tentant de reprendre ma respiration et mes esprits. Je ne sentais plus rien. Ca y était, je n'avais plus mal. Je regardai Tom. Il se redressa et regarda la sage femme. Son visage se décomposa quand il vit le bébé. Il était devenu tout blanc d'un coup. Je tenais toujours sa main, mais lui n'exerçait plus aucune pression. Il était comme hypnotisé par la sage femme. Elle s'approcha de nous, en souriant, ce qui le fît sursauter.

« Félicitations, c'est un magnifique petit garçon ! »

Je mis quelques secondes à réaliser. Tom se tourna vers moi, il avait retrouvé ses esprits. Il m'embrassa. Puis la sage femme posa le bébé sur mon ventre. Je vis le petit bonhomme. Il avait les yeux fermés, il agitait doucement ses toutes petites mains. Tout d'un coup, j'oubliai les 6 heures de douleur. J'oubliai tout. Je ne voyais que ce petit bout d'homme. Mon garçon.

« Vous avez choisi un prénom ? »

Je relevai la tête. La sage femme, souriante, tenait un carnet dans la main. Bien sûr qu'on avait un prénom. Du bout des doigts, je frôlai les petites mains de mon fils.

« Oui, il s'appelle Mathis.
-Mathis ? Avec un H ou sans ?
-Avec.
-C'est vraiment très mignon. Encore félicitations !
-Merci ! »

Je lui souris et elle partit. Tom était fixé sur le bébé. Il souriait.

« Ca va ? »

Il me regarda.

« Oui pourquoi ?
-Je sais pas. On dirait que t'es en transe.
-Je le suis. »

Il caressa le visage du bébé doucement.

« J'en reviens pas que... que ce soit mon fils ! »

Il se pencha un peu.

« Alors petit bonhomme. Bienvenue sur Terre ! »

Je souris. Une infirmière reprit le bébé pour le laver.

« Vous allez pouvoir prendre une douche aussi.
-Ah merci ! »

Ils s'étaient occupés de tout. Je me redressai doucement avec l'aide des infirmières. Tom me caressa la joue et dit :

« Je vais voir les autres.
-Oui. »

Il sortit. Et je m'assied sur une chaise roulante. L'infirmière m'emmena jusqu'à la douche. Elle me demanda si je voulais qu'elle m'aide. Je lui demandai de m'aider à me lever mais je voulais me laver toute seule. Je pense qu'on m'avait assez vu comme ça ! Je me tenais à la rambarde accroché dans la douche pour ne pas tomber. J'avais un peu de mal à tenir debout, mais ça allait. Je me lavais bien et ressortis. Je me séchai et renfilai la blouse. J'étais pressée de revoir mon bébé. L'infirmière me ramena dans une chambre. Elle m'allongea sur le lit et deux minutes plus tard, une deuxième infirmière apparut avec un petit lit où se trouvait mon petit bout de chou. J'en revenais toujours pas. J'avais trop de mal à croire qu'il était à moi. Rien qu'à moi ! Enfin, un peu à Tom aussi. Mais bon, on va dire que pour l'instant il était que à moi ! L'infirmière le prit et me le mit dans les bras. Il était tout propre comme moi. Il agitait un peu les mains, mais il avait toujours les yeux fermés. Je me demandai de quelle couleur ils étaient ?

« Excusez-moi. »

L'infirmière se retourna vers moi.

« Oui ?
-Je voulais savoir, à partir de quel âge à peu près, on détermine la couleur des yeux ?
-Oh... hum.... à peu près à 6 mois. Oui à environ 6 mois, la couleur des yeux devient définitive.
-Merci.
-Mais je vous en pris ! »

Elle sourit puis sortit elle aussi. J'étais à présent toute seule avec mon bébé. Il faisait nuit dehors. L'horloge m'indiqua qu'il était 3 heures du matin. Je regardai Mathis. Il était si petit, incroyable. On frappa à la porte. Elle s'ouvrit, laissant apparaître Tom. Suivit de près par Bill, Lola, mes parents, les parents de Tom, Louisa et Georg. Ca faisait du monde dans la chambre ! Heureusement que j'étais toute seule !
Bill cria et s'approcha de moi. Il regardait Mathis avec des yeux immenses, la main devant la bouche. Puis il sourit et dit avec un air espiègle :

« J'avais raison ! J'avais pas dit que c'était un garçon ? Hein ?
-C'est vrai, t'avais raison. »

Il se tapa sur le torse.

« Evidemment j'ai toujours raison ! »

Puis il reporta son attention sur le bébé.

« Mon dieu ! Il ressemble à Tom !Pauvre ange ! »

Je rigolai.

« Il te ressemble aussi non ?
-Oui, heureusement, ça le sauve un peu ! »

Tout le monde rigola. Même Tom.

« Je peux le prendre.
-Bien sûr ! »

Bill sourit en grand et tendit les bras. Je plaçai doucement le bébé dans ses bras. Trop mignon !

« Tu fais gaffe hein ! C'est pas comme une des poupée avec lesquelles tu joues ! »

Bill regarda son frère, grimaça et lui tira la langue.

« Tais-toi toi ! Tu dis n'importe quoi ! »

Il regarda le bébé et commença à jouer avec ses mains. Et... il devenait gaga ? Si je vous jure ! Il commençait à faire des « gouzi gouzi ! » Trop marrant ! Tout le monde s'extasiait sur le nouveau-né. Ma mère était super excitée. Bill lui donna le bébé, puis il s'approcha de son frère. Et pour la première fois, il l'embrassa vraiment comme un frère, et pas comme un imbécile. Il le serra dans ses bras. J'en aurai presque pleurer tellement c'était touchant. Tom prit le bébé dans ses bras et revint vers moi. Un infirmière entra dans la chambre.

« Oh, excusez-moi de vous déranger. Je vois qu'il y a du monde !
-C'est peu de le dire ! »

Elle sourit.

« Je viens pour le nom de famille du bébé. Vous savez que maintenant, le bébé peut porter le nom de la mère. Donc à vous de choisir. »

Je regardai Tom. Non, de toute façon, on allait se marier alors, j'allais aussi porter son nom.

« Non, non, il portera le nom de son père.
-Très bien. »

Elle sortit un petit carnet.

« Alors ce petit homme s'appelera... Mathis Kaulitz.
-C'est ça.
-Parfait. Je vous remercie. »

Elle ressortit. La mère de Tom prit le bébé.

« Mon premier petit-fils ! Seigneur, j'ai dû mal à y croire. »

Elle embrassa Tom.

« Merci mon fils de me faire ce cadeau. Et merci à toi aussi Serena. C'est magnifique ! »

Elle aussi s'extasiait. Comme Bill. Je vous le dis, c'était son portrait craché ! Le bébé passa dans tout les bras. Ils me demandèrent comment c'était passé l'accouchement et tout. Ce ne fût que vers 5 heures du matin, qu'on vint nous prévenir qu'il fallait qu'ils partent. Tout le monde partit donc. Sauf Tom qui resta encore avec moi.

« Je regrette de ne pas avoir vu Gustav. »

Le jour où Ana était née, c'était moi qui l'avait emmené à l'hôpital en catastrophe. Il venait d'arriver à l'aéroport et il ne voulait pas rater la naissance. Je me souvenais parfaitement de ce jour. Gustav et moi étions devenus inséparables après ça. Je ne sais pas pourquoi, mais c'était comme ça. Et je le regrettai aujourd'hui.

« Il viendra demain, t'en fais pas.
-Oui. »

Mathis dormait dans son petit lit. Moi j'étais épuisée mais je ne voulais pas dormir.

« Tu devrais rentrer.
-Non, je préfère être ici.
-Mais tu vas être épuisé ! Moi-même je suis fatiguée. »

Il me regarda et se pencha vers moi pour m'embrasser doucement sur la bouche.

« Okay. Je te laisse dormir. Je reviens tout à l'heure. »

Il allait se redresser mais je passai mes bras autour de son cou et le serrai contre moi.

« Je t'aime
-Moi aussi. »

Il m'embrassa dans le cou et je le libérai. Il se redressa et sourit.

« Allez à tout à l'heure. »

Il contourna le lit, se pencha sur le berceau une seconde, puis sortit en m'envoyant un baiser. Aaaaah. Je me sentais tellement bien. Je planais comme si j'avais pris de la drogue. Je me mis sur le côté et observai Mathis. Il était immobile, je voyais juste sa poitrine se soulever au rythme de sa respiration. Je restai 10 minutes comme ça puis me remis sur le dos.
Pfffiou, j'étais naze. Je vis un petit miroir sur la table à côté. Je le pris et me regardai. WOUAAAAH ! La tête de mort ! J'étais toute pâle, les yeux cernés. En plus j'avais une trace de noir en dessous de l'½il, trace de maquillage. Bref, une horreur quoi. Je reposai le miroir, préférant ne pas y penser.
Je regardai le plafond. J'éteignis la lumière et regardai le plafond dans le noir. Je venais de vivre le plus beau jour de ma vie. Je venais de donner la vie, et ça c'était magnifique.

# Posted on Thursday, 02 August 2007 at 4:17 AM

Edited on Thursday, 31 July 2008 at 12:43 PM

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J'ouvris doucement les yeux. Le soleil qui filtraient à travers les rideaux réchauffaient mon visage. Ma vue, au départ brouillée, devint clair. Je vis une infirmière penchée au-dessus de mon fils. Apparemment elle prenait sa tension ou je sais pas trop quoi. Je me redressai un peu, me réveillant doucement.

« Bonjour ! Vous avez bien dormis ?
-Très bien merci. Il est quelle heure s'il vous plaît ?
-Hum... midi et demie. »

Wouaaah ! Enfin... Je m'étais endormis à 5 heures du mat' aussi donc bon....

« On va bientôt vous apportez votre repas. »

Ca tombait bien, j'avais faim. 15 minutes plus tard, mon repas arriva je mangeais tranquillement. Puis une infirmière entra. Elle me demanda si je voulais allaiter ou lui donner le biberon. Ouaaah ! J'avais pas pensé à ça. Euh.... J'en savais rien. Lequel était le moins douloureux ? Je finis par me décider à allaiter. Après tout c'était le plus naturel, et c'était mieux pour lui ! Elle m'expliqua comment faire. Elle mit Mathis dans mes bras et me montra. Je pris vite le coup. Eh eh ! C'était pas trop dur en fait. Donc voilà, le bébé était en train de manger tranquillement, quand on frappa à ma porte.

« Oui ? »

Gustav apparut.

« Oups ! »

Il se retourna.

« Désolé, je voulais pas te déranger. »

Je rigolai. C'est bon, je faisais pas un strip-tease non plus !

« C'est bon Gus, viens là ! »

Il se retourna, ferma la porte et s'approcha.

« T'es sûr, je peux attendre dehors sinon !
-Hors de question ! C'est bon tu peux rester, ça me dérange pas.
-Okay. »

Il sourit et s'assit sur la chaise à côté de moi.

« Enfin te voilà. J'ai pensé à toi.
-Ah ouais ?
-Ouais. J'étais triste que tu sois pas là.
-Moi aussi j'aurais bien aimé. Mais Ana dormait et je pouvais pas laisser mes parents tu comprends.
-Oui, je sais, c'est pas grave. T'es là maintenant c'est tout ce qui compte ! »

Il me sourit.

« Alors voilà le petit Mathis. »

Il se releva. Je me rhabillai, il avait fini de manger. Gustav se pencha vers le bébé. Alala, les bébés ça rend trop gaga !

« Tiens, prends-le. »

Il ne se fit pas prier deux fois ! Il prit le bébé dans ses bras et le berça doucement.

« C'est incroyable ! On voit bien déjà qu'il ressemble à Tom. Il a les mêmes traits.
-Hum... Enfin je vois ce qu'il y a d'incroyable. Quand Ana est née, je me souviens très bien avoir été choqué par la ressemblance avec toi. C'était ton portrait craché !
-Ouais ? Je me rappelle pas.
-Oh oui ! Elle te ressemblait grave ! »

Il me sourit. Il adorait le fait que sa fille lui ressemble. Je le comprenais. Il se rassit.

« Tom fais quoi ?
-Quand je suis parti il dormait toujours.
-Okay.
-Mais il va pas tarder je pense. Vu que Bill était debout, il va le réveiller c'est sûr. »

Oui, c'était sûr.
Nous discutâmes jusqu'à l'arrivée de Tom et Bill. Il passèrent la journée avec moi. L'hôpital me garda 3 jours à l'hôpital. Même si j'étais jamais toute seule, c'était long quand même. Alors je peux vous dire que j'étais super contente quand ils me libérèrent enfin !
Tom vint me chercher le troisième jour. Il avait pris la voiture de Gustav, qui possédait un siège auto. Bah oui, pour Ana ! J'installai Mathis dedans, l'attachant bien et nous partîmes, direction chez Louisa. Mon frère, qui rentrait aujourd'hui d'un voyage en Angleterre, m'attendait là-bas pour voir le bébé. Nous arrivâmes enfin et je me dirigeai vers l'entrée, Mathis dans les bras. Quand je franchis le pas de la porte, ce fût comme une explosion. Tout le monde était excitée, heureux, tout le monde parlait en même temps. C'était le souk. Je réussis à trouver mon frère. Je confiai Mathis à Tom une seconde et sautai dans les bras de mon frère. Ca faisait trop longtemps que je l'avais pas vu !

« Ma p'tite Seri ! Ca va ?
-Super bien ! Ca me fait trop plaisir de te voir ! »

Je me reculai et le regardai. Il avait pas changé. Tom, qui était à côté, lui serra la main et Yanis se pencha sur le bébé.

« Mon dieu ! J'aurai pas imaginé que tu puisses avoir un bébé aussi beau ! »

Sympa ! Il rigola.

« J'te charrie ! Non sérieux, il est super beau. Mathis c'est ça ?
-Ouaip !
-Je peux le prendre ?
-Evidemment ! »

Tom lui tendit le bébé. Et là je m'aperçue de la présence de sa femme, Lila. Elle était tellement discrète que je l'avais pas vu !

« Lila ! Bah, restes pas dans l'ombre comme ça ! »

Elle me sourit et je l'embrassai. Et je vis mes trois petites nièces, mes trois petites triplettes.
Alala, c'était trop beau pour être vrai ! Toute ma famille réunit, un vrai bonheur !
Je passai toute la journée avec eux, avant de retourner enfin chez moi, en compagnie de mon fils et de mon mari. Ca faisait vraiment bizarre de dire ça. Il était environ 19 heures. Je nourris Mathis et le couchai.
Je sortis doucement de la chambre et rejoignit Tom, qui était dans notre chambre. Il rangeait mes affaires. Si c'était pas trop adorable ça ! Je passai devant la glace et détournai vite la tête. J'étais tellement horrible, ça faisait vraiment peur.

« Je vais prendre une douche.
-Okay. »

J'entrai dans la salle de bain et me déshabillai. Je me regardai dans la glace. J'avais encore le ventre rond. Beaucoup moins, c'était sûr, mais il était encore un peu rond. Et j'avais toujours ce cul énorme. Heureusement, je n'avais pas pris ailleurs. Enfin, je trouvais que c'était déjà pas mal hein ! Parce que mon cul ressemblait au Brésil !
Je me lavai tranquillement et rejoignis Tom, qui s'était allongé sur le lit. Je ne m'étais pas habillée, je ne portai que mon peignoir. Quand il me vit, il se mit sur un coude et me regarda. Ce regard.... ce sourire.....

« Pas la peine de rêver Tom !
-Quoi ? »

Bah bien sûr, fais comme si tu savais pas !

« J'ai rien dit !
-Non, mais ton regard et ton sourire te trahissent. C'est pas la peine d'y penser, c'est NON ! »

Je fouillai dans un tiroir à la recherche de sous-vêtements. Tom se leva d'un bond et se plaça derrière moi. Il passa ses bras autour de ma taille et commença à m'embrasser dans le cou.

« Tom ! Non, arrêtes !
-Pourquoi ? T'as plus l'excuse que t'es enceinte maintenant ! »

Il continua son petit jeu. Raaaa !

« Non je sus plus enceinte, mais je suis énorme ! Je ressemble à..... à.....
-A quoi ?
-A rien justement ! C'est horrible. »

Je m'échappai de son étreinte avant qu'il soit trop tard.

« Eh ! Non c'est pas juste ! Ca fait au moins 3 ou 4 mois que j'attend !
-Et bah tu devras encore attendre ! Que j'ai perdu un peu de poids.
-Mais pourquoi ? Moi je te trouve super sexy ! Et tu me plais comme ça ! »

Quoi ? Là, je savais pas trop comment le prendre. En gros, il m'aimait bien quand je ressemblai à une énorme grosse vache ! Bon j'exagèrais un peu mais voilà quoi !

« Je suis horrible. Et je veux pas que tu vois comment je suis toute déformée ! »

Il rigola.

« Arrêtes ! De toute façon je serai bien obligé de voir. Je vais certainement pas attendre la saint glinglin !
-Non, tu vas attendre que j'ai perdu un peu de ventre, au moins. Parce que là.... »

Là ça craignait. Je sortis de la chambre, direction la salle de bains. Je voulais pas me déshabiller devant lui. Sérieux ? Je me sentais trop moche. Mais vraiment quoi !

/

Ca faisait maintenant 2 semaines que j'étais revenue de l'hôpital. Les garçons étaient partis en Allemagne, pour quelques passages à la télé. Etant donné que ça faisait longtemps qu'on avait pas entendu parler d'eux, leur producteur avait jugé qu'il serait bon qu'ils fassent quelques passages à la télé allemande. Ils étaient donc partis pour deux semaines.
Presque tout le monde était reparti, les parents de Gus, ceux de Georg, mon père et le beau-père de Tom. Ma mère et la sienne avaient décidé de rester à Paris quelques temps. Elles voulaient passer du temps avec moi et Mathis, et en plus comme elles s'entendaient bien, elles voulaient faire lus connaissance. Alors elles étaient restées.
Moi ? Bah moi je m'occupais de mon bébé évidemment. On imagine même pas à quel point c'est du boulot un petit bébé comme ça. C'est tout petit mais ça a besoin d'encore plus de truc que nous ! Mais bon, il était là et j'étais sur un nuage !
J'étais contente en plus, j'avais réussi à perdre.... 5 kilos !! Ouais ! J'avais plus cet énorme ventre que j'avais en rentrant. Par contre j'avais toujours cet énorme cul ! Mais bon.... Le pire était parti quoi. Mais c'était pas pour autant que j'avais cédé. Tom avait dû partir en Allemagne frustré. Et oui ! Mais bon, j'allais me rattraper quand il rentrerait. Promis !
Pour le moment, j'étais avec Lola dans la cuisine. Mathis dormait. Lola s'assied sur un des tabouret et saisit une pomme sur la table.

« Au fait Serena...
-Quoi ? »

Il y eut un silence. Je me tournai vers elle. Elle mangeait sa pomme en me regardant.

« Quoi ?
-Bah.... »

Elle avala. Elle eut l'air un peu gênée d'un coup.

« Quoi ? Vas-y déballes.
-Bah en fait tu sais..... Bill et moi on se disait que..... Tu vois, l'Allemagne ça lui manque et..... Tu sais que j'aime bien l'Allemagne.... En plus maintenant il y a Mathis et..... Enfin.... »

Elle allait tourner longtemps autour du pot comme ça ?

« Bon Lola, abrèges ! Dis-moi ce que tu veux me dire là ! »

Elle me regarda et grimaça un peu.

« Bill et moi on voudrait déménager. »

Je posai mon couteau et allait m'asseoir en face d'elle.

« C'est génial ! Vous avez raison, après tout vous avez droit à votre intimité aussi ! »

Je souris. Elle sourit un peu. Bon, c'était pas tout apparemment.

« Quoi d'autre ?
-Bah.... On va déménagé en Allemagne. »

Gloups. Ah. Bah oui. Ca semblait évident. Mais.... Ma Lola, en Allemagne, loin de moi. J'avais pas pensé.

« Ah ouais...
-L'Allemagne lui manque tu vois. Alors il m'a demandé si je voulais le suivre là-bas, vivre avec lui tu vois. J'ai dit oui. »

Elle me regarda, comme pour me demander si elle avait bien fait. Eh oh, elle était grande hein !

« T'as bien fait. C'est sûr que.... l'Allemagne c'est pas la porte à côté, mais vous êtes si bien ensemble. Tu aurais eu tort de refuser.
-Oui mais toi ? Ca te dérange pas ? »

Je rigolai.

« Tu vas pas refuser cette offre juste pour moi ! Mais non ça me dérange pas.
-Tu sais ça me fait bizarre quand même. Quitter la France, te quitter toi. »

Elle baissa la tête. Je m'approchai d'elle. Quand elle releva la tête, elle pleurait. Bah ça alors ! Qui aurait cru voir un jour ma Lola pleurer ! Je la serrai dans mes bras.

« Allez Lola pleures pas comme ça ! C'est génial non ? On habitera plus à côté mais tu seras toujours ma s½ur de c½ur tu sais bien ! Et on se verra souvent ! Les jumeaux sont inséparables alors ils voudront se voir souvent, c'est sûr ! Et puis je viendrais te voir et tu viendras ! Allez calmes-toi, ça va aller. Tu te passeras très bien de moi, j'en suis sûre !
-Bah pas moi. »

Elle continua de pleurer. Putain. J'avais rarement vu Lola comme ça. Pleurer je veux dire. Elle se calma après quelques minutes. Elle s'essuya les yeux.

« Oui mais... Tu vas me manquer.
-T'es pas encore partie ! Il faut que vous trouviez l'appartement déjà ! »

Elle re-baissa la tête. Hum...

« Bah.... En fait il a déjà trouvé. C'est une maison en fait. »

Ah ouais carrément. Bon.... J'étais triste d'un coup. Mais je pouvais pas lui dire de rester là, ça se faisait pas. Et puis je voulais pas qu'elle reste. Elle adorait Bill, Bill l'adorait et ils méritaient d'être heureux !

« C'est génial alors ma puce. »

Je lui souris, elle me regarda de ses yeux rougis.

« Pleures pas, c'est génial non ? Tu vas vivre avec lui !
-Oui.. »

Elle sourit enfin. Ma Lola allait partir.

« Vous déménagez quand ?
-Le mois prochain normalement. »

Dans un mois ? Putain, c'était du rapide ! Mais bon... C'était cool pour eux ! Je l'embrassai sur le front.

« C'est cool ma chérie, je suis super heureuse pour toi.
-Merci. Je t'adore ! »

Et là elle me sauta au cou, elle avait retrouvée son excitation habituelle ! Sacrée Lola !
Nous finîmes de préparer à manger. Nous fîmes la vaisselle, nous regardâmes un peu la télé puis Lola partit. Elle avait un rendez-vous. Vers 15 heures, j'entendis Mathis pleurer. Je me levai et allai dans sa chambre toute verte.

« Coucou mon namour ! »

Je pris mon petit ange doucement dans mes bras. Il était trop mignon avec sa grenouillère verte. Et ouais, assorti à sa chambre ! Eh eh ! Il se calma quand je le pris. Je l'emmenai dans le salon.

« Oulala, t'as fait un gros dodo, c'est bien ! »

Je l'embrassai. Bon bah il était l'heure de le nourrir. Après ça, je décidai de l'emmener dehors. Histoire de faire une balade quoi. Je sortis la poussette et le mis dedans. Vous m'auriez vu marcher avec la poussette dans la rue, trop marrant. Même moi ça me faisait trop bizarre, j'avais du mal à m'y faire quand même. En plus je faisais pas vraiment mon âge, avec mon look et tout. C'était pas pour me la raconter mais, je faisais plus jeune quand même. En général on me donnait 20 ans. Alors, les gens se retournaient souvent sur mon passage quand ils voyaient la poussette. Oui oui, c'était le mien !
J'entrai dans un parc et m'assied sur un banc, à l'ombre. Il faisait bon, c'était super agréable. Je berçai doucement Mathis, dans son landau. Puis mon téléphone sonna. Lola.

« Oui ?
-C'est moi. Eh t'as pas le numéro de ton dentiste sur toi ?
-Pourquoi ?
-Bah, j'ai super mal à la dent je voudrais prendre un rendez-vous mais je trouve pas le numéro sur le bureau.
-Euh si, attends je dois l'avoir. »

Je lâchai le landau, arrêtant de le bercer et me tournai sur le côté pour fouiller dans mon sac.

« Attends une seconde...
-Vas-y. »

Putain, il était où ce putain de numéro ? Je fouillai. Je vidai le contenu de mon sac. Téléphone, portefeuille, agenda, ticket de caisse ? Ils dataient du mois dernier celui-là ! Hum.... Ah ! Répertoire !

« C'est bon je l'ai ! Alors.... 0232659874
-...9874. Merci poulette !
-De rien. A tout à l'heure. »

Je raccrochai et rangeai tout dans mon sac.

« Ah mon chéri, maman devrait.... »

Je me tournai vers le landau... qui n'était plus là. Mathis !!
Je me levai tel un ressort et commençai à chercher partout. Je criai son nom d'instinct. Je savais qu'il ne me répondrai pas, mais j'espérai qu'il pleurerai pour que je l'entende. Oh mon dieu, mon bébé ! Je partis sur ma droite je commençai à courir. Je revins sur mes pas. Mon c½ur battait à 300 à l'heure, j'en avais les larmes aux yeux. Je criai, des gens se retournaient sur mon passage. Je leur demandai s'ils n'avaient pas vu une femme avec un landau.

« S'il vous plaît.... un landau bleu marine avec un bébé dedans ? Vous l'avez pas ?
-Non, désolé.
-Moi je l'ai vu ! »

Une petite fille me regardait. Je courus vers elle.

« Où ? Tu l'as vu où ?
-Là-bas, derrière le gros buisson. »

Elle me montra du doigt. Je me mis à courir. Je sais, c'était une enfant, mais on dit toujours que la vérité sort de la bouche des enfants. Je courus encore. J'avais si peur, je priai de toutes mes forces pour le retrouver. Mon dieu, je n'imaginai même pas.... J'arrivai derrière le buisson et vis une femme qui prenait des photos. Je m'avançai encore un peu. Mon landau ! Elle prenait des photos dans mon landau ! Je m'approchai d'elle, la saisit par l'épaule et la jetai violemment en arrière.

« Qu'est-ce que vous faites ? »

Je hurlai. La femme lâcha son appareil et me regarda.

« Rien du tout. Je prends juste des photos. »

Quoi ?

« Vous venez d'enlever mon fils ! Vous êtes timbrée ou quoi ?
-Je ne l'ai pas enlevé. Je suis une journaliste professionnelle, je n'enlève pas d'enfant ! »

Une journaliste professionnelle ?

« Vous êtes... journaliste ?
-Oui.
-Et... Je peux savoir ce que vous faites avec mon bébé ?
-Et bien je le photographie. Il est si mignon ! Et les gens seront ravis de voir le fils héritier de Tom Kaulitz ! »

Quoi ??? Je la regardai bouche bée. Puis la colère m'envahit. Je commençai à bouillir. Je serrai les poings. Puis sans crier gare, je lui balançai mon poing en plein visage. La journaliste perdit l'équilibre et tomba.

« Vous êtes pas bien ou quoi ? Vous enlevez mon fils juste pour le montrer au monde entier ? »

La journaliste se redressa. J'arrachai violemment l'appareil qu'elle avait autour du cou et le jetai à terre avant de taper dedans avec mon pied.

« Ca ne regarde personne ! Personne vous m'entendez ? C'est mon fils et je vous interdis de l'approcher ! »

Je bouillonnais de rage. Non mais elle se prenait pour qui cette pétasse là ? Elle enlevait mon fils comme ça, normal !

« Pas la peine de vous énervez comme ça madame ! Je ne fais que mon travail !
-Et bah allez le faire ailleurs ! Je ne veux plus vous voir ! Je vous interdis de m'approcher ! »

Son travail !? Elle appelait ça un travail ? Je me retins de lui mettre une autre baffe. Je me penchai sur mon bébé. Il s'agitait doucement. De le voir, de penser qu'elle avait osé me le prendre....
Je me retournai et lui remis un pain dans la tronche. Et là je commençai à l'insulter de tout les noms. Il fallut qu'un homme apparaisse pour me calmer et pour l'aider à se relever.

« DEGAGES !! Barres-toi d'ici avant que je te tue ! Dégages !!! »

La journaliste, qui pissait le sang du nez, partit sans demander son reste. Je tremblais de rage. L'homme me demanda si j'avais besoin d'aide, si je voulais quelque chose. Je me calmai un peu, pour lui répondre le plus aimablement possible. Il me sourit puis partit. Je pris Mathis dans mes bras et le berçai doucement. J'avais l'estomac noué. Les larmes se mirent à couler sur mon visage. Mon bébé, j'avais bien cru le perdre. J'en serai morte je crois. Je restai comme ça quelques minutes puis je le remis dans le landau. J'essuyai mes joues et retournai chez moi. J'étais toute retournée. J'étais à la fois bouleversée d'avoir cru perdre mon fils, mais j'étais aussi hors de moi. Penser que cette femme avait osé me le prendre, osé me faire la peur de ma vie, juste pour que les gens voient le fils de Tom ! Ca, ça me mettait hors de moi.
Je rentrai chez moi. L'appartement était vide. Je pris Mathis dans mes bras et allai m'asseoir dans le canapé. Il me regardait avec ses petits yeux. Des yeux.... qui avaient l'air de virer sur le marrons. Et voilà, en plus d'avoir le visage, il allait avoir les yeux de son papa ! Quelle injustice quand même ! Je le regardai s'agiter avec ses toutes petites mains. Il attrapa mon doigt et l'agita, puis le lâcha. Je ne pus m'empêcher de sourire en voyant ce petit bout. C'était trop mignon. Je ne sais pas combien de temps je suis resté comme ça, assise à le regarder. Mais ça faisait déjà pas mal de temps que Mathis s'était endormi. Je me levai et allai le mettre dans son lit. Au moment où je sortis, la porte d'entrée s'ouvrit.

« Coucou ! »

C'était Louisa et Ana. La petite courut vers moi.

« Tata ! Tu zais quoi ? Et bah... et bah moi.... et bah z'ai vu un clown ! »

Elle parlait de plus en plus et de mieux en mieux mais elle avait tendance à zozoter. Trop mignon ! Je m'abaissai.

« C'est vrai ? T'as vu un vrai clown ?
-Ouiiii !
-Et il était gentil ?
-Oui !! Il m'a donné une sucette, 'gade ! »

Elle me montra la petite sucette rose. Je souris et l'embrassai.

« C'est cool alors !
-Dis tata, peux zouer avec This' ?
-Ah non ma chérie, là il dort, désolé.
-De toute façon, il est trop petit Ana, je t'ai déjà dit. »

La petite commença à faire la moue.

« Mais tu peux aller jouer dans ma chambre si tu veux. »

Elle changea d'expression, sourit et courut dans ma chambre. Et voilà ! J'embrassai ma s½ur, enceinte jusqu'aux yeux. Elle s'asseye sur le canapé et soupire.

« J'en peux plus ! T'as de la chance toi qu'il soit né ! Moi j'en ai encore pour deux mois.
-Et oui ! Allez, après tu seras super contente !
-Ouais.... Dis, ça va toi ? T'as l'air bizarre.”

Ah bon? Bah, à part le fait qu'on avait failli enlever mon fils et que je venais de tabasser une journaliste, tout allait bien !

« Pourquoi tu dis ça?
-Je sais pas. T'as les yeux rougis. Ca va pas ? »

Hum... La prochaine fois, penser à aller dans la salle de bains.

« Bah... En fait, j'ai frappé une journaliste tout à l'heure.
-Arrêtes ? Pourquoi ? »

Je commençai à lui raconter toute l'histoire. Elle m'écoutait, elle en croyait pas ses oreilles.

« Putain, mais ils sont vraiment pas bien ces journalistes ! Enlever carrément un enfant juste pour faire un article d'enfer !
-Alors t'imagines comment j'étais énervé. Alors je lui ai remis un pain dans la tête. Je crois que je lui ai éclaté le nez ! »

Louisa sourit puis rigola. Puis nous éclatâmes de rire.

« Une vraie sauvage toi !
-Attends, c'est normal ! Imagines si elle avait enlevé Ana ! T'aurais fait pareil ! Enfin, là tu lui aurais mis un coup de ventre, avec ton énorme ventre ! »

Ma s½ur s'indigna !

« I est pas énorme ! Il est... normal !
-Ouais, c'est ce qu'on dit ! T'es sûre que t'es pas enceinte de jumeaux parce que là... »

Elle m'envoya un coussin en pleine tête.

« Parles pas de malheur. Imagines un Tom et un Bill junior ! »

Elle grimaça puis rigola.

« Non, je pourrais pas. Et puis, trop de travail, la galère !
-Ouais, c'est clair. »

Ma s½ur soupira et se laissa aller dans le canapé.

« Enfin, je crois qu'il va falloir que tu t'habitues aux journalistes. Du moins pour le moment. Tu verras, dans quelques temps ça leur passera.
-J'espère.
-Mais oui ! Moi c'était pareil, quand je me suis mariée, c'était l'horreur. Les gens appelaient chez nous pour m'insulter, les journalistes nous harcelaient. Pareil quand Ana est née. Et puis un jour, ça s'est arrêté. Je peux te dire que j'ai béni ce jour-là ! »

Je rigolai. Hum.... Bref, ça allait être la misère quoi !
Louisa passa toute l'après-midi avec moi. Lola arriva dans l'après-midi et nous décidâmes d'aller au restaurant toute les trois le soir même. Louisa confia Ana à notre mère et moi je confiai Mathis à ma belle-maman. Nous trouvâmes un restaurant marocain. Ca nous rappelait des souvenirs, quand on habitait encore à Marseille, chez nos parents. Nous mangions notre couscous et on rigolait comme des sauvages.

« Eh, Tu te rappelles le jour où on avait cramé les feuilles de cours du prof d'histoire ? Tu sais le prof super chelou, avec ses nattes et sa dégaine de dealer là ?
-Ouiiiii ! Je m'en souviens ! Trop des barres ! Et puis c'est toi qui avait brûler ses copies, pas moi !
-Ouaaaah ! T'étais avec moi !
-Ouais, mais c'est toi qui tenait le briquet ! Et il était à toi !
-Ah d'accord, tu me lâches quoi ! Merci sympa !
-De rien ! »

On arrêtait pas de parler d'avant, je sais pas pourquoi. Peut-être la nostalgie du passé, inconsciemment on regrettait ce temps là. C'était vrai qu'à cette époque, on avait aucunes responsabilités, on faisait n'importe quoi sans aucunes conséquences, on s'éclatait, on faisait la fête tout les week-end sans problème. Maintenant, c'était plus possible quoi. Mais bon, je n'avais pas de regrets, j'aimai la vie que je menai aujourd'hui. Sans aucun doute !

Le lendemain matin, il était à peu près 9 heures du matin. J'étais en train de nourrir Mathis, comme il se doit quand mon téléphone sonna.

« Lola, décroches, s'il te plaît. »

Elle s'exécuta.

« Oui ?.... Ah Tom ça va ?.... Oui elle est là mais elle allaite pourquoi ?..... Bah attends, je mets le haut-parleur. »

Lola mis le haut-parleur et posa le téléphone à côté de moi.

« Allô ?
-Serena ? C'est moi.
-Ca va ?
-Pas vraiment en fait.
-Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
-Tu as agressé une journaliste ? »

Hein ?

« Quoi ?
-On te voit à la télé en ce moment même, en train de frapper une journaliste.
-Quoi ?? Lola.... c'est quelle chaîne ?
-RTL.
-Lola, met la câble, et met RTL, vite ! »

Lola alluma la télé et mit la chaîne. Et là je me vis. En train de mettre une pêche à la femme d'hier. Le présentateur disait :

« Hier, dans l'après-midi, Serena Splinter, future épouse du guitariste Tom Kaulitz, a agressé dans un parc, une jeune journaliste française. Cette dernière a décidé de ne pas porter plainte, mais témoigne aujourd'hui pour nous. »

Et là, apparut la journaliste d'hier à l'écran. Elle avait un énorme pansement sur le nez et elle témoignait devant un hôpital. Voilà comment en rajouter dans le genre dramatique ! Vraiment n'importe quoi.

« Je voulais simplement faire mon métier, lui poser une ou deux questions mais elle m'a violemment poussé puis elle a commencé à me frapper en m'insultant de tout les noms. J'ai eu le nez cassé à cause d'elle. C'est une vraie furie, elle m'a agressé sans aucunes raisons valables ! »

Et elle disparut de l'écran pour laisser place à une photo de Tom et moi, prise il y a quelques mois certainement. Le présentateur parlait toujours, expliquant à quel point j'étais une sauvage et comment ça se faisait que Tom allait m'épouser et tout le blablabla habituel.
J'étais bloquée devant la télé, la bouche ouverte les yeux exorbités. Lola aussi.

« Serena ? T'es là ? Allo !? »

Je me réveillai. Mathis pleura, il avait fini de manger. Je me rhabillai et le posai dans le cosy avant d'attraper le téléphone.

« Je suis là !
-C'était quoi ce reportage là ?
-Tom, tu me crois vraiment capable d'agresser quelqu'un comme ça ! Ils n'ont montrés que ce qu'ils voulaient montrer !
-C'est-à-dire ? Expliques !
-Je l'ai pas agressé ! Elle avait carrément enlevé Mathis pour le prendre en photo. Okay, je me suis énervée et je l'ai frappé mais c'était pour une bonne raison ! Du moins, c'était pas pour rien ! »

J'entendis Bill crier derrière :

« T'as assuré Serena ! Tu lui as carrément refait le portrait !
-Ta gueule Bill ! »

Je souris un peu. Heureusement qu'il était là lui.

« Elle a enlevé Mathis ?
-Oui... Non... Enfin, elle l'a pris pour faire des photos. Moi je l'ai cherché partout, j'étais au bord de la crise de nerfs je te jure ! Il était juste à côté de moi et la seconde d'après il n'était plus là.
-Pourquoi t'es pas allée voir la police ?
-Pour quoi faire ?
-Je sais pas ! Pour la faire arrêter non ?
-Hum... J'ai pas pensé. »

Il soupira. Oui bon bah oh ! C'était pas de ma faute non plus ! J'allais pas la laisser partir tranquillement avec son appareil, en lui faisant la bise non plus !

« On est mal. Du moins, tu es mal. »

Bill cria derrière :

« C'est clair ! Tu vas être harceler ma pauvre !
-Oui, les journalistes vont te suivre, ils vont trouver l'appartement, ils vont te harceler. »

Gloups. Il blaguait là ?
« Attends, mais j'ai rien fait moi !
-Oui mais eux ils s'en foutent ! C'était un coup monté Serena t'as pas encore compris ?
-Comment ça ?
-Elle a fait exprès de prendre Mathis, elle savait que tu serais super énervé, et tu as fait exactement ce qu'elle voulait, c'est-à-dire la frapper. Parce que comme tu as pu le voir, c'était une info en or, et un scoop d'enfer pour eux ! »

Je déglutis avec peine. Merde, j'avais pas pensé à ça ! Je commençai à tourner en rond dans l'appartement, Lola me regardait et écoutait la conversation.

« Putain ! Mais je fais quoi moi maintenant ? »

Il y eut un silence. J'entendais parler. Tom parlait avec les garçons je crois. Mais je ne comprenais rien. Après quelques minutes il me dit.

« Bon, tu vas devoir venir ici. On va essayé de calmer l'affaire avant que ça ne devienne trop chaud.
-Tu veux que je vienne où ?
-En Allemagne !
-Quoi ? Mais... et comment ? Avec Mathis je peux pas !
-Et pourquoi ça ?
-Il ne peux pas prendre l'avion !
-Mais il peut prendre le train. Serena tu dois prendre le premier train et venir ici le plus vite possible. Ce serait parfait si tu arrivai aujourd'hui. »

Non mais il avait un grain ou quoi ? Il avait trop bu hier et son cerveau était encore trop imbibé d'alcool ? Il voulait que je débarque comme ça, en Allemagne, dans la journée, avec Mathis. Il se rendait compte de tout ce que je devais emmener rien que pour lui ? Il me fallait au moins une journée pour faire toute les valises !

« Peu importe, tu ne prends que le nécessaire, on rachètera tout ici. Sautes dans un train et viens ici. »

J'allais certainement pas sauter dans un train, pour commencer ! Et puis...

« Serena je dois te laisser. Je t'attend ce soir. Je t'aime.
-Quoi ? Attends... »

Bip bip bip bip bip. Il avait raccroché. Aaaaaaaaaaaaaaah ! J'allais le tuer ! Ca m'énervait quand il prenait les décisions comme ça ! Comme si j'étais sa chose là ! Raaaaaaaaaaaaa !!
Je balançai le téléphone sur le canapé.

« Alors ?
-Il m'énerve ! Il me prend pour son objet lui ! Ca me gave ! »

Lola soupira et se leva.

« Je parle pas de ça ! Il t'a dit quoi pour le reportage ?
-Il veut que je le rejoigne en Allemagne ! Aujourd'hui !
-Aujourd'hui ?
-Oui ! Mais il se rend pas compte lui ! Il croit que hop ! D'un coup de baguette magique toutes les affaires seront et que hop ! D'un autre coup je vais me retrouver dans un train ! »

Je ronchonnai comme une vieille pendant que Lola se foutait de moi. Elle m'attrapa par les épaules et me secoua.

« Stop ! Tu te tais ! Ecoutes, t'as peut-être pas de baguette magique, mais aurais-tu oublié que tu as encore mieux !?
-Et c'est quoi ? »

Elle recula et écarta les bras.

« Une Lola magique ! »

Je ne pus m'empêcher de sourire. Incorrigible cette fille. Elle me poussa vers ma chambre.

« Toi tu vas faire tes valises ! Moi je me charge de celle de Mathis et du billet de train.
-Mais...
-Pas de mais ! Ouste ! »

Et elle me balaya, tel un chiffon Swiffer contre une misérable poussière. Sympa ! J'entrai dans ma chambre et sortis ma valise de l'armoire. Je commençai à mettre mes fringues dedans. Lola passa sa tête par la porte.

« Dis, tu prends combien de bavoirs et de biberons ? Et les tétines, tu prends les deux ?
-Oui, je prends les deux. Tu mets tout ce qu'il a dans sa commode dans un valise ! Je préfère ne manquer de rien.
-Bien chef ! »

Et elle repartit. Je finis de faire ma valise et allai dans la chambre de Mathis. Lola faisait le moins de bruit possible pour ne pas réveiller mon bout de chou. J'entrai et chuchotai :

« Tu t'en sors ?
-Ouais, ouais. J'ai tout mis dedans.
-Okay. »

Et là, j'entendis Mathis bouger, puis il commença à pleurer. Je me précipitai vers lui. Pauvre petit ange, obligé de prendre le train à cause de son père indigne !

« Et toi Lola, ça te dérange pas de rester ici toute seule ?
-Non non. De toute façon, je pense que je vais vous rejoindre là-bas dans pas longtemps.
-Ah ouais ?
-Ouais. »

Ah. Bon okay. Tant mieux.
Il était à présent 11 heures. Je devais prendre le train à 13heures. Le temps de finir de tout préparer, de vérifier pour la millième fois que je n'avais rien oublié, de pester pour la dix millionième fois contre Tom et de me faire encore engueuler par Lola, il était l'heure de partir. Lola m'aida à monter mes bagages dans le train et je montai ensuite avec Mathis, après l'avoir embrasser. Bon bah j'en avais pour 5 heures de train avec un changement en Alsace. Cool.
Le temps passa plutôt vite. Mahis dormait dans mes bras, moi j'écoutai de la musique en regardant le paysage. A un moment, un homme, plutôt jeune, il devait à peine avoir la trentaine, était venu s'installer en face de moi. Il était plutôt séduisant et avait l'air. Il avait commencé à discuter avec moi mais il avait vite lâché l'affaire quand il avait vu que je n'étais pas très bavarde. Bah ouais. Je changeai de train et m'endormis dans le second. Ce fût une femme qui me réveilla. Je descendis avec mes valises et Mathis dans un cosy. Bon, il ne restait plus qu'à trouver Tom. Je lui avais dit que j'arrivai à 18 heures et il m'avait dit qu'il viendrait me chercher. Je le cherchai pendant 10 bonne minutes avant d'en avoir marre. Je m'assied sur un banc, posai mes valises, pris Mathis dans mes bras et téléphonai à Tom.

« Allo ?
-C'est moi. T'es où là, je te vois pas.
-Euh.... je.... t'as pas reçu mon message ?
-Quel message ? Pourquoi ?
-Je.... suis pris là, je peux pas venir te chercher. Il faut que tu prennes un taxi.
-Quoi ? »

Il plaisantait là ?

« Et pourquoi ça ?
-Bah, on est en réunion là tu vois et....
-Ecoutes moi bien, Tom Kaulitz ! Je viens de me taper 5 heures de train, alors ta réunion, je m'en tamponne, t'imagines même pas ! Je suis crevée, Mathis encore plus. J'ai 4 valises derrière moi et Mathis dans les bras, je suis surchargée et tout ça c'est à cause de toi ! Je suis venue comme tu me l'as demandé, alors tu as intérêt à bouger tes fesses et à venir me chercher parce qu'il est absolument hors de question que je prenne un taxi !
-Mais....
-Tais-toi ! Je t'attend ici, je ne bougerai pas tant que tu ne seras pas là ! Et je serai toi je viendrai vite, parce que sinon tu vas le regretter, très très amèrement ! »

Et je raccrochai. Non mais oh ! Il croyait que c'était la Saint Tom aujourd'hui ou quoi ? Il avait intérêt à venir. Sinon je le tuai, mais vraiment cette fois. Il était cuit ! Je rêvai. Il m'ordonnait presque de venir ici, en express, je me galèrais à venir et lui il me laissais à la gare ! Et puis quoi encore ? Il voulait pas que je lui fasse un strip-tease aussi ?
J'attrapai tant bien que mal mes valises et me dirigeai vers l'extérieur. Je m'assied sur un banc et attendis, Mathis dans les bras. Il avait intérêt à venir. Il était mort sinon ! Mort !
Mathis s'agitai dans mes bras.

« Je sais mon amour, maman aussi elle en a marre. Mais t'inquiètes pas, papa va venir. »

Du moins, j'espérai. Mathis s'agitai de plus en plus, il commençait à pleurer. Il avait faim, mais là, je ne pouvais pas le nourrir.
Heureusement, au bout d'un quart d'heure, une voiture grise arriva. Tom descendit et se dirigea vers moi.

« Je suis désolé, vraiment je....
-Je ne veux pas savoir. Aides-moi s'il te plaît, je suis naze et il faut qu'on rentre, Mathis a faim. »

Il prit les 4 valises et les mit dans le coffre tandis que j'installai Mathis dans le siège à l'arrière. Enfin, nous partîmes. Je fus étonné de constater que Tom conduisait prudemment. Lui qui d'habitude était un vrai sauvage au volant, là il conduisait doucement, sans aucun mouvement brusque. Je souris et le regardai. Il avait les yeux fixés sur la route. Il était beau comme ça, avec seulement les lumières des réverbères qui éclairaient son visage.
Je posai ma main sur sa cuisse et souris. J'arrivai pas à lui en vouloir. Dès que je le voyais, toute ma colère s'envolait en fumée.

« Tu m'as manqué, je suis contente de te voir. »

Il sourit et me regarda une seconde.

« Toi aussi. »

Nous arrivâmes à l'hôtel environ 10 minutes plus tard. Un homme se chargea de nos valises. J'en pris quand même une, celle qui contenait les affaires de Mathis. Tom prit le bébé à l'arrière et monta avec moi.

« C'est quelle chambre ?
-2eme étage, numéro 205. »

Okay. J'entrai à l'intérieur et posai la valise sur le lit.

« Allons mon bébé, faut pas pleurer comme ça. Tu vas voir maman va te donner et après ça ira mieux. Et ensuite tu pourras faire un gros dodo ! »

Je me tournai vers Tom. Il tenait Mathis devant lui et le chatouillait un peu, doucement. Lui aussi était complètement gaga. Et je vous avoue qu'il était le pire de nous tous ! Je me dirigeai vers lui et lui caressai la joue.

« Donnes, je vais lui donner à manger. »

Je pris Mathis et le nourrit, avant de le coucher. J'avais quand même penser à prendre un lit parapluie ! Bah ouais, j'étais pas folle, je me doutais bien qu'il n'y avait rien dans les hôtels pour les bébés. Tom était dans la salle de bain, je le rejoignis. Alors qu'il prenait sa douche, je m'assied au bord du lavabo et soufflai.

« Il dort alors ?
-Oui. »

Tom passa sa tête à travers le rideau. Il sourit.

« Tu peux me rejoindre alors ! »

Je souris. Avec plaisir ! Je me déshabillai et le rejoignis sous l'eau chaude. C'était si bon, sentir l'eau chaude couler sur moi. Ca me détendait grave. Tom posa ses mains sur ma taille et me tourna vers lui. Je plongeai mon regard dans ses magnifiques yeux marrons. Ceux-ci brillaient, son visage était détendu, il souriait légèrement. Il était si beau. Il caressa ma joue, tendrement. Moi je fermai les yeux, me détendant et savourant ce moment.

« Tu as l'air fatigué ma belle.
-Ah bon ?. »

J'avais toujours les yeux fermés, je murmurai. J'étais comme dans un état second.

« Oui. »

Il passa sa main derrière mon cou et posa doucement ses lèvres sur les miennes. Je ne pus retenir un petit gémissement de plaisir. Je posai mes mains sur son torse et remontai derrière son cou. Il me rapprocha de lui, je sentais son ventre contre le mien. Hum.... merveilleux. Mais j'étais si fatiguée.... Je me sentais comme vidée de toutes forces. Je crois que Tom l'avait bien vu car, il libéra ma bouche et se dirigea vers mon cou. Il me tenait fermement, comme s'il avait peur que je ne tombe. Je me laissai aller contre lui, savourant le fait d'être prise en charge. Enfin il laissa mon cou et me regarda.

« Mon amour...
-Hum... oui ?
-Tu es fatiguée ?
-Hum.... Je sais pas.... »

Je n'arrivai plus à penser. Je le vis sourire, puis il me lâcha une seconde et attrapa le gel douche. Il en mit sur ses mains et entreprit de me masser. Je gémis, c'était trop bien ! Je m'aperçue que j'avais les muscles très tendus. L'eau coulait sur moi, me rinçant en même temps. J'avais toujours les yeux fermés, j'étais bien. Je sentais ses mains sur moi, dans mon dos, sur mes fesses, sur mes hanches, mon ventre, ma poitrine. Oulalala ! Puis je ne sentis plus rien. Il me lâcha une seconde.

« On va aller dormir et ensuite ça ira mieux. »

J'ouvris les yeux. Il avait attrapé une serviette et il m'enveloppa avec. Il sortis en premier, enroula une serviette autour de sa taille et attrapa ma main. Je sortis et avant que je fasse quoi que ce soit, Tom me souleva de terre.

« Eh ! »

Il m'emmena doucement jusqu'au lit où il m'allongea. Il essayait de faire le moins de bruit possible, pour Mathis. Il retira la serviette. Je m'assied, me couvrant avec les draps, et il essuya mes cheveux doucement. Puis il me rallongea et m'embrassa. Ce fût presque instantané. Quand ma tête toucha l'oreiller, je m'endormis. Je tombai dans un sommeil profond et réparateur.

Je me réveillai doucement. J'ouvris les yeux et mis quelques secondes avant de me rappeler où j'étais. Je pensai tout de suite à Mathis. Je fus rassurée quand je vis le lit parapluie. Puis je me tournai de l'autre côté et tombai face à face avec Tom. Qui dormait, bien évidemment. Il dormait paisiblement, sur le dos. Je ne voyais que sa poitrine se soulever au rythme de sa respiration. Je posai une main sur sa poitrine et fermai les yeux, dans l'intention de me rendormir. Mais les petits gémissements de Mathis me réveillèrent instantanément. Ca, ça voulait dire, pas de grasse matinée ! Enfin bon, de toute façon, ça faisait bien longtemps que j'avais pas fait une grasse mat' ! Je me levai doucement et pris Mathis dans mes bras. Je voulais éviter de réveiller Tom. Je m'assied dans le fauteuil et nourris Mathis, qui semblait très content. Tom se réveilla à ce moment. Il se tourna d'abord du côté où je me trouvai, mais se redressa quand il trouva la place vide.

« Je suis là. »

Il me regarda, les yeux encore fatigués.

« Salut.
-Salut. »

Je me levai et remis Mathis dans son lit. Je retournai à côté de mon fiancé.

« Bien dormi ?
-Super et toi ?
-Oui, mais.... dis-moi, je me suis endormie quand ? Parce que, je ne me rappelle plus du tout ce que j'ai fait hier soir.
-T'as rien fait. On a pris une douche et tu t'es endormie. »

Ah bon ? M'en rappelais plus du tout.

« Au fait... excuses-moi pour hier, j'ai pas été très sympa au téléphone.
-C'est rien, c'est de ma faute. En tout cas je suis content que tu sois là, tu m'as manqué. »

Il m'enlaça, je posai ma tête sur sa poitrine.

« Alors c'est quoi ton idée ?
-Pour ?
-Eh bien pour les journalistes.
-Ah oui. Je sais pas trop encore. Pour l'instant, il faut que je vois. Mais je pense que la meilleure façon de démentir, c'est que tu ailles à la télé.
-Quoi ? »

Je redressai la tête. Moi ? A la télé ? Ca va pas la tête ?

« Je veux pas aller à la télé.
-Moi non plus je veux pas. Je vais essayer de trouver une autre solution, mais si je ne trouve rien, il n'y aura pas d'autre moyens.
-Alors trouves mon chou ! Trouves ! »

Je souris. Puis je remontai jusqu'à son visage et l'embrassai.

« Dis-moi au fait, ça fait combien de temps qu'on a pas fait l'amour tout les deux ? »

Il souffla.

« Trop longtemps je crois !
-Il faudrait penser à y remédier alors non ? »

Il sourit. Puis il me fit rouler pour se retrouver au-dessus de moi, et commença à m'embrasser.

« Bonne idée... »

C'était vrai, ça faisait.... ouou ! Super longtemps qu'on ne l'avait pas fait ! Et ça me manquait là. Enormément. Ses mains glissaient sur moi, il m'embrassait toujours. Je glissai ma main jusqu'à son ventre, mais m'arrêtait net, en entendant Mathis pleurer. Tom retira ses lèvres de mon cou et soupira.

« Mon dieu, encore combien de temps d'abstinence ? N'ai-je pas déjà assez souffert ? »

Je rigolai et le repoussai doucement. Il se laissa tomber sur le dos en soufflant. Je revins à côté de lui avec Mathis.

« Regardes-le. Il est pas trop adorable ? »

Tom jeta à peine un coup d'½il.

« Mouais... mais si il pouvait être adorable en silence, ça m'aurait arranger ! »

Je rigolai.

« L'écoutes pas mon c½ur, il est bête. Pas vrai qu'il est bête ? »

Tom se redressa.

« Donnes-le moi. »

Il prit Mathis et l'allongea juste devant lui. Le petit être agitait ses mains et ses pieds en regardant son père d'un air intrigué. Tom attrapa les touts petits pieds du bébé, et les porta à sa bouche pour les mordiller. Ce qui eut pour effet de faire rigoler Mathis. C'était sadique quand même de chatouiller un bébé, parce qu'il est tout petit et qu'il peut pas se défendre ! Je souriais quand on entra dans la cambre. C'était Bill.

« Bill !!
-Serena !! »

Je me levai et courut vers lui pour l'embrasser.

« Enfin je retrouve ma Serena ! Et.... »

Il me lâcha et se dirigea vers Tom.

« Qu'est-ce que tu fais à mon neveu toi ? Donnes-le moi espèce de père indigne ! »

Bill prit le bébé, malgré les protestations de Tom.

« Chut ! Qu'est-ce qu'il t'a fait subir mon pauvre chou ! Quel méchant père, oui c'est sûr ! Oui je suis tout à fait d'accord avec toi ! Oui, il vaut mieux que l'on parte parce que sinon...
-Quoi ? Bill, tu restes ici, tu vas nulle part avec ce bébé !
-Trop tard, ton fils veut aller faire une balade ! Ciao ! »

Bill se dirigea vers la porte en parlant à Mathis. Tom se leva mais je l'arrêtai.

« Laisses-le, il va pas le manger.
-J'en serai pas aussi sûr si j'étais toi.... Avec Bill on sait jamais. »

Bill se retourna.

« Saches, très cher frère, que j'ai reçu le prix du meilleur papa ! »

Ah bon ? Tom rigola.

“C'était en primaire! Tête d'½uf !
-Tête d'½uf toi même ! Et même si c'était en primaire, c'est moi qui l'ait eu ce prix ! Espèce de jaloux ! »

Il tira la langue à son frère et sortis. Je l'entendis dire :

« Vraiment quel vilain ton papa ! Allez on va aller voir tonton Gustav et tonton Georg okay ? Mais oui ! »

Et il referma la porte.

« Je sais pas si c'est une bonne idée de le laisser avec Bill...
-T'en fais pas, moi j'ai totalement confiance en lui. Il est un peu... comment dire.... bizarre des fois mais il est pas inconscient.
-Ouais.... »

Je me serrai contre lui.

« Et puis... on pourrait finir ce que l'on a commencé, non ? »

Tom me sourit et m'encercla de ses bras.

« Bonne idée ça ! »

Je sais je sais !

# Posted on Friday, 10 August 2007 at 1:07 PM

Edited on Thursday, 31 July 2008 at 12:43 PM

PC

PC
Je collai ma bouche contre la sienne .Il posa ses mains dans mon dos et m'emmena jusqu'au lit. Tom se retrouva au-dessus de moi. Doucement, il retira le T-shirt que j'avais enfilé à la va-vite et il entreprit de me caresser. Avec le bout de ma langue, je jouai doucement avec son percing. Puis je la passai sur ses lèvres avant de l'embrasser fougueusement. Je posai mes mains sur ses épaules et le fît rouler, me retrouvant ainsi à califourchon sur lui. Je traçai sensuellement un chemin de baisers sur son corps, pour arriver en bas de son ventre. Je caressai son membre excité, il n'en fallut pas beaucoup pour le voir se dresser. Il respirai fort, et gémissait doucement. Je souris et remontai jusqu'à son visage. Je frôlai ses lèvres.

« Serena... »

Il avait dit mon prénom comme une prière.

« Oui, j'y viens.... »

Je retournai vers son membre dressé et d'un mouvement vif, je le pris en bouche. Les mains de Tom se crispèrent sur les draps et il gémit plus fort. Il murmura mon prénom ce qui eut pour effet de m'exciter encore plus. Ma langue le caressait doucement. Quand je sentis enfin qu'il n'en pouvait plus, je reculai. Je souris en entendant Tom soupirer une dernière fois. Je remontai jusqu'à son visage. Il avait les yeux fermés et la bouche entrouverte. Je saisis sa bouche et me collai à lui. Il passa un bras autour de ma taille et me fît rouler sur le côté. Il m'embrassait toujours. Sa main glissa sur ma cuisse, il la remonta et à ce moment là seulement, je le sentis entrer en moi. Mon dieu ! Ca faisait si longtemps, j'avais oublié que c'était aussi bon ! Je gémis, ondulant doucement au rythme de son va-et-vient. Il accéléra, je criai. Les yeux fermés, je sentais son souffle sur mon visage. Il m'embrassa doucement avant de me faire crier une dernière fois, m'emmenant avec lui au septième ciel. Tom gémit, puis il se reposa doucement sur moi. Je sentais son c½ur battre et sa respiration accélérée. Je reprenais mes esprits, en caressant son dos, puis je souris et dis :

« Merci mon amour. »
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# Posted on Friday, 10 August 2007 at 1:08 PM

Edited on Wednesday, 13 February 2008 at 10:12 AM

Que ferais-tu si tu étais encore un enfant? Je pourrais regarder sous la jupe des dames (Tom)

Que ferais-tu si tu étais encore un enfant?  Je pourrais regarder sous la jupe des dames (Tom)
Nous étions allongés sur le lit, entièrement nus. Il faisait super chaud et nous avions mis la couverture par terre.

« Aaaaaa...... Enfin. »

Je levai la tête vers Tom.

« Quoi ?
-Imagines. Ca fait au mois 4 mois que j'attend ça ! Une vraie torture. »

Je rigolai.

« 4 mois ? Autant que ça ?
-Oh oui ! Et crois-moi j'ai compté ! »

J'aurais jamais pensé que ça faisait 4 mois. Il était vrai que j'étais moi aussi une sacrée perverse et que j'adorais.... tout ça quoi ! Mais quand j'étais enceinte, bizarrement, j'en avais eu moins envie. Pauvre Tom, je n'avais même pas pensé à lui. Et il n'avait rien dit !

« Je devrais peut-être aller chercher Mathis...
-Non, laisses-le avec Bill, il est bien. Laisses-moi profiter de toi un peu ! Parce qu'il n'y en a que pour lui là, je commence à être jaloux moi ! »

Ah ouais carrément. Je souris et me blottis encore plus contre lui. On frappa à la porte. Je récupérai vite fait la couverture par terre et Tom enfila un peignoir pour aller ouvrir. Qui étais-ce bien sûr ? Bill.

« Tu frappes aux portes toi maintenant ?
-Bah je me suis dit que là, il valait peut-être mieux. Et quand je vois comment tu es habillé, je me dis que j'ai bien fait ! »

Il poussa un peu son frère et entra dans la chambre.

« Alors les amoureux vous avez pas honte ? Abandonner votre fils tout ça pour faire un peu de sport !? Une honte ! »

Il s'asseye sur le lit à côté de moi. Il avait toujours Mathis dans les bras. Je rigolai, quel numéro ! Tom soupira et ferma la porte.

« Bon tu voulais quelque chose ?
-Ouais, le produc' a appelé là. Tout compte fait on est libre cette après-midi, il a reporté l'enregistrement à demain.
-Ah, voilà ! Pour une fois que tu sers à quelque chose ! Tu apportes une bonne nouvelle. »

Je rigolai en voyant la tête de Bill. Il se tourna vers moi.

« Et dire que tu vas l'épouser.... Ma pauvre Serena ! Je t'avais dit de me choisir moi ! »

Je rigolai encore plus.

« Non, il y a déjà Lola et je ne fais pas de concurrence à mes copines ! »

Ses yeux se mirent à briller à l'évocation de Lola et son sourire grandit.

« Oui, il y a Lola... Ma belle Lola.... »

Il s'allongea et posa Mathis sur sa poitrine.

« Aaaah, bébé si tu savais comme elle est belle Lola. Un ange descendu du ciel..... L'amour de ma vie. »

Tom soupira.

« Bon tu voudrais pas aller faire des vers ailleurs là ?
-Tu vois comme ton père est vilain ? Mon pauvre loulou, heureusement que tu as un tonton d'enfer ! »

Il se redressa.

« Bref, je me disais qu'on aurait pu passer la journée tous ensemble non ? J'aurai bien été me balader moi !
-Te balader ? »

Tom rigola nerveusement.

« Tu blagues ou quoi ? Tu vas mettre un pied dehors tu vas te faire arracher les cheveux !
-Roooooo ! Sois pas aussi pessimiste Tom ! Allez quoi, On pourrait aller...... J'en sais rien en fait. Vous avez pas d'idée ?
-On pourrait faire du shopping ! »

Bill sauta sur place.

« Ouiiii ! Super bonne idée !
-Bah c'est sans moi !
-Roooooo ! »

Bill et moi avions protesté en c½ur. Nous rigolâmes.

« Allez frangin, viens faire du shopping !
-Non, j'ai pas du tout envie ! Pas la peine d'insister ! »

Quel rabat-joie celui-là alors ! Je regardai dans le vide, essayant de trouver une idée. Puis mon regard se concentra sur l'étui à guitare qui était contre la commode. Je pensai que ça faisait très longtemps que je n'avais pas entendu Tom jouer.

« Dites-moi les garçons, avant qu'o aille où que ce soit, vous pourriez me jouer un air ? »

Je tendis la main vers la guitare. Bill protesta.

« Je joue pas de guitare moi !
-Oui, mais j'aimerais bien que tu chantes. »

Il sourit. Bah voilà. Je repris Mathis dans mes bras.

« Vous pourriez faire ça pour nous ? »

Tom me fixa plusieurs secondes. Puis il prit son étui et en sortit sa guitare.

« Alors, tu veux que je chante quoi ?
-In die Nacht.
-Encore ?
-Oui ! »

La plus belle de toutes. C'était drôle de voir Tom assit, en peignoir avec sa guitare. Bill se plaça en face de moi. Puis Tom commença. Et Bill suivit. Sa voix s'éleva dans la chambre. Je fermai doucement les yeux, en berçant Mathis. Sa voix me faisait frissonner. C'était si beau ce qu'il disait. Je profitai de ces quelques instants, trop court à mon goût. Déjà, Bill s'arrêtait, et Tom ne mit pas longtemps à le suivre. Et voilà. Déjà, c'était dommage.

« Magnifique. »

Je leur souris. Ils se regardèrent, complice. C'était beau la fraternité.

/

Ca faisait déjà une semaine que j'étais ici. Nous avions passé une journée tous ensemble, à nous balader dans Hambourg. Une super journée ! Puis ils avaient travaillé, et cherché un moyen de me sortir d'affaire, avec les journalistes. Mais ils n étaient tous revenu à le même conclusion : j'avais pas le choix. Il fallait que je passe dans un émission dite « sérieuse ». Genre le 13 heures de Claire Chazal allemand quoi. Donc voilà, nous étions dans le van qui devait nous emmener aux studios de la chaîne. Mathis dormait à côté de moi dans son siège. Et moi je râlai comme une vieille.

« Non mais sérieux vous abusez, vous auriez pu trouver une solution !
-Bah on en a trouvé une !
-Une autre !
-Roooo ! Allez fais pas la tête ! Tu devrais être contente, tu vas être vu par des millions de gens, tu vas devenir célèbre ! »

Wouaaah, super.

« Non merci, j'ai pas envie d'être célèbre. Et encore moins si je suis juste célèbre en tant qu'épouse de Tom. »

Celui-ci me regarda de travers.

« Bah vas-y, dis-le tout de suite si tu veux pas de moi ! »

Je soupirai et posai ma main sur son bras.

« Mais non mon chou, c'est pas ça ! C'est juste que j'ai pas envie de finir comme Victoria Beckham tu comprends ? »

Je lui souris à pleines dents, pendant qu'il grommelait. Bien sûr que je voulais devenir sa femme. Mais j'avais pas envie de devenir une femme entretenue, harceler par les médias. Je voulais vivre ma vie pleinement et m'épanouir et pas devenir anorexique, puis dépressive pour finir par divorcer et me retrouver seule, avec trois enfants et une pension alimentaire comme mari. Pendant que Tom serait au bras d'une actrice magnifique, sur les marches du Festival de Cannes. Et moi je le regarderai à la télé, dans mon fauteuil, en mangeant des pop-corn. Et....
Aaah ! Quelle vision d'horreur. Je secouai la tête, il valait mieux que j'arrête de divaguer ou sinon ça allait finir par m'arriver !
Nous arrivâmes enfin. Les garçons furent pris en charge. J'avais Mathis dans les bras, je suivis Tom. Il se tourna vers moi.

« Donnes-le moi, je vais le garder. Va avec Bill, pour le maquillage.
-Quel maquillage ?
-Ils te laisseront jamais monter sur le plateau si ils t'ont pas maquillés.
-Ah bah c'est bête pour eux. Ciao alors ! »

Je me tournai.

« Serena ! »

Merde. Ca aurait pu marcher. Je soupirai et lui donnai Mathis. Bill passa un bras autour de mes épaules.

« Allez viens, on va se faire une beauté ! »

Je souris un peu. Nous entrâmes dans une pièce, je m'assied face à un miroir. Ouais.... Bon okay j'avais un peu une tête de mort mais bon. Je passai pas un casting pour une pub non plus hein ! Une jeune femme s'approcha de moi, souriante.

« Bonjour !
-Bonjour. »

Elle semblait sympa. Bill se pencha vers moi.

« Elle s'appelle Marina. »

Cool, ça me fait une belle jambe. Marina me maquilla donc. Puis elle entreprit de me brosser les cheveux. Ouaaaah ! Elle croyait que c'était une serpillière ou quoi ? Elle tirait dessus comme pas possible ! Heureusement elle posa la brosse,me sourit une dernière fois et sortit. Une autre femme, plus âgée entra dans la pièce. Rien qu'en voyant sa tête, j'ai su qu'elle était conne. Si je vous jure ! Elle avait une oreillette, portait une queue de cheval super serrée et avait un porte documents à la main. Et son visage était, comment dire.... pas amicale du tout. Elle me détailla des pieds à la tête.

« Vous allez devoir vous changer. Ces chaussures ne vont pas. Et ce T-shirt est trop.... trop. »

Hein ? Elle avait quoi contre mes supers converses toutes neuves elle ? Et mon T-shirt ? Un T-shirt violet génial avec le logo des Rolling Stones ! Elle était pas bien elle !

« Je ne pense pas, je suis très bien comme ça. »

Elle me regarda, un sourcil relevé.

« Que vous croyez. Je vais vous apportez de nouveaux vêtements. Et.... »

Elle attrapa ma main.

« Retirez votre bague. Ca risquerait de froisser les téléspectateurs. »

Et elle partit. Je restai bouche bée quelques secondes. Quoi ? Bill avait disparu je ne sais où. Elle revint quelques minutes plus tard avec un polo et des talons aiguilles qu'elle posa sur la chaise.

« Dépêchez-vous, l'émission commence bientôt. »

Et elle sortit sans un sourire, rien. Vieille connasse ! Elle se prenait pour qui cette vieille peau là ? Hors de question que je mette ces horribles chaussures de pouf ! Et son chemisier.... il était carrément horrible. Alors là elle pouvait se brosser, si elle croyait que j'allais m'habiller comme la petite femme parfaite juste pour faire plaisir aux gens, elle rêvait. Et l'alliance ! Non mais elle avait craqué, c'était sûr ! Elle croyait réellement que j'allais retirer mon alliance pour faire plaisir aux gens ? Tssss, elle me connaissait mal. Je sortis de la pièce, laissant le chemisier et les chaussures où ils étaient et rejoignis Tom. Je n'eus même pas le temps de lui raconter car déjà il était l'heure de commencer. Putain !

« Il est où Mathis ?
-Je l'ai laissé au prod' t'inquiètes pas. »

T'inquiètes pas, t'inquiètes pas. Bah si je m'inquiète justement ! Il laissait mon fils à n'importe qui ! Enfin, j'avais plus le choix je le suivis sur le plateau et m'assied sur un des canapé entre lui et Georg. Le présentateur nous serra la main et commença par parler aux garçons. Puis il en vint à moi.

« Serena, c'est ça ?
-Oui, c'est ça.
-Alors, si vous nous disiez comment vous avez réussi à conquérir le c½ur de Tom ? Car des milliers de filles ont tentés en vain, alors quel est votre secret ? »

Mais qu'est-ce que c'était que cette question à deux francs 50 ? Il croyait qu'on était au Bachelor ou quoi ? Bill me sourit, m'encourageant à répondre. Bon...

« Eh bien, je ne sais pas. Je n'ai pas de secret, j'aime Tom c'est tout. Et je l'aime pour ce qu'il est tout simplement. »

Qu'est-ce que je pouvais bien répondre ?

« Apparemment c'était rapide. Vous vous êtes rencontrés cet été et vous avez eu un bébé le mois dernier non ? »

Putain mais MELES-TOI DE TON CUL !!!

« Oui... enfin non, on se connaissait déjà... avant.
-Ah oui ? Depuis longtemps ?
-Quelques temps. »

Je lui sortis mon plus beau sourire forcé. Il y répondit puis, enfin il en vint à l'agression de cette pauvre journaliste.

« Elle a décidé de ne pas porter plainte, lui en êtes-vous reconnaissante ? »

Hein ?

« Absolument pas, car je n'ai rien fait du tout. Je suis navrée de devoir dire ça, mais les médias ont montré seulement ce qui les arrangeait. Ils ont oubliés de préciser que cette journaliste avait enlevé mon fils pour le photographier. C'est pour ça que je l'ai frappé et pas du tout parce qu'elle voulait me poser des questions.
-Alors, vous dites que c'est de sa faute ?
-Oui, c'est elle qui a cherché. J'avoue y être peut-être aller un peu fort, le deuxième coup n'était peut-être pas nécessaire. Mais elle a quand même enlevé mon fils. Vous n'imaginez pas la peur que j'ai eu.
-Mais comment a-t-elle fait pour l'enlever ? Vous ne le surveilliez pas ? »

Je le regardai et fronçai légèrement les sourcils. Il était pas en train d'insinuer que j'avais laissé mon fils tout seul ?

« Il était juste à côté de moi, mais j'ai tourné la tête une seconde, je cherchai quelque chose dans mon sac. Elle en a profité pour prendre le landau.
-Et vous n'avez rien entendu ?
-J'étais au téléphone.
-Oui mais s'il était à côté de vous quand même, vous auriez dû entendre le bruit du landau non ?
-Non j'étais au téléphone et il y avait pas mal de bruit je n'ai rien entendu du tout. »

Il commençait à me chauffer doucement lui avec ses questions là ! Il était de la criminelle ou quoi ? Il se prenait pour Columbo ? Il valait mieux qu'il arrête tout de suite d'insinuer que j'étais une mauvaise mère où il allait le regretter !

« Donc, après qu'elle ait enlevé votre fils, qu'avez-vous fait ?
-Eh bien, comme toute mère normal, j'ai paniqué. J'ai commencé à courir un peu partout, je le cherchai. Par chance une petite fille l'avait vu, c'est ainsi que je l'ai retrouvé.
-Alors c'est une petite fille qui vous a dit où étais votre fils ? Et vous l'avez suivis ? »

Tom voyait bien que je commençai à m'énerver. Il posa sa main sur la mienne et la pressa doucement.

« Oui, c'est une petite fille qui me l'a dit. »

Je parlai presque en saccade. Je regardai le présentateur de travers. Je crois qu'il compris, car il changea de sujet.

« Bien, enfin vous l'avez retrouvé, c'est le principal ! Comment s'appelle-t-il votre fils ?
-Mathis.
-C'est très mignon comme prénom.
-Merci.
-Il est sur le plateau il me semble non ? »

Tom intervint.

« En effet, il est gardé par un ami.
-Et si on le faisait venir ? »

Et avant même qu'on ne réponde, il y eut une musique puis une femme apparut. La vieille bonne femme de tout à l'heure. Elle portait Mathis dans ses bras et elle venait vers nous. Je voulus me lever mais Tom me retint. Je le regardai. Putain, mais c'était notre bébé là ! Hors de question de les laisser le montrer comme ça à la télé ! Apparemment Tom n'était pas content non plus. Il n'avait pas pensé qu'on lui ferait ce coup-là. Il me regarda et je lus sur ses lèvres.

« Assied-toi. »

J'obéis, mais la colère bouillonnait en moi. La vieille bonne femme mit Mathis dans les bras de Tom, et me regarda, un sourire sadique sur les lèvres. Vieille sorcière ! Mathis s'agitait doucement. Une caméra se pencha sur lui. Raaaaaaaaa !! Tom se tourna, montrant bien qu'il ne voulait pas. Les gens dans le public applaudissait. Qu'est-ce qu'ils applaudissaient, mystère.

« Quel bout de chou adorable ! Félicitations. »

Je ne pouvais plus parler, la colère m'envahissait trop.

« Merci. »

Le présentateur se tourna vers Bill. Il ne souriait plus, lui aussi semblait contrarié.

« Vous êtes heureux d'être tonton non ?
-Oui, très. »

Et merde ! Ras le bol de cette caméra ! Je me levai précipitamment, pris Mathis des bras de son père et sortis du plateau en courant à moitié. Je retournai dans les coulisses, j'ignorai totalement les gens qui m'appelaient. J'entrai dans la loge des garçons et fermai la porte en claquant. Je m'assied et posai Mathis sur mes genoux, tenant sa tête.
J'allais les tuer. Je tremblai de rage. Non mais pour qui ils se prenaient eux, d'amener mon fils comme ça sur un plateau de télé ? Mathis pleurait. Je le berçai doucement.
J'en revenais pas qu'ils aient osé faire ça !
Tom entra à ce moment dans a loge.

« Serena ? »

Je ne le regardai même pas.

« Tu étais au courant ? C'est toi qui a fait ça ?
-Ca me blesse vraiment que tu puisses croire que ce soit moi. »

Je fermai les yeux une seconde puis me levai et lui fis face.

« Je croyais que c'était ton producteur qui le gardait ? »

Je criai.

« Oui, c'était lui mais, une femme lui a dit que tu avais donné ton accord pour l'apporter sur le plateau. Alors il lui a laissé.
-Quoi ? Moi j'aurais donné mon accord ? Non mais ils sont pas bien ou quoi ? »

Mathis pleurait de plus en plus.

« Je savais que c'était une mauvaise idée cette émission ! C'est fini, je rentre, j'en ai marre !
-Calmes-toi s'il te plaît Serena.
-Non j'ai pas envie ! Ils m'énervent tout ces gens ! Pour qui ils se prennent hein ? L'autre avec sa gueule de connasse qui vient me souler avec mes chaussures et mon haut ! Et puis ce présentateur de merde avec ses questions débiles ! Il est malade ou quoi d'insinuer que je suis une mauvaise mère, il veut que lui refasse le portrait c'est ça ? »

Je m'énervais toute seule et Tom me regardait. J'avais Mathis dans les bras et je le berçai toujours mais je criai tellement qu'il pleurait encore plus. Je marchais, faisant les cent pas. Soudain Tom me saisit le bras et m'arrêta.

« Calmes-toi ma chérie, je t'en prie. »

Et il m'attira à lui. Je me blottis contre lui, en prenant soin de ne pas étouffer Mathis. Il se calmait doucement. Il arrêta de pleurer. Moi aussi je me calmai, comme à chaque fois que Tom m'enlaçait.

« On va rentrer. »

Oui, je voulais rentrer. J'en avais marre de tout ces gens qui me jugeaient. Il m'embrassa sur le front puis se recula un peu. Il téléphona à son producteur apparemment. Celui-ci arriva quelques minutes après. Ce dernier semblait.... gêné. Je crois qu'il a bien du s'excuser au moins mille fois. Mais je ne lui en voulais pas à lui, il n'y était pour rien. Il ne savait pas. C'était à tout ces gros ploucs de la chaîne que j'en voulais !

« Vous en faites pas, c'est rien.
-Ecoutes, fais venir le van s'il te plaît, on voudrait rentrer.
-Bien sûr. »

Il ne chercha même pas à discuter et il téléphona. A ce moment-là, la vieille bique de tout à l'heure entra dans la pièce.

« Monsieur Kaulitz, que faites-vous ? On vous attend sur le plateau !
-Je ne reviens pas. J'ai une affaire urgente, nous devons partir.
-Mais....
-Bonne journée. »

Il posa une main dans mon dos, et me poussa vers la porte. Tiens, dans les dents conasse ! Nous sortîmes, le van nous attendait dehors. Je grimpai dedans, attachai Mathis et m'attachai. Mon pauvre petit amour, à peine né et déjà harceler. Je caressai sa joue du bout du doigt.

« La prochaine fois, je ne fais rien. Qu'ils aillent tous se faire foutre, je m'en fous de ce qu'ils pensent. Il est hors de question que je perde mon temps à me justifier à chaque fois que je fais quelque chose. »

Je regardai Tom. Il me sourit un peu et caressa ma main. Il était d'accord apparemment. Il me comprenait, j'avais de la chance.
Nous arrivâmes 20 minutes plus tard à l'hôtel. Je nourris Mathis et le mis dans son lit. Puis je rejoignis Tom et me blottis contre lui.

« Les garçons vont t'en vouloir non ? De les avoir laisser ?
-Non, ils comprendront. Gustav le premier, il sait ce que c'est. »

Hum, en effet. Nous restâmes ainsi, silencieux pendant 10 bonnes minutes. Je sentais que Tom se retenait de parler, pour ne pas briser ce moment de silence. Je souris.

« Vas-y, dis.
-De quoi ?
-Que t'as envie de parler !
-Pas du tout !
-Menteur ! T'arrêtes pas de tripoter le drap. Je te connais à force, je sais que tu veux parler.
-Et bah tu me connais mal parce qu je veux pas parler du tout. »

Bah bien sûr. Il me l'avouerait jamais, mais je savais que j'avais raison. La preuve !

« Si on partait en vacances, ça te tente ?
-Ah ah ! J'avais raison, t'avais envie de parler !
-Mais non c'est juste que...
-Tatata ! Trouves pas d'excuses bidon. J'avais raison c'est tout, c'est moi la boss !
-Si ça t'amuse..
-Oui ça m'amuse ! J'avais raison !
-Bon c'est bon, t'as fini ? On peut parler maintenant ?
-Oui. Mais j'avais raison quand même !
-Tu m'énerves toi des fois ! »

Je me redressai, souriante. Je fis une grimace et l'attrapai doucement par le menton.

« Ouh ! mais c'est qu'il est vexé le petit Tom. Parce que j'avais raison et qu'il voulait pas l'avouer ! Hein ? »

Il se dégagea.

« Arrêtes ! »

Je me mordis les lèvres et l'embrassai.

« Bon okay j'arrêtes. »

Je reposai ma tête sur sa poitrine et murmurai :

« Mauvais perdant ! »

Je souris en l'entendant soupirer. Apparemment je l'exaspérais. Génial quoi !

« Alors, tu me disais quoi déjà ?
-Je m'en rappelle plus à cause de tes conneries.
-Roooo ! Allez réfléchis un peu, ça va revenir !
-Ouais... ah oui voilà ! Je disais qu'on devrait partir en vacances. Tout les deux. Enfin, tout les trois.
-En vacances ? Où ça ?
-Je sais pas. Loin. »

Ouaaah, ça c'était une sacrée destination. Ma mère allait sûrement apprécier si je lui disais « Je pars en vacances... bah euh, loin ! »
Super !

« Comment ça loin ?
-J'en sais rien, t'as une idée ?
-Pffff. Loin, il y a plein de destination loin !
-Bah dis-moi un pays que tu rêves de visiter.
-Hum... J'ai toujours voulu aller aux îles Canaries. Mais bon c'est pas très loin ça. Sinon, je voulais visiter l'Australie quand j'étais mome.
-L'Australie ? C'est pas mal ça.
-Hum.... Mais t'es sérieux, tu voudrais qu'on parte ?
-Bah oui.
-Mais vous avez pas une tournée bientôt là ?
-Elle est que dans deux mois, on a le temps d'ici là.
-Ouais. »

A ce moment-là mon téléphone sonna. Lola.

« Oui ?
-Salut ça va ? Je te dérange pas ?
-Non, qu'est-ce qu'il t'arrive ?
-Bah je voulais savoir si t'avais reçu le courrier que je t'ai fait envoyer.
-Euh... Non. Enfin, j'ai pas été voir. Pourquoi tu me l'as envoyé ?
-C'était écrit urgent dessus.
-Ah okay.
-Ca venait d'Afghanistan. »

Hein ? D'Afghanistan ? Qui donc pouvait bien m'écrire d'Afghanistan ? Ma famille ? Ca m'étonnerait.

« Ouais, je sais moi aussi ça m'a choqué quand je l'ai vu.
-Et t'as vu l'expéditeur ?
-Non il n'y avait rien d'écrit.
-Bon okay. Merci ma poulette, je vais allé voir si elle est arrivée. Bisous !
-Ciao ! »

Je raccrochai.

« Dis-moi Tom, on peut recevoir du courrier ici ?
-Bah oui, pourquoi ?
-Bouges pas, je reviens. »

Je descendis à la réception. Il y avait bien une lettre pour moi. La réceptionniste me la donna. C'était écrit urgent en rouge dessus. Et il y avait mon adresse de Paris dessus. L'ancienne adresse. Je remontai dans la chambre.

« J'ai du courrier !
-Ah bon ?
-Ouais, c'est Lola qui l'a fait envoyé ici.
-Qui c'est qui t'écrit ? »

Je partis m'asseoir à côté de lui.

« J'en sais rien. Ca vient d'Afghanistan.
-Quoi ? D'Afghanistan ?
-Hum, oui.
T'as quelqu'un qu'est parti en vacances là-bas ?
-N'importe quoi ! J'ai de la famille là-bas ! Je suis d'origine afghane si tu savais pas ! »

Il se redressa d'un coup et me regarda, l'air super étonné.

« T'es afghane toi ?
-Attends, tu vas pas me dire que tu savais pas ?
-Tu me l'as jamais dit ! »

Ah bon ? Ah bah... voilà, maintenant il savait.

« Bon bah maintenant tu sais ! Ma mère est afghane en fait. T'es bien dû remarquer qu'elle avait un accent et qu'elle avait pas vraiment une tête de française.
-Ouais, mais j'aurai pas pensé qu'elle était... afghane ! »

Apparemment, ça le choquait. Il s'attendait pas à ça. Je le laissai se remettre de ses émotions. J'ouvris l'enveloppe. J'en sortis en premier un billet d'avion dont la destination était l'Afghanistan. Puis j'en sortis une lettre. Du moins, un papier jaunis, un peu moisis sur lequel était écrit un mot. Je le dépliai. C'était écrit en arabe. Bien entendu, venant d'Afghanistan, ça ne m'étonnai pas trop. Heureusement que ma mère m'avait appris, sinon j'aurai été mal.

« Serena,
J'imagines que tu ne t'attendais pas à recevoir de mes nouvelles. J'espère que tu liras cette lettre en entier avant de la brûler, si c'est ce que tu comptes faire.
Je t'écris à toi car je sais que tu es celle qui pourras peut-être me pardonner. Ce que j'ai fait est impardonnable mais n'a-t-on pas droit à une deuxième chance ?
Je suis mourrant. Mes jours sont comptés, et je n'ai plus beaucoup de temps. C'est pourquoi j'aurais voulu que vous veniez me voir, toi et ta s½ur. Je vous ai envoyé des billets d'avion pour ça.
Je comprendrais que tu refuses, mais j'espère réellement que tu viendras.
Khalid Saadinarajah. »

Ouah. Je restai bloqué devant la lettre. Khalid.... Le père de ma mère. Vous souvenez certainement, je vous en avais brièvement parlé. Il avait marié ma mère de force à un type de 50 ans (le père de Yanis, soit dit-en passant) avant de la battre et la renier quand elle avait disparu avec mon père. Bref autant dire une ordure. Je relus la lettre une seconde fois. Incroyable. Alors sous prétexte qu'il était mourrant, tout d'un coup, il se souvenait de nous et il voulait nous voir ? Et pourquoi ? Pour qu'on lui pardonne en l'embrassant, en lui disant que ce n'étais rien, qu'on l'aimait quand même ? Il pouvait se brosser, moi je vous le dit ! Je sursautai en entendant Tom. Je l'avais presque oublié.

« Putain, c'est quoi cette langue ? T'arrives à comprendre ?
-C'est de l'arabe. Ma mère m'a appris quand j'étais petite.
-Ah okay. Et ça dit quoi. »

Pleins de conneries !

« C'est mon grand-père. Il va mourir, il veut que j'aille le voir.
-Ah. Je suis désolé pour toi. »

Je relevai la tête.

« Pas la peine, c'est qu'une ordure ! Je le déteste, il nous a toujours renié et il a battu ma mère. Je veux pas le voir. »

Je repliai la lettre et la déchirai. J'allai faire pareil avec les billets, quand je vis qu'il y avait autre chose dans l'enveloppe. Je le saisis. Un papier administratif. Un notaire. Je lus. Blablabla... Héritage ? Hein ?

« Mais qu'est-ce que.... ? »

Je restai bouche bée une seconde puis ris nerveusement.

« Qu'est-ce qui t'arrive ?
-J'en reviens pas ! Cet enfoiré veut nous acheter !
-Quoi ?
-Il fait de moi et Louisa ses héritières ! Il nous donne sa propriété et ses terres !
-Ah ouais ? Bah ça va alors !
-Non ça va pas ! Et Yanis ? Il a oublié qu'il avait aussi un petit-fils ! Et puis j'en veux pas de son argent ! Il me dégoûte ! »

J'allai déchirer le papier quand une idée me traversa l'esprit. Je relevai la tête. Tom me regardait, l'ai un peu débile. Apparemment il avait du mal à tout assimiler.

« J'ai une idée. »

Je lui souris.

« Quoi ? »

Tom se tenait à présent devant la porte, l'air béat.

« Tu rigoles ? Tu comptes aller en Afghanistan ? Maintenant ?
-Oui, j'en ai que pour quelques jours.
-Mais... »

Il secoua la tête.

« Attends, t'y as déjà été ?
-Non, mais je suis sûre que c'est très beau !
-Mais... Tu peux pas partir comme ça ! Et Mathis ? »

Je laissai ma valise et me tournai lentement vers lui.

« Je te signale que Mathis a une mère, mais aussi un père ! Tu peux bien t'en occuper quelques jours non ?
-Tu m'excuseras mais je suis pas encore équipé pour l'allaiter ! »

Il posa ses mains sur sa poitrine en disant ça. Je ne pus m'empêcher de sourire en l'imaginant avec des seins. J'étais sûre qu'il les aurait touché toute la journée ! Je me retournai vers ma valise.

« C'est pas grave ça, tu peux lui donner le biberon, le médecin m'a dit que je pouvais alterner. Là il boira le biberon pendant quelques jours.
-Mais... Tu le connais même pas ce type ! Et tu m'as dit toi-même que tu le supportais pas !
-Oui, c'est justement pour ça que j'y vais. Pour bien lui signifier que je le détesterai toute ma vie !
-Serena c'est de la folie !
-Je sais. »

Je fermai ma valise et me tournai à nouveau vers lui. Il se tenait debout, devant la porte, les yeux écarquillés et la bouche entrouverte. Trop marrant !

« Serena... !
-J'en ai pas pour longtemps !
-Mais...
-Pas de mais ! Bon j'y vais où je vais louper l'avion ! »

Je chopai ma valise, mon sac, mis mes lunettes de soleil et me dirigeai vers la porte. J'embrassai Mathis.

« Tu vas me manquer mon amour. »

Puis j'embrassai Tom et ouvris la porte. Bill qui allait entrer, me sourit puis regarda ma valise.

« Tu pars ?
-Je vais en Afghanistan quelques jours. Je reviens vite ! »

Je l'embrassai sur la joue et passai devant lui, direction l'ascenseur. Je l'entendis dire :

« Quoi ? L'Afghanistan ?
-Serena, attends ! »

Je me retournai vite fait.

« Je t'aime mon chou ! »

Et j'entrai dans l'ascenseur. Avant que les portes ne se referment, je pus voir Tom et Bill me regarder l'air ahuri. Alala, s'ils savaient...

Je montai dans l'avion. L'hôtesse de l'air m'indiqua la direction à prendre. Comme si j'allais me perdre quoi. Y'avait pas vraiment de feinte possible en fait ! (Ptit clin d'½il à Gad Elmaleh !)
Je m'assied sur mon siège après avoir mis mon sac dans les soutes au-dessus. J'étais assise côté fenêtre. Tant mieux. Je sortis mon téléphone de mon sac et mis les écouteurs dans mes oreilles. J'en avais pour 7 heures de vol, alors mieux valait m'occuper. La musique de Mickaël Jackson raisonnait dans mes oreilles. Trop bien quoi ! J'étais tellement à fond dans la musique que je n'entendis même pas la personne s'installer à côté de moi. Je chantai tranquillement.

« Billie jean... is not my lover!
She's just a gril.... whooooo claims that I am the one!
But... the kid is not my son!”

J'allais commencer à danser quand je le vis enfin. Mon partenaire de siège ! Je sursautai. Putain, bonjour la honte ! Il devait me prendre pour une cinglée ! Il me sourit, je lui répondis timidement.

« Vous avez bon goût, c'est une super musique.
-Ah... merci. »

Je rangeai mon téléphone. Puis je le regardai en feuj. Il était pas mal du tout. Les cheveux bruns, la peau mat, les yeux marrons, grand, costaud. Carrément canon quoi. Si j'avais pas été fiancée, je l'aurai certainement dragué ! Mais non. J'étais pas libre.
L'avion décolla enfin. Je sortis un livre et commençai à lire. Puis mon partenaire engagea la conversation en me demandant ce que j'allais faire en Afghanistan. Je lui expliquai rapidement. Nous commençâmes à discuter. Il était super sympa ! Il s'appelait Juan, il venait d'Espagne et il allait faire un reportage en Afghanistan. Je pensais direct à mon père. Lui aussi allait faire un reportage à cette époque...
Bref, le temps passa vite, nous arrivâmes enfin et il fallut se séparer. Je pris mes bagages et sortis de l'aéroport. J'arrivai à Kaboul. C'était carrément la foire. Ca klaxonnait de partout, il y avait des voitures qui roulait sans portes, d'autres sans toits. Les gens criaient, il devait y avoir un marché pas loin car j'entendais des gens crier pour vendre leur légumes. Il n'y avait pas de route en béton, c'était de la terre battue. Et ouais. J'arrêtai ce que je considérai comme être un taxi. Je montai à l'intérieur et dit :

« Je voudrais aller à Qolola Pushta Street s'il vous plaît. Numéro 485.
-Pas de problème. »

Le type démarra en trombe. Et oh du calme, j'ai pas dit que j'étais pressée ! Il roulait comme un sauvage, grillant tout les stops et les feux rouges ! Ils klaxonnaient à chaque fois que quelqu'un lui coupait la route alors que lui même ne laissait jamais passer personne. Putain, c'était sûr, lui il l'avait acheté son permis ! J'ai bien cru mourir au moins 5 ou 6 fois. Mais, heureusement, après une bonne trentaine de minutes, nous arrivâmes, sain et sauf dans la rue Qolola Pushta. Je descendis et payai le type qui repartit. Bon, j'avais plus qu'à trouver le numéro 38. C'était une rue plutôt jolie. Je cherchai et finis par trouver. Il n'y avait pas de sonnette. Sur la porte, un petit écriteau disait en arabe :

« Sois le bienvenu chez toi ! »

Mouais. Bon, bah hein ! On va faire comme chez moi alors ! J'ouvris la porte et entrai. Je me retrouvai dans un hall, plutôt sombre. Il y avait un tapis par terre, une petite table en bois sur le côté sur laquelle était posé une lampe. Il y avait des cadres sur les murs. Des photos.

« Il y a quelqu'un ? »

Silence. Puis j'entendis des petits pas. Et une femme, plutôt agée, portant le voila apparut devant moi. Je me mis à parler en arabe.

« Bonjour euh... c'était ouvert alors...
-Mais oui, entres, tu es la bienvenue ! »

Elle me sourit et prit ma valise. Euh... va pas trop loin avec ste plaît ! Je le suivis jusque dans le salon. Elle m'invita à m'asseoir puis ressorti. Je m'assied sur un grand canapé bleu marine où était dessiné plein de petites étoiles. Il y avait une télé près du mur. Une vielle télé. Il y avait pleins de tapis par terre, et toujours pleins de cadres au mur. La vieille femme réapparut avec un plateau dans les mains. Elle le posa, et versa ce qui semblait être du thé dans un des verres.

« Vous avez faim peut-être ? Vous voulez quelque chose ?
-Non merci, ça va.
-Vous êtes sûre ?
-Oui oui, merci. »

Je reconnaissais bien là la manie de ma mère, à toujours avoir peur qu'on meurt de faim ! Elle me tendit le verre que je pris.

« Je suis...
-Oui je sais ! Votre grand-père va arriver, je l'ai prévenu de votre arrivée.
-Ah... Merci. »

Grand-père... c'était vite dit ! Pour moi c'était qu'un vieux qui avait battu ma mère et renié ma famille ! La femme repartit. Je portai le verre à mes lèvres et ut une gorgée. Bon... Qu'est-ce que j'allais faire maintenant ? Je me leva et regardai les photos au mur. Khalid était sur beaucoup d'entre elles. Je le reconnus, car ma mère m'avait déjà montré des photos de lui. Je continuai. Je tombai sur une photo de famille. Je voyais Khalid, puis sa femme, ma grand-mère donc. Devant il y avait trois garçons et deux filles. Dont ma mère. Elle devait avoir 8 ou 9 ans dessus. La fille à côté était ma tante qui était décédée. Les trois garçons étaient mes oncles. Je les reconnaissais, toujours grâce à ma mère, mais je ne les connaissais absolument pas. Je ne savais même plus commet il s'appelait.

« Abdel non ? C'est pas comme ça que tu t'appelles toi ?
-Si, c'est Abdel Kader, l'aîné. »

Je sursautai et faillis lâcher mon verre. Un homme, très vieux, venait d'entrer. Il marchait difficilement avec une canne. Il avait une barbe blanche et un turban sur la tête. Il portait une longue robe et des sandales. Il s'approcha doucement et s'asseye sur le canapé.

« C'est l'aîné de tous. Celui au centre c'est Abdad et le dernier c'est ton oncle Ossama. »

Je le regardai s'asseoir. Il soupira et m'invita à prendre place en face. J'obéis.

« Tu es toute seule ?
-Oui ?
-Pourquoi ta soeur n'est pas là ?
-Elle est enceinte, elle n'a pas pu venir.
-Elle est enceinte ? »

Il parlait doucement. Il me fixait.

« Oui.
-Alors, je vais être grand-père ? »

Mouais, t'es un peu à la traîne là !

« Tu l'es déjà. Cinq fois. »

Il respira un grand coup.

« 5 fois ? Tu as eu 5 enfants ?
-Non J'en ai 1. Louisa en a 1 aussi et Yanis 3. »

A l'évocation de Yanis, il fronça un peu les sourcils. Puis il se reprit.

« Merci d'avoir accepté de venir. Tu me fais vraiment plaisir.
-Te réjouis pas trop vite. Je ne suis pas là pour pleurer sur ton sort ni pour te pardonner quoi que ce soit. J'ai reçu la lettre du notaire pour l'héritage.
-Ah oui. Je vous lègue tout mes terrains, c'est-à-dire la moitié d'un village.
-Pourquoi Yanis n'est pas sur ton testament ? »

Il se contracta et fronça à nouveau les sourcils.

« Il est aussi ton petit fils. Il est le premier !
-Yanis n'est rien. Il n'est qu'un bâtard. »

Ah bon ? Pourtant lui avait deux parents afghans alors que Louisa et moi avions un père européen. C'était plutôt nous les bâtards !

« Je ne te permet pas de parler de lui comme ça, tu ne le connais pas.
-Et je n'en ai pas envie. Ecoutes... »

Il baissa un peu la tête, puis me regarda.

« Comme je t'ai dit dans la lettre, je suis mourrant. Et le fait de vieillir m'a fait réfléchir et je regrette beaucoup de choses. Je n'aurai pas dû vous renier, mais je l'ai fait et c'est ainsi. Simplement, j'aurai aimé partir en paix, en sachant que vous pourriez m'accorder votre clémence et me pardonner. »

Quoi ? Non mais il avait fumé du crack ou quoi ?

« Tu crois peut-être que simplement parce que tu vas mourir, je vais avoir pitié de toi et te pardonner ? »

Je ris nerveusement.

« Tu rêves. Je ne suis pas venue pour ça. Je suis là juste pour t'annoncer que l'héritage que tu nous as laissé, ira à des enfants pauvres en Afrique. »

Et toc ! Voilà pourquoi j'étais venue ! Je savais pertinemment qu'il ne supportait pas le fait de voir la richesse de sa famille entre les mains des autres. Alors le fait de tout donner à une association, ça allait l'achever deux fois plus vite !
Son visage se décomposa.

« Tu ne peux pas faire ça... C'est à nous, c'est à notre famille !
-Quelle famille ? Il n'y a plus de famille depuis longtemps ! De toute façon c'est trop tard, tu as tout signé, je n'ai plus qu'à signer moi-même et tout m'appartiendra. J'en ferai donc ce que je voudrais.
-Non.... »

Je me levai.

« Sur ce, je te laisse. Je n'étais venue que pour ça. Adieu. »

Et je me dirigeai vers la porte, récupérant au passage ma valise.

« Serena ! Non ! »

Bah tiens, j'allais me gêner ! J'ouvris la porte et sortis dans la rue. Et voilà, une chose de faite ! J'avais plus qu'à aller chez le notaire et je pourrais rentrer chez moi.
Vous croyez que je suis cruelle d'avoir fait ça ? De l'abandonner comme ça, en prenant toute sa richesse ? C' est parce que vous ne connaissiez pas cet homme. Il ne méritait que ça. De mourir seul.
Je repris un taxi et me dirigeai vers le centre-ville, chez le notaire. Arrivé là-bas, on m'accueillit comme si j'étais la reine d'Angleterre. Et encore, même pas sûr que la reine aurait été aussi bien accueillit !

« Mademoiselle Saadinarajah ! Quel plaisir de vous voir !
-Non, moi c'est Splinter. Serena Splinter. »

Manquerait plus que je porte le même nom que ce vieux shnock !

« Ah oui, excusez-moi !
-C'est rien. Je viens pour les papiers de l'héritage.
-Oui, bien sûr ! Suivez-moi. »

Je le suivis à travers un couloir, puis dans un bureau. Je m'assied en face de lui. Il fouilla dans ses papiers et trouva enfin. Il me les tendit et me tendit un stylo.

« Je vous laisse lire tranquillement ! »

Il sortit. Bon bah, j'avais 5 pages de paperasse à lire. Je commençai. Il n'y avait rien d'extra. Ca disait juste que tout ce qui appartenait à Khalid m'appartiendrait désormais. Etant donné que Louisa, n'étais pas là, et même pas au courant, je prenais tout. De toute façon, c'était pareil. Elle n'en aurait pas voulu non plus alors bon. Je signai puis appelai le type.

« Voilà, c'est fait.
-Très bien, je vous remercie mademoiselle.
-De rien. Bislama. »

Et voilà, c'était réglé ! J'étais tranquille ! J'avais plus qu'à attendre qu'on donne les papiers des propriétés et je pourrais partir. Normalement ça devait prendre environ deux jours. Donc, j'avais plus qu'à trouver un hôtel et à attendre en visitant la ville.
J'en trouvai un rapidement et m'installai. C'était pas le grand luxe que j'avais quitté en Allemagne, mais c'était propre et c'était ce qui comptait. Je pris une douche et me changeai. J'enfilai un jean tout simple et un T-shirt noir. Mieux valait pas faire dans le trop excentrique, parce que sinon, j'étais bonne pour qu'on me jette des cailloux ! J'hésitai même à mettre le foulard sur la tête. Je l'avais déjà porté pour des fêtes mais jamais pour sortir. J'y renonçai. Après tout, j'étais pas afghane, je n'avais aucune obligation !
Je sortis dehors. Il faisait chaud, lourd même. Il était près de 22 heures mais il faisait encore jour. C'était encore très animé, il avait de la lumière partout. Je commençai à marcher dans les rues. Puis je m'arrêtai devant une sorte de bar où je pris un diabolo. J'avais soif. Pas l'habitude de telle chaleur. Je trouvai un marchand de journaux ouvert et achetai une carte téléphonique. Je retournai vers l'hôtel, j'avais repéré une cabine devant. J'y entrai et mis la carte dans l'appareil. Puis je composai le code pour la France, et le numéro de Tom. Ca sonna trois fois.

« Allo ?
-Salut mon chou, c'est moi !
-Enfin tu appelles !
-Je suis parti aujourd'hui !
-Oui mais tu aurais dû appeler dès que tu arrivai ! Je commençai à flipper !
-Je vois pas pourquoi, tout va bien. J'ai fait tout ce que j'avais à faire, j'ai plus qu'à attendre les papiers et je reviens !
-Tu les reçois quand ?
-Dans 2 ou 3 jours. Comment va l'amour de ma vie ?
-Je vais bien merci.
-Pas toi ! Mathis !
-Ah.... Bah merci ça fait plaisir ! »

Je rigolai.

« Toi t'es le deuxième amour de ma vie !
-J'étais là avant lui !
-Oui, mais c'est mon fils, c'est comme ça ! Bref, comment il va ?
-Bah bien pour l'instant.
-Tu l'as nourris ?
-Oui.
-Tu t'es pas trompé dans les dosages, t'as bien regardé ?
-Oui, t'inquiètes pas.
-Et tu lui as pris son bain ?
-Oui !
-T'as fait attention à pas lui mettre trop d'eau sur le visage ? Non parce que c'est pas bon pour les yeux, tu sais...
-Serena ! C'est bon, c'est aussi mon fils, je peux m'en occuper !
-Bon, okay. »

Puisqu'il le disait.

« Okay, tout va bien alors.
-Et toi ? Comment tu te sens ?
-Bah bien pourquoi ?
-Je sais pas... ton grand-père, il va mourir quand même. Et.... ça fait longtemps que tu l'as vu non ?
-Alors là, il peut mourir, ça m'empêchera pas de dormir !
-Tu l'as vu ?
-Oui.
-Et alors ?
-Quoi et alors ? Il est souffrant, il m'a soulé en me demandant pardon je l'ai rembarré point. »

Normal quoi.

« Ah. Okay.
-Quoi ?
-Quoi quoi ?
-C'est quoi ce « okay » ?
-Bah... »

Hum... Ca sentait l'embrouille.

« C'est ton grand-père quand même non ? Je le connais pas c'est sûr mais... enfin, il t'a quand même donné un héritage et ... Il est mourrant alors t'aurais pu faire un effort non ?
-T'as raison tu le connais pas, tu peux pas savoir. Cet homme ne mérite rien d'autre que de la méchanceté crois-moi.
-Si tu le dis... »

Il ne semblait pas d'accord. Comment ça il était pas d'accord ? Il était mon mari, oui ou non ? Il devait être d'accord avec moi, au lieu de prendre la défense d'un vieil aigri cruel ! Merde !

« Oui je le dis ! Bon je vais te laisser, je dois appeler Louisa.
-Ah bon.... bah.... okay.... tu me rappelleras demain hein ?
-Oui, promis.
-Okay.... A demain alors.
-A demain. Tu me manques.
-Toi aussi. »

Je raccrochai. Ah, quel cruauté, j'avais le c½ur brisé ! Je n'étais parti que depuis quelques heures mais il me manquait horriblement. Et ne parlons pas de Mathis !
Je remis la carte, refis le code et composai le numéro de Louisa.

« Allo ?
-Louisa ? C'est moi.
-Serena ! Enfin j'ai de tes nouvelles ! Ca va ?
-Super et toi ?
-Bof... Je suis K.O. Vivement que j'accouche parce que j'en peux plus !
-Allez, c'est bientôt !
-Oui. Alors ça se passe bien en Allemagne ?
-Bah, en fait pour l'instant j'y suis plus. Je.... Bah en fait je suis en Afghanistan là.
-Hein ? En Afghanistan ? Qu'est-ce que tu fais là-bas ? »

Et là je lui racontai tout. La lettre, mon départ précipité, ma visite à Khalid, chez le notaire et l'héritage. Louisa m'écouta sans m'interrompre mais quand j'eus fini elle s'exclama :

« Tu déconnes ? Tu veux dire que cet horrible bonhomme t'a fait venir jusqu'en Afghanistan pour qu'on lui pardonne ?
-Ouais, enfin aussi pour l'héritage quoi. Il y avait un billet pour toi, mais comme tu es enceinte je me suis dit que c'était une mauvaise idée que tu viennes.
-De toute façon, je ne serai pas venue, il peut se brosser lui si il veut que je lui pardonne ! »

Ah bah voilà ! Enfin quelqu'un d'accord avec moi!

« C'est ce que je lui ai dit.
-Tu as bien fait.
-Et pour l'héritage, je me suis dit qu'une association c'était pas mal non ?
-C'est une très bonne idée. Ils seront ravis, et nous aussi !
-Oui. Bon changeons un peu de sujet. Comment va Ana ? Et Lola ?
-Bah Ana va parfaitement bien. Elle va au centre aéré alors elle s'amuse et elle me ramène plein de dessins ! Et Lola bah je l'ai vu hier et elle allait bien. Elle m'a dit qu'elle allait vous rejoindre ?
-Ouais, bientôt j'espère.
-Hum... Et moi je resterai seule, complètement seule ! Au fait ! On t'a vu à la télé !
-Ah, quand ?
-Tout à l'heure ! Sur une chaîne allemande avec le groupe ! Et il y avait même Mathis. T'es folle de l'avoir fait venir sur le plateau !
-T'es malade ou quoi ? Je l'ai pas fait venir, c'est eux qui ce sont dit que ce serait une bonne idée. Alors ils l'ont amenés sans me demander.
-Ah les salauds ! Vraiment sans gêne ces gens là !
-Ouais. »

Nous parlâmes encore un peu puis je dus raccrocher. J'en revenais pas quand même, il perdait pas de temps les gens de la télé. On avait tourné l'émission ce matin même et ils la passaient déjà ce soir. D'ailleurs... J'y pensais.... Je les avais peut-être réveillé vu qu'il y avait le décalage horaire. Mince, j'avais pas pensé ! Bon bah tant pis ! Je ressortis de la cabine, il commençait à faire nuit. Je retournai à l'hôtel. Dans ma chambre, j'enfilai un pyjama, me lavai un peu et m'allongeai sur le lit. Alala, que d'aventure ! Qui aurait cru que moi, qui ce matin encore était en Allemagne sur un plateau télé, je serai maintenant en plein c½ur de Kaboul ? Certainement pas moi. Je m'endormis lentement, emporté par le sommeil.

Le soleil me réveilla le lendemain, vers 10 heures. Je me levai, pris une douche (encore, parce que vu la chaleur, j'avais eu trop chaud en dormant !) Et je m'habillai. J'enfilai vite un bermuda beige, un T-shirt noir et une casquette. Une vraie aventurière, je vous jure ! Je descendis et déjeunai avant de sortir dehors. Il faisait super beau et je commençai à me balader dans les rues de Kaboul. Il n'étais que 11 heures mais il avait déjà une foule pas possible. On se serait presque cru à Paris, environ.... 60 ans auparavant ! Je pensai à Tom, j'arrêtai pas de penser à lui. Puis je pensai à ma famille, mes parents. Ca me faisait bizarre d'être sur la terre nourricière de ma mère. Après tout, c'était ici qu'elle était née, qu'elle avait grandi. Avant moi, elle avait foulé ce sol elle aussi. Je repensai à la photo de famille que j'avais vu hier, dans la maison de Khalid. Je me demandai bien où était mes oncles. Ossama, Abded et le dernier dont le nom m'échappait. Puis je pensais à ma grand-mère. Je me souvenais qu'elle était décédée il y a déjà plusieurs années. J'avais 17 ans je crois, quand ma mère avait un jour reçu une lettre d'Afghanistan lui annonçant la nouvelle. Ma mère n'avait même pas pleurer. Elle avait gardé la lettre puis elle avait prié pour l'âme de sa mère. Elle était allé à la mosquée et voilà. Elle n'était même pas venue ici, pour l'enterrement. J'arrêtai un passant.

« Excusez-moi, est-ce qu'il y a un cimetière ici ?
-Un cimetière ?
-Oui, là où l'on enterre les morts.
-Ah. Oui par là, à environ 500 mètres.
-Merci. »

Je me dirigeai vers celui-ci. Peut-être qu'elle était enterré là-bas. J'arrivai et commençai à chercher. Et trouvai enfin.

Latifa Saadinarajah.
8 août 1932 – 25 mars 1999

C'était ça, j'avais 17 ans à l'époque. Je partis cueillir une fleur sauvage sur le côté et la déposai sur la pierre tombale. Je ne l'avais jamais connu, c'était triste. Enfin !
Je ressortis du cimetière et.... je tombai sur Khalid. J'aurai dû m'en douter.

« Bonjour.
-Bonjour. »

Il marchait difficilement avec sa canne. La vieille femme d'hier était à côté de lui. Il me regarda et me tendit la main. Je la saisis et le conduisis jusqu'à la tombe. Il pria dessus puis l'embrassa et se redressa. Je le regardai silencieuse. Il semblait si faible, c'était... presque touchant.

« Ta grand-mère m'a longtemps reproché de vous avoir renié. Elle m'en a voulut elle aussi. Elle a énormément souffert du départ de ta mère. Et elle a énormément souffert de ne pas vous avoir connu. Elle a connu Yanis, mais quand il est parti, elle a eu le c½ur brisé. Elle est morte en m'en voulant, elle ne m'a jamais pardonné. Je ne voulais pas refaire la même erreur avec vous. »

Il se tourna vers moi et me regarda.

« Même si c'est dur pour moi, je comprend que tu m'en veuilles toujours et que tu me refuses ton pardon. »

Il s'approcha avec difficulté. Il prit mon visage entre ses mains et posa un baiser sur mon front. Puis il récupéra sa canne et entreprit de ressortir rejoindre la vieille femme. Moi je restai bloqué là, comme une cruche. Et contre toute attente, je sentis une larme couler sur ma joue. Je ne savais pas si c'était de la joie ou de la peine. Je l'essuyai, embrassai à on tour la tombe et rejoignis mon grand-père.

« Accepterais-tu de prendre le thé avec moi ? »

Il me regarda, un peu surpris. Oui je sais, je me souvenais très bien de ce que j'avais dit la veille. Qu'il méritait de mourir seul. Mais... ma grand-mère était certainement morte seule, et rien que d'y penser, ça me faisait mal au c½ur. Je le détestais cet homme, mais je crois que je m'en serai toujours voulu de ne pas avoir fait un effort, et de l'avoir laisser partir, sans avoir pris le temps de parler avec lui.
Il me regarda donc puis me tendis son bras que je saisis, pour l'aider à marcher. Et oui, comme quoi je ne suis pas si cruelle que ça en fait. Et puis... j'entendais encore la voix de Tom qui me disait de faire un effort. Et vous savais comme j'aimais Tom ? Ca aurait été méchant de ne pas l'écouter pour une fois qu'il disait quelque chose d'intelligent !

/
Nous étions donc assis dans son salon, à boire du thé. Le silence régnait. Il n'y avait que moi et mon grand-père. Je bus une gorgée en prenant soin de ne pas me brûler la langue quand enfin il brisa le silence.

« Comment s'appelle ton fils ?
-Mathis.
-Mathis.... Et ton mari ?
-Tom.
-Il est français, j'imagine.
-Non, en fait il est allemand.
-Ah.
-Oui, je.... j'ai obtenu une licence en allemand tu vois, je le parle couramment. C'est comme ça que je l'ai rencontré. »

Pas la peine de raconter qu'il étai célèbre et tout le tralala. De toute façon, en Afghanistan, les TH n'étaient certainement pas connus !

« Bien. Et Louisa ?
-Elle a une fille, Ana. Et elle va avoir un petit garçon.
-Bien, c'est bien. »

Je ne pus m'empêcher d'ajouter.

« Et Yanis a eu des triplettes. »

Il se crispa à l'évocation de ce prénom. Décidément.

« Des triplettes ? Bien... »

Il s'en fichait, ça se voyait. Je posai ma tasse.

« Qui est cette femme qui vit avec toi ?
-Ma femme de ménage. Depuis près de 30 ans elle vit ici. »

30 ans ? Putain ! Ca faisait un bail !

« Tu as une photo de ton fils ?
-Euh... oui.
-Je peux la voir ? »

Je fouillai dans mon sac à la recherche de ma photo. C'était une photo de Mathis, Tom et moi. C'était Bill qui l'avait prise, peu de temps après sa naissance. Je lui tendis la photo qu'il prit fébrilement. Il la regarda longuement.

« C'est ton mari avec toi ?
-Oui. »

Il devait être un peu choqué par ses dreads. Bah ouais, pas l'habitude !

« Il est beau ton fils. Il ressemble beaucoup à son père. »

Il était perspicace, il l'avait remarqué à partir d'une photo ! Il me la rendit.

« Comment va ta mère ?
-Bien, elle va bien.
-Et... ton père ?
-Pareil, ils vont très bien tout les deux.
-Ils vivent en France ?
-Oui, dans le sud. »

Et ça s'arrêta là. Je ne savais pas quoi lui dire de plus. Soudain il se leva. Je voulus l'aider mais il me fit signe de rester assise. Il alla vers un meuble. Il en sortit un gros livre puis il revint vers moi et me le tendit. Il s'asseye à côté de moi. Ca me troubla quelque peu de le savoir si près, mais je me détendis.

« Qu'est-ce que c'est ?
-Un album. »

Il l'ouvrit et je découvris sa vie. Des tonnes de photos se trouvaient dans cet album. Je découvrais peu à peu ma famille. Khalid me parlait de tout ces gens qui en faisait partie. Plus il parlait, et plus je découvrais un nouvel homme. Khalid se révélait être différent de ce que j'avais imaginé. Apparemment, il n'était pas toujours vil et cruel. Là, il me semblait si gentil, j'avais presque l'impression d'être une enfant qui découvre un livre avec son papi. Malgré moi et contre toute attente, je m'attachai doucement à ce vieil homme.
L'après-midi passa vite, j'étais passionné par la découverte de ma famille. Et mon grand-père la connaissait si bien. Tout nos ancêtres, il les connaissait et tout mes oncles mes tantes, mes cousins, toutes ces personnes que je ne connaissais pas, il m'en parlait. Il me raconta ce qu'il avait fait dans sa vie, l'enfance de ma mère dans ce pays, et tout ses regrets. Il fût bientôt l'heure pour moi de partir. Il était aux environs de 17 heures. Je me levai.

« Je dois partir. Il faut que j'appelle mon mari.
-Bien. »

Il se leva à son tour et m'accompagna à la porte. J'allai sortir mais avant, il prit ma main et la serra.

« Merci d'être venue Serena. »

Je regardai cet homme. Son visage ridé et marqué par les épreuves, ses yeux foncés, éteints et ce corps abîmés. Je ne pus m'empêcher de le serrer dans mes bras. Il m'embrassa sur le front et y posa sa main.

« Prends soin de ta famille, ma petite-fille.
-C'est promis, grand-père. »

Il me sourit, le premier vrai sourire depuis mon arrivée. Je fis une minuscule lueur dans ses yeux. Je lui souris à mon tour et sortis. Je marchai un peu puis m'arrêtai dans la rue. Et je pleurai car un pressentiment me disait que la fin était proche. Plus proche qu'on ne le croyait....

Le téléphone me réveilla en plein milieu de la nuit. Il était 3 heures du matin.

« Allo ?
-Mademoiselle Splinter ?
-Oui. »

J'avais la voix un peu fatiguée.

« Je suis le notaire d'hier, vous vous souvenez ?
-Euh... oui.
-Pardonnez-moi de vous réveiller en plein milieu de la nuit mais j'ai une très mauvaise nouvelle à vous annoncer. »

Je me redressai, j'étais parfaitement réveillée maintenant. Je l'écoutai en silence. Puis le remerciai. Ce pressentiment qui m'avait pris... j'avais raison. Je me levai comme un robot, et enfilai des vêtements. C'était la nuit mais il m'attendait. Je me dirigeai jusqu'à chez lui à pied. J'entrai. Il y avait des gens dans le salon, dont le notaire. La vieille femme de ménage pleurait. Je montai à l'étage. J'ouvris la porte. Il était là, allongé. Je m'approchai et m'assied sur la chaise à côté de lui. Son visage était pâle, mais si paisible. Je crus même voir un sourire. Il était parti, maintenant qu'il était en paix, il avait pu rejoindre son amour. Je pris sa main froide. Une larme s'écrasa dessus.

« Je te pardonne... »

# Posted on Friday, 10 August 2007 at 1:09 PM

Edited on Wednesday, 13 February 2008 at 10:11 AM